samedi, 01 avril 2017 16:27 Écrit par  NDONDO Joseph

UNIVERSITE DU BURUNDI: DE L'INTIMIDATION A LA GREVE.

    Dans cet article, nous allons montrer de prime abord comment les délégués signataires du préavis de grève sont en butte aux intimidations. Qui plus est, nous jetons un regard sur les arrestations massives opérées par le service national des renseignements à l'encontre des étudiants de cette même institution. Et au bout du compte, nous vous parlerons de ce qui a poussé les délégués signataires de l'ultimatum de faire recours à l'arrêt momentané des cours, ce jeudi. Voici les grandes articulations sur lesquelles va porter notre article.

    Depuis ce vendredi 24 avril 2017, jour de lancement officiel d'un préavis de grève effectué par les délégués de l'Université du Burundi, des actes d'intimidations s'en sont suivis à l'encontre de ces derniers. Certains délégués affirment avoir reçu des coups de fil anonymes proférant des menaces de représailles.

    Certains des étudiants contactés à ce sujet affirment avoir déjà identifié un groupe d’étudiants affiliés au parti CNDD-FDD qui sont derrière ces actes d'intimidations. Parmi les grands chefs de ce groupe, il y a Syldie BARUTWANAYO, le représentant illégitime et illégal des étudiants et un certain Rubin NDACAYISABA, étudiant de Bac3 en Economie de Gestion. Ces étudiants précisent que ce Rubin Ndacayisaba est chargé de la sécurité des Imbonerakure au Campus Mutanga. Ces deux chefs d'imbonerakure au campus Mutanga collaborent de façon trop étroite avec l'officier de police OPC Célestin NIBONABONASIZE, directeur adjoint chargé de l'encadrement et de la sécurité à l'Université du Burundi. La preuve en est que Syldie, le représentant illégal des étudiants scelle ses affiches avec le cachet de cet OPC. Bien plus, OPC Célestin NIBONABONASIZE est le grand intimidateur des délégués, qui ne cessent de prendre position chaque fois que les intérêts généraux de toute la communauté estudiantine sont en danger. La preuve en est que chaque fois que les délégués ou étudiants s'opposent à tout acte visant à nuire les intérêts communs de toute la communauté des étudiants, il s'empresse à mettre sur le tableau d'affichage une note intimidant ces derniers. L'exemple le plus récent est celui de ce préavis de grève lancé vendredi le 24 mars 2017. Aussitôt que ce préavis est lancé, l'OPC Célestin a dès lundi 27 mars 2017 sorti une note convoquant les délégués signataires de l'ultimatum de se présenter dans son bureau aux dates des 28, 29, 30 et 31 mars 2017 sans pour autant mentionner le motif de cette convocation.

    De surcroît, selon notre source, c'est à partir de ce mardi 28 mars 2017, qu'un étudiant de Comptabilité-Finance en Bac3 du nom de DUSHIME Elysée a été enlevé par des agents en pick-up vers midi sur la route communément appelée « Chaussée du Peuple Murundi ». Jusqu'à ce mercredi 29 Mars, personne ne sait où se trouve cet étudiant. Élysée a été arrêté lorsqu'il rentrait de la banque BBCI, son lieu de stage.

    « Je ne pense pas qu'Elysée soit encore en vie; et s'il est en encore en vie, son état de santé n'est pas bon», s'inquiète un étudiant rencontré au Campus Mutanga.
    « Un certain Rubin NDACAYISABA, étudiant imbonerakure de Bac3 était à la base de cette arrestation», affirment les étudiants interrogés à ce sujet.
    Selon une autre source se trouvant à Mutanga, ce Rubin est celui qui collabore très étroitement avec le Service national renseignement (SNR) du Burundi dans les arrestations de tout délégué ou de tout étudiant, qui affiche un comportement ou des propos de soutien à la grève.

    En plus de l'enlèvement d'Élysée, quatre autres étudiants tous de Biochimie en Bac3 dont un délégué de Biochimie et en même temps vice-délégué général de l'Institut Pédagogique Appliqué(IPA) ont été arrêtés ce mercredi 29 mars 2017 dans les parages du Campus Mutanga vers 14h lorsqu'il rentrait de l'IPA. Ils s'agissait de : Audace NKUNZIMANA, Tharcisse KUBWIMANA, Modeste NDAYIKEZA et Fabrice BIZIMANA, tous de Biochimie en Bac 3 à l'Institut Pedagogique Appliqué(IPA).
    Jusqu’au matin de ce 30 mars, personne n'était au courant de l'endroit où sont détenus ces étudiants. La communauté estudiantine se trouve dans le désespoir total ; ils craignent que leurs camarades soient en train de subir des exactions qui risqueraient de porter gravement atteinte à leur intégrité physique voire entraîner la mort.

    Un délégué contacté, demande à l'Etat d'arrêter l'usage de la force car jamais la violence ne peut nullement constituer une solution à un problème social. Ce même délégué affirme que même si l'Etat recourt à la force, les délégués et la communauté estudiantine persistent et signent qu'ils ne songent pas à céder face à ce décret purement injuste et très préjudiciable à l’avenir de la grande majorité des étudiants et tous leurs cadets de l'école secondaire et primaire.

    Enfin, alors qu'ils accompagnaient leurs collègues de l'IPA qui répondaient à l'invitation de l'OPC Célestin NIBONABONASIZE à son bureau sis au campus Mutanga, les délégués ont passé en revue l'état des lieux de ce qui se passait à l'Université. Ils ont constaté que leur sécurité était en danger et se sont convenus d'arrêter toute comparution auprès du Directeur adjoint chargé de l'encadrement et de sécurité dans cette institution. Mais, lorsqu'ils sont allés aviser l'OPC Célestin qu'ils arrêtaient de se présenter à son bureau aussi longtemps que les étudiants disparus ne seraient pas libérés, ils se sont enquéris du lieu de détention d'Elysée et de sa situation sanitaire. Le Directeur adjoint chargé de l'encadrement et de la sécurité leur a répondu qu'il n'est pas au courant de sa détention car cet étudiant a été arrêté alors qu'il était loin du campus ; raison pour laquelle la question de cet étudiant ne le concerne pas. Après cette inquiétante réponse de l'OPC au sujet de leur camarade, les délégués se sont convenus d'arrêter les cours dès le jeudi du 30 mars jusqu'à ce que les étudiants détenus soient libérés. Célestin NIBONABONASIZE avait conclu en intimidant les délégués en leur disant qu'ils assumeront ce qui s'en suivra.
    Je précise que le mouvement de grève a été bien suivi le jeudi 30 mars à l'Université du Burundi pour demander la libération des étudiants injustement et illégalement détenus.

    Je rappelle que chaque fois que les étudiants de l'Université du Burundi réclament leurs droits, le régime de NKURUNZIZA recourt toujours à l'usage de la force en n'oubliant que « les crises de demain résultent des questions d'aujourd'hui qui ne sont pas résolues ». En 2014, lorsque les étudiants réclamaient l'équivalence des diplômes du nouveau système BMD à ceux de l'ancien système LMD, le régime du CNDD-FDD avait réagi par l'intimidation et l'arrestation de certains étudiants. Il en fut de même en 2015, lorsque l'Etat avait chassé les étudiants des homes universitaires. Des représentants généraux d’étudiants comme Simon Marie RURASUMA avaient été arrêtés, puis mis en prison. Le mode opératoire du régime dictatorial de Bujumbura est donc celui d'intimider, mâter, incarcérer, torturer et voir tuer les visionnaires…

    Nous apprenons à l'instant même où nous finalisons ce papier pour alerter l'opinion nationale et internationale, que Simon Marie RURASUMA, ancien représentant général des étudiants de l'université du Burundi aurait été arrêté par des agents du SNR ce 31 mars dans la province Ngozi où il effectué son stage. Il aurait été arrêté alors qu'il quittait son lieu de stage. Jusqu'à présent, son lieu de détention reste inconnu. Je rappelle que RURASUMA était le représentant général des étudiants en 2015. Il a été démis illégalement de ces fonctions par le recteur de l'université du Burundi, à l'époque des grandes manifestations populaires contre le troisième mandat illégal et illégitime de Nkurunziza. Il a été ensuite arrêté et incarcéré dans les cachots ou les mouroirs du SNR.

    Le problème de l’éducation en général et de l’enseignement supérieur en particulier, ne constitue en aucun cas une affaire de querelle partisane ou d’ethnies. Il concerne l’avenir de tout le pays, et l’ensemble du peuple burundais a le devoir de comprendre et de soutenir les revendications actuelles concernant la bourse d’étude. Le gouvernement doit libérer très rapidement les étudiants arrêtés. Seul le dialogue sans a priori pourrait permettre de trouver des voies et moyens de sortie de cette crise majeure de notre seule et unique université publique.

    Ecrit par NDONDO Joseph.

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