Processus électoral

Burundaises, burundais : il est grand temps de ne plus vous laisser faire !

Il aura fallu plus de deux mois après la rencontre de Bujumbura pour que les hommes politiques burundais se retrouvent encore du 22 au 24 mai 2013 à Kayanza. M. Nduwimana, ministre de l'intérieur les y avait conviés pour discuter du toilettage à apporter au code électoral actuel. De nombreux burundais restent dubitatifs quant aux intentions de Nkurunziza et de son parti le CNDD-FDD. Pourquoi un véritable agenda de travail ne serait-t-il pas élaboré avec un programme clair, et un comité de suivi ad hoc ? Pourquoi le pouvoir préfère tirer unilatéralement un point sur la longue « feuille de route » à discuter, quand il veut, et où il veut ? Nous allons nous efforcer d'analyser et de comprendre cette démarche qui semble illogique pour le commun des mortels.

Introduction

A titre de rappel, une coalition des partis politiques d'opposition s'est momentanément formée au lendemain des élections communales de 2010 au Burundi. La coalition formée est dénommée Alliance Démocratique pour le Changement ADC-IKIBIRI et comprend aujourd'hui une dizaine de partis politiques. La totalité des partis d'opposition membres ou pas de l'ADC-IKIBIRI ont tous rejeté les résultats des consultations électorales communales, avec des preuves à l'appui consignées dans leur mémorandum de juin 2010.

samedi, 02 novembre 2013 07:44

Une loi pour étrangler la démocratie

Écrit par

La chambre haute du parlement du Burundi vient d'adopter le projet de loi sur les médias. Après le vote favorable de l'Assemblée Nationale, il aurait fallu un miracle pour que ce ne fût pas de même au Sénat. Depuis les élections controversées de 2010, le Parlement burundais étant devenu plus une chambre d'homologation des volontés du CNDD-FDD, qu'une institution au service du peuple burundais. Face à un pouvoir de plus en plus autiste, les protestations des organisations des journalistes locales ou internationales, des ONG de défense des droits de l'homme, des partis politiques, etc. auront été vaines. La volonté de faire taire les journalistes était trop forte de la part d'un pouvoir de plus en plus acculé par une situation socio-économique désastreuse. Mais le coup asséné fera très, très mal, à l'ensemble de la nation burundaise. Que reste-t-il de la liberté de la presse dans notre pays ?

Les violences infligées aux peuples africains ont des causes très variées. Certaines sont subies suite à des mauvais choix, des faux calculs ; par l'imprudence ou le manque de prévoyance des dirigeants. D'autres le sont par arrogance, par méchanceté et cynisme, par égoïsme ou idiotie. Ou par tout cela à la fois. Mais, pour faire court dans ce désir de comprendre, je dirai que c'est trop souvent par une étrange maladie, que contractent, on ne sait trop comment, les chefs d'Etat africains. La maladie n'a pas encore un nom. Elle se manifeste avec des spécificités régionales voire nationales. C'est une maladie orpheline, que les scientifiques devraient étudier sans tarder pour trouver un remède à nos dirigeants bien adulés. Sans trop m'attarder en préambules inutiles, voici ce qu'un médecin spécialiste des maladies orphelines pourrait consigner dans le carnet de santé du chef de l'Etat burundais.

On a dit beaucoup de choses sur l'homme. Certains l'ont défini par la raison, d'autres par sa capacité à inventer des institutions et à vivre en société, à s'adapter aux situations les plus variées ; d'autres encore par son penchant à fabriquer des outils pour se rendre « comme maître et possesseur de la nature »(Descartes). J.- J. Rousseau a insisté sur la dimension morale de l'homme. Pour lui, c'est par sa conscience morale, véritable instinct divin, juge du bien et du mal, que l'homme se distingue de l'animal. En y réfléchissant, je me suis demandé quelle place il faudrait accorder à la honte dans notre humanité. Un être sans honte a-t-il conquis véritablement son statut d'être humain ? Qu'est-ce qui doit faire honte à l'homme ? Quelle est la honte de l'intellectuel et du dirigeant burundais ? Si vous pensez que ces questions ont quelque importance, écrivons ensemble ces quelques lignes.

Le débat sur la candidature de Nkurunziza pour un troisième mandat à la tête de l'Etat burundais a été lancé. Mais l'on peut noter qu'elle a été éclipsée par d'une part le débat sur la nouvelle loi sur la presse et d'autre part par une réaction de refoulement de la part de l'opinion publique burundaise et surtout de l'opposition politique.

Introduction

Les hommes ont inventé plusieurs techniques pour fixer les choses ensemble, pour « mieux lier le bois au bois1. » Il semble néanmoins qu'il est plus facile d'attacher les choses entre elles que d'unir les hommes. En politique, cela ressemble plus encore à une gageure. Témoin : la difficulté des partis de l'opposition burundaise à trouver un liant susceptible de la maintenir ensemble définitivement. Le but de ce petit texte est de vous montrer que la fixatique technique est plus aisée que la fixatique politique. Non sans doute pour inciter au désespoir, mais pour suggérer, en pointillés, un effort salutaire.

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