mardi, 12 mai 2015 21:28 Écrit par  Kabura Jean Nippomscène

Candidatures à l’élection présidentielle: entre réalités et rêves des opportunistes

    « Quand on n'a pas honte on se permet tout »

    Les faits.

    Ce samedi le 09 mai, la Commission Electorale Nationale Indépendante CENI, a clôturé l'enregistrement des candidats à l'élection présidentielle du mois de juin prochain. Huit candidats se sont faits enregistrés dont Agathon Rwasa représentant de l'Ancien Mouvement rebelle, les FNL, les anciens Président Sylvestre Ntibantunganya et Domitien Ndayizeye,
    Ces candidats se sont présentés, alors que l'opposition, menée principalement par les partis d'opposition dont le CNDD , le MSD, l'UPD Zigamibanga , les autres partis alliés et la société civile, sont massivement descendus dans la rue depuis deux semaines pour réclamer le départ du président Nkurunziza, qui veut se présenter encore une fois aux élections présidentielles, alors qu'il a épuisé ses deux mandats légaux.

    Dans le pays, la situation sécuritaire est alarmante. Les miliciens Imbonerakure terrorisent la population pour assurer la victoire du CNDD-FDD, et du président Nkurunziza, dans des élections que la CENI, véritable organe du CNDD-FDD, et de Nkurunziza, a déjà finalisé l'attribution frauduleuse des scores. Tandis que la Cour constitutionnelle inféodée aussi au pouvoir ne peut jouer le rôle d'arbitre et joueur, elle s'est définitivement disqualifiée avec la validation de la candidature de Nkurunziza au troisième mandat.
    Cette insécurité, créée et entretenue par le régime, celui qui était censé assurer la protection de la population, a déjà provoqué la fuite de plus de 60.000 personnes dans les pays tels que la Tanzanie, le Rwanda, la RDC, le Kenya, l'Ouganda etc. D'autres se sont déplacés à l'intérieur du pays, dans les régions où les Imbonerakure sont encore moins virulents.

    Entre rêves et mauvais calculs

    Pour le trio Ndayizeye-Ntibantunganya-Minani, leur rêve est de faire abandonner Nkurunziza à la course à l'élection présidentielle puis récupérer les revendications de l'ADC-IKIBIRI, des autres partis d'opposition et de la société civile qui sont descendus dans les rues, pour se hisser à la magistrature suprême. Ils ont une sorte de boulimie du pouvoir. Quant à la CENI, tout le monde sait que ses membres sont corruptibles. Une fois que Nkurunziza aura quitté, le fameux trio pourrait adopter et affiner les méthodes de corruption de Nkuruniza. Ils ont une courte mémoire pour oublier que les Imbonerakure sont toujours là, que plusieurs milliers d'opposants se sont réfugiés et ne pourront pas participer aux élections.

    Quant à Agathon Rwasa, le calcul est similaire, mais il est à la fois de la Mouvance Nkurunziza, celle des gens désignés par Dieu pour diriger le pays. D'après plusieurs sources, « il aurait eu des révélations divine qu'après Nkurunziza ça serait son tour.»
    Par ailleurs il aurait eu des assurances de Nkurunziza, que s'il l'accompagnait à l'élection, la CENI va lui attribuer quelques pourcentages et il pourra ainsi participer à la mangeoire.
    Au lieu d'encourager ce peuple en lutte qui a tant souffert des mauvais traitements du pouvoir, la première occupation de nos braves candidats, est de rêver

    En droit.

    En droit, il est universellement connu que « tout acte ou contrat fondé sur un faux est lui-même faux. Cet article est aussi connu par le droit Burundais. Et comment un individu sérieux pourrait penser briguer une candidature à la magistrature suprême en ignorant la logique de ce maxime ?
    Il est honteux que deux anciens chefs d'Etat, puissent ignorer que le peuple burundais mène un combat à la fois politique et juridique. Sans compter les dégâts, Pierre Nkurunziza doit partir puisqu'il a terminé ses mandats. Quant aux membres de la CENI, ils répondront tôt ou tard des préjudices très dommageables qu'ils auront causés au peuple Burundais depuis 2010.

    Les compétitions électorales ne se feront ni avec Nkurunziza ni avec sa CENI.
    Toute élection, qu'elle soit communale, présidentielle, sénatoriale ou parlementaire, organisée et supervisée par Nkurunziza et sa CENI sera frappée de nullité.

    A quelque chose malheur est bon : la décantation

    Ce dépôt de candidature a permis de dévoiler au grand jour ou de décanter le paysage politique burundais encore dans le brouillard.
    D'un côté, cela a permis de montrer, d'une part les partis et les hommes qui soutiennent Nkurunziza, une pseudo-opposition qui veut peut-être le départ de Nkurunziza et qui rêve de récupérer la CENI éventuellement le combat de tout un peuple ; et d'autre part, les partis proches du peuple en lutte qui est descendu dans la rue pour réclamer des changements réels. Parmi ces derniers figurent principalement le CNDD, l'UPD, le MSD, le PARENA et Sonovi.

    Et la sortie de la crise ?

    Elle doit passer par des négociations, entre tous les protagonistes politiques, en y impliquant la société civile. Une Transition de durée raisonnable devra être instaurée, un gouvernement de mission mis en place pour redresser le pays et organiser des élections libres et démocratiques. C'est ce que ne cesse de dire, Léonard Nyangoma, le Président du CNDD.

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