mercredi, 11 juin 2014 17:23 Écrit par  Buntu Frantz

Elections en 2015 : Un échafaudage sophistiqué de fraude électorale ou aveu d’impopularité.

    Dans un an, de nouvelles élections générales devraient se dérouler au Burundi. Le CNDD-FDD avait raflé la mise en 2010 après le retrait de la quasi-totalité de l'opposition consécutive aux fraudes électorales constatées aux élections locales qui avaient inauguré le marathon électoral. Nkurunziza et les siens se congratulèrent, pour eux peu importait la manière, l'essentiel c'était le résultat final.


    En lieu et place d'un climat d'apaisement, le régime fut tenté par l'extinction de toute véritable opposition par tous les moyens : le sabordage des partis, les poursuites judiciaires des leaders de l'opposition, l'emprisonnement, les assassinats ciblés, etc.

    Le règne sans partage, donc des décisions prises sans débat ont abouti à un fiasco dans la gestion de l'Etat : l'économie est à l'agonie, la famine s'abat sur le pays, la corruption est à son comble, l'éducation publique est à terre, et la terreur rappelle les années sombres des régimes à parti unique.

    Devant cette incurie du régime actuel, le peuple burundais rêve de sanctionner Nkurunziza et le parti CNDD-FDD. Mais le pari semble compliqué ; si en 2010 le CNDD-FDD avait fait un hold-up sur les élections, il se veut plus anticipatif pour les élections de 2015 en faisant main basse sur le processus électoral.

    1. Une campagne électorale permanente.

    Nkurunziza et son parti sont en campagne électorale permanente. Les semaines de prières du couple présidentiel, les matchs de football, les fameux travaux communautaires sont des activités de vulgaire propagande du parti de l' « Aigle et de l'épée ». A-t-on fait un jour le bilan des soit disant travaux communautaires ? Nkurunziza prétend être souvent auprès des populations ; qu'en sont les résultats ? A-t-il amélioré le sort des paysans ? Que nenni ! La faim et la misère sont à jamais présentes dans les campagnes burundaises qui concentrent 90% de la population. Le sort des populations ne l'intéresse guère, seules leurs voix le préoccupent.

    2. Des partis d'opposition interdits d'activités politiques de fait.

    Depuis la fin des élections de 2010, les militants des partis politiques d'opposition sont quotidiennement harcelés. Ils sont sommés d'adhérer au parti CNDD-FDD faute de quoi, ils risquent la privation des services de l'Etat (école, soins médicaux, actes administratifs, justice), la prison voire la mort. Les meetings et les réunions de l'opposition sont autorisés avec parcimonie. La justice inféodée au régime a comme principale activité la « tourmente judiciaire » des leaders de l'opposition et de la société civile. MM Bamvuginyumvira Frédéric et Ngendakumana Léonce principaux dirigeants du Frodebu font l'objet de poursuites judicaires. Le premier vient de passer trois mois en prison. MM NYANGOMA Léonard et SINDUHIJE Alexis respectivement présidents du CNDD et du MSD sont en exil. Ce dernier parti est frappé de suspension de toute activité politique.

    3. Le sabordage des partis d'opposition.

    Le régime de Nkurunziza use et abuse de la corruption, du chantage et des assassinats pour saborder les partis d'opposition. Des ailes fantoches des partis UPD, FNL, FRODEBU et plus récemment UPRONA ont été créés par les manœuvres du pouvoir. Ces ailes dissidentes, dépourvues de militants, sont rapidement reconnues par le Ministère de l'Intérieur, les dirigeants légitimes se retrouvant ainsi avec de nombreux militants mais sans partis reconnus par les pouvoirs publics. C'est ce que les burundais ont appelé la « NYAKURISATION ». Des informations très crédibles circulent actuellement selon lesquelles les services de renseignements de Nkurunziza s'attellent à créer un parti MSD fantoche.

    4. Une Commission Electorale Nationale « Indépendante » dévouée au Président Nkurunziza.

    La CENI qui gère le processus électoral n'a la confiance que du seul parti au pouvoir. La nomination en son sein, notamment son président, des personnalités qui avaient été impliquées dans le fiasco électoral de 2010 montre l'arrogance du régime en place. Il s'agit d'une provocation inutile et dangereuse à l'égard de l'opposition. Un président soucieux d'un minimum de consensus et préoccupé par la paix du pays (pas la paix des cimetières) aurait procédé à la mise en place d'une équipe sans antécédents sulfureux. La reconduction de son Président en la personne de Pierre-Claver Ndayicariye n'est rien d'autre que remuer le couteau dans la plaie pour pousser l'opposition au découragement et peut être au boycott.

    5. Une justice aux ordres.

    Les poursuites judicaires dont font l'objet les dirigeants et les militants de l'opposition, de la société civile et des journalistes ; les jugements fallacieux et dignes des régimes totalitaires d'antan dont sont victimes les militants de l'opposition montrent que notre Justice est gravement malade et totalement inféodée au pouvoir exécutif. Il ne faut s'attendre à aucune impartialité lors des élections de 2015 en cas de conflit entre les partis.

    6. La milice Imbonerakure.

    Nkurunziza et les siens ne laissent rien au hasard pour « gagner » les élections de 2015. Le Joker du système CNDD-FDD est sans aucun doute la milice « Imbonerakure ».

    L'envoi de plus en plus important des membres de nos forces de sécurité dans les missions à l'extérieur vise d'abord à apporter un appui diplomatique au régime, à enrichir les ténors du pouvoir mais aussi à créer un vide. Ce vide sera comblé par les « imbonerakure » qui sont en train de suivre une formation militaire à l'est de la RDC et ailleurs.

    Le travail des « imbonerakure » a déjà commncé : ils poussent la population à adhérer au CNDD-FDD par contrainte, empêchent les activités des autres partis dans les quartiers et collines par la terreur exercée sur les militants de base.

    Pendant les élections, leur rôle sera de distiller la peur dans la population par des menaces de mort à ceux qui ne voteront pas le CNDD-FDD. Les miliciens qui auront été discrètement intégrés au sein des forces de sécurité seront affectés à « la sécurisation » des élections. Il faut s'attendre à ce que les représentants de partis d'opposition soient terrorisés voire tués, à des dépouillement sous menaces, des urnes échangées, et autres funestes pratiques de terreur afin de faire gagner leur parti.

    Conclusion :

    Le processus électoral est déjà fondamentalement vicié. C'est avec beaucoup de retard que « la Communauté Internationale » vient de s'en rendre compte . Les émissaires des puissances occidentales et des organisations internationales qui viennent de séjourner à Bujumbura ont tiré la sonnette d'alarme, mais il est à parier qu'ils n'iront pas plus loin ! C'est au peuple burundais d'agir pour redresser la démocratie et redonner l'espoir à notre jeunesse. La mise en place de cet échafaudage complexe de fraude électorale montre que le pouvoir sait qu'il est devenu exécrable aux yeux de la majorité silencieuse de la population. Le changement est donc pacifiquement possible. Pour cela l'opposition doit être capable de se retrouver dans un large front afin de donner la confiance au peuple pour que celui-ci brave les « tontons macoutes » du CNDD-FDD et vote massivement afin de donner une victoire indiscutable à une coalition porteuse d'espoir.

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