samedi, 25 mars 2017 20:30 Écrit par  Joli Nzambimana

La vraie raison des arrestations des délégués des étudiants de l’Université du Burundi et de l’Ecole Normale Supérieure le 16 mars.

    Une convocation adressée à un délégué des étudiants Une convocation adressée à un délégué des étudiants

    Trois étudiants de l’Université du Burundi et deux de l’Ecole Normale Supérieure ENS ont été arrêtés le 16 mars 2017 et ont été libérés le même jour. Le motif de cette arrestation était « l’instruction ». Nous détenons l'information de certains étudiants qui ont bien voulu garder leur anonymat pour leur sécurité.


    A 21h40 min du lundi le 13 mars 2017, Niyitunga Prospère, étudiant et délégué à l’Institut Pédagogique Appliquée en Français (IPA), Baccalauréat 2, a affiché une copie d’une lettre adressée au Recteur de l’Université du Burundi. Un groupe des étudiants de la tristement célèbre milice Imbonerakure est arrivé. Ces Imbonerakure étaient Rubin Ndacayisaba de l’Economie de Gestion, Ndagijimana Zéphirin de l’IPA Français 2, Bonith de la Faculté de Droit, et bien d’autres.
    Des étudiants sur place qui lisaient la lettre affichée se sont énervés après que ladite lettre ait été ôtée par un étudiant connu sous le nom de Rubin Ndacayisaba. Avec arrogance, il s'est permis de déchirer la lettre et en a brûlé les morceaux. Les étudiants allaient en venir aux mains, mais grâce aux sages conseils de Niyitunga Prospère, la bagarre n'a pas eu lieu, mais les étudiants lui ont demandé d’afficher une autre copie, ce qu’il a vite fait.

    Après l’affichage de la deuxième copie, Niyitunga Prospère a reçu un coup de téléphone anonyme d'intimidation. Les étudiants ont tout de suite vu sur le lieu d’affichage, l'arrivée séparément du Directeur et du Directeur adjoint chargés de la sécurité et de l’encadrement. Ils ont lu la lettre au tableau d’affichage et sont partis. Avant son départ, David Niyukiri, le Directeur de sécurité et d’encadrement a déclaré que la lettre affichée n’avait pas de sous couvert. Normalement, le Bureau du Conseil des Déléguées et la représentation générale n'ont pas besoin de sous couvert sur une lettre ou un document qu'ils ont signé.

    Le 14 mars 2017, le Directeur adjoint chargé de la sécurité et d’encadrement a envoyé une convocation à Niyitunga Prospère lui demandant de se présenter à 15h à la Direction chargée de la Sécurité et d’encadrement à l’Université. Le motif de cette convocation était «L’instruction ». Après avoir répondu à la convocation, il a été accusé d’avoir affiché un papier en violation de la loi.
    Pendant que Niyitunga Prospère expliquait pourquoi il a affiché la lettre, il a immédiatement reçu une convocation de l’Office du Ministère Public. Deux autres étudiants de l’Université du Burundi ont été aussi convoqués. Il s’agit du Délégué Général Patience Mbonabuca et du délégué de l’Economie de Gestion, Dieudonné Bigirindavyi. Deux étudiants de l’Ecole Normale Supérieure ont été aussi convoqués par le Ministère Public. Le motif de la convocation était « Instruction ». Ils ont répondu à la convocation à 8h et ont été tous conduits par des véhicules du Service National du Renseignement (SNR) vers un endroit inconnu. Un membre de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme, CNIDH, avait dit aux étudiants qu’ils ne seraient pas torturés, et qu’ils seraient ramenés à l’Université le soir de cette même journée.
    Finalement, les trois Etudiants de l'Université du Burundi et les deux de l’Ecole Normale Supérieure arrêtés et conduits dans un endroit inconnu par le SNR ont été relâchés et reconduits vers leurs lieux de résidence respectifs le soir du 16 mars 2017 vers 18h. Selon notre source, ces étudiants témoignent qu'ils n'ont pas été torturés, mais ils ont été photographiés et intimidés. Que s’ils poursuivent la voie de contestation contre le décret présidentiel régissant l'octroi de la bourse d'étude récemment promulgué, ils seront « corrigés ».

    Mais cette libération s'est imposée grâce à la ténacité des Etudiants et autres personnes qui ont crié haut et fort pour que leurs représentants ne soient pas torturés, incarcérés, puis tués injustement comme c’est une habitude devenue monnaie courante au Burundi. On comprend dès lors que la raison vraie de l'arrestation et l'incarcération des cinq délégués des étudiants de l'université n'est rien d'autres que l'intimidation, l'intimidation pour empêcher les étudiants de revendiquer leurs droits vitaux comme la bourse. Mais l'intimidation ira jusque quand ? On ne peut pas réduire indéfiniment un peuple au silence.
    La résistance contre ce régime honni de Bujumbura est en cours, il prend plusieurs formes (désobéissance civile tacite, tracts, lettres...), grâce au génie populaire. Des fois, elle peut freiner et même reculer mais, tant que persistera l'oppression, il y aura toujours résistance et celle-ci conduira inévitablement à l'insurrection générale et à la conquête des libertés et des avancées démocratiques et sociales.

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