Librairie du CNDDhttp://cndd-burundi.com Thu, 17 Aug 2017 01:52:10 +0000fr-frL'Union Africaine veut réduire sa dépendance aux donateurs étrangers grâce à de nouvelles taxeshttp://cndd-burundi.com/librairie-cndd/lu-pour-vous/405-union-africaine-nouvelles-taxes http://cndd-burundi.com/librairie-cndd/lu-pour-vous/405-union-africaine-nouvelles-taxesL'Union Africaine veut réduire sa dépendance aux donateurs étrangers grâce à de nouvelles taxes

Réunis les 30 et 31 janvier à Addis Abeba, les chefs d'Etat de l'Union africaine (UA) ont adopté le principe d'une taxe sur les billets d'avion, nuits d'hôtels et SMS pour réduire la dépendance financière de l'organisation aux donateurs étrangers.

«Plus de 70% de notre budget vient de l'extérieur. Ce n'est pas tenable !», a lancé le nouveau président en exercice de l'Union, le président zimbabwéen Robert Mugabe (photo).
Créée en 2002 pour promouvoir la démocratie, les droits de l'homme et le développement à travers l'Afrique, l'UA ne finance elle-même que 28% de son budget de fonctionnement. Le reste est assuré par les donateurs, parmi lesquels l'Union européenne (UE), les Etats-Unis, la Banque mondiale, la Chine et la Turquie.

Pour limiter le poids important du financement étranger de ses activités, l'organisation panafricaine, qui consacrera en 2015 quelque 750 millions de dollars au financement des opérations de maintien de la paix, propose aux 54 Etats membres de mettre en œuvre une taxe de 2 dollars sur les nuits d'hôtels et de 10 dollars sur les billets d'avion pour les vols en partance ou à destination de l'Afrique. Ces mesures permettraient de lever 730 millions de dollars par an. Une taxe additionnelle de 0,005 dollar par SMS échangé sur le continent rapporterait 1,6 milliard de dollars par an.

«Nous devons pouvoir prendre des décisions librement. En cas d'urgence comme Ebola, nous devons avoir les moyens d'intervenir rapidement sans attendre les financements étrangers», estime Francine Muyumba, présidente de l'Union panafricaine de la jeunesse, un organe de l'UA.
L'organisation laisse, cependant, aux pays le choix d'appliquer ou non tout ou partie de ces taxes, à condition de respecter un nouveau barème de contributions revu à la hausse en fonction du PIB de chaque pays. Et pour cause: ces mesures proposées par l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo en mai 2013 ne font pas l'unanimité: plusieurs pays estiment que ces taxes pèsent injustement sur le secteur du tourisme, alors que les industries pétrolière et minière sont épargnées.

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Lu pour vousSun, 08 Feb 2015 16:25:12 +0000
La Chine et l'UA veulent lancer un projet pharaonique destiné à relier les capitales africaineshttp://cndd-burundi.com/librairie-cndd/lu-pour-vous/404-projet-relier-capitales-africaines http://cndd-burundi.com/librairie-cndd/lu-pour-vous/404-projet-relier-capitales-africainesLa Chine et l'UA veulent lancer un projet pharaonique destiné à relier les capitales africaines

L'Union africaine (UA) et la Chine ont signé, le 27 janvier à Addis Abeba, un mémorandum d'entente portant sur un projet d'infrastructures pharaonique destiné à relier les capitales africaines par des routes, des trains à grande vitesse et des dessertes aériennes.

La présidente de la Commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, et le vice-ministre des Affaires étrangères chinois, Zhang Ming, ont paraphé ce mémorandum d'entente qui comporte aussi un volet portant sur l'industrialisation du continent.
«Il s'agit du plus important document jamais signé par l'Union africaine avec un partenaire», a déclaré Mme Dlamini-Zuma, à l'issue de la cérémonie tenue quelques jours avant le 24ème sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de (UA) qui s'ouvrira le vendredi 30 janvier. «C'est l'accord du siècle», a lancé, de son côté, Zhang Ming.

«L'Afrique est un vaste continent où il faudrait que les gens voyagent sans être obligés de transiter par Paris», a ajouté le vice-ministre des Affaires étrangères chinois, Zhang Ming.

Le projet se situe dans le cadre de la réalisation de «l'agenda 2063» établi par l'UA et qui vise à faire bâtir une Afrique intégrée et prospère à cette date. Aucun détail n'a, cependant, filtré sur les infrastructures qui devraient être construites et sur le financement du projet.

Lors d'une tournée en Afrique effectuée en mai 2014, le Premier ministre chinois Li Keqiang avait affirmé qu'il «rêve de voir toutes les capitales africaines interconnectées grâce à des trains à grande vitesse afin de renforcer l'intégration régionale et le développement». Le dirigeant chinois avait alors précisé que son pays qui dispose des technologies dans ce domaine est «prêt à coopérer avec l'Afrique pour transformer ce rêve en réalité».

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Lu pour vousSun, 08 Feb 2015 15:48:10 +0000
EBOLA: Farida Nabourema, citoyenne Togolaise Désabusée écrit aux chefs d'Etat africainshttp://cndd-burundi.com/librairie-cndd/lu-pour-vous/325-farida-ecrit-presidents-africains http://cndd-burundi.com/librairie-cndd/lu-pour-vous/325-farida-ecrit-presidents-africainsEBOLA: Farida Nabourema, citoyenne Togolaise Désabusée écrit aux chefs d'Etat africains

Chers chefs d'états africains,

Je viens par cette lettre ouverte solliciter votre attention sur un problème qui mine l'existence de notre peuple. Il est question du virus Ebola que vous savez détruit des milliers de vie en Afrique de l'Ouest depuis plus d'un semestre. Les dernières données de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) indiquent que plus de 4500 personnes ont déjà succombé à ce virus qui se propage à une vitesse vertigineuse et plus de 9000 personnes sont présentement infectées. Le plus effrayant est que l'OMS estime que d'ici la fin de l'année, le virus pourrait infecter en moyenne 10,000 personnes par semaine. Avec un taux de décès de près de 70%, ceci sous-entend que d'ici la fin de l'année, si rien n'est fait, près de 7000 africains décèderaient par semaine.

Je suis écœurée, attristée et inquiétée par votre indifférence devant une situation aussi grave

Jamais dans notre histoire nous n'avons été touchés par une épidémie de cette ampleur. Certes, le paludisme, le VIH-SIDA et la faim n'ont pas été tendres avec nous mais au moins dans ces cas, la contamination n'est pas aussi rapide que dans celui d'Ebola ; chose qui rend ce virus plus dangereux que tous les autres auxquels nous avons eu à faire face.
Si je vous écris cette lettre messieurs les dirigeants, c'est parce que je suis écœurée, attristée et inquiétée par votre indifférence devant une situation aussi grave. Selon l'ONU, il faut 1 milliard de dollars pour contenir et éradiquer la fièvre d'Ebola dans les pays affectées à savoir en Guinée, au Liberia et en la Sierra Léone. A ce jour, nous avons les USA et l'Union Européenne qui disent avoir investi près de $250 millions dans ce combat. La Chine a quand a elle fournit des équipements médicaux d'une valeur de $5 millions. Le Japon a quant à lui contribué de $22 millions et le Cuba a envoyé plus d'une centaine de professionnels de la santé dans les pays touches. La Banque Africaine de Développement compte débloquer ensemble avec la Banque Mondiale $400 millions dans ce même sens.
Mais chers messieurs les dirigeants africains, le seul effort que vous avez officiellement fait de votre part pour contenir l'épidémie d'Ebola est d'isoler vos frères et sœurs de la Guinée, du Nigeria, du Liberia et de la Sierra Léone. Quand ce n'est pas le Kenya qui interdit les vols en provenance du Liberia, c'est le Ghana qui le fait avec le Nigeria ou c'est la Cote d'Ivoire et le Sénégal qui ferment leurs frontières voisines aux pays victimes de la fièvre d'Ebola ou encore le Maroc qui se retire de l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) par peu d'Ebola. Certes, ce sont des mesures préventives pour protéger vos peuples et je ne peux qu'encourager des efforts dans ce sens. Toutefois, laissez-moi vous dire que quand la maison de votre voisin brule, il ne suffit pas de fermer vos portes et fenêtres pour empêcher aux flammes de consumer votre propre maison. Vos actions qui ne sont accompagnées d'aucun soutien à vos voisins se présentent comme suit : « Que ces gens ne viennent pas nous contaminer ici ; laissez le mourir entre eux ».
Je suis très déçue par votre indifférence et énervée qu'à ce jour, la majeure partie des efforts fournis par le monde pour contenir ce virus soit étrangère au continent africain. Je ne refuse pas que nous sommes presque tous démunis mais je sais aussi en tant qu'africaine que la solidarité existe dans notre culture et que dans nos communautés, quand un drame se produit, chacun participe à sa manière. Du plus riche au moins nantis, du plus grand au plus petit et du plus diplômé au moins lettré. Mais là, je me rends compte que vous dirigeants africains contemporains n'incarnez point cette culture et êtes tout le contraire de ceux qui ont lutté pour les indépendances de ces pays que vous prétendez diriger aujourd'hui. Au temps de Kwame N'Nkrumah, Sylvanus Olympio, Julius Nyerere, Modibo Keita, Abdel Nasser, Sékou Toure, Habib Bourguiba, Jomo Kenyatta, la Guinée n'eut pas de soucis à se faire quand la France a choisi de la dépouiller après son indépendance car les pays frères l'ont soutenu avec des ressources humaines, financières et matérielles. Mandela a su compter sur nombreux de ces dirigeants pour combattre l'Apartheid en Afrique du Sud. Le Zimbabwe a aussi bénéficié du soutien des voisins et amis pour chasser les « Rhodésiens » et se libérer du joug de la Grande Bretagne ; les exemples sont légions.

Tout ce qui vous importe est comment piller nos ressources ensemble avec vos maitres de la métropole et quémander de l'aide

Vous, la nouvelle génération de dirigeants africains êtes un véritable déshonneur pour vos prédécesseurs. Tellement vous êtes nonchalants, laxistes et passifs devant la souffrance de votre peuple et la douleur de vos voisins que je me demande si vous êtes vraiment des africains. Vous faites partie des dirigeants les plus riches de la planète quand nous, vos peuples, sommes les populations les plus misérables au monde. Jamais il ne vous vient à l'esprit de penser à nous autonomiser, et à œuvrer pour notre émancipation. Tout ce qui vous importe est comment piller nos ressources ensemble avec vos maitres de la métropole et quémander de l'aide à un soit disant développement qu'on ne voit jamais comme des mendiants. Aucun d'entre vous n'est capable de débloquer un petit million de dollar pour soutenir la Guinée, le Liberia et la Sierra Léone mais je suis persuadée que si Barack Obama vous invite à Washington pour un Sommet US-Afrique Ebola, vous trouverez les fonds pour y aller ensemble avec une centaine de valets aux frais des contribuable pour vous amuser dans les hôtels les plus chers des USA . Vous êtes les seuls dirigeants au monde capables de dépenser $1000 pour aller quémander $10 aux institutions internationales car vous êtes semble-t-il vaccinés contre le bon sens, la dignité et la honte.
Messieurs les dirigeants africains, je refuse de dire que j'ai honte d'être africaine parce que mon continent est infesté par des leaders irresponsables de votre acabit. Je refuse de perdre espoir et de penser que vous demeurerez éternellement au pouvoir ou ne changerez pas. Je refuse de vous laisser détruire d'avantage la vie de votre peuple en ignorant votre indifférence face au virus Ebola. Je sais que bon nombre d'entre vous êtes sans cœur mais vous avez une cervelle qui fonctionne parfaitement bien car ne peut être sottes, des personnes qui détournent impunément des milliards de fonds publics. Alors je vous invite à demander à votre cervelle d'arrêter pendant quelques jours de penser à comment voler l'argent du peuple et de réfléchir sur quoi faire pour éradiquer le virus Ebola.

Je vous invite à faire preuve de solidarité et de bon sens pour une fois.

Sachez pour votre gouverne que personne n'a une immunité contre ce virus et que vos proches et vous pouvez aussi contracter ce virus. Je ne souhaite pas voir l'Afrique transformée en cette Europe du Moyen Age dont la moitié de la population fut décimée par la peste boulonne. Comme le roi d'Europe, vous aussi risquez de périr si ce virus n'est pas éradiqué. Et ne pensez surtout pas que de la manière dont vous allez en Europe, en Amérique ou en Asie pour vous soigner quand vous souffrez d'une carie dentaire, d'une indigestion ou d'une impotence sexuelle, que vos hôtes vous recevrons quand il s'agira d'Ebola. C'est en Afrique que vous mourrez et personne ne vous offrira un cercueil en or serti de diamant dont vous amoureux de l'extravagance rêvez. C'est au four crématoire que vous finirez et personne ne vous pleurera parce qu'Ebola a aboli les funérailles pompeux.
Sur une note moins sarcastique, je vous invite à faire preuve de solidarité et de bon sens pour une fois. Assistez la Guinée, le Liberia et la Sierra Léone qui sont des pays frères. Ne le faites pas pour nous, peuples africains parce que nous savons que nos intérêts sont les derniers de vos soucis. Faites-le pour vous-même afin d'avoir la chance de vivre longtemps pour continuer à piller éternellement nos ressources comme vous savez si bien le faire parce qu'en Afrique, aussi pénible qu'elle soit la vie, personne ne souhaite mourir.
Africainement Votre,

Farida Nabourema

Citoyenne Togolaise Désabusée

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Lu pour vousThu, 23 Oct 2014 19:27:19 +0000
La banque BRICS opérationnelle : Une sortie du Consensus de Washington?http://cndd-burundi.com/librairie-cndd/lu-pour-vous/229-banque-brics-operationnelle http://cndd-burundi.com/librairie-cndd/lu-pour-vous/229-banque-brics-operationnelleLa banque BRICS opérationnelle : Une sortie du Consensus de Washington?

«Un jour tout sera bien, voilà notre espérance .Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion» Voltaire

Une bonne nouvelle passée pratiquement inaperçue dans les médias occidentaux. Les cinq pays du Brics ont créé une banque de développement qui aura comme capital 100 milliards de dollars et qui aura comme siège Shanghaï. Contrairement au FMI et à la Banque mondiale, les prêts faits ne seraient pas assortis de conditions contraignantes (ajustement structurel). Les rares informations occidentales présentent cela comme une agression contre l'ordre établi par l'Occident. Le fameux Consensus de Washington mis en place pour figer l'architecture financière internationale selon les vœux du grand capital

Les potentialités des pays du Brics

Pour François Houtart, les cinq pays composant les pays dits «émergents», c'est-à-dire, la Chine, l'Inde, la Russie, le Brésil et l'Afrique du Sud, forment un bloc important à l'échelle mondiale. Leur poids démographique atteint 3 milliards de personnes, soit 42% de la population mondiale et leur PIB représentait en 2010, quelque 14.000 milliards d'USD, ou 18,5% du PIB mondial. Leur réserve de devises est estimée à 5000 milliards d'USD, dont 3.200 milliards pour la seule Chine. Cependant, malgré leur poids, tous ces pays, et en particulier les BRIC'S, sont fermement arrimés à l'économie capitaliste dominante. Il suffit de citer quelques faits. Leurs réserves monétaires sont en majorité constituées par le dollar, au point de détenir une part importante de la dette extérieure des Etats-Unis et donc indirectement de contribuer à maintenir le système.

La «ré-primarisation» de continents tels que l'Afrique et l'Amérique latine, toujours plus producteurs de matières premières et de produits agricoles, place ces derniers en position de faiblesse dans la division internationale du travail, même si la conjoncture des prix leur a été favorable au cours des 15 dernières années».

«Sur le plan financier, la dépendance est aussi très nette. Ainsi, la politique de la Réserve fédérale américaine visant à augmenter les taux d'intérêt à long terme, entre janvier et août 2012, a eu pour effet une diminution de la valeur de la monnaie de plusieurs pays émergents: l'Afrique du Sud,-20%, Inde,-17,2%, Brésil, -17,4%, Russie,-8,4%. Seule la Chine, avec sa capacité productive énorme et l'importance de ses exportations, a mieux résisté au phénomène. Cependant, ce pays a augmenté sa participation aux bons du Trésor des Etats-Unis, c'est-à-dire comme détenteur de la dette américaine, passant de 1 268 milliards de dollars en août 2013 à 1 293 milliards en septembre de la même année, soit 27,8% de l'ensemble de la participation étrangère.»(1)

Le long chemin vers l'indépendance réelle

Ecoutons ce qu'en pense le journaliste de Asia Times, Pepe Escobar:
«Le Bric's, groupe des pouvoirs émergents (le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine, l'Afrique du Sud) lutte contre le (Des) Ordre du Monde (Néolibéral) à travers une nouvelle banque de développement et un fonds de réserve mis sur pied pour compenser les crises financières. Le diable, évidemment, est dans les détails de comment ils y parviendront. Cela fut une route longue et sinueuse depuis Yekaterinburg en 2009, lors de leur premier sommet, jusqu'à la contre-attaque, longtemps attendue, du Brics contre le consensus de Bretton Woods – le FMI et la Banque mondiale – mais aussi l'Asian Development Bank (ADB). dominée par le Japon, (mais répondant en grande partie aux priorités US).» (2)

«La Banque de développement Brics – investira dans les projets d'infrastructure et de développement durable à une échelle mondiale. Dans quelques années, il atteindra une capacité de financement allant jusqu'à 350 milliards de dollars. Avec un surplus de financement, notamment de Pékin et de Moscou, la nouvelle institution pourrait faire mordre la poussière à la Banque mondiale. Comparez l'accès à l'épargne réelle au papier vert imprimé du gouvernement US sans garantie [dollar]. Et ensuite il y a l'accord établissant un fonds de réserves de devises de 100 milliards de dollars – le Contingent Reserve Arrangement (CRA) Pour le fonds, la Chine contribuera à hauteur de 41 milliards de dollars, le Brésil, l'Inde et la Russie avec 18 milliards chacun, et l'Afrique du Sud avec 5 milliards. Au-delà de l'économie et de la finance, c'est essentiellement de la géopolitique – comme ces pouvoirs émergents offrant une alternative au Consensus de Washington qui a échoué. La stratégie arrive aussi à être un des noeuds clés de l'alliance Chine-Russie progressivement consolidée, récemment dessinée lors du «deal du gaz du siècle» et du forum économique de Saint-Pétersbourg». (2)

«En Amérique du Sud, Poutine ne rencontre pas seulement le président de l'Uruguay, Pepe Mujica – discutant parmi d'autres sujets, de la construction d'un port en eau profonde – mais aussi Nicolas Maduro du Venezuela et Evo Morales de la Bolivie. Xi Jinping est aussi en tournée, se rendant en dehors du Brésil, en Argentine, Cuba et au Venezuela. Ce que Pékin dit (et fait) complète Moscou; l'Amérique latine est vue comme extrêmement stratégique. Cela devrait se traduire par plus d'investissement chinois et augmenter l'intégration Sud-Sud.

Cette offensive commerciale et diplomatique russo-chinoise correspond à la poussée concertée vers un monde multipolaire L'Argentine est un exemple de premier ordre. Pendant que Buenos Aires, déjà vue dans la récession, lutte contre les fonds de vautour US – épitomé de la spéculation financière – dans les palais de justice de New York, Poutine et Xi viennent en offrant d'investir dans tout, des chemins de fer au secteur énergétique».(2)

«Ce que les Brics essaient de présenter au Sud mondial écrit Pepe Escobar, est maintenant un choix; d'un côté, spéculation financière, fonds de vautour et l'hégémonie des Maîtres de l'Univers; de l'autre côté, le capitalisme productif (...) Il est toujours instructif de revenir à l'Argentine. L'Argentine est emprisonnée dans une crise chronique de dettes extérieures principalement déclenchée par le FMI depuis plus de 40 ans – et maintenant perpétuée par les fonds vautour. La banque Brics et le fonds de réserve comme alternative au FMI et à la Banque mondiale offrent la possibilité pour des dizaines d'autres nations d'échapper à la difficile situation à l'Argentine. Sans parler de la possibilité que d'autres nations émergentes telles que l'Indonésie, la Malaisie, l'Iran et la Turquie contribuent bientôt aux deux institutions.»(2)

Les réactions occidentales entre la condescendance et les pronostics sombres

Les réactions occidentales vont tous dans le sens d'une impossibilité de cohésion dans la durée: «Ce n'est pas étonnant poursuit Pepe Escobar, que les Maîtres hégémoniques du gang universel soient inconfortables sur leurs chaises de cuir du Financial Times résume avec soin le point de vue de la City de Londres – paradis notoire du capitalisme de casino. Ce sont des jours passionnants en Amérique du Sud sur plusieurs aspects. L'hégémonie d'Atlantiste fera partie du décor, évidemment, mais c'est la stratégie du Brics qui montre la voie plus loin en bas de la route. Et la roue multipolaire continue à rouler dessus».(2)

Dans le Monde de l'économie on nous explique pourquoi la banque:
«Objectif: permettre à ses membres de se protéger en cas de nouvelle tempête sur leurs devises, comme celle déclenchée mi-2013 après l'annonce du changement de cap de la politique monétaire américaine. Les Brics avaient alors dû affronter de violentes sorties de capitaux.(...) Certains experts doutent néanmoins que 100 milliards de dollars suffisent à contrer de telles attaques. «L'efficacité du fonds serait préventive et symbolique: c'est déjà beaucoup», juge M.Zlotowski. (...) (3)
Insidieusement, le Monde de l'économie s'interroge:

«Les inconnues sont nombreuses. Les pays aidés accepteront-ils de se mettre sous la tutelle officieuse de la Chine, qui sera le principal contributeur financier? Comment se situera la banque de développement des Brics face aux institutions similaires, notamment la nouvelle banque asiatique d'investissements en infrastructures que Pékin lance en parallèle? La cohésion entre les pays membres sera-t-elle suffisante pour mener ces projets à bien? «J'en doute: tous poursuivent des objectifs politiques et économiques très différents», assène M.Lehmann Jean-Pierre Lehmann, spécialiste de politique économique internationale. Avant d'ajouter, non sans ironie: «Entre les Brics, il a toujours manqué le ciment.» (3)

Selon le South China Morning Post, «le président de la Banque mondiale Jim Yong-kim a salué cette initiative, déclarant qu'elle ne serait pas une menace pour les institutions de Washington [Banque mondiale et FMI], et qu'elle aiderait à combattre la pauvreté». Jim Yong-kim aurait ajouté que «notre compétition est la lutte contre la pauvreté, notre ennemi est le manque de croissance ou encore une croissance non inclusive». (4) (5)

«L'Hindustan Times écrit également que «le sommet prendra en compte le refus du Congrès américain de ratifier les propositions donnant plus de poids aux pays émergents au sein du FMI». Outre-Atlantique, l'inquiétude est parfois de mise. En témoigne cette étude publiée par Forbes, qui titre: «Plus qu'une alliance anti dollar, un nouvel outil de stabilisation du commerce qui constitue un risque réel pour la dominance du dollar américain». (5)

Justement lassés d'attendre que le Congrès des États-Unis autorise la réforme du FMI qui leur donnerait une représentation plus conforme au poids qu'ils ont acquis dans l'économie mondiale, les Brics créent l'embryon d'un système parallèle qui se pose en contrepoids, si ce n'est en alternative, à celui dont les bases avaient été jetées pendant la Seconde Guerre mondiale, à un moment où les équilibres étaient très différents de ceux d'aujourd'hui.(5)

Les Brics et la construction d'un nouveau monde

L'importance du sommet Brics annonce un nouveau monde en train de naître. D'autres pays pourront rejoindre les Brics actuels qui seraient bientôt rejoints par l'Iran et l'Indonésie. L'Iran est un chef de file pilier politique technologie important. Il dispose d'énormes ressources naturelles. Il fait d'extraordinaires progrès technologiques. Il y aura bientôt un membre Bric's. Et il en sera de l'Indonésie, qui a la quatrième plus grande population, une économie en développement rapide (environ 7% par an) et, encore une fois, d'énormes ressources naturelles. Déjà, les Brics actuels ont 40% de la population mondiale, 30% de sa masse terrestre, et 25% de son PIB, et ce dernier étant un chiffre en forte augmentation. Le raisonnement sous-jacent est simple: les Brics sont déterminés à défier l'Ouest, domination politique et économique et, en particulier, de briser la domination du Fonds monétaire international et la Banque mondiale qui n'ont pas servi les besoins de développement des pays pauvres et ont généralement servi que de les mettre dans de plus en plus, non remboursable de la dette. (6)

«Peut-être le résultat le plus important du sommet Brics est le projet de création d'un câble à fibre optique reliant les cinq États (avec des extensions relativement faciles à l'Iran et l'Indonésie). En effet, il se pourrait que les Brics soient la construction d'un système mondial indépendant optique Internet fibre ou au moins un étendue sur laquelle ils auront un contrôle complet.» La coopération Sud-Sud pourra trouver des objectifs nombreux, la déconnection du Sud vis-à-vis du Nord ne sera complète que par l'abandon du paradigme capitaliste et, en contrepartie, de la construction commune d'une option alternative pour la vie de l'humanité sur la planète. En fait, la crise structurelle que vit l'ensemble du globe ne laisse pas de choix et une coopération Sud-Sud peut contribuer à établir les nouveaux objectifs et à définir les transitions.»(6)

Il est vrai cependant que les Brics soient effectivement très différents en termes de système politique, de niveau de croissance économique et autres indicateurs de développement, de culture et de démographie. Il est à espérer que les pays du Brics fassent réellement de cette banque la plaque tournante du développement sans demander aux pays demandeurs d'aide de sacrifier les fondamentaux de la vie, l'éducation, la santé, les droits à l'alimentation, à l'eau et à posséder un toit. De plus, le vertige de puissance pourrait amener les grands pays du Brics à monopoliser les décisions. Nous l'avons vu avec la difficulté de choisir le siège. C'est, en définitive, la Chine qui l'a récupéré. (7)
Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz

1.François Houtart http://www.cahiersdusocialisme.org/2014/01/08/cooperation-sud-sud-pour-un-nouveau-modele-de-developpement/
2.PepeEscobar http://www.elcorreo. eu.org / BRICS-contre-le-consensusdeWashington15 juillet20143. http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/07/16/les-brics-ont-lance-leur-banque-de-developpement_4458144_3234.html
3.http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/07/16/les-brics-ont-lance-leur-banque-de-developpement_4458144_3234.html
4.http://www.scmp.com/business/economy/article/1549975/world-bank-chief-backs-launch-brics-bank
5.Lionel Pelisson http://www.courrierinternational.com/article/2014/07/14/la-brics-bank-pourra-t-elle-redessiner-le-monde
6.http://alalumieredunouveaumonde.blogspot.com/2013/03/attention-les-briiics-sont-venir.html
7.C.E. Chitour http://www.legrandsoir.info/L-Avenement-des-pays-du-BRIC-peut-il-changer-le-monde.html

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Lu pour vousTue, 22 Jul 2014 16:56:13 +0000
Boko Haram, le monstre utilehttp://cndd-burundi.com/librairie-cndd/lu-pour-vous/180-boko-haram-monstre-utile http://cndd-burundi.com/librairie-cndd/lu-pour-vous/180-boko-haram-monstre-utileBoko Haram, le monstre utile

Source : Mondafrique

Les preneurs d'otage de "Boko Haram" et leur chef, Aboubakar Shekau, sont présentés sur les plateaux français de télévision comme une bande de "fous furieux" et de "drogués". Hélas, ce mouvement terroriste est plus sophistiqué que cette présentation ne le laisse penser. Alain Chouet, ancien chef du "service de renseignement de sécurité" à la DGSE (services français), se penche sur les objectifs de Boko Haram, sur ses soutiens et sur ses modes de financement. François Hollande qui a invité à Paris le Nigéria et ses voisins pour préparer "une riposte régionale" à la prise d'otages du groupe terroriste devrait lire cette contribution fort instructive.

L'effervescence médiatique et « pipole » mondiale suscitée, avec d'ailleurs beaucoup de retard, par l'enlèvement et la séquestration de 250 jeunes filles dans le nord du Nigeria a présenté toutes les caractéristiques d'un feu de paille. Violente et brève. Elle a donné lieu à une profusion de plateaux télé à l'occasion desquels une kyrielle d'experts - ou soi-disant tels - de l'Afrique et du terrorisme sont venus doctement nous expliquer que les preneurs d'otages et surtout leur chef, Aboubakar Shekau, sont une bande de fous furieux bien décidés, sans doute sous l'empire de stupéfiants, à islamiser l'Afrique par le fer et le feu et à y délocaliser l'organisation de feu Ben Laden dont personne ne sait plus très bien où elle se trouve.

L'explication est donc fort simple : les militants de Boko Haram sont des abrutis méchants qui veulent reconstituer Al-Qaïda en Afrique par une alliance que l'on subodore d'ouest en est avec AQMI au Sahel et les shebab somaliens. L'horreur délirante de leurs actions relève donc d'un traitement par drones, surveillance satellitaire, forces spéciales forcément occidentales puisque le gouvernement local n'en possède pas ou, à défaut, sociétés militaires privées anglo-saxonnes.

Il faut bien sûr espérer que les drones seront suffisamment précis pour neutraliser les preneurs d'otages en épargnant plus ou moins les lycéennes qu'ils gardent à côté d'eux. Mais, l'affaire étant ainsi entendue, il ne reste plus qu'à passer à un autre dossier brûlant.

Shekau, un "drogué" doublé d'un inculte

L'ancien responsable d'un service de sécurité que je suis a tout de même du mal à se contenter d'analyses aussi sommaires, fussent-elles émises par des grandes vedettes du cinéma, des épouses de Présidents ou des analystes patentés du petit écran. On nous a décrit Aboubakar Shekau comme un chef de gang des cités, drogué jusqu'aux yeux et ne parlant - comme l'a relevé une éminente spécialiste de la zone - qu'un « Haoussa de banlieue ».

Ne parlant pas "Haoussae, je ne suis pas à même d'en juger, mais j'ai parfaitement entendu Shekau formuler ses dernières revendications en un arabe classique tout à fait respectable, ce qui n'est pas si fréquent aux alentours du 10e parallèle en Afrique. D'autre part il est évident qu'un psychopathe drogué ne saurait durablement imposer son commandement à des centaines, voire des milliers de militants en armes. Shekau n'est peut-être pas Götz von Berlichingen mais il y a déjà presque six ans qu'il a pris la tête d'un mouvement politico-militaire actif et il s'y maintient apparemment sans difficulté.

Les "valises" des pétromonarchies

Une telle longévité à la tête d'une « grande compagnie » suppose de la part de son chef une certaine habileté à lever des fonds pour entretenir et rémunérer ses mercenaires. Les activités de brigandage, de trafics et de prises d'otages contre rançon peuvent y pourvoir en partie mais leur rendement est aléatoire, souvent insuffisant pour fidéliser les troupes et doit être complété par des sources de revenus plus fiables et régulières qui ne peuvent provenir que de riches sponsors étrangers intéressés à un titre ou un autre par les activités du mouvement. Encore faut-il pour cela que les dites activités aient une visibilité suffisante pour attirer l'attention au-delà des frontières. Faute d'avoir compris ce ressort essentiel de la subversion, des mouvements nigérians comme le MOSOP (Mouvement pour la survie du peuple Ogoni) ou le MEND (Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger) ont sombré dans l'indifférence et l'oubli, tout comme la révolte biafraise des années 60.

En ce sens, l'enlèvement spectaculaire de 250 lycéennes accompagné de revendications provocantes théâtralement orchestrées et largement médiatisées est un coup de maître formidablement magnifié par l'effet multiplicateur de l'émotivité occidentale. Déclinées en boucle par les télévisions du monde entier, les réactions indignées de toutes les élites d'Europe et d'Amérique ainsi que la mise en œuvre de moyens militaires internationaux lourds, constituent pour Boko Haram autant de brevets d'existence, de reconnaissances de son importance et de sa capacité de nuisance, tous éléments qui sont à la base de toute stratégie terroriste bien comprise.

L'affaire est d'autant mieux menée qu'elle risque de durer longtemps. Il paraît à peu près évident que, faute de moyens et de volonté politique, personne ne paiera de rançon pour libérer les jeunes filles. Il faudra donc soit céder aux exigences des ravisseurs, en particulier, libérer leurs militants emprisonnés, ce qui contribuera à l'autorité et au prestige du chef, soit se lancer dans des opérations militaires incertaines et probablement tragiques pour les otages, surtout si les ravisseurs ont pris la précaution élémentaire de les disperser. Les péripéties à venir seront donc pour Shekau d'utiles prétextes pour aller tirer par la manche les généreux sponsors du djihadisme international qui - ce n'est plus un secret pour personne malgré une décennie de déni - se trouvent dans les riches pétromonarchies de la Péninsule arabique. Certes l'Arabie et le Qatar ont récemment revu leurs positions officielles à cet égard sous la pression internationale ou suite à de tardives prises de conscience, mais les riches donateurs privés y demeurent encore légion, en particulier ceux qui dépendent de l'industrie du pétrole et pour lesquels le Nigeria pose un problème particulier.

Un mouvement insurrectionnel "local"

Contrairement à ce que racontent les experts apocalyptiques du terrorisme qui veulent voir depuis 2001 une toile d'araignée verte recouvrant peu à peu la planète, Boko Haram n'a jamais manifesté le moindre intérêt pour le djihadisme international ou le terrorisme salafiste visant l'Occident. Ses liens souvent invoqués avec les djihadistes sahéliens ou les islamistes somaliens ne sont pas avérés au-delà de quelques connivences logistiques telles que celles qu'on pouvait constater entre euro-terroristes et terroristes palestiniens dans les années 70.

De fait, Boko Haram est d'abord un mouvement insurrectionnel local à base économique et sociale. Il recrute ses membres exclusivement au Nigeria en surfant sur les criantes inégalités socio-économiques locales, une criminalité endémique et la corruption généralisée de son système politique et administratif. Aucun des militants de l'organisation ne s'est jamais mêlé d'action internationale et le mouvement a toujours borné ses cibles au territoire nigérian ou à des raids de pillage sur ses frontières immédiates. Cette désaffection clairement affichée pour le « clash des civilisations » et le devenir du reste du monde musulman devrait interpeller les analystes et les conduire à s'interroger sur les objectifs réels de la secte au-delà des proclamations volontairement hallucinées de son chef.

Le controle de la rente pétrolière

À y regarder de plus près, les opérations de Boko Haram s'inscrivent dans un double contexte : d'une part un rapport de force politique et militaire entre le nord du pays musulman (45% de la population) et le sud christianisé (35%) ou animiste (20%), et d'autre part, par voie de conséquence, un problème de contrôle des ressources hydrocarbures dont le pays est le 6ème exportateur mondial mais qui se trouvent essentiellement au sud. Depuis une quinzaine d'années, les nordistes musulmans qui contrôlaient historiquement les postes de responsabilité de l'armée et de l'administration au sein de l'État ont progressivement perdu leur position de dominance au profit d'élites sudistes. Cette perte de statut, de prestige et surtout d'un contrôle de la rente hydrocarbure qui permettait de fidéliser politiquement les populations du nord a suscité de vives réactions et largement contribué à alimenter le courant extrémiste musulman incarné dès 2002 par Boko Haram.

Et au-delà des frontières du pays, cette inversion des pouvoirs menaçait de soustraire le pays à l'influence des pays de la Péninsule Arabique et du Golfe membres de l'OPAEP. La crainte des pétromonarchies arabes, et sans doute de leurs clients des majors du pétrole, était qu'un Nigeria soustrait à l'influence islamique régulée depuis Ryadh et soumis au pouvoir de ses dynamiques entrepreneurs sudistes se lance dans des formes d'indépendantisme économique et politique contraires aux intérêts bien compris de la majorité des membres de l'OPEP. Il fallait donc éviter tout risque que le Nigeria, à l'exemple de l'Iran (2e exportateur mondial) ou du Vénézuela (5e) se lance dans des aventures « fractionnelles » au pire en nationalisant son pétrole, au mieux en ne respectant pas les quotas de production destinés à maintenir en permanence le prix du baril à son maximum internationalement supportable ou en refusant de garantir l'acceptation du paiement de son pétrole en dollars qui permet aux États-Unis « d'exporter » leur abyssale dette intérieure.

Dans l'orbite de l'OTAN

Compte tenu des divisions du pays, de la gabegie régnant au niveau de l'État fédéral et de la corruption sévissant à tous les niveaux de la vie publique et en particulier de l'armée, il n'était pas très difficile d'affaiblir le pouvoir central, de démontrer son impotence, de lui interdire tout « aventurisme » politique ou économique, de le rendre totalement dépendant de l'assistance militaire et sécuritaire des membres de l'OTAN. C'est bien ce à quoi on assiste aujourd'hui et c'est là le plus clair résultat de l'action d'Aboubakar Shekau et de ses nervis qui se révèlent être un instrument de subversion efficace et peu coûteux.

Dans un tel contexte, il n'est pas surprenant que l'on évoque avec de plus en plus de précision les allers-retours, entre Ryadh et Kano, de porteurs de valises remplies de beaux dollars chargés de soutenir l'action du Robin des Bois du Califat de Sokoto, ce sultanat djihadiste et esclavagiste qui englobait au XIXe siècle le nord du Nigéria, le nord du Cameroun, le sud du Niger et du Tchad. On a vu des valises identiques avec des porteurs différents se promener un peu partout (Soudan, Afghanistan, Libye, Syrie, Mali, Tunisie, etc.) dans les endroits où l'Arabie ou le Qatar le jugeaient utile à leurs intérêts.

Shekau ne survivra peut-être pas au coup politique décisif qu'il vient de porter au Président Goodluck Jonathan, à l'armée et à l'administration du Nigeria. Cela n'a pas grande importance. Comme tous les djihadistes inspirés du salafisme wahhabite, il est un outil jetable et remplaçable au service des intérêts des pétromonarques. Si nécessaire, on lui trouvera un successeur et destinataire de valises comme il avait lui-même succédé à Mohammed Yusuf, abattu par la police en 2009.

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Lu pour vousSat, 24 May 2014 19:19:08 +0000
Le 7 avril 1994 quand un certain Rwanda pleure d'un oeil ou de la confiscation politicienne de la mémoirehttp://cndd-burundi.com/librairie-cndd/lu-pour-vous/128-7-avril-1994-rwanda-pleure-confiscation-politicienne-memoire http://cndd-burundi.com/librairie-cndd/lu-pour-vous/128-7-avril-1994-rwanda-pleure-confiscation-politicienne-memoireLe 7 avril 1994 quand un certain Rwanda pleure d'un oeil ou de la confiscation politicienne de la mémoire

Le mois d'avril est devenu, aussi bien au Rwanda qu'au Burundi, le mois des tristes souvenirs. En effet, c'est le 29 avril 1972 qu'a été déclenché au Burundi, par le régime de Michel Micombero, le génocide contre les Hutu. Au Rwanda, c'est le 7 avril 1994, au lendemain de l'attentat contre le Falcon 50 qui transportait les PrésidentsJuvénal Habyarimana du Rwanda et son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira, qui est célébré en souvenir du génocide rwandais. Mais, s'agissant particulièrement du Rwanda, sur lequel nous allons nous appesantir, une série de questions se posent, qui ne manquent pas de jeter le trouble dans l'esprit, au regard de la différence des statuts, de l'occultation de la vérité historique, du manquement à une justice équitable, et de l'instrumentalisation politicienne de la mémoire pour dénier ses droits à tout un peuple. Et si « le génocide » dans la bouche du FPR de Kagame n'était qu'un masque d'hyène, masque destiné à nous empêcher de penser aux morts, à tous les morts, et surtout aux vivants ? Pouvons-nous, vingt ans après, supporter une mémoire au service du mensonge, de la vengeance et de l'exclusion ?

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ndayon90@yahoo.fr (Albanel Simpemuka)Lu pour vousWed, 09 Apr 2014 21:19:52 +0000
Lettre d’Hugo Chavez à l’Afrique du 21 février 2013http://cndd-burundi.com/librairie-cndd/lu-pour-vous/127-lettre-hugo-chavez-afrique http://cndd-burundi.com/librairie-cndd/lu-pour-vous/127-lettre-hugo-chavez-afriqueLettre d’Hugo Chavez à l’Afrique du 21 février 2013

Chavez est une source inépuisable d'inspiration surtout pour l'Afrique. Il est le père incontestable d'une véritable démocratie participative. Pour toute grande prise de décision, le peuple est consulté sans attendre les périodes électorales. Chavez est aussi un modèle indéniable de démocratie économique fondée sur la solidarité humaine malgré les séquelles des gouvernements néolibéraux qui se sont succédés, la République Bolivarienne du Venezuela sous la houlette de Chavez est le deuxième pays après le Cuba du continent américain le moins inégalitaire.

De son chevez de lit, il adresse le 21 février 2013 une lettre de fraternité à l'Afrique à l'occasion du troisième sommet Afrique-Amérique du Sud. Son message plein de beaucoup d'humanité reste d'une profondeur éternelle. c'est pourquoi j'ai senti le besoin de le partager avec tous les africains, tous les peuples en lutte pour leur émancipation. Vous découvrirez la suite ci-dessous:

                                           

Lettre du président Hugo Chavez aux participants du IIIe Sommet Afrique-Amérique latine et Caraïbes (Guinée équatoriale, février 2013).

Caracas, 22 février 2013
Frères et sœurs,
Recevez mon plus fervent salut bolivarien, unitaire et solidaire, avec toute ma joie et toute mon espérance pour le déroulement de ce IIIe Sommet tant attendu des chefs d'État et de gouvernement d'Amérique du Sud et d'Afrique.

Je regrette vraiment, du plus profond de mon être de ne pouvoir être présent physiquement parmi vous pour vous réitérer, par une sincère accolade, mon irrévocable engagement en faveur de l'unité de nos peuples. Je suis présent, cependant, dans la personne du Chancelier de la République bolivarienne du Venezuela, le camarade Elias Jaua Milano, à qui j'ai demandé de vous transmettre la plus vive expression de mon amour pour ces continents qui sont plus que frères, unis par de solides liens historiques et destinés à avancer ensemble vers leur rédemption pleine et absolue.

Je le dis du plus profond de ma conscience : l'Amérique du Sud et l'Afrique sont un même peuple. On réussit seulement à comprendre la profondeur de la réalité sociale et politique de notre continent dans les entrailles de l'immense territoire africain où, j'en suis sûr, l'humanité a pris naissance. De lui proviennent les codes et les éléments qui composent le syncrétisme culturel, musical et religieux de notre Amérique, créant une unité non seulement raciale entre nos peuples mais aussi spirituelle.

De la même manière, les empires du passé, coupables de l'enfermement et de l'assassinat de millions de filles et de fils de l'Afrique mère dans le but d'alimenter un système d'exploitation esclavagiste dans leurs colonies, semèrent dans Notre Amérique le sang africain guerrier et combatif qui brûlait du feu que produit le désir de liberté. Cette semence a germé et notre terre a enfanté des hommes aussi grands que Toussaint Louverture, Alexandre Pétion, José Léonardo Chirino, Pedro Camejo parmi beaucoup d'autres, avec pour résultat, il y a plus de 200 ans, le début d'un processus indépendantiste, unioniste, anti-impérialiste et reconstructeur en Amérique latine et caribéenne.

Ensuite, au XXe siècle, vinrent les luttes de l'Afrique pour la liberté, ses indépendances, contre ses nouvelles menaces néo-coloniales, Patrice Lumumba, Amilcar Cabral pour n'en citer que quelques-uns. Ceux qui, dans le passé, nous ont conquis, aveuglés par leur soif de pouvoir, ne comprirent pas que le colonialisme barbare qu'ils nous imposaient deviendraient l'élément fondateur de nos premières indépendances. Ainsi, l'Amérique latine et les Caraïbes partagent avec l' Afrique un passé d'oppression et d'esclavage. Aujourd'hui plus que jamais, nous sommes fils de nos libérateurs et de leurs hauts faits, nous pouvons dire, nous devons dire avec force et conviction, que nous unit aussi un présent de lutte indispensables pour la liberté et l'indépendance définitive de nos nations.

Je ne me lasserai pas de le redire, nous sommes un même peuple, nous avons l'obligation de nous rencontrer au-delà des discours formels dans une même volonté d'unité et ainsi unis, donner vie à l'équation qui devra s'appliquer dans la construction des conditions qui nous permettront de faire sortir nos peuples du labyrinthe dans lequel le colonialisme les a jetés et, par la suite, le capitalisme néo-libéral du XXe siècle.

Pour cela, je veux évoquer la mémoire de deux grands combattants pour la coopération sud-sud comme l'ont été les deux ex-présidents du Brésil et de la Tanzanie, Luis Ignacio « Lula » da Silva et Julius Nyerere dont les apports et les efforts ont permis, en leur temps, la mise en place de magnifique forum pour une coopération solidaire et complémentaire comme l'est l'ASA [América del Sur/Africa].

Cependant, les temps que nous vivons nous obligent à consacrer nos plus profondes et urgentes réflexions à l'effort nécessaire pour transformer l'ASA en un véritable instrument générateur de souveraineté et de développement social, économique, politique et environnemental.

C'est sur nos continents que l'on trouve les ressources naturelles, politiques et historiques suffisantes, nécessaires, pour sauver la planète du chaos où elle a été conduite. Faisons que le sacrifice indépendantiste de nos ancêtres qui nous offre le jour d'aujourd'hui serve à unifier nos capacités pour transformer nos nations en un authentique pôle de pouvoir qui, pour le dire avec le père Libérateur Simon Bolivar, soit plus grand par sa liberté et sa gloire que par son extension et ses richesses.

Les paroles de cet immense général uruguayen José Gervasio Artigas résonnent toujours dans mon âme et dans ma conscience : « Nous ne pouvons rien attendre si ce n'est de nous-même. » Cette pensée si profonde renferme une grande vérité que nous devons assumer, j'en suis absolument convaincu.

Notre coopération sud-sud doit être un lien de travail authentique et permanent qui doit tourner toutes ses stratégies et ses plans de développement soutenable vers le sud, vers nos peuples.
Quoiqu'en aucune manière nous ne nions nos relations souveraines avec les puissances occidentales, nous devons nous rappeler que ce ne sont pas elles qui sont la source de la solution totale et définitive pour l'ensemble des problèmes de nos pays. Loin de l'être, quelques-unes d'entre elles appliquent une politique néo-coloniale qui menace la stabilité que nous avons commencé à renforcer sur nos continents.

Frères et sœurs, je voudrais rappeler pour ce IIIe Sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'ASA, l'esprit de fraternité, d'unionisme et de volonté qui a dirigé le déroulement de ce IIemerveilleux Sommet dans l'île de Margarita, au Venezuela, qui nous permit d'adopter unanimement les engagements de la déclaration de Nueva Esparta. Je souhaite avec beaucoup de foi et d'espérance que nous puissions récupérer à Malabo l'impulsion et l'effort de ce moment extraordinaire pour notre processus d'unité, le Sommet de 2009, qui a montré autant par sa fréquentation massive que par la quantité et le contenu des accords atteints.
Depuis le Venezuela, renouvelons aujourd'hui notre plus ferme engagement dans le renforcement du Secrétariat permanent de la table présidentielle stratégique de l'ASA avec ses principales tâches et fonctions pour accélérer le rythme dans la consolidation de nos institutions et obtenir ainsi une plus grande efficacité dans notre travail conjoint.

Je regrette avec beaucoup de douleur et de peine que tout notre travail commencé formellement depuis 2006 ait été interrompu par les forces impérialistes qui prétendent encore dominer le monde. Ce n'est pas un hasard, je le dis et je l'assume pleinement, que depuis le sommet de Margarita, le continent africain ait été victime des multiples interventions et des multiples attaques de la part des puissances occidentales.

Les nombreux bombardements et invasions impériaux empêchant toute possibilité de solution politique et pacifique aux conflits internes qui ont commencé dans diverses nations d'Afrique, ont eu comme objectif principaux de freiner le processus de consolidation de l'unité des peuples africains et, en conséquence, de miner les progrès de l'union de ces états avec les peuples latino-américains et caribéens.
La stratégie néo-coloniale a été, depuis le début du XIXe, de diviser les nations les plus vulnérables du monde pour les soumettre à des rapports de dépendance esclavagiste. C'est pour cela que le Venezuela s'est opposé, radicalement et depuis le début, à l'intervention militaire étrangère en Libye et c'est pour le même motif que le Venezuela réitère aujourd'hui son rejet le plus absolu de toute activité d'ingérence de l'OTAN.

Face à la menace extra-régionale pour empêcher l'avance et l'approfondissement de notre coopération sud-sud, je le dis avec Bolivar dans sa Lettre de Jamaïque de 1815 : «Union, union, union, cela doit être notre plus importante consigne.» Notre Gouvernement renouvelle, en ce IIIeSommet de l' ASA dans cette république sœur de Guinée équatoriale, son absolue disposition à avancer dans le travail nécessaire pour consolider notre coopération dans les secteurs que j'ai personnellement proposées à notre dernier sommet, dans la belle île de Margarita. Énergie, Éducation, Agriculture, Finances et Communication continuent d'être nos priorités et pour celles-ci, nous réitérons notre engagement pour avancer dans des initiatives concrètes comme Petrosur, l'Université des peuples du Sud ou la Banque du Sud, pour ne citer que quelques exemples. Dans le secteur de la communication, nous proposons, depuis le Venezuela, que cet effort que nous avons réussi à mettre en place ensemble dans différents pays de l'Amérique du Sud, TeleSur, s'articule avec l'Afrique afin qu'il puisse accomplir depuis ces latitudes sa principale fonction : relier les peuples du monde entre eux et leur apporter la vérité et la réalité de nos pays.

Enfin, je veux renouveler à tous mon désir que les résultats projetés lors de ce IIIe Sommet ASA nous permette de transformer ce forum en un outil utile pour conquérir notre définitive indépendance en nous plaçant à la hauteur de l'exigence de l'époque et comme le dirait le Libérateur, le plus de bonheur possible pour nos peuples. Je suis un convaincu, simple et obstiné, nous réussirons à mener à bien cette cause que nos libérateurs et martyres nous ont transmise depuis des siècles. Nos millions de femmes et d'hommes présentés en sacrifice pour leur pleine et absolue liberté. Avec le père infini, notre Libérateur Simon Bolivar, je dis une fois de plus : « Nous devons attendre beaucoup du temps, son ventre immense contient plus d'espérance que de faits passés et les prodiges futurs doivent être supérieurs aux anciens. »

Marchons donc vers notre union et notre indépendance définitive. En paraphrasant Bolivar, je dis maintenant : «Formons une patrie,un continent, un seul peuple, à tout prix et tout le reste sera supportable.»

Vive l'union sud-américaine et africaine !

Vive l 'ASA !

Jusqu'à la victoire toujours !

Nous vivrons et nous vaincrons !

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Lu pour vousWed, 09 Apr 2014 18:54:29 +0000
Le chemin de la démocratie au Burundihttp://cndd-burundi.com/librairie-cndd/archives/92-chemin-democratie-burundi http://cndd-burundi.com/librairie-cndd/archives/92-chemin-democratie-burundi

Le chemin de la démocratie au Burundi est un mémorandum rédigé et publié en septembre 1991 par la direction du parti Frodebu composé de Ndadaye Melchior , Président, Pontien Karibwami, Secrétaire Général, Léonard Nyangoma, Secrétaire national à la mobilisation et à la formation idéologique, Richard Ndikumwami, Secrétaire National aux questions sociales et à l'éducation, Sylvestre Ntibantunganya, Secrétaire National à la communication et aux Relations extérieures.

Le mémorandum dont il est question avait pour objet de mettre en évidence la position du Frodebu sur le processus démocratique dans les années 1990 au Burundi. Dans ses perspectives , le parti voulait impulser un vaste forum national à défaut d'organiser une conférence nationale souveraine. Les discussions dans ce forum devaient permettre de dégager un véritable consensus national sur les principales orientations nationales et mécanismes destinés à l'instauration de la démocratie au Burundi.

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ArchivesWed, 11 Dec 2013 00:00:00 +0000