Actualitéshttp://cndd-burundi.com Fri, 27 Nov 2020 11:02:48 +0000fr-frDéclaration commune rendue publique en clôture de la Manifestation Unitaire Panafricaine du samedi 19 septembre 2020 à Parishttp://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/921-declaration-manifestation-unitaire-panafricaine-septembre-2020 http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/921-declaration-manifestation-unitaire-panafricaine-septembre-2020Déclaration commune rendue publique en clôture de la Manifestation Unitaire Panafricaine du samedi 19 septembre 2020 à Paris

Appel à la mutualisation des Luttes sur le continent et dans la Diaspora pour la souveraineté populaire et l’intégration africaine

Le 18 août 2020, au terme de plusieurs mois de mobilisations qui font suite à plusieurs années d’instabilité et de crise larvée, les forces civiles, politiques, religieuses et militaires du Mali ont obtenu la démission du Président Ibrahim Boubacar Keïta et de son gouvernement, la dissolution de l’Assemblée Nationale.
Nous, Panafricanistes, exprimons notre solidarité avec le peuple du Mali qui s’est unenouvelle fois levé pour reprendre son destin en main avec détermination. Si la journée du 18 août s’est déroulée sans faire de victime, nous n’oublierons pas le sang des martyrs tombés sous le coup des précédentes répressions et nous appelons à ce que la justice soit rendue pour toutes les victimes directes et collatérales du pouvoir déchu.


Nous, Panafricanistes, adressons nos salutations militantes et solidaires aux camarades du M5-RFP qui ont donné à la contestation populaire un cadre permettant de poser les enjeux d’une refondation du Mali. Nous appelons la frange patriotique de l’armée et les forces populaires progressistes à maintenir la cohésion pour que le processus de transition conquis par la mobilisation du peuple malien ne fasse pas l’objet d’une récupération par des forces réactionnaires locales et internationales. Nous appelons le peuple malien, et notamment sa jeunesse conscientisée, à se montrer intraitable dans la défense de sa souveraineté et à ne pas céder aux pressions allant à l’encontre des intérêts maliens et africains.
Nous, Panafricanistes, appelons à la mobilisation de toutes nos organisations pour former autour du Mali comme autour de l’Afrique entière, un cordon de défense contre toutes attaques exogènes comme endogènes, afin de permettre au peuple du Mali de trouver la paix et la sérénité nécessaires à la construction d’un nouveau projet politique répondant à ses intérêts, ses valeurs et ses priorités.
Nous, Panafricanistes, sommes conscients que le soulèvement populaire au Mali, comme au Burkina Faso en octobre 2014, s’inscrit dans une série de luttes pour la rupture avec le système de domination néocolonialiste qui étouffe tous les pays africains notamment francophones, mais également les populations africaines dans la diaspora.


En cette année 2020 marquée par l’intensité exceptionnelle des protestations contrel’assassinat raciste de George Floyd aux Etats-Unis, le jour même de la commémoration de la Journée de l’Afrique le 25 mai, ainsi que par des mobilisations pour supprimer les statues et les références coloniales de l’espace public, la lutte du peuple malien suscite un espoir à tous les peuples d’Afrique et la diaspora africaine qui luttent contre la domination néocolonialiste, contre le racisme systémique que traduisent les répressions et les violences policières, autres atteintes à la dignité humaine.
Nous, Panafricanistes, exprimons ici et maintenant notre solidarité au Peuple Frère du Mali et à tous les Peuples Africains DEBOUT pour arracher leur souveraineté.


I. Le peuple du Mali doit reprendre l’initiative politique


Conscients de la nécessité pour le Peuple du Mali de trouver un nouveau modèle politique, en puisant dans ses racines, afin d’écrire une nouvelle histoire, nous, Panafricanistes, rappelons brièvement que :
– le peuple malien et les peuples ouest-africains plongent leurs racines dans l’histoireglorieuse des empires de Ghana, Mali et Songhay, prémisses de futures fédérations,
ainsi que dans les sagesses anciennes comme la charte du Mandé de 1235 quitémoignent de la richesse de nos expériences politiques endogènes ;
– les forces patriotiques maliennes et ouest-africaines prolongent l’héritage des grandsrésistants à la colonisation française tels que Babemba, Cheikhou Ahmadou, El Hadj
Omar Tall, Samory Touré, des figures dont l’influence s’étend des territoires actuels de la Guinée jusqu’au Burkina Faso ;
– Bamako, capitale du Mali colonisé sous le nom de « Soudan Français », a été la capitale du panafricanisme en accueillant la création en octobre 1946 du
Rassemblement Démocratique Africain (RDA), organisation qui réunissait un parti par territoire sous domination coloniale française ;
– s’appuyant sur les dissensions internes, les autorités françaises ont transformé le RDA en une coquille vide à la veille des indépendances afin de faire échouer toute
solution fédéraliste ou panafricaniste, à l’instar de la Fédération du Mali entre le Sénégal et le Soudan Français qui aurait menacé les intérêts du colon ;
– la France avait décidé de créer une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) qui devait amputer les territoires actuels du Mali, du Niger, du Tchad, de la
Mauritanie et de l’Algérie, territoires détenteurs d’immenses richesses (pétrole, gaz, uranium…) qui justifient depuis soixante ans un soutien impérialiste à des rébellions
et des projets sécessionnistes ;
– face aux velléités hégémoniques de la France, le premier Président du Mali Modibo Keita avait pris ses responsabilités en fermant les bases militaires françaises, en sortant le Mali de la zone CFA pour créer le Franc Malien, et en prenant la voie de
l’Unité Africaine avec les présidents Kwame Nkrumah et Ahmed Sékou Touré, constituant l’Union Ghana-Guinée-Mali, embryon des Etats Africains Unis toujours
d’actualité ;
– depuis le renversement du Président Modibo Keita en 1968, le Mali n’a toujours pas été en mesure de retrouver un dirigeant prêt à engager le Mali dans la voie d’un
véritable panafricanisme lui permettant de retrouver sa souveraineté. Ce bref rappel de cette longue histoire d’avant les indépendances formelles des Etats
africains, constitue une véritable source d’inspiration pour le peuple malien, pour inventer un avenir qui corresponde à ses véritables aspirations et sortir de cette léthargie dont il victime depuis six décennies. C’est une invitation à « oser inventer l’avenir » selon la formule de Thomas Sankara.
En effet, présenté au tournant des années 1990 comme une vitrine de la réussite du modèle démocratique, le Mali n’a jamais pu s’émanciper des politiques néolibérales et prédatrices des institutions financières internationales. Ces dernières ont infligé au peuple malien des conditions de vie inhumaines et dégradantes tandis que l’oligarchie dirigeante refusant d’entendre la colère grandissante de la rue, a généralement privilégié ses propres intérêts au détriment de ceux du peuple.
Au naufrage économique et politique, s’est ajoutée une perte de souveraineté liée à
l’occupation du territoire national par des forces militaires exogènes, en particulier l’armée française et la force d’intervention européenne Takuba. La France, qui entretenait déjà des relations troubles avec diverses forces sécessionnistes au Sahel, a directement participé à l’assassinat du colonel Mouammar Kadhafi et à la déstabilisation de la Libye. Cette agression et ingérence dans les affaires intérieures libyennes a ouvert la voie à des groupes rebelles qui ont fait la jonction avec les forces sécessionnistes opérant au Nord-Mali, conduisant d’une part à l’effondrement de l’État malien sous Amadou Toumani Touré avec le coup d’état de mars 2012, et d’autre part en 2013 à l’intervention militaire française Serval puis Barkhane dans le but d’empêcher officiellement la chute de Bamako et l’installation d’un califat islamique. L’organisation terroriste Ansar Dine a été manipulée par la France pour violer le cessez-le-feu et la zone tampon, ce qui a abouti à l’attaque de Konna. Ainsi, cette thèse selon laquelle une colonne de 400 pick up se sont dirigés par surprise vers Mopti avec comme point de mire Bamako était un prétexte pour faire intervenir l’armée française et laver l’affront que Modibo Keita avait infligé à la France un célèbre 20 janvier 1961 avec le départ de toutes les bases françaises du Mali.
Au vu de cette descente aux enfers du Mali et du peuple malien, nous, Panafricanistes, appelons à intensifier la lutte pour mettre fin effectivement et définitivement aux régimes corrompus, apatrides et criminels qui, au Mali comme dans de nombreux autres pays africains, s’opposent à l’émancipation des peuples en refusant de faire de l’éducation, de la santé, de l’autosuffisance alimentaire ou de la sécurité, des impératifs réels pour le développement et le bien-être des populations, auxquels s’ajoute la lutte contre toute occupation militaire étrangère.


II. Le peuple du Mali debout contre l’occupation militaire française


Si les responsables des pays du G5 Sahel ont cautionné les scénarios de vrai-fausse lutte contre le terrorisme, écrits depuis Paris et New York, nous, Panafricanistes, au nom de la solidarité avec le peuple du Mali, dénonçons :
– les méthodes peu respectueuses des peuples des pays G5 Sahel du Président
Emmanuel Macron qui, au prétexte d’un sentiment anti-français, nourri cependant par l’occupation de l’armée française, convoque les présidents de ces pays pour leur imposer des ultimatums face à des mouvements populaires massifs de contestation
face à l’occupation militaire française de fait, mouvements portés par la jeunesse, des personnalités, des patriotes nationalistes et panafricanistes ;
– les pratiques coloniales qui permettent à la ministre française des Armées FlorenceParly de se prononcer publiquement à la place des Maliens sur la nature et la durée
de la transition tout en laissant entendre des représailles dans le cas où le peuple malien choisirait une autre voie ;
– l’incapacité chronique de la classe dirigeante française à tirer les leçons de son aventure destructrice en Libye pour préserver ses intérêts et dont les nombreuses conséquences sont entre autres des crimes contre les populations noires ou
migrantes, la déstabilisation de toute la région sahélo-saharienne. Cet enchainement catastrophique ne devra pas rester impuni. Les instruments africains etinternationaux doivent être utilisés pour dire le droit et rendre justice à toutes les
victimes, peuples et citoyens de toutes ces exactions. A ce propos une enquête sur la responsabilité des dirigeants français, en particulier Messieurs Nicolas Sarkozy et
Bernard Henri Lévy doit être diligentée.
– la complicité de la France avec les régimes africains corrompus qui détournent lesservices de renseignement et les moyens militaires officiellement fournis dans le
cadre de la « coopération » ou de la « lutte contre le terrorisme » pour traquer et persécuter les mouvements d’opposition aux régimes soutenus par Paris ;
– la complicité de chefs d’État de la CEDEAO qui, craignant de subir la même
mésaventure que le président IBK, rejettent dans un premier temps la prise du pouvoir par l’armée malienne alors qu’eux-mêmes ne se maintiennent bien souvent
au pouvoir que par la force, et soutiennent dans un second temps la prise de sanctions à l’encontre du peuple malien au lieu de remettre en cause leur propre politique
liberticide et anti-démocratique ;
– l’illégitimité de la présence militaire française au Mali et en Afrique, et exigeons le départ immédiat de l’armée française du sol malien et la fermeture de toutes les bases
militaires étrangères placées sur le sol africain.


III. Pour la solidarité africaine et internationale avec les peuples en lutte


Nous, Panafricanistes, dénonçons les velléités ici et là en AFRIQUE de prolonger les mandats présidentiels en remettant les compteurs à zéro au gré des violations
constitutionnelles. Nous exprimons notre soutien aux peuples en lutte pour leur liberté et leur bien-être. Nous exhortons les peuples à fonder leurs luttes sur le principe de la
collaboration internationale, la réciprocité et le respect mutuel.
Dans ce sens, nous restons mobilisés pour la victoire des aspirations populaires :


En CÔTE D’IVOIRE où la volonté d’Alassane Dramane Ouattara de briguer un troisième mandat jugé anticonstitutionnel par le comité d’experts qui a rédigé la constitution de novembre 2016 s’inscrit dans une tradition de confiscation du pouvoir, de mépris envers la souveraineté populaire et d’irresponsabilité en raison des violences politiques qui font craindre un embrasement de la situation dans tout le pays. Le Conseil constitutionnel, en écartant quarante candidatures et en en validant quatre dont celle illégale et illégitime de Ouattara, est tombé dans la forfaiture. Nous dénonçons les intimidations, la restriction des libertés d’expression et de réunion, ainsi que les arrestations arbitraires visant des manifestants et des partisans de l’opposition qui ne demandent que la stricte application de la constitution.


En GUINÉE où la décision d’Alpha Condé de briguer un troisième mandat après avoir imposé une réforme constitutionnelle contestée par plusieurs mois de mobilisations
populaires massives durement réprimées démontre encore une fois les dérives d’un pouvoir autoritaire qui n’a pas réussi à améliorer les conditions de vie de la population. Nous exhortons le peuple de Guinée à rester soudé dans l’épreuve de résistance, à ne pas se laisser corrompre par les manipulations politiciennes et à ne pas abdiquer face au coup d’état constitutionnel en cours.


Au GABON où la résistance doit se poursuivre face au coup d’état militaro-électoral
orchestré par le régime dynastique de Bongo Ondimba Ali lors de l’élection présidentielle du 27 août 2016, en appelant à sanctionner les responsables de la violente répression mise en œuvre avec son paroxysme, l’attaque du quartier général de campagne de Jean Ping où des centaines de civils non armés ont été abattus de sang froid pour installer un climat de terreur. Nous devons soutenir les forces progressistes gabonaises pour libérer ce pays phare de la Françafrique.


Au CAMEROUN, où Paul Biya, chef d’Etat fantôme au pouvoir depuis 1982, s’est reconduit lui-même au pouvoir à l’issue du simulacre d’élections présidentielles du 07
octobre 2018, les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, privées du droit de vote du fait des violences perpétrées en toute impunité par l’armée, sont plongées dans une guerre qui a déjà fait de trop nombreux morts. Aux côtés du peuple camerounais, de la société civile, des forces politiques progressistes, des défenseurs des droits humains, des forces syndicales, ainsi que des différentes catégories qui refusent de baisser la garde, nous exigeons la libération de tous les prisonniers politiques, les conditions pour le retour des réfugiés, ainsi que la mise en place d’un véritable plan de reconstruction du pays pour un Cameroun nouveau.


Au CONGO BRAZZAVILLE où Denis Sassou Nguesso qui cumule trente-six ans de pouvoir, s’apprête à rempiler en 2021 après avoir de nouveau modifié la constitution et
placé en détention de nombreux opposants politiques, nous appelons à la constitution d’une alternative politique réelle pour en finir avec l’un des piliers de la Françafrique, disposant du soutien des multinationales et des réseaux d’influence français.


Au TOGO où un tripatouillage constitutionnel opéré en une seule nuit permit à Faure Gnassingbé de succéder à son père le Général Etienne Gnassingbé Eyadema décédé en 2005, la dynastie cumule cinquante-trois (53) ans de brutalités, à l’instar de la répression meurtrière des populations descendues dans les rues contre les résultats de l’élection présidentielle d’avril 2005. Le tripatouillage électoral opéré en force par les autorités n’a pas empêché de constater l’éclatante victoire obtenue le 22 février 2020 par le Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo, candidat de l’opposition porté par la Dynamique Monseigneur Kpodzro. Aujourd’hui le pouvoir légitime est incarné par le Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo avec son Gouvernement en exil soutenu par l’écrasante majorité des Togolais sur toute l’étendue du territoire national et dans la diaspora.


En MARTINIQUE où l’Etat français réprime les mouvements citoyens qui dénoncent l’empoisonnement des terres au chlordécone ainsi que des pratiques de génocide par
substitution, le déboulonnage le 22 mai 2020 des statues de Victor Schoelcher a lancé un large mouvement de contestation de la culture esclavagiste, colonialiste et raciste anti-noir présente dans les médias et dans l’espace public. Tout en exhortant la France à rendre les Îles Eparses à Madagascar et à se plier au droit international qui condamne l’occupation française de Mayotte, nous appelons les peuples encore soumis au colonialisme français (Guadeloupe, Kanaky/Nouvelle-Calédonie, Guyane, La Réunion) à rejoindre les rangs du panafricanisme.


Aux ETATS-UNIS D’AMERIQUE, où l’assassinat de George Floyd le 25 mai 2020, date de la Journée Mondiale de l’Afrique, a déclenché des manifestations massives internationales pour dénoncer la persistance criminelle du racisme, ainsi que dans tous les territoires où des Africaines et des Africains subissent des injustices et des atteintes à leur intégrité physique ou morale du fait de leur origine, nous, Panafricanistes, devons rappeler que seule une Afrique forte et unie sera en capacité de pallier au défaut de protection de ses populations continentales et diasporiqu


IV. Pour un appel à l’Union Africaine des Peuples


Au regard des situations précitées qui ne sont qu’un aperçu des luttes en cours sur le continent et dans la diaspora, nous, Panafricanistes, recommandons aux peuples et
organisations, de manière fraternelle et militante, d’inscrire dans leur cahier de charges les cinq mots d’ordre suivants afin d’avancer la construction des Etats Unis d’Afrique


1. Le changement des mentalités : Afin que les populations africaines sortent des schémas mis en place par l’impérialisme pour leur faire accepter et intérioriser le fait
qu’elles ne sont ni libres, ni indépendantes, ni souveraines, ni riches, etc. Intelligemment, sans recourir à des affrontements fratricides dévastateurs de nos
territoires, il nous faut adopter des mentalités de femmes et d’hommes forts, intelligents, libres, indépendants, créatifs, gagneurs, courageux, riches, entreprenants.
Il est impératif que nous sortions des clichés et mensonges qui ne font que perpétuer la domination et le pillage de nos territoires.


2. L’unité effective des peuples africains : en dénonçant formellement la partition de l’Afrique et tous les accords dits de coopération, qui sont en fait des accords de sujétion
à l’impérialisme français en particulier.


3. La souveraineté sous toutes ses formes : spirituelle, idéologique, politique, diplomatique, militaire, judiciaire, économique, monétaire, scientifique, sociale,
culturelle, linguistique. Aussi, il faut non seulement exiger le départ immédiat des troupes étrangères d’occupation, mais il faut surtout mentionner dans les Constitutions
l’interdiction absolue de la présence de toute base militaire étrangère sur le territoire africain. Quel que soit l’organisme ou le pays interlocuteur, les principes de l’égalité et
du respect mutuel doivent être observés avec la plus grande attention.


4. L’avenir de chaque peuple est africain : En mutualisant les énergies et les moyens, eten réaffirmant son ancrage africain, chaque peuple peut réaliser son développement
solidaire, souverain et accéléré. La transformation des productions du sol et du soussol localement est une exigence de développement durable et de souveraineté.


5. La fédération de toutes les initiatives locales, régionales et territoriales : pour avancerprogressivement vers la réalisation effective des Etats Unis d’Afrique, principe que le
président Modibo Keita avait fait figurer dans la Constitution du Mali au moment de son accession à l’indépendance et dont l’Union Ghana-Guinée-Mali fut une expérience
dont l’embryon reste pertinent à l’échelle ouest-africaine.


Nous mettons en garde contre les velléités des uns et des autres, et rappelons qu’aucune révolution ne sera aboutie si elle n’intègre les aspirations profondes du peuple.
Avec le soutien des Peuples et des Diasporas, nous, Panafricanistes, appelons le mouvement de solidarité à s’élargir à l’échelle du Continent pour balayer définitivement les régimes anti-démocratiques et corrompus.


POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE ET POUR LE PEUPLE !
L’UNION FAIT LA FORCE ! VIVE LA SOLIDARITÉ PANAFRICAINE !
L’an la-ara an Sara! Si nous nous couchons, nous sommes morts !
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Liste des Organisations et Réseaux signataires de la Déclaration commune rendue
publique en clôture de la Manifestation Unitaire Panafricaine du samedi 19
septembre 2020 à Paris
COLLECTIFS PANAFRICAINS
La Plateforme Panafricaine (LPP)
Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-U)
Mouvement Fédéraliste Panafricain (MFPA)
Comité International Joseph Ki-Zerbo (CIJK)
L’Amicale Panafricaine
WARABA
KA UBUNTU
BÉNIN
Comité Culturel pour la Démocratie au Bénin -CCDB
Comité pour la Sauvegarde de la Démocratie au Bénin (CSDB)
Front Souverain
BURKINA FASO
Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples Section France – MBDHPSF
Mouvement SENS – Servir Et Non Se Servir – SENS
Alliance Patriotique Panafricaine – Burkindi –APP BURKINDI
Union des Burkinabè du Grand Ouest de la France -UBGOF
Pour l’Emergence Panafricaine/Mouvement pour la Réflexion, la démocratie et le
Développement Durable
CAMEROUN
Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la
Démocratie (UPC-Manidem)
Femmes en Avant Cameroun !
Collectif des Résistants Camerounais de la Diaspora
COMORES
Front Commun des Forces Vives contre la Dictature aux Comores
Mouvement MABEDJA
CONGO-BRAZZAVILLE
Sauvons Le Congo
RD CONGO
Délégation LAMOUKA France
Engagement pour la Citoyenneté et le Développement en Ecidé
Mouvement pour la Libération du Congo
Nouvel Elan
Union de la Diaspora Congolaise
Bureau d’Etudes pour le Congo
CÔTE D’IVOIRE
Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté
Générations Peuples Solidaires
Coalition pour la Démocratie, la Réconciliation et la Paix
Fondation Ivoirienne pour les Droits de l’Homme et la Vie Politique
Mouvement Non Non et Non
DJIBOUTI
Alliance Républicaine pour le Développement – ARD
Union pour le Salut National – USN
GABON
Le Conseil Gabonais de la Résistance Internationale – CGRI
La Révolution des Amazones
Orgasey
NewPower
Eveil toi GABON
Le Mouvement TROP c’est TROP
UPG-Loyaliste
La Dream Team Gabonaise
Réagir
GUINÉE
Forces Vives FNDC France
Front National pour la Défense de la Constitution
Alliance des Forces Patriotiques pour une Guinée Libre – AFPGL
Collectif pour la Transition en Guinée – CPTG
Congrès Populaire Africain (CPA)
Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN)
Union des Forces Républicaines (UFR)
MALI
Mouvement du 5 Juin Rassemblement des Forces Patriotiques Europe/France
M5 RFP
Solidarité Africaine pour le Démocratie et l’Indépendance -SADI
MAURITANIE
Forces de Libération Africaines de Mauritanie -FLAM
NIGER
Association Nigérienne HINDOBEYE – Fraternité-Entraide- Développement
Association d’Assistance des Nigériens de l’Extérieur
KANE AFRIQUE
SENEGAL
Front pour une Révolution Anti-Impérialiste Populaire Panafricaine (FRAPP)
Front pour le Départ de Macky (FDM)
NON AU 3è MANDAT !
TCHAD
Afrique Internet Sans Frontières
Projet Pour une Alternance Crédible au Tchad
Patriotes de la Diaspora Tchadienne de France
TOGO
Convention Démocratique des Peuples Africains -CDPA
M05 Mouvement du 5 Octobre TOGO
Coalition de la Diaspora Togolaise pour l’Alternance et la Démocratie – CODITOGO

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Actualités internationalesThu, 08 Oct 2020 20:11:06 +0000
DÉCLARATION DU PARTI CNDD SUR LA SITUATION POLITIQUE AU MALIhttp://cndd-burundi.com/actualites/declarations/920-declaration-cndd-situation-mali http://cndd-burundi.com/actualites/declarations/920-declaration-cndd-situation-maliDÉCLARATION DU PARTI CNDD SUR LA SITUATION POLITIQUE AU MALI

Des soldats maliens acclamés par la population sur la place de l'Indépendance, mardi à Bamako. Photo Stringer. AFP

Les Faits.
1. Le parti CNDD suit avec une attention soutenue l'évolution de la crise politique malienne depuis 2010 grâce au parti frère panafricain, SADI dirigé par l'infatigable combattant pour la liberté le camarade Omar Mariko qui a joué un rôle moteur et historique dans le renversement du dictateur Moussa Traoré en 1991, lui-même tombeur du héros de l'indépendance, le panafricain et progressiste Modibo Kéita.

2. Depuis le 5 juin 2020, Le parti CNDD observe que le peuple malien a franchi une étape décisive et inéluctable par la création d'un vaste rassemblement de toutes les forces vives de la nation tant politiques que civiles, à savoir le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques du Mali (M5-RFP) , un mouvement qui incarne les aspirations du peuple malien contre la dictature imposée par les institutions mal élues dont le président corrompu Ibrahim Boubakar Heïta (IBK).

3. Ces aspirations populaires sont traduites dans ce que le M5-RFP a appelé: La Charte de Transition Politique pour la Reconstruction du Mali: "La transition politique se donnera comme objectif l'avènement de la 4ème République, la gestion rigoureuse des biens de l’État et la résolution rapide des crises sociales et de la crise multidimensionnelle. Elle permet d'associer toutes les sensibilités sociales politiques , syndicales et culturelles à la gestion du Mali"

B. La position du parti CNDD

4. Le parti CNDD soutient sans réserve la lutte inlassable et héroïque que mène le peuple malien rassemblé dans le M5-RFP. C'est un combat juste et légitime qui pourrait inspirer les autres peuples africains en vue de la libération totale de l'Afrique et partant pour construire une Afrique Libre et indépendante dans toutes les dimensions politiques, économiques ,sociales et culturelles et enfin réaliser le rêve d’une Afrique Unie des pères fondateurs des indépendances africaines tels Kwame Nkrumah, Modibo Keita, Patrice Lumumba, Nasser, Rwagasore Louis du Burundi Etc.

5. Le CNDD demande aux forces armées maliennes de se tenir organiquement aux côtés du peuple malien rassemblé au sein du M5-RFP pour une transition telle que décrite dans la charte de transition.
6. Le parti CNDD met en garde toute puissance régionale ou internationale qui chercherait à freiner le mouvement révolutionnaire incarné par le M5-RFP.
7. Le parti CNDD recommande à toutes les organisations progressistes et panafricaines du monde entier de manifester leur solidarité indéfectible au M5-RFP.
8. Le parti CNDD demande à l'Union Africaine et à la communauté internationale de soutenir la mise en application de la charte de transition du M5-RFP pour la construction d'un nouvel État malien souverain et républicain.
Vivent le vaillant peuple malien et ses dignes forces armées.
Vive la solidarité internationale
Fait à Bujumbura le 20 août 2020
Pour le parti CNDD
Léonard Nyangoma

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DéclarationsFri, 28 Aug 2020 10:23:06 +0000
DÉCLARATION DU PARTI CNDD SUR LE CHANGEMENT DU POUVOIR À LA TÊTE DE L’ÉTAT DU BURUNDIhttp://cndd-burundi.com/actualites/declarations/919-declaration-parti-cndd-changement-pouvoir http://cndd-burundi.com/actualites/declarations/919-declaration-parti-cndd-changement-pouvoirDÉCLARATION DU PARTI CNDD SUR LE CHANGEMENT DU POUVOIR À LA TÊTE DE L’ÉTAT DU BURUNDI

1. Le parti CNDD suit avec attention les changements de façade en cours à la tête du pouvoir monolithique intervenus depuis le 18 juin 2020. Ces changements consacrent le maintient au pouvoir d'un parti unique qui contrôle seul sans partage tous les rouages de l’État depuis l'année 2005.

2. Comme le peuple burundais a pu le constater ces derniers mois , ces changements n'ont pas respecté les procédures démocratiques, raison pour laquelle toutes les institutions qui en sont issues de la base au sommet sont sous le contrôle total d'un seul parti sans autre forme de contre-pouvoir.

3. Pour toutes ces raisons, le parti CNDD n’attend rien de ces pseudo-changements dans le mode de gestion de l’État. De surcroît, le nouveau président lors de la prestation de serment s'est ouvertement inscrit dans la logique de gestion obscurantiste et calamiteuse du pouvoir de son prédécesseur. Il a même déclaré qu'il s'inspirera largement de ses méthodes et de son programme.

4. Le CNDD a toutefois repéré dans le discours du nouveau président quelques projets porteurs d'un peu d'espoir et qui semblent s'inspirer du programme du parti CNDD. il s'agit notamment de l'attention qu'il a porté à l'amélioration des conditions de vie des retraités, de la valorisation du Kirundi, notre langue nationale et celle de la culture burundaise, de même que le soutien à la recherche scientifique.

5. Mais, pour le CNDD, la santé de la population, menacée aujourd’hui par la pandémie du COVID-19 devrait être la priorité des priorités pour le moment. Paradoxalement, aucune mesure d'urgence n'a été annoncée par le nouveau président Evariste Ndayishimiye, contrairement à ce que font les autres pays. Nos compatriotes continueront de mourir de cette pandémie dans l'insouciance et la négligence totale des dirigeants. Le pays court le risque même d'être mis en quarantaine par les autres pays, ce qui portera préjudice à tous les citoyens burundais et au pays.

6. Le parti CNDD a été consterné d'apprendre de la bouche du nouveau président qu'il ne va en aucun cas tolérer l'opposition sous son mandat. Pareils propos montrent clairement qu'il s'inscrit dans la logique du pouvoir précédent d'imposer un parti unique que le peuple burundais a longtemps décrié et combattu avec détermination et succès.

7. Notre parti est habitué aux promesses non tenues du CNDD-FDD. Son prédécesseur ne cessait de promettre la corruption zéro ou l'éradication de la corruption tout en faisant de cette dernière son mode de gestion de gouvernement. Si les biens mal acquis et avoirs détournés sous le régime CNDD-FDD rentraient dans le trésor public, nul doute que les promesses annoncées seraient réalisées. Il suffirait que le nouveau président écoute attentivement les récentes révélations de Madame Denise Nkurunziza dénonçant les voleurs et criminels. Il devrait s'approcher de cette dernière pour débusquer où les prédateurs des biens et fonds publics ont caché leurs gros butins.

8. Pour que même les quelques bonnes mesures annoncées par le nouveau président soient réalisées, il doit d'abord rompre avec le double langage et s'inscrire résolument dans une logique de rupture avec le passé sombre qui a caractérisé le régime depuis 2005. Pour cela, il doit prendre des mesures courageuses d’apaisement notamment :
- prendre des mesures urgentes et draconiennes adaptées aux réalités burundaises pour protéger la population contre la pandémie de COVID-19

- rétablir le calme et la sécurité dans le pays dont les indicateurs seront entre autres : la libération des prisonniers politiques, le retour de la sécurité sur toute l'étendue du territoire, le désarment des milices armées Imbonerakure de la jeunesse du parti au pouvoir, l'arrêt de la persécution des opposants politiques, redonner la parole au peuple burundais , la réhabilitation des médias et les radios détruites en 2015, la mise sur pieds d'une commission d’audit de l’État et d'enquête sur les biens mal acquis et les fonds publics détournés par les mandataires du pouvoir précédent, la réhabilitation de la constitution de 2005, la reprise du dialogue entre le pouvoir et l'opposition pour créer un climat de détente et de confiance mutuelle au sein de la classe politique et de la population.

10. Le parti CNDD va continuer à apporter sa contribution par son rôle classique d’opposition critique et responsable du régime dans l’intérêt bien compris du peuple burundais. Le nouveau Chef de l’État à une large marge de manœuvre légale et constitutionnelle pour amorcer des changements courageux de redressement rapide du pays tombé dans l’abîme depuis 2005. Armé d'une bonne volonté politique il pourrait le faire. De ce fait, la majorité du peuple burundais le soutiendra quels que soient leurs bords politiques, religieux ou régionaux.

Tugire amahoro, iteka n'iterambere

Fait à Bujumbura le 24 Juin 2020
Pour le Comité Exécutif du CNDD
Léonard Nyangoma, président

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DéclarationsThu, 25 Jun 2020 08:39:04 +0000
ITANGAZO RY’UMUGAMBWE CNDD KW’IBISIKANYA RY’UBUTEGETSI RYARAYE RIBAYE MU BURUNDIhttp://cndd-burundi.com/actualites/declarations/918-itangazo-cndd-ibisikanya-ubutegetsi-burundi http://cndd-burundi.com/actualites/declarations/918-itangazo-cndd-ibisikanya-ubutegetsi-burundiITANGAZO RY’UMUGAMBWE CNDD KW’IBISIKANYA RY’UBUTEGETSI RYARAYE RIBAYE MU BURUNDI

Umugambwe CNDD umenyesheje ibi bikurikira kw’ibisikanya ry’ubutegetsi ryaraye ribaye mu Burundi :

1. Umugambwe CNDD umaze imisi ukurikirana ihinduka ry’ubutegetsi ryari ryiharijwe n’umugambwe umwe rudende uri ku butegetsi. Iryo hinduka ryagumije ku butegetsi umugambwe usanzwe wihagiye ubutegetsi kuva mu mwaka wa 2005

2. Iryo hinduka nk’uko Abarundi benshi babibonye ntiryabaye mu nzira ya demokarasi, arico gituma inzego zose zizoba zigizwe n’umugambwe umwe atacamira.

3. Kubw’izo mvo, umugambwe CNDD nta cizere kinini witeze kuri iryo hinduka na rirya umukuru w’igihugu mushasha, we nyene mw’ijambo yashikirije ahejeje kurahira yivugiye yuko azobandaniriza ku migambi yahahora.

4. Ariko naho bimeze uko muri iryo jambo umukuru w’igihugu mushasha yarashikirije imigambi imwe imwe yadushimishije kandi asa n’iyo yabuye mu migambi y’umugambwe CNDD. Muri iyo twovuga nko kwitaho abakukuruke mu kongereza agashara kabo, nko kugarukira ururimi rwacu rw’ikirundi, akaranga n’imico kama, gufata mu mugongo ubushakashatsi……

5. Umugambwe uramaze kumenyera yuko imvugo ya CNDD FDD ari gake ijana n’ingiro, tuzovyemera tubibonye, Nkurunziza ntiyasiba kuvuga ko agiye guhasha ubusuma mu gusohora amasiha mu kigega ca Reta ,ariko ntawutabona yuko intwaro yiwe yagize ubusuma ubuhizi. Amatungo amaze kunyuruzwa kuva CNDD FDD ishitse ku butegetsi agarukanywe mu kigega ca Reta , ya migambi umukuru w’igihugu yatangaje nta nkeka yoca ija mu ngiro. Twumvirije amajambo Deniza Nkurunziza amaze imisi ashikiriza ,Umukuru w’igihugu yohanuza uyo mukenyezi akamwereka iyo abasuma banyonyeje ikigega ca Reta banyegeje ayo matungo

6. Umugambwe CNDD waraguye mu gahundwe mu kumva umukuru w’igihugu mushasha yubahuka kuvuga yuko adashaka kuzosubira kumva abasubira kuvuga yuko hariho abatavuga rumwe na Reta, imvugo nk’iyo ni imburi yerekana ko ataho kagiye agatima ko kugarukana no gukomeza umugambi wahahora ushingiye ku ntwaro y’umugambwe umwe rudende.

7. Vyongeye muri ibi bihe nta kintu na kimwe coza imbere y’amagara y’Abarundi ageramiwe n’ikiza ca Korona, nta ngingo ruhasha twumvise umukuru w’igihugu mushasha yashikirije zo gukingira abanyagihugu no guhasha ico kiza nk’uko mu bindi bihugu bariko barabikora. Uyo mugera wa Korona uzoguma wisasira abantu benshi bivuye ku rwangara rw’abategetsi. Vyongeye n’ibihugu vyinshi rero bikazohava biharira ivomo Uburundi.

8. Kugira imigambi myiza yose umukuru w’igihugu mushasha yaraye atangaje ije mu ngiro, tumusavye yuko yohagarika ingendo yo kurimira ku rwiri maze akemera kugorora ivyagoramye mu gihugu kuva umwaka wa 2005, navyo nivyinshi :

Icambere ni gufata ingingo ruhasha zo gukingira amagara y’abanyagihugu ikiza KORONA
Ica kabiri ni kugarukana ituze mu gihugu, ukwizerana hagati mu banyagihugu. Ivyo navyo bizova ku ngingo atavuze zo kugarukana umutekano mu gihugu cose. Ibimenyetso bizobitwereka ni ibi :
-kurekura abapfungiwe bose ivya poritiki
-Kugarukana umutekano mu gihugu cose
-kwaka ibigwanisho umuhari w’Imbonerakure wegamiye umugambwe uri ku butegetsi
-guhagarika itoteza n’inyuruzwa ry’abatavuga rumwe na Reta
-gusubiza ijambo abarundi nko mu kurekura ibinyamakuru n’amaradiyo yasambuwe muri 2015 bigasubira gukora
-gushiraho urwego rujejwe itohoza no kurondera amatungo yose y’igihugu yanyurujwe na bamwe bamwe mu bahora ku butegetsi, maze ayo matungo akagarukanwa mu kigega ca Reta
-Kugarukana ibwirizwa shingiro ryo muri 2005
-Gutunganya no kugira ibiganiro hagati ya Reta n’imigambwe bitavuga rumwe

9. Ituze rigarutse mu gihugu nta nkeka yuko Abarundi bagorewe mu mahanga, mu makambi y’impunzi bazoca batahuka atan’uwubanje kuja ku barondera, kuko akazuye ntibamurika ; imigambwe izoca isubira gukora, iyitavuga rumwe na Reta ibandanye ikebura Reta.

10. Umugambwe CNDD uzobandanya guterera agacumu k’ubumwe mu gukebura Reta ku neza y’Abarundi bose. Umukuru w’igihugu mushasha arafise inguvu nyishi ahabwa n’amategeko, abishatse ashobora guhindura vyinshi kugira ituze rigaruke mu gihugu. Abarundi benshi bazomufata mu mugongo kuri ico gikorwa tutaravye imigambwe , amadini barimwo canke intara baturukamwo.

Tugire amahoro iteka n’iterambere
Bigiriwe i Bujumbura ku wa 24-06-2020
Ku bwa komite nkuru ya CNDD, Leonardo Nyangoma Prezida

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DéclarationsThu, 25 Jun 2020 08:26:10 +0000
BURUNDI : élections factices, répression des opposants et grâce divine face à la pandémiehttp://cndd-burundi.com/actualites/917-elections-repression-opposants-pandelie http://cndd-burundi.com/actualites/917-elections-repression-opposants-pandelieBURUNDI : élections factices, répression des opposants et grâce divine face à la pandémie

BURUNDI : élections factices, répression des opposants et grâce divine face à la pandémie

Au Burundi la campagne électorale est en cours pour le triple scrutin prévu le 20 mai : élections des députés et des conseillers communaux, mais également celle du président de la République. Une campagne qui s’achèvera le 17 mai. Le tout dans un climat de défiance à l’égard du gouvernement pour sa gestion de l’épidémie de coronavirus et de répression de l’opposition.

Cinq ans après les dernières élections (Pierre Nkurunziza souhaitant un troisième mandat malgré la limite de deux mandats prévue par l’Accord d’Arusha, la tentative de putsch du 13 mai 2015 et la répression qui a suivi) les Burundais retournent aux urnes. Rappelons qu’en mai 2018, un référendum constitutionnel a eu lieu sur fond d’abus généralisés commis par les autorités locales, la police et les membres des Imbonerakure. Les modifications de la Constitution ont étendu la durée du mandat présidentiel à sept ans, ont effacé le compteur des mandats présidentiels effectués, ont démantelé les arrangements de partage du pouvoir ethnique qui étaient fondamentaux dans l’Accord d’Arusha, et ont conféré plus de pouvoirs au président. La période suivant le référendum a été marquée par des abus à l’encontre de personnes suspectées d’avoir voté contre le référendum ou d’avoir encouragé d’autres personnes à faire de même.
Nkurunziza forcé par le cercle mafieux des généraux autour de lui a, la mort dans l’âme, finalement renoncé en 2019 à la candidature aux « présidentielles » du 20 mai 2020. Le cercle mafieux des généraux comprend l’inamovible ministre de la sécurité publique, le général Alain Guillaume Bunyoni, le Chef d’état major général de l’armée, le lieutenant général Niyongabo Prime, l’administrateur général du service national des renseignements, le général Ndirukobuca Gervais alias Ndakugarika. Au dernier congrès du 25 janvier 2020 de leur parti dont le seul objectif était de désigner le successeur de Nkurunziza, le groupe mafieux des généraux a aussi refusé le candidat civil de Nkurunziza, Nyabenda Pascal, président actuel de l’assemblée nationale. A la place, les généraux ont désigné le général major Evariste, secrétaire général actuel du parti. Le principal critère de désignation d’un candidat est d’avoir été combattant, donc militaire, cela est propre aux partis militaristes comme celui au pouvoir au Burundi.

Un autre critère non négligeable qui a pesé en faveur d’un candidat autre que le président évangéliste est l’image ternie de Nkurunziza vis-à-vis de l’occident. De ce fait, le cercle mafieux en décidant de choisir le général Evariste espère drainer des aides, des devises extérieures pour remplir les caisses de l’Etat. Ils espèrent que l’Union Européenne va lever les sanctions économiques contre le Burundi, le retour des ONG…. Mais en contrepartie, le général Evariste est tenu de protéger les intérêts et les biens mal acquis du cercle mafieux. Pour baliser et consolider son immunité, l’Assemblée nationale du Burundi a adopté le 21 janvier 2020, un projet de loi qui élève Nkurunziza au rang de « Guide suprême du patriotisme ». Cela signifie que Nkurunziza sera dans le futur consulté à ce titre « sur des questions relatives à la sauvegarde de l’indépendance nationale, à la consolidation du patriotisme et à l’unité nationale ». Il reste là et garde la primauté dans son système ; mieux, il aurait préféré s’autoproclamer roi du Burundi, mais des conseillers l’en ont dissuadé. Il part donc sans partir.

L’Assemblée nationale a de plus voté un projet de loi octroyant à Nkurunziza des avantages exorbitants à la fin de son mandat : une villa de très haut standing déjà en construction à Gitega, un versement exceptionnel de 500 000 USD, six voitures et une allocation annuelle à vie au terme de son mandat, égale aux émoluments d’un député pour toute sa vie. Cette loi fait la distinction entre les anciens chefs d’État élus au suffrage universel, – en l’occurrence le seul Pierre Nkurunziza -, et ceux issus de « convention ou d’accord (de paix) » tels que Sylvestre Ntibantunganya (1994-1996) et Domitien Ndayizeye (2003-2005) et exclut de son champ d’application les présidents qui seraient arrivés au pouvoir par un coup d’État, comme Pierre Buyoya (1987-1993, 1996-2003).

Le 26 janvier 2020, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD) a donc désigné le général Évariste Ndayishimiye, alias Neva, le secrétaire général du parti, comme candidat à la présidence. Il a évolué comme officier des FDD depuis le maquis en 1995 ; après les négociations de cessez le feu de Pretoria en 2002, il a été hissé au grade de général major. Après les élections de 2005 il a occupé successivement les fonctions de ministre de l’intérieur, de la sécurité publique, de chef de cabinet du président, de chef de cabinet civil, de chef de cabinet militaire. Le général Evariste est un homme du sérail, bon vivant et bon buveur. Intellectuellement et politiquement, il a très peu de connaissances, il navigue presque à vue. Son discours de campagne ponctué de prières est totalement vide, il le dit lui-même que s’il gagne les élections, il ne voit pas ce qu’il fera puisque étant donné que son prédécesseur Nkurunziza a tout fait !
Le principal adversaire d’Évariste Ndayishimiye est le leader historique de l’ex-rébellion hutu des FNL et candidat du parti Conseil national pour la liberté (CNL), Agathon Rwasa. Il y aura également Domitien Ndayizeye, président de transition entre 2003 et 2005, aujourd’hui à la tête de la coalition Kira Burundi. Comme trois autres prétendants, sa candidature avait d’abord été rejetée par la commission électorale (Céni), mais il a finalement eu gain de cause après un recours à la Cour constitutionnelle.

Qui est Agathon Rwasa ? Pendant la crise du troisième mandat déclenchée en 2015, pour s’assurer d’une certaine légitimité électorale, Nkurunziza désigna 30 députés de la mouvance Rwasa, il lui accorda aussi 5 portefeuilles ministériels sans que Rwasa (originaire de Ngozi dans le nord du Burundi tout comme Nkurunziza) fasse campagne. Ce dernier a profité de ses positions que lui et les siens occupent dans les institutions pour se créer une grande visibilité sur le terrain. Les autres opposants pourchassés ont dû prendre le chemin de l’exil. Il jouit aujourd’hui d’une grande popularité et paraît au peuple comme une alternative au système Nkurunziza, non pas parce qu’il aurait un projet pour le Burundi, mais parce que le peuple veut le changement pour le changement. Rwasa depuis 2010 aurait bénéficié des financements de la France et la Hollande. Il a aussi une vision évangéliste pour le Burundi et il affirme comme Nkurunziza que Dieu l’a désigné pour devenir président. Il a écarté ou éliminé presque tous les meilleurs cadres de sa mouvance CNL. Il peut apparaître comme un bon candidat pour certaines puissances impérialistes.
Agathon Rwasa le vrai-faux opposant !

Au regard de l’évolution de la campagne électorale en cours, le risque que cette mascarade électorale déclenche une amplification des violences physiques dans tout le pays est très élevé. Les activistes de Rwasa sont quotidiennement persécutés, soit arrêtés et incarcérés, soit tués. Le parti CNDD FDD dans une élection transparente ne pourrait battre aucun parti de l’opposition. Le scenario probable est donc le suivant : Rwasa normalement gagnera cette élection comme Odinga au Kenya ou Fayulu en RDC, mais le candidat du CNDD-FDD le général Évariste Ndayishimiye sera proclamé vainqueur. Ce parti a commis tellement de crimes humains et financiers qu’il n’entend pas quitter le pouvoir par la simple voie des urnes, le pouvoir est son véritable bouclier.

Il dispose d’une machine redoutable de répression: les structures qui organisent les élections de la CENI, l’appareil judiciaire inféodé au régime dont la cour constitutionnelle, l’administration, les forces de défense et de sécurité, les milices armées Imbonerakure qui quadrillent toutes les collines, un arsenal de textes juridiques taillés sur mesure…
La liberté de la presse est inexistante : des journalistes indépendants sont empêchés d’assister à de conférences de presse officielles, des journalistes sont condamnés pour avoir enquêté sur l’insécurité ; la très restrictive loi sur la presse de 2018 et le nouveau code de conduite pour les journalistes pendant les élections ont restreint la capacité des médias à publier des informations d’intérêt public.
Le 1er octobre 2018, les autorités ont suspendu les activités des groupes non gouvernementaux étrangers pendant trois mois pour les forcer à se ré-enregistrer, notamment en présentant une nouvelle documentation indiquant l’origine ethnique de leurs employés burundais.

Le Burundi n’est pas épargné par ce virus même si la communication officielle fait penser à un éventuel ralentissement de sa propagation par rapport aux pays voisins. Il y a lieu de craindre que le Gouvernement du Burundi a pris une voix périlleuse de sacrifier la santé de la population sur l’autel des intérêts d’une élection qui est ni crédible, ni démocratique, ni transparente.
Dès l’ouverture de la période de la campagne électorale, certains partis politiques comme des indépendants ont commencé à sillonner tout le pays, rassemblant par là des milliers de burundais sans aucun aménagement ni des mesures de prévention contre la propagation de la pandémie du Covid-19.

Les autorités, pour lesquelles le pays est protégé par la « grâce divine », n’ont prévu pratiquement aucune mesure de protection spécifique pour les rassemblements électoraux.
Les conditions sanitaires sont quant à elles explicitées par Léonard Nyangoma dans l’article suivant cette déclaration ; je rappellerai simplement qu’en 2019, les autorités ont refusé de déclarer une épidémie de paludisme malgré l’enregistrement de 8,5 millions de cas – sur une population de plus de 11,5 millions – et de plus de 3 000 décès, ce qui a compromis la réponse à la maladie. Compromettre les opérations humanitaires et limiter la communication efficace sur le COVID-19 comme le fait actuellement le gouvernement burundais ne feront qu’exacerber les difficultés pour garantir le respect des directives de santé dans un pays où seule la moitié de la population a accès aux services sanitaires de base et où plus de 70 pour cent de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Dans un communiqué publié lundi, Human Rights Watch (HRW) dit avoir recensé ces six derniers mois plusieurs cas de meurtres, disparitions, arrestations arbitraires, menaces et harcèlement à l’encontre d’opposants présumés. Entre janvier et mars, la Ligue Iteka, une organisation de défense des droits humains burundaise en exil, a signalé 67 meurtres, dont 14 exécutions extrajudiciaires, 6 disparitions, 15 cas de violences basées sur le genre, 23 cas de torture et 204 arrestations arbitraires.
Human Rights Watch a constaté que les autorités locales et les membres des Imbonerakure avaient extorqué des « dons » pour financer les élections de 2020, dans de nombreux cas par la menace ou la force, et avaient empêché l’accès aux services publics de base pour ceux qui ne pouvaient pas fournir une preuve de paiement, dans un contexte de crise humanitaire désastreuse.
Depuis 2015, des centaines de milliers de Burundais ont fui le pays et, d’après le Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), en février 2020, il y avait plus de 335000 réfugiés burundais dans les pays voisins. Entre septembre 2017 et avril 2020, 80 000 réfugiés étaient rentrés au Burundi dans le cadre d’un programme de rapatriement volontaire soutenu par le HCR, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés. Ces rapatriements continuent malgré la pandémie.
La position du CNDD, parti d’opposition de gauche, de Léonard Nyangoma, prise lors des assises de son comité directeur, reste inchangée : le CNDD ne peut cautionner une élection biaisée dont les conséquences prévisibles sont l’amplification des violences généralisées dans le pays.

Le Parti de Gauche exige la libération des prisonniers politiques et des journalistes emprisonnés et dénonce ces élections factices et jouées d’avance. Seule une force populaire organisée comme au Soudan pourrait déboulonner le système Nkurunziza du pouvoir et le peuple burundais ne peut se laisser tromper par les manœuvres odieuses actuellement en cours.
Pierre Boutry
Déclaration de la Commission Afrique du Parti de Gauche
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Le 10 Avril 2020

Le Burundi face à la pandémie du COVID-19


I. Les faits

1. C‘est en décembre 2019 qu’un virus inconnu de la famille des coronavirus est apparu dans le centre de la Chine qui a pris rapidement des mesures drastiques de confinement et de désinfection pour près de 60 millions de personnes.

2. Cependant, le virus, comparable à celui de la grippe espagnole des années 1920, se répand partout dans le monde paralysant des pays entiers, suscitant la psychose et ébranlant les économies nationales et mondiale. Depuis début mars, l’Europe est devenue l’épicentre du COVID-19 et en moins de 3 semaines, le nombre de cas et de morts ont dépassé ceux de la Chine. En ce moment même, plus de 1 million trois mille cas de personnes ont été contaminés, plus de 76 mille morts et plus de 290 mille guéris.

3. L’Afrique n’a pas été épargnée par cette pandémie, elle compte à ce jour 9457 cas confirmés, sur les 54 de l’UA 51 sont touchés. Le Covid-19 a déjà coûté la vie à 442 personnes selon le bilan du Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine. 652 personnes sont guéris. Les trois États les plus touchés en termes de cas de coronavirus ce 7avril 2020 à 13h32 TU sont l’Afrique du Sud (1 686), l’Algérie (1.423) et l’Égypte (1322) .

4. Notre pays le Burundi bien que coupé du monde(confiné) depuis la déclenchement de la crise politique en 2015 vient d’enregistrer trois cas de personnes contaminées. Deux de ces trois contaminés étaient dans un lieu de confinement depuis leur retour de l’étranger. Pour sortir du lieu deconfinement ils ont corrompu les agents de surveillance avec la bénédiction du ministre de la sécurité publique, ils ont eu le temps pendant au moins 15 jours de répandre le virus dans le pays principalement en Mairie de Bujumbura capitale économique avant qu’ils ne tombent malades et soient hospitalisés.
Tous les pays voisins du Burundi sont contaminés, le Rwanda avec 105 cas, la RDC 161 cas dont 18 décès, La Tanzanie 24 cas dont un décès. Les autres pays de la communauté de l’Afrique de l’Est ne sont pas non plus épargnés, le Kenya avec 172 dont six décès, l’Uganda avec 52 cas, le Sud Soudan avec un seul cas.

5. Une bonne partie de la population est dans la peur et ne cache pas son inquiétude face au laxisme et laisser aller affichés par les autorités du pays vis-à-vis de la pandémie, en province comme à Bujumbura, la capitale. Le pays continue de tourner comme si rien n’était, les meetings des partis politiques se poursuivent, les match de championnat de football continuent….. Et pourtant certaines personnes proches de l’oligarchie au pouvoir ont des soupçons bien fondés comme quoi le gouvernement cache au moins une cinquantaine de burundais contaminés du COVID-19, ces derniers suivent un traitement à leurs domiciles en cachette. Le coronavirus est aubaine pour le régime de Bujumbura qui veut organiser la mascarade électorale du 20 mai 2020 dans l’opacité totale.

6. Alors que plusieurs pays africains se sont barricadés et ont ordonné le confinement de leur population, aucune mesure exceptionnelle n’a été annoncée à Bujumbura. Certes, les vols commerciaux internationaux au départ et à l’arrivée de l’aéroport de la capitale ont été suspendus à partir du 22 mars. Dans un communiqué lu par le ministre de la santé, les Burundais ont été invités à observer uniquement trois mesures de protection: « se laver les mains à l’eau et au savon ou à l’eau chlorée ; éviter de se saluer en se serrant les mains ou en s’embrassant et tousser ou éternuer dans votre manche ou utiliser un mouchoir en papier qui doit être jeté immédiatement dans une poubelle, puis nettoyez-vous les mains ».
Le ministère de la santé rappelle tout le temps que le port de masque est réservé uniquement aux personnes infestées par le COVID-19 et au personnel de santé chargé de la prise en charge de ces dernières.

II. Le système de santé burundais, ressources humaines et financières

1.Le système de santé burundais Le système de santé burundais est organisé suivant 4 niveaux pyramidaux : – le niveau communautaire où on trouve les réseaux communautaires de santé : les accoucheuses traditionnelles et les comités de santé. – le niveau centre de santé qui est la première structure de contact avec les communautés pour des soins préventifs, curatifs et promotionnels. – L’hôpital de district où les centres de santé doivent référer leurs malades en cas de besoin : on doit y trouver des compétences minimales en chirurgie et en gynéco obstétrique – l’hôpital de 2ème référence : ces hôpitaux sont au nombre de 5 et reçoivent les malades référés par les hôpitaux dedistrict. – les hôpitaux spécialisés tous situés à la capitale économique de Bujumbura qui reçoivent les malades venant des hôpitaux de 3ème référence. Cependant le circuit des malades n’est pas respecté surtout avec la mesure improvisée en 2005 de la gratuité des soins pour les mères qui accouchent et les enfants de moins de 5 ans.

2. Ressources humaines et financières
Selon les projections du recensement général de la population de 2008, en 2018, la population burundaise s’élevait à 11.759.805 habitants. Avec ses 422,50 hab. /km2, le Burundi est le 3ème pays le plus densément peuplé d’Afrique. Garder sa population en bonne santé devient ainsi un impératif pour en tirer les meilleurs dividendes. Pour s’en donner les moyens, les ressources humaines et financières pour la santé, suffisantes en quantité et en qualité sont indispensables. Selon un rapport du Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida de 2012 au Burundi, l’effectif total des ressources humaines en santé était de 15.937 dont 5.957 infirmiers, 418 médecins, 16 sages-femmes et autre personnel d’appui, soit 1 médecin pour 19.231 habitants alors que l’OMS recommande au moins 1 médecin pour 10.000 habitants. Par contre, le ratio infirmier par habitant est assez satisfaisant avec un infirmier pour 1349 habitants (la norme de l’OMS étant d’un infirmier par 3 000 habitants) mais avec un manque criant de sages-femmes (1 sagefemme pour 124.312 femmes en âge de procréer).
La majorité des 18 provinces n’ont aucun médecin spécialiste car 70 % d’entre eux sont basés en Mairie de Bujumbura, de même que 50.5% de tous les médecins et 21% de tous les infirmiers. Le Burundi est aussi plongé dans une crise politique majeure, cette situation constitue un grand obstacle au retour dans leur pays des centaines de médecins burundais spécialisés dans plusieurs domaines de la médecine, de la chirurgie à l’ophtalmologie. Notons aussi que de nombreux jeunes médecins qui terminent les études se retrouvent en chômage. Les ressources financières du secteur de la santé provenant essentiellement des recettes fiscales de l’État et de l’aide extérieure restent insignifiantes. La part des dépenses allouées au développement des programmes sanitaires est à peine de 4% (norme recommandée par l’OMS : 15%), la plus grande proportion du budget étant consacrée au paiement des salaires.
Avec un tel budget rudimentaire, le Burundi comme plusieurs pays africains sont dépourvus de personnel, d’équipement et de médicaments pour faire face à la pandémie du COVID-19 même si la Chine est en train d’assister presque tous les pays africains en personnel et matériel (masques, respirateurs…). Le Burundi ne dispose que de deux respirateurs, deux hôpitaux à même d’accueillir les cas graves en urgence. Pour tester le COVID-19, le Burundi disposerait de deux appareils seulement, il faut venir à la capitale économique Bujumbura pour le dépistage et le traitement.

Seules quelques mesures préventives et de protection pourraient limiter les dégâts et nous éviter des milliers de morts. Tout cela demande une bonne organisation et coordination à l’échelle nationale , régionale et africaine. Pour y remédier :
1. Chaque gouvernement devrait mettre en place un comité des scientifiques pour suivre régulièrement l’évolution de la pandémie et apporter des réponses adéquates. Certains pays le font déjà.
2. Les ministères de la santé région par région doivent mettre aussi en place une structure de scientifiques régionales dont deux membres feront partie de la structure continentale
3. Chaque pays est appelé à prendre des mesures drastiques pour protéger sa population , mais ces mesures doivent être compatibles avec la situation socioéconomique du pays, sinon elles pourraient faire du mal que la pandémie elle-même. Le confinement chez soi est difficile à mettre en pratique dans une économie à prédominance informelle où de citoyens vivent au jour le jour.

4. De ce fait quelques propositions de mesures à prendre en plus des mesures ayant trait à l’hygiène comme le nettoyage des mains :

1°. Suspendre les rassemblements de plus de 3 personnes (messes, fêtes, matchs, les bistrots, meetings…), notamment reporter la future mascarade électorale du 20 mai 2020 à une date ultérieure au Burundi.
2°. Identifier les personnes âgées de plus de 50 ans pour les tester et les confiner dans les hôtels pour ceux qui vivent dans les centres urbains. Dans le monde rural,
c’est relativement facile, un paysan n’éprouvera pas beaucoup de difficultés de rester chez lui et continuer à vaquer à ses activités agricoles ou autres.
3°. Isoler les centres urbains des campagnes mais laisser les marchandises circuler
4°.Fermer les écoles primaires ,secondaires et les universités
5°.Réquisitionner certaines industries textiles pour la fabrication des masques et encourager les initiatives locales dans la production des masques. Au Burundi, l’État pourrait rée-nationaliser le Complexe Textile du Burundi COTEBU. Il faut stimuler en même temps la population à l’inventivité et à prendre des initiatives pour se protéger contre le COVID-19
6°.Procéder à une révision budgétaire pour atteindre une souveraineté sanitaire et alimentaire. Il faudra porter le budget alloué à la santé et à l’éducation respectivement à 15 % et 20 %.
7° Soutenir et encourager les chercheurs burundais et africains qui mènent des efforts énormes dans le dénuement total pour mettre au point des traitements ou des vaccins contre la pandémie du COVID-19
8° Chaque gouvernement devrait tirer les leçons de cette pandémie en créant des centres de recherche avec un budget suffisant pour s’apprêter à mieux gérer d’éventuelles épidémies et/ou pandémies futures. L’autre leçon majeure de cette crise sanitaire est la nécessité de former un grand nombre de personnel médical compétent à tous les niveaux, créer de grands hôpitaux au service de tous les citoyens. C’est une leçon surtout pour une fraction de l’élite africaine privilégiée habituée à se faire soigner à l’étranger. Pour ce faire, il faudra recourir à l’assistance extérieure principalement cubaine qui apporte une aide désintéressée fondée sur le principe de la solidarité humaine et internationale.
9° Chaque gouvernement devrait punir exemplairement les agents de sécurité qui se laissent corrompre pour violer les mesures adoptées pour stopper la propagation du COVID-19.
Léonard Nyangoma Président du CNDD

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ActualitésWed, 20 May 2020 09:56:06 +0000
COMMUNIQUE DE PRESSE DU CNDD A L’ISSUE DES ASSISES DU COMITE DIRECTEUR DU 15 FEVRIER 2020http://cndd-burundi.com/show/916-communique-cndd-comite-directeur-fevrier http://cndd-burundi.com/show/916-communique-cndd-comite-directeur-fevrierCOMMUNIQUE DE PRESSE DU CNDD A L’ISSUE DES ASSISES DU COMITE DIRECTEUR DU 15 FEVRIER 2020

Ce Samedi, le 15 février 2020, il s’est tenu une réunion ordinaire du Comité Directeur du Parti CNDD dans la salle dite « Ku Mucamo », située en Zone Gihosha, Commune Ntahangwa en Mairie de Bujumbura à partir de 10H00.

A l’issue de ces assises, Le parti CNDD, porte à la connaissance du public de ce qui suit :

1. Aux termes des articles 50 et 51 des Statuts du Parti, Le Comité Directeur est la plus haute instance de décision après le Congrès. Il réunit entre autre, le Comité exécutif, les représentants provinciaux, les représentants communaux, les représentants des structures intégrées ou affiliées au CNDD, des personnalités du monde économique, scientifique et culturel, membres du parti, sur proposition du Comité exécutif.


2. Toutes les provinces étaient représentées.


3. L’ordre du jour portait sur L’État des lieux de la vie du Parti eu égard à son Agenda 2017-2019, perspectives et sa position face au processus électoral en cours.


4. Après la lecture du message du jour par le Secrétaire Général Adjoint, Camarade Gratien NIZIGAMA, qui présidait la réunion sur mandat du Président du parti empêché, l’Honorable Léonard NYANGOMA, les membres du Comité Directeur présents ont passé aux échanges dans l’optique de l’ordre du jour

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5. Avant ces échanges, le président du parti, l’Honorable Léonard Nyangoma s’est adressé aux membres présents par téléconférence.


6. De ces échanges donc, il s’est dégagé essentiellement les points suivants :


6.1. Les membres présents se sont félicités de ce que le parti est resté débout et uni malgré un climat politique hostile à l’épanouissement de l’expression multipartite.
6.2. Les membres présents ont réitéré leur attachement aux idéaux du parti et se sont engagés à redynamiser les structures du parti.
6.3. Ils ont redit leur soutien au président du Parti, le Camarade Léonard NYANGOMA, et émis le vif souhait de le voir rentrer au pays pour animer son parti en vue de mieux faire face aux défis de recul de la démocratie dans notre pays.
6.4. Après avoir constaté que les conditions ne sont pas encore réunies pour organiser le Congrès national, les membres présents ont tous à mains levées soutenu que les membres du Comité Exécutif et tout le Comité Directeur installé depuis 2010 soient reconduits pour mieux préparer le prochain Congrès.
6.5. Ils se sont engagés d’adapter nos stratégies aux conditions sociopolitiques du moment pour garantir la stabilité de nos structures et amener le régime en place à adhérer totalement aux principes de la démocratie. Avec l’égalité des droits en terme d’espace politique, notre victoire sera certaine et inéluctable. En outre, nous sommes déterminés à poursuivre inlassablement notre combat panafricain pour la construction d’une Afrique fédérale et indépendante sans laquelle la démocratie et l’émancipation de nos peuples sont impensables.
6.6. Ils trouvent que l’Agenda 17-19 doit continuer à nous guider pour 20-21 moyennant quelques retouches et en priorisant surtout la formation idéologique, civique et politique. En outre, redoubler de stratégies pour trouver les moyens financiers en vue de pourvoir aux besoins de fonctionnement du parti. De même, les membres et la population en général doivent être outillés et soutenus pour leur auto-suffisance.
6.7. S’agissant de la position du parti sur le processus électoral en cours :
6.7.1. Les membres présents ont déploré la volonté manifeste du gouvernement et du parti dont il est issu de verrouiller l’espace politique avec des relents de monopartisme.
6.7.2. Ils se sont indignés de la composition non paritaire de la CENI et par conséquent de son comportement partisan qu’elle a davantage manifesté en particulier lors de la désignation de ses démembrements où il y a prépondérance des membres du parti au pouvoir ; notre parti ayant été purement et simplement exclu, alors que le CNDD compte parmi les partis les plus implantés dans le pays.
6.7.3. Constatant que les élections sont biaisées d’avance, notre parti n’a pas à trop engager ses forces et moyens dans un processus dont l’issue est programmée d’avance.
Aussi, les conditions minimales exigées par notre parti, pour une tenue des élections libres et apaisées, notamment lors de notre conférence de presse du 11/8/2019, étaient entre autre la libération sans conditions des prisonniers politiques, victimes de la gestion calamiteuse du pouvoir ainsi que la promotion d’un climat propice à la rentrée des réfugiés et ou exilés politiques, mais rien n’y fut.
6.7.4. Les participants au Comité Directeur exigent que cela soit la priorité du futur gouvernement.
6.7.5. Ainsi donc, pour les prochains scrutins, nos militants exerceront leur droit de citoyens responsables en votant pour le ou les candidats défendant au mieux et à nos yeux les principes démocratiques.

7. Les assises du Comité Directeur débutées à 10H00 se sont clôturées à 15H30 dans une ambiance de joie en partageant un verre pour se souhaiter mutuellement les vœux de nouvel an 2020.

Fait à Bujumbura, le 15 / 02 / 2020
Pour le CNDD,
Gaspard KOBAKO
Porte-Parole

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CommuniquésThu, 20 Feb 2020 15:10:47 +0000
Ijambo Rishikirijwe n'Umukuru w'Umugambwe CNDD, Leonardo Nyangoma Ryo Kwipfuriza Umwaka Mwiza Mushasha wa 2020http://cndd-burundi.com/actualites/declarations/915-ijambo-cndd-nyangoma-kwipfuriza-2020 http://cndd-burundi.com/actualites/declarations/915-ijambo-cndd-nyangoma-kwipfuriza-2020Ijambo Rishikirijwe n'Umukuru w'Umugambwe CNDD, Leonardo Nyangoma Ryo Kwipfuriza Umwaka Mwiza Mushasha wa 2020

Bagumyabanga ba CNDD
Bagumyabuntu ba FFD
Namwe Ntebutsi za JPD
Barundi,
Barundikazi,
Bagenzi mwese, ncuti za CNDD,

Munkundire mbanze ndabaramutse n’igishika cinshi, ndabature urukundo n’inkumbu mfise ku mutima nti Nimusangwe amahoro, urweze n’imigisha mu banyu no mu vyanyu. Nimusangwe iteka, itekane n’iterambere muri demokarasi.

2. Umwaka wa 2019 urarangiye, buca twinjira mu mwaka mushasha wa 2020. Abarundi batari bake turamaze kumenyera ko ku bunani ababanyi batumiranirana, bagasangira icicaro n’inzimano. N’aho turi mu bukene buzura inzara, ndabipfurije mwese rero gusanganira n’uguhimbaza umwaka mushasha mu rweze n’amahoro, mwiginane kandi musangire ivyo mufise mudakebaguzwa, mugamije n’ukuwuranguramwo imigambi ikomeye, ube umwaka wo guhabuza n’ugutsimbataza demokarasi.

Bagumyabanga mwese, Barundi, Barundikazi, Ncuti z’Umugambwe wacu CNDD,
Nk’uko tumaze kubigira umugenzo mu mugambwe wacu CNDD, ibihe nk’ibi vyo kwipfurizanya umwaka mushasha mwiza, ni ibihe vyo kwirimbura, no gukubitiza akajisho aho umuntu ageze, na canecane ivyo ubuzima bw’igihugu cacu, tukaboneraho gutereza amaso imbere, kuri kazoza kacu. Munkundire rero, tubice ku mayange.

1.Iki gihe gishitse umugambwe uri ku butegetsi ukwije imyaka 15 ushikiriye ubutegetsi kuva mu mwaka wa 2005. Ico gihe Abarundi benshi bari basubiye kwizera ko bagiye kuruhuka induru n’amarira, bagasezerera ubukene n’izindi ngorane zasinzikaje igihugu mu myaka iheze, nk’ukwigungirako ubutegetsi n’ugukumirana bigirwa n’akagwi k’abantu bishimikije umugambwe umwe rudende mu gihugu kizima.

Mu ncamake rero, uretse ivyo kwihaya nka wa musambi; ibintu vyarayangaye, haba mu vy’imibano, ubutunzi canke ivya poritike y’igihugu. Kugeza n’aho n’Umukuru w’igihugu asigaye apfungiwe ic’amaso mu gihugu ciwe ntarenge irembo, eka no muri ico gihugu nyene, avuye aha aja ahandi, amabarabara arugarwa,ukamengo ighugu catewe, maze tukaguma twizibirako nk’ifuku. Ibi na vyo bikaba bifise ingaruka mbi ku buzima bw’igihugu n’abanyagihugu. Twobibutsa uturorero dukeya gusa. Nko mu vy’ubutunzi, ibiciro vy’ibintu vya nkenerwa vya misi yose nk’imfungurwa, impuzu, uburaro, amazi, imiti, ibikoresho vyo kwubaka nk’isima vyarabaye umurengera. Ibitari bike vyaduze incuro 5. Ari nk’abatunzwe n’agashahara, agahembo kabo kagumye ari kakandi, umwimbu wagumye ugabanuka kubera n’amahinguriro makeya igihugu cari gifise bayacishije ku wepfo. Ntitwokwibagira iturirwa ry’isoko nkuru ya Bujumbura yari itunze abantu barenga 100.000 ryabaye nk’akamizwe n’inda y’ingoma, inyuruzwa ry’indege y’umukuru w’gihugu Falcon 50 ryaribagiwe kandi itohoza ryakozwe n’inama Nshingamateka ryaradomye urutoke ku banyuruje irya ndege bikagaragara yuko umukuru w’igihugu abizi. Ubukene bw’agakengereza ni bwo busigaye bwigize ndanse mu gihugu; ikibabaza kigasonga, ukabona amagorofa aduzwa hirya no hino, imisi mikuru y’urutavanako harimwo n’ibikorane vyo guhuma amaso abanyagihugu bigatunganywa n’ubutegetsi hamwe n’umugambwe ugomba kwigarurira ivy’igihugu vyose, buririmba ngo ejo ni heza, bakama mu myiyamazo, abanyagigugu batubitse uwa vubi; n’iminsi mikuru nk’iyi ya Nweri n’ukwigina umwaka mushasha, igashika nka bose baganya ico bazohereza umuryango. Ubuzima rero bwaratitutse kuko nta mwimbu wotuma ubutunzi bw’igihugu butera imbere uriho, utubonetse na two tugaherera mu mipfuko y’akagwi gatoyi, nk’uko umutambukanyi wa Nkurunziza we nyene, yabitangaje ku mugaragaro yuko hari akarwi k’abantu banyonyeje ubutunzi bw’igihugu baguma “barundarundanya” ubwo butunzi. Turindiriye yuko abadomako urutoke kuko arabazi, maze bakarenguka imbere ya sentare. Atabigize azoba akingiye ikibaba abasuma. Kukaba nka ko, Uburundi buharurwa kw’isonga ry’ibihugu vyose, vyo muri Afrika y’ubuseruko mu kurya ibitutire. Amatohoza yerekeye ingene abantu babaho yerekana ko abarundi barenga ibice 70% bari musi y’uko umukene asanzwe abaho, bisobanura ko benshi turi ico bita mu kirundi “abafafara”, mu gihe benshi baronka utwo bahendesha umunwa rimwe gusa ku musi, batazi ikizorirenza bukeye! Hafi ibice 60% vy’abarundi bageze kuronka akazi, na canecane urwaruka, barashomereye. Mu vy’imibano; nko mu gisata c’indero, kubera ko ubutegetsi bufise ingendo y’uguhindagura ibintu bitabanje kwigwa neza, na canecane abo vyega ubwa mbere babanje kubigishwa inama, naho ubwo butegetsi nyene buguma bwihaya kumwe kwa wa mugani w’igikere, ngo abana biga ku buntu, bisigaye vyigaragaza ko abo bana bo Burundi bw’ejo “biga ubusa, bakigira ubusa” kuko n’iyo barangije amashure ata n’akazi baronka, akanovera k’inyigisho kakaba karatitutse ku rugero ruteye ubwoba, bose basemerera. Ahanini bikava ku kuntu aho gushira imbere abasumvya abandi ubumenyi mu gutanga akazi, bashira imbere ukuba uri umunyamugambwe uri ku butegetsi, ayo akaba ari rya kumira ryama ryakweze icuka kibi mbere n’intambara mu gihugu. Reta, aho kwongereza agafashanyo kahora gahabwa abanyeshure bo muri za kaminuza yaragafuse, muzi namwe ingene igihugu cacu gikenye, abakozi benshi b'incabwenge, canke b'abahinga. Abanyeshure bashoboye kuja mu ndaro akaba ata n’akayi bakironka mu gitondo, kandi ariko kabaha inguvu.

2. Mu vya poritike, ico twovuga giteye ubwoba kandi cashubije cane inyuma intwaro ya demokarasi, ni uko umugambwe uri ku butegetsi ugomba kwigira nk’umugambwe umwe rudende, ugafatira amaboko i mugongo imigambwe itavuga rumwe na wo, abarundi bose batemeye gushigikira ububisha ukorera abanyagihugu bagahirwa buhongo, ikitavuzwe ngo ugiye gusaba iki na kiriya utari muri uwo mugambwe. Abategetsi barishize hejuru y’amabwirizwa n’amategeko. Sinirirwe ndarandira kuri ibi bibi ubutegetsi bukorera igihugu, kuko murabizi, ingaruka zose mbi ni mwebwe muziremetse. Twovuga canecane nk’itotezwa ry’abatavuga rumwe na Reta, kubagandagura, kubanyuruza, abandi bagata bakomoka bagahungira mu bindi bihugu. Guteranya Abarundi bafatiye ku vy’amoko canke intara, kwiyugarirako nk’ifuku, guhonyanga amabwirizwa n’amategeko nk’Amasezerano y’i Arusha n‘ayandi ubutegetsi bwo nyene buba bwishiriyeho… Ariko igihambaye kandi kiduteye iteka, ni uko abarundi bamaze kumenya ingene basubiriza mu nkoko ubutegetsi nk’ubwo, ingendo ya demokarasi n’uguharanira agateka kabo ikaba imaze kubanyura, bati “Burira ntibutera ku mpeshi”.

Muri ibi bihe rero haravugwa amatora y’inkinamico: Nk’uko mubikurikirana canecane muri ino misi, haravugwa ivy’amatora yimirije muri uyu mwaka wa 2020. Tudasiganye inkore ku maso, nta matora y’ukuri ariko arategurwa, twovyita inkinamico. Nkaba ndabasavye ko mutosinzira umukondorazosi, mwame maso, mumenye neza yuko umugambwe uri ku butegetsi ugejeje kure igikorwa co kwiba amatora wishimikije umurwi CENI kuko na wo ukora nk'urwego rwa CNDD-FDD.
Vyongeye ntitwibagiye ko ubusuma bw'agahomerabunwa muri aya matora bwakozwe igihe co gutanga karangamuntu n'igihe c'iyandikwa ry'abageze gutora. Twarasemereye ko uwo mugwi ukwiye kuba ugizwe n’abo imigambwe yose yiyumvamwo atari uwuri ku butegetsi gusa. None vyabananiye kwirengera ngo berekane ko bakorera igihugu cose n’abahiganwa bose na canecane imigambwe. Hari n'ibindi ibibazo rero bihambaye bitegerezwa kuva mu nzira kugira tuje mu matora imitima iri munda, muri ivyo twovuga nk'ibi: iterabwoba n'umutekano muke biterwa n'Imbonerakure, zigira surivu kugeza n’aho bishira hejuru y’umutegetsi uwo ari we wese; ikitavuzwe ni Musitanteri canke Buramatari kuko n’abajejwe umutekano canke ubutungane zitabagera umutwe. Hari abanyaporitike bapfungiwe ubusa n'abandi bahunze, abandi nabo bakurikiranwa n'imanza zitagira ifatiro kugira ntibaze bashobore kwitoza, aho ntituvuze amabwirizwa n'amategeko atorohereza umwidegemvyo mu matora n'ibindi. Ivyo bitavuye mu nzira ayo matora azoba ari ayo kudusiga inkore ku maso gusa, ya demokarasi twaharanira kuva kera ikaguma isubira inyuma nk’ibirenge. Nk’uko mubizi mwese, kuva Uburundi bwikukiye amatora yose amaze kuba, nta kindi yatuzaniye atari umudugararo mu gihugu kubera ubutegetsi bwaba bwayateguye nabi. None mubona twobireka uko? Oya namba. Turasubiye gukebura Reta, n’abandi bose vyega, ntituze twibuke kuyora twasheshe. Ibitosi nk’ivyo ntitwobigenderako, kuko na ba sokuru barayamaze bati “ntawisigira ku buhoma canke ngo arimire ku rwiri”.

3. Muti none twobifata gute? Muri uwu mwaka mushasha wa 2020, twokomeza ibikorwa vyose vyotuma ibintu bihinduka kugira Uburundi bugaruke mu nzira ya demokarasi, buve mu mwijima bugaruke mu muco, kandi birashoboka. Vyongeye, uwubandwa ni we abanda urugi. Nta we dusiganya ngo azoza kubikora avuye hanze, kuko nta munyamahanga azoza kubohoza abarundi. Kandi ga, urwo rero ni urugamba rutegerezwa gukorwa mu nzira y’amahoro. Aka kamo tugateye abarundi bose bemera demokarasi bo mu bwoko bwose: abahutu, abatutsi n' abatwa, bemera ko abarundi bangana, bazi ko ubwoko atari bwo bubi, ahubwo ko ububi ari ubutegetsi bw'abo ba "mpemayuzuye", bigaruriye ubutunzi bwose bw'igihugu. Tugateye abantu bazi ko ata ntara mbi ibaho, nta n'umwe muri twese yasavye kuvukira mu ntara kanaka, intara zose zirafise abantu benshi bemera bakagendera demokarasi n'abandi bari ku rushi ba "sesankuyoze". Mu myaka iheze twagwanije umugambwe warimwo akagwi k'abantu bahenda abandi ngo batwarira ubwoko bwabo. N'ubu tuzobandanya tugwanya ivyiyumviro vy'amacakubiri ayo ari yo yose aho yoba aturutse hose.

4. Ivyo bisaba kwitanga cane, kuko ntacizana. Umwe wese muri twebwe arafise uruhara rwo gusanura iyo nzu ya demokarasi, bikaba mbere bitanga umwizero ukuntu abanyagihugu bose barikanuye. Yaba rero amashirahamwe adaharanira ivyicaro vya poritike, yaba imigambwe itari ku butegetsi, eka ndetse n’abanywanyi benshi bari mu mugambwe uri ku butegesti barashaka kwitaba aka kamo tubateye. Bitebe bitebuke Uburundi buzokwogorora. Nta kwama hahandi, ikitavuzwe co ni ukugendera kw’iterabwoba ngo “Atari jewe igihugu coja mu kaga”, bakagomba kuduhatira ku ngendo zataye igihe, n’ubwo uburorero bw’intwari muri Afrika no kw’isi yose nka Mandela, Chavezi n'abandi, umengo ntibabubona.

5. Mu vy’ukuri rero, nta butegetsi na bumwe kuri iyi si, bushobora guhangana n’abanyagihugu, igihe abanyagihugu bamaze kumenya ko ari bo babutanga kandi bashobora kubwaka uwo wese aza yigira akagaramaruganda ashaka gusubiza inyuma demokarasi. Ivyo tumaze imisi tubibona mu bihugu vya Sudani, Algeria, Iraki, muri Amerika y’epfo n’ahandi. Uburundi si izinga, n’uwudafise inka arabona aho zirisha.

6. Ni co gituma, ku neza y’Uburundi n’abarundi, nsubiye gukebura abategetsi b’iki gihe, ko bokwikebuka, bagahindura ingendo bakareka gukoresha ubutegetsi nk’ico umusuma yasahuye. Dukeneye rero ko Reta igaragaza ibimenyetso bikurikira:

a. Kugarukana umwuka mwiza mu gihugu. Ivyo tukazobibona igihe Reta izorekura abo bose bapfungiwe ubusa, na canecane abapfunzwe hafatiwe ku vyiyumviro vyabo vya poritike; bahagarike gutoteza abo bose batavuga rumwe n’ubutegetsi, amarementanya atagira mvura n’ifatiro, imbonerakure zigira surivu zigahashwa bimwe biboneka.

b. Uko biri kwose, ibiganiro n’ugushira mu ngiro ivyabivuyemwo biguma ari vyo vyotuma abarundi basubira kubana neza umutima uri hamwe, maze igihe c’amatora atari inkinamico kikazogera umutima uri mu nda, hari umwidegemvyo mu gihugu cose.

7. Ku vyerekeye umugambwe CNDD, dusavye dushimitse ko:

-Umugambwe CNDD ufadikanije n’iyindi migambwe wokora ijoro n’umutaga kugira ivyo vyose bishoboke. Birakenewe rero ko umugambwe wobandanya igikorwa co gukomeza no kuremesha inzego zawo mu gihugu cose. -Abagize inzego z’umugambwe bose eka n’abanywanyi, ni ngombwa bashinge bongere bijukire amashirahamwe y’iterambere na canecane amakoperative kugira bivane mu bukene, basangire amakuru biciye mu kinyamakuru cabo IKETE RYA CNDD, bijukire inyigisho za poritike kugira bashobore gutegura imitego yose yotuma demokarasi izingama, bamenye gutandukanya icatsi n’ururo.
-Abagumyabanga ba CNDD biyungunganye begeranye intererano y’umugambwe kugira bashobore gushira mu ngiro iyo migambi yose tugumane n’igihagararo ciza mu gihugu. Kandi n’aho tuzi hari ubukene buzura inzara, muri rusangi umunywanyi wese ahebeye umugambwe ku kwezi ku kwezi n’imiburiburi icupa rimwe ry’urwarwa canke iry’ikiyeri canke irya Amstel bivanye n’ico umuntu asanzwe yihereza, ngo isorosoro rigwirira iyo rirora, turavye uko tungana, ikigega c’umugambwe cokwama gishobora kurangura ibikorwa vy’inkoramutima nk’inyigishocanke ibinyamakuru vy’umugambwe, ibikoresho vy’umugambwe, kuriha ingoro dukoreramwo n’ibindi.
-Dusavye kandi ko urwaruka, nk’uko bimeze mu makungu, rwoba imboneza muri urwo rugamba rwo kugarukira demokarasi igeramiwe. Uyu mwaka mushasha ni ngombwa urangire urwaruka rubona neza kazoza keza karwo. Twiyemeje kurufata mu mugongo mu kururonsa ivyo vyose bikenewe kugira ruhagurukire rimwe maze Abarundi bahabuze intwaro ya demokarasi. Ikigwanisho ca mbere gihambaye gusumvya ibindi vyose ni inyigisho. Ni ngombwa ko mu vyo dukora vyose, duha umuco urwaruka kugira rubone neza iyo dushaka kuja. Naho si ahandi ni kwubaka Uburundi buzira akarenganyo, buzira ibiturire, burangwa n’agateka n’ubuntu. Uburundi abana biga neza bakamenya, bagafungura neza bagahaga, Uburundi butotahaye, Uburundi buzirana n’intwaro z’igikeneye. Ni ugusubiza Uburundi intahe yo kwikukira koko. Nta kigwanisho na kimwe gishobora gutsinda ivyiyumviro bishigikiwe n’abanyagihugu.
Ndangije nsubira kubipfuriza umwaka muhire wa 2020. Uze urangire Uburundi bwagarutse mu nzira y’amahoro na demokarasi
Ni hahangame Uburundi, Ni hahangame umugambwe CNDD – Tugire Amahoro – Iteka n’Iterambere!

Bigiriwe I Bujumbura igenekereo rya 31 Kigarama,2019

Umukuru w’Umugambwe CNDD

Umushingamateka Leonarudo Nyangoma

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DéclarationsTue, 31 Dec 2019 11:38:02 +0000
Le CNDD présente ses condoléances suite au décès du camarade, Dr NDIKUMANA Jean :http://cndd-burundi.com/show/914-cndd-condoleances-deces-ndikumana-jean http://cndd-burundi.com/show/914-cndd-condoleances-deces-ndikumana-jeanLe CNDD présente ses condoléances suite au décès du camarade, Dr NDIKUMANA Jean :

Ce 5 décembre 2019, le parti CNDD a appris avec grande tristesse le décès du camarade Dr NDIKUMANA Jean, militant de la première heure du CNDD. Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille, son peuple et à ses camarades du parti. Nous nous souviendrons du Dr NDIKUMANA Jean de son hospitalité, son accueil chaleureux et fraternel, mais également de sa force et convictions pour une cause juste, solidaire et fraternelle.

Il a été de tous les combats au sein des organisations progressistes au sein du MEPROBA (Mouvement des Etudiants Progressistes Barundais) et du parti UBU (Umugambwe w’abakozi mu Burundi) dans les années 1970-80) ; c’est dans sa maison sise à Nairobi que sont nées les premières idées de création d’un mouvement de résistance populaire le CNDD (Conseil National pour la Défense de la Démocratie). En plus de son action militante, Dr Jean NDIKUMANA était un agronome et chercheur chevronné de terrain dans le système des Nations Unies. Malgré ses charges horaires, Il est toujours resté du côté de celles et ceux qui luttent pour l’émancipation de leurs peuples contre les dictatures de toutes formes et le néolibéralisme de par le monde.
Dr Jean était un grand homme, un travailleur, un révolutionnaire. Il nous manquera. Nos sympathies vont à tous ceux qui l’ont connu : sa famille, ses amis et ses camarades

Fait à Bujumbura, ce samedi 07 décembre 2019
Pour le parti CNDD
Le président, Léonard NYANGOMA

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CommuniquésMon, 09 Dec 2019 17:32:14 +0000
60 ans après les indépendances formelles, le contexte géopolitique de la seconde phase de libération de l'Afriquehttp://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/913-contexte-geopolitique-seconde-phase-liberation-afrique http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/913-contexte-geopolitique-seconde-phase-liberation-afrique60 ans après les indépendances formelles, le contexte géopolitique de la seconde phase de libération de l'Afrique

Diagne Fodé Roland

Sous les coups d'une propagande bien huilée de l'Occident impérialiste en déclin règne chez beaucoup d'Africains la peur d'un nouveau partage de "l'Afrique riche et convoitée" à l'instar du partage colonial de 1884/85 à Berlin.
N'ayant connu que les sommets françafricain, eurafricain et usafricain lors desquels les chefs d'Etats impérialistes distribuaient les bons et mauvais points et leurs feuilles de route à leurs valets présidents des néocolonies, les Africains, même submergés par une propagande occidentale distillant la méfiance pour les sommets chinafrique, indiafrique, russafrique, leurs portent de plus en plus d'intérêts. 60 années de coopération néocoloniale, plus d'un siècle de colonisation et plus de quatre siècles de traite des noirs et d'esclavages font de plus en plus pencher la balance vers une instable sympathie, voire un vague espoir d'une coopération différente avec la Chine, l'Inde, la Russie.
Va-t-on donc vers un nouveau partage de l'Afrique convoitée entre les anciens prédateurs (US, UE) et les "nouveaux" que seraient les puissances "émergentes"? Ou bien n'y-a-t-il pas une opportunité que l'Afrique doit saisir avec le déclin visible de l'Occident impérialiste et l'émergence de nouvelles puissances économiques, militaires et stratégiques? Que faire dans ce nouveau contexte géopolitique évolutif pour frayer la voie à une seconde phase de libération nationale, démocratique et populaire afin de sortir du sous-développement?

L'Afrique dans l’œil du cyclone du chaos impérialiste

Si la première phase des luttes de libération africaine s'est estompée avec la fin de l'apartheid (à l’exception du Sahara en Afrique et de la symbolique Palestine au plan international) dans les années 90 correspondant à la défaite de l'URSS, la période immédiate qui a suivi a été marquée par une adaptation servile des bourgeoisies et des élites au nouveau rapport des forces au nom de l'impérialisme (US et UE) "tout puissant" et "invincible".
Les "conférences nationales" pour orienter les luttes populaires des peuples africains vers les réformes démocratiques multipartites sans s'attaquer aux racines socio-économiques de l'oppression néocoloniale, l'adoption du libéralisme (moins d'Etat) comme unique programme politique quelque soit le parti au pouvoir dans la quasi totalité des pays africains, les plans libéraux d'ajustement structurel, les dévaluations des monnaies, notamment du franc colonial CFA puis les privatisations ont été généralisées en Afrique sous la houlette des institutions de Bretton Woods (FMI, BM, OMC).

Mais dès que les pays dits "émergents", notamment les BRICS, ont commencé à partir des années 2000 à investir massivement en Afrique, particulièrement dans les infrastructures, à y vendre leurs produits industrialisés et à y prendre des parts de marchés provoquant le recul de la mainmise économique des impérialistes Occidentaux, de nouvelles menaces découlant de la nouvelle stratégie militarisée des USA et de l'UE sont apparues.
L'impérialisme Occidental s'est évertué à militariser sa présence en instrumentalisant son alliance avec les pétromonarchies pour contrecarrer ses "concurrents" des pays dits "émergents" dans le vain espoir de rendre "éternel" le système capitaliste sous leur domination.

Après avoir renvoyé l'Afghanistan, puis l'Irak "à l'âge de pierre" selon l'expression de G. Bush, l'occupation militaire de ces pays avait précédé l'installation de pouvoirs fantoches. Puis l'agression coloniale de l'OTAN/Françafrique et l'assassinat de Khadafi ont livré la Libye aux hordes surarmées de Al-Qaïda et/ou Daesh qui se sont ensuite répandues sur les autres pays africains. Boko Haram, Mujao, Ansardine, des mouvements armés djihado-terroristes bien avant comme Shebab, LRA de Kony, sévissent ainsi du Sahel-Sahara à l'Afrique de l'est. Ces mouvements terroristes de fanatiques religieux armés sont les nouveaux prétextes du redéploiement militaire des réseaux de la françafrique, l'eurafrique, l'usafrique à travers l'opération Barkhane et AFRICOM pour la recolonisation économico-militaire de l'Afrique.

Cette déstabilisation militarisée des pays africains s'est développée à partir de la destruction consciente de la Libye comme le révèle Hama Ag Mahmoud, un des ténors du MNLA (Mouvement National de Libération de l'Azawad) qui l'a quitté avec fracas en décembre 2012, peu avant le déclenchement de l’opération Serval au Mali : " - La France aurait donc poussé le MNLA à occuper les villes du Nord du Mali ? - Oui tout à fait. La France a demandé au MNLA de l’aider à faire déserter tous les combattants de l’Azawad qui étaient dans l’armée libyenne, pendant la guerre de Libye. Ensuite de bloquer le recrutement des libyens dans l’Azawad et dans l’Aïr au Niger. Et en contrepartie, elle nous avait donné son feu vert pour l’indépendance de l’Azawad. C’est l’accord qui a été conclu avant la guerre entre le MNLA et la France. Et immédiatement la guerre gagnée par le MNLA, la France a changé complètement de politique. Elle a mis tout son dispositif diplomatique contre le MNLA. Alors conclusion, l’objectif de la France était tout simplement d’affaiblir le gouvernement malien et je peux vous assurer que ce n’était pas pour donner raison au MNLA" (Interview, Le Courrier du Sahara, en date du 17 janvier 15 cité par Gri Gri international du 28/02/15). En réalité, il y a des velléités françaises de réveiller le vieux projet de l'OCRS (Organisation Commune des Régions Sahariennes) pour séparer les peuples des matières premières que le FLN Algérien et l'US-RDA de Modibo Keita avaient fait échouer dans les années 1957-1962 grâce à la solidarité panafricaine d'alors.

La Libye a été ainsi livrée aux mercenaires islamistes financés par les théocraties des pétrodollars et armés par les marchands d'armes US et de l'UE dans le but de créer un foyer à partir duquel propager partout en Afrique le cancer djihado-terroriste. La Libye est devenue pour l'Afrique ce qu'a été et continue d'être l'Afghanistan pour toute l'Asie. Ces foyers de subversion ont produit les Daesh, Front Al Nosra, Al Qaïda en Syrie et en Irak, Boko Haram au Nigeria/Cameroun, Ansardine-Mujao-MNLA au Mali, etc. Tout comme les Shebab ont été produits par la déstabilisation et l'occupation temporaire US de la Somalie.
Ces mercenaires djihado-terroristes séparatistes se taillent des territoires dénommés "califat" comme on l'a vu dans le nord du Mali, en Syrie et en Irak et se livrent à toute sorte de trafics de pétrole, drogue, prostitution, migrants, etc. Dès qu'ils se sentent suffisamment forts, ils développent parfois leur propre agenda différent de celui de leurs financeurs et entrent ainsi en opposition à ceux-ci.
A chaque déstabilisation d'un pays africain, les impérialistes US, de l'UE et Français se pointent pour "porter secours dans leur grande magnanimité désintéressée" aux "incapables africains" comme on l'a vu au Mali avec l'opération Serval puis en Centrafrique avec Sangaris avant que ce stratagème ne mute en "Barkhane", nom que s'est donnée la mouvante occupation militaire française du Sahel-Sahara du Mali en Centrafrique.
Progressivement une ligne de fracture s'opère donc au sein même des bourgeoisies néocoloniales des pays africains entre résister à la stratégie du chaos organisé par l'impérialisme ou se soumettre avec l'illusion d'y échapper.
Les sommets russafrique, chinafrique, indiafrique, etc vont accélérer ce processus de différenciation des positions au sein même des Etats néocoloniaux africains tout comme l'ont fait, à l'époque dans le contexte de la première phase des luttes anti-coloniales après 1945, les sommets de Bandung puis de la Tricontinentale née après le massacre des communistes indonésiens en 1965.

La françafrique, l'eurafrique et l'usafrique se délitent progressivement

L'OTAN, les USA, l'UE et les impérialistes Français étaient bien loin de s'imaginer le traumatisme causé au sein de la classe des gouvernants et politiciens libéraux néocoloniaux africains par la capture de Gbagbo à la manière des négriers d'antan, l'assassinat crapuleux de Khadafi et l'humiliation infligée à l'Union Africaine (UA) à cette occasion.
Le projet d'isoler l'Afrique du Nord de l'Afrique au sud du Sahara par la création de l'Union Maghreb et UE avait capoté en raison de l'opposition de l'Algérie et de la Libye de Khadafi, lequel avait osé ensuite proposer une monnaie unique africaine, une banque africaine, un satellite de télécommunication africain, ce qui est à l'origne de son assassinat.
La destruction de la Libye a été l'occasion d'infester le vaste territoire Saharo-Sahélien des bandes armées djihado-terroristes et séparatistes qui sèment la mort et la désolation. Le prétexte a été ainsi tout trouvé pour les armadas françaises, européennes et étasuniennes d'occuper militairement un vaste territoire transfrontalier qui va du Sénégal, du Mali jusqu'en Centrafrique voire jusqu'à la corne de l'Afrique orientale. Cette occupation militaire protéiforme et multiforme est symbolisée par le nom "barkhane", c'est-à-dire les dunes qui se déplacent au gré des vents de sables.

Le nouveau cycle de la guerre contre le terrorisme se révèle à juste titre de plus en plus aux yeux des peuples comme une stratégie des impérialistes Occidentaux (USA/UE/OTAN) pour occuper militairement les sources de matières premières principalement énergétiques. La guerre et les mercenaires djihado-terroristes financés par les monarchies pétrolières Wahhabites, Salafistes et Takfiristes qui avaient été les fers de lance en Afghanistan contre l'URSS sont à la fois le moyen et le bras armés pour déstabiliser voire démembrer les Etats, pays et Nations afin d'empêcher l'accès direct aux matières premières stratégiques sans passer par eux des pays émergents comme la Chine, l'Inde, le Brésil, la Russie, etc.
L'agression militaire est devenue un substitut à la perte de plus en plus grande de parts des marchés des impérialistes étasunien, européen et français en particulier en Afrique. L'occupation militaire permanente est complétée par l'imposition aux Etats africains de l'Accord de Partenariat Économique (APE) qui met fin aux protections fiscales et douanières des productions nationales que promeuvent les chefs de file de la zone CFA principalement du Sénégal et de la Côte d'Ivoire.
Même si les présidents élus au Bénin et au Gabon (Talon et Ali Bongo) ne dérangent en rien les intérêts de la françafrique, les candidats préférés (Zinsou et Ping) de l'impérialisme français furent tous électoralement battus. Ce qui était un premier signe de craquement de la françafrique. Mieux l'un des piliers, après Houphouêt Boigny et Léopold Senghor de la domination néocoloniale française en Afrique, le putschiste assassin de Sankara, Blaise Compaoré a été chassé par le peuple et exfiltré par les forces spéciales françaises vers la Côte d'Ivoire de Alassane Ouattara, lequel avait été installé au palais présidentiel par les chars français après la capture de L. Gbagbo.
Les révoltes populaires dénommées "printemps arabes" qui ont balayé l'Afrique du Nord jusqu'au Moyen-Orient, au delà de l'instrumentalisation par les théocraties féodales des pétro-dollars de mercenaires djihado-terroristes en Libye, en Irak et en Syrie, ont fait chuter les régimes dictatoriaux néocoloniaux de Ben Ali en Tunisie et de Moubarack en Egypte. Ces mouvements populaires viennent d'avoir leur prolongement en Algérie avec la chute de Bouteflika.
Ces révoltes populaires au delà des tentatives impérialistes de les manipuler sont objectivement des contestations massives des politiques libérales qui affaiblissent la mainmise de l'impérialisme sur les peuples.

Les échecs en cours de la stratégie impérialiste du chaos

Après avoir vu comment procède l'impérialisme pour assurer la pérennité de sa domination mondiale multi-séculaire, il faut observer que çà commence à se compliquer pour lui. En effet tout ne se passe pas comme prévu à la grande surprise des soi-disant "élites" mentalement colonisées.
On a d'abord assisté à des offensives militaires criminelles contre des Etats et des peuples. Mais les guerres en Afghanistan, en Yougoslavie, en Tchétchénie, en Irak, en Libye ont certes créé le chaos, mais le but même d'accaparement des richesses de ces pays par les Multinationales s'est révélé et se révèle plutôt problématique.
Certaines forces djihado-terroristes qui avaient été sollicitées par les impérialistes et leurs vassaux des théocraties saoudienne, qatarie, koweïtienne, etc se sont retournées contre leurs parrains maffieux occidentaux. En fait certains de ces djihado-terroristes ont leur propre agenda politique même si il faut remarquer qu'ils passent d'un groupe à un autre selon celui qui paye le plus et selon le rapport des forces du moment entre parrains.
Les forces obscures djihado-terroristes ont aussi recruté avec l'aide des finances saoudienne, qatarie et koweïtienne aux USA, dans les différents pays de l'UE et à travers le monde des mercenaires fanatisés. Certains ont en partie échappé au contrôle de leurs maîtres occidentaux, sionistes et féodaux des monarchies pour commettre des attentats terroristes comme ceux du World Trade Center en 2001 et de Charlie Hebdo en 2015, etc. Remarquons ici que ces fanatiques assassinent et massacrent avant tout des Musulmans. L'Algérie en a fait l'amère expérience lors des "années de plomb" dans un assourdissant silence des médias impérialistes et de leurs relais locaux en Afrique.
La guerre contre la Syrie a été contrée par la Russie, la Chine et les Etats progressistes d'Amérique du Sud. La défaite constatable des djihado-terroristes en Syrie n'est pas le fait de la présence militaire des USA et des forces spéciales franco-britannique, mais de l'alliance entre l'Etat National Syrien et la Russie bourgeoise. Au contraire n'a-t-on pas entendu l'aveu significatif du Ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, se déclarant satisfait du "bon boulot d'Al Nostra" (en fait Al Qaïda) en Syrie ? De même n'observe-t-on pas que les djihado-terroristes sont soignés et armés par Israël avant d'être renvoyés tuer les "Musulmans" Syriens. Israël n'hésite pas à voler à leurs secours en bombardant régulièrement la Syrie.
En Afrique même, les mensonges qui ont été évoqués pour abattre Khadafi et le chaos en Libye sont à l'origine de la multiplication des naufrages de migrants prisonniers qui cherchent à fuir la guerre et du développement du djihado-terrorisme au Mali, au Nigeria, au Cameroun jusqu'en Centrafrique.

La prise de conscience de la dangerosité de l'impérialisme et de ses guerres coloniales contre les peuples et l'Afrique va à une grande vitesse. Ainsi malgré l'extraordinaire complexité évolutive de la situation, le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Nigeria combattent avec succès Boko Haram sans avoir fait appel directement aux impérialistes.
Au Mali, après l'effet anesthésiant de l'escroquerie de l'impérialisme Français "volant au secours des populations" à travers Serval, le peuple se rend compte de la supercherie et se mobilise de plus en plus contre ce stratagème trompeur de la Françafrique. L'opération Barkhane est éclaboussée en Centrafrique par le scandale de la pédophilie pratiquée par des soldats français. AFRICOM, ce commandement US otanien pour l'Afrique ne trouve officiellement, pour le moment, nulle part pied à terre sur le continent.
Mais l'échec patent a commencé pour les impérialistes d'abord en Ukraine. Là, après une longue période d'avancée de l'OTAN et de l'UE vers les frontières de la Russie, les impérialistes ont été stoppés net par la bourgeoisie patriotique Russe. Les forces anti-fascistes ukrainiennes du Donbass et de la Nouvelle Russie ont donné un coup d'arrêt à l'expansionnisme de l'OTAN et de l'UE à l'est du sous continent européen. Ensuite est venu en Syrie l'échec du projet impérialiste, djihado-terroriste et des monarchies des pétro-dollars d'en finir avec l'Etat laïc syrien.

La Chine en fait de même en Asie avec son projet de développement régional appelé "nouvelles routes maritimes et terrestres de la soi", son partenariat "gagnant-gagnant" et le "consensus de Pékin" (Organisation de Coopération de Shangaï). Le "consensus de Washington" qui a imposé le cadre libéral de la domination occidentale sur la planète à travers le FMI, la Banque Mondiale, l'OMC, TAFTA et l'APE, bat de plus en plus de l'aile.
Enfin "l'arrière cour" qu'a été l'Amérique du Sud pour les USA résiste plus ou moins victorieusement aux agressions fascistes internes et à la reconquête offensive de l'impérialisme yankee allié aux libéraux fascistes. Même à l'épreuve du feu, même en dents de scie, les processus révolutionnaires anti-libéraux et anti-impérialistes, malgré quelques défaites temporaires, font échec à la contre-révolution fasciste dans les pays de l'Alba comme le Venezuela, le Nicaragua sans oublier que tous les bastions réactionnaires comme le Mexique, l'Argentine, la Colombie, le Chili, le Pérou, le Brésil connaissent un regain des luttes populaires anti-libérales et anti-impérialistes. Cuba socialiste reste plus que jamais debout.

Desserrer l'étau du huis clos dans le cadre de la françafrique, l'eurafrique et l'usafrique

Les bourgeoisies néocoloniales africaines au pouvoir sont de plus en plus confrontées à la montée des contestations populaires contre la corruption des élites, la "mal gouvernance" et le bradage des richesses du sol et du sous sol.
La jeunesse est en particulier à la pointe des combats sociaux et démocratiques à travers les organisations dites de la "société civile", les syndicats voire même à travers de nouveaux partis politiques qui, face à la corruption généralisée de la classe politique de la droite à la gauche, revendiquent une alternance politique générationnelle pour réaliser la réappropriation des richesses nationales et donc une alternative patriotique fondée sur l'indépendance nationale.
Les bourgeoisies néocoloniales d'Etat de plus en plus discréditées aux yeux des populations se tournent vers d'autres créanciers en ouvrant les économies aux monde des affaires des pays comme la Chine, l'Inde, la Turquie, le Brésil, la Russie, etc.
Ce processus est accéléré par les défaites militaires des mercenaires djihado-terroristes, de leurs parrains wahhabites, salafistes, takfiristes et protecteurs US et UE en Syrie. L'intervention Russe auprès de l'Etat National Syrien contre l'agression djihado-terroriste et impérialiste Occidental a mis en déroute les plans cachés qui faisaient dire au ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, que "Al Nostra (Al Qaïda) fait du bon boulot contre Bachar Al Assad" en Syrie.
Tout le monde peut faire la comparaison : l'occupation militaire française du Mali au prétexte de la "lutte contre le terrorisme" et la présence de plus de 30.000 soldats du G5 Sahel et de la Minusma contre 3.000 djihado-terroristes estimés révèlent toute la duplicité et la complicité des impérialistes à la fois pyromanes et pompiers. C'est ce que comprennent peu à peu les populations qui manifestent de plus en plus pour exiger le départ des troupes étrangères du Mali jusqu'en Centrafrique.
Comme l'exigent les peuples africains, seule une alliance militaire panafricaine des Etats du Sahara-Sahel peut mettre un terme au djihado-terrorisme. Or une telle alliance, tout comme la monnaie unique africaine sans les impérialistes, n'est possible qu'en obtenant le départ des troupes des impérialistes du Sahara-Sahel.

Il y a donc un processus objectif qui voit le monde passer de la dictature unilatérale de l'impérialisme, de la "pensée unique" libérale, véhiculée par les USA et l'UE à la liberté relative du multilatéralisme consécutif à l'avènement progressif sur le terrain économique et géostratégique des rescapés du camp socialiste, principalement la Chine et de la Russie bourgeoise. C'est ce processus objectif qui fait que certaines bourgeoisies néocoloniales prennent quelques distances avec leurs maîtres impérialistes français, européen et étasunien. Mais c'est aussi le développement de ces contradictions qui va amplifier les guerres des impérialistes tant à l'intérieur de leurs propres pays contre le monde du travail qu'à l'extérieur contre les peuples.

La crise de l’impérialisme parasitaire, décadent et le passage au monde multipolaire

La stratégie guerrière du chaos est la réponse systémique du capitalisme mondialisé sous direction US au remplacement progressif du monde unipolaire libéral issu de la défaite du camp socialiste, de l'URSS par le monde multipolaire qui s'installe peu à peu. Jusqu'à la guerre contre la Libye, y compris au Conseil de Sécurité de l’ONU la dite « communauté internationale » se résumait de fait à l’UE et les USA, lesquels se partageaient les rôles selon leurs intérêts contre le reste du monde. Mais comme on le voit en Syrie et en Ukraine, la Russie, la Chine et les résistances des Etats – Nations qui défendent leur indépendance commencent à changer cette donne.
Du Sahel, au Golfe de Guinée, en Afrique centrale et de l'est, mais aussi au Moyen-Orient, en Asie ex-Soviétique et en Amérique du Sud, le bloc impérialiste décadent et parasitaire USA/UE joue la carte agressive des guerres et des coups d'états (institutionnels ou pas) pour contrôler les économies nationales, les sources de matières premières et imposer la dictature libérale afin de préserver son hégémonie qui perdure depuis 500 ans. L'impérialisme n'hésite pas à faire imploser les Etats- Nations pour assouvir ces intérêts prédateurs. C'est le cas de l'implosion du Soudan, de la Yougoslavie et avant de l'URSS.

Ces guerres ou déstabilisations néo-coloniales de l'Occident impérialiste rencontrent de plus en plus, partout, des résistances. L’extension du domaine des interventions impérialistes, de l'AFRICOM et de l'OTAN, y compris en mer de Chine et dans la péninsule coréenne, pour empêcher l’accès des puissances émergentes non impérialistes aux matières premières est contrée par la ré-émergence d'un camp de la paix. La défense de la paix, de la sécurité et du multilatéralisme économique par la Chine et la Russie est à la base des contradictions montantes au sein des réseaux françafricains, eurafricains et usafricains.
Cette tendance agressive et déstabilisatrice de l'impérialisme est aggravée par l’actuelle crise systémique de surproduction et de sur-accumulation du capitalisme. La contradiction entre la socialisation toujours plus poussée de la production, de l’activité économique et l’accaparement privée monopolisée au profit des Multinationales des richesses produites rend de plus en plus insupportable à des millions de travailleurs et de peuples l’exploitation capitaliste et impérialiste.
Le libéralisme est la politique économique du capital pour contrer la loi de la baisse tendancielle du taux de profit en régime capitaliste. Tout ce qui, de prés ou de loin, échappe à cette soumission au libéralisme outrancier est à éliminer. D'où le mouvement actuel vers le multilatéralisme est suicidaire pour l’hégémonie Occidentale sur le monde.
Or le libéralisme est une politique économique qui livre les économies nationales au pillage des Firmes Transnationales et ne sert ainsi qu'à développer à la périphérie de l'impérialisme le sous-développement, la dépendance à l'étranger et l'oppression nationale. La "libre circulation du capital" et les politiques libérales qui l'accompagnent à travers notamment les "délocalisations" paupérisent aussi les travailleurs des pays impérialistes. Ces facteurs sont à la base des contradictions entre le centre impérialiste et la périphérie et entre le capital et le mouvement ouvrier dans les pays impérialistes.
Les crises électorales ivoirienne, gabonaise, en RDC et celles qui se profilent dans tous les pays africains dans les années à venir vont mettre en scène des contradictions au sein même des bourgeoisies néocoloniales entre tenants de la soumission unilatérale et de l'ouverture multilatérale à d'autres investisseurs. On voit ainsi ce même processus opposer en Amérique du Sud les partisans fascistes du libéralisme pro-impérialiste et les partisans antilibéraux de l'indépendance nationale. Les coups d'état au Brésil contre la présidente légitime, Dilma Roussef, élue à 54%, contre Evo Morales en Bolivie et les tentatives mises en échec au Venezuela et au Nicaragua ainsi que les révoltes populaires au Chili, en Argentine, en Colombie sont aussi des manifestations de ce processus contradictoire.

On voit ainsi le système françafricain craquer de plus en plus sous la différenciation d'intérêts qui s'opère au sein même des clans mafieux qui gouvernent les néo-colonies. Les luttes des peuples contre les effets désastreux de la gouvernance libérale néocoloniale viennent bousculer les élites au pouvoir et les offres d'investissements des pays émergents comme la Chine, la Russie, l'Inde et affaiblissent les puissances hégémoniques occidentales.
Le passage du monde unipolaire dominé par l'Occident impérialiste au monde multipolaire se fait dans l'affrontement entre politique libérale et politique anti-libérale. Malgré la complexité de la situation, comme le montrent les exemples de la Chine, du Vietnam, de la Corée du Nord et de Cuba, les pays qui assurent leur indépendance nationale et sortent du sous développement imposé mènent une politique anti-libérale où le rôle des nationalisations et de la planification sont stratégiquement centrales.
Le libéralisme a dominé sans partage avant et après la défaite du socialisme durant les 40 dernières années dans les pays capitalistes, dépendants et néocoloniaux. Puis les pays rescapés du camp socialiste vaincu et d’ex-pays colonisés et dominés ont opposé et opposent l'antilibéralisme relatif et le capitalisme d’état (plus la planification d’état dans le cas des ex-pays du camp socialiste) au libéralisme dominant comme politique et stratégie économique.
Indéniablement on ne peut que constater que l'anti-libéralisme et les nationalisations des secteurs économiques stratégiques ont permis ou sont en train de permettre à ces pays de sortir progressivement et réellement du sous développement.
C’est le cas des pays de démocraties populaires comme la Chine, le Vietnam, Cuba et la Corée du Nord. Dans ces démocraties populaires cohabitent différentes formes de propriétés (socialiste, capitalisme d'état, entreprises privées, exploitations paysannes communales, familiales, personnelles, etc), mais avec comme secteur stratégiquement dominant les secteurs d’état contrôlés par le Parti Communiste au pouvoir.
Cet anti-libéralisme et ces nationalisations appuyés sur la souveraineté nationale même sans expropriations des capitalistes compradores caractérisent aussi des pays comme le Venezuela, la Bolivie d'Evo Morales, l'Equateur de Raphaël Correa, le Nicaragua, le Brésil de Lula, Dilma, l’Inde, la Russie, etc.

Ainsi force est de constater que même les pays capitalistes "classiques" comme l’Inde, le Brésil et la Russie, etc., utilisent aussi l'antilibéralisme et des formes de capitalisme d’état pour aller de l’avant sur le plan économique.
C'est là la nouvelle configuration évolutive des contradictions actuelles capital/travail, impérialisme/peuples opprimés et même capitalisme/socialisme (objectif déclaré par les expériences en cours chinoise, vietnamienne, coréenne, cubaine).
Bien entendu, comme le montre le coup d'état institutionnel contre Dilma Roussef, le putsch fasciste en Bolivie, la trahison de Raphaël Correa en Equateur, les assassinats visant les FARC en Colombie, les tentatives de déstabilisations au Venezuela, au Nicaragua, etc., ces expériences patriotiques alternatives au libéralisme n’échapperont pas à la question fondamentale que la vie elle-même pose et posera tôt ou tard : QUI L’EMPORTERA au sein de chacun de ces pays entre anti-libéraux et libéraux voire fascistes soutenus par les impérialistes, entre Socialisme et Capitalisme, entre le Parti Communiste et les forces apatrides du capital interne et externe ?

Les causes systémiques des nouvelles agressions impérialistes contre les peuples

Dès sa naissance, le capitalisme en tant que mode de production a été marqué par ce que d’aucun appelle aujourd’hui « mondialisation ou globalisation ». En effet la classe sociale porteuse de ce système économique et social, la bourgeoisie ou le patronat des groupes monopolistes, a été boosté dans sa conquête de la puissance économique et politique par la découverte des matières premières minérales comme le charbon, le fer, l’or et les matières premières agricoles comme la laine, le coton, le café, le sucre dont l’exploitation exigeait une main d’œuvre ayant comme seule possession la force de travail manuelle et/ou intellectuelle : la classe ouvrière, le prolétariat.
C’est ainsi qu’est né, parallèlement à la contradiction capital – prolétariat, le système colonial et esclavagiste par la conquête militaire brutale du continent américain, le génocide des amérindiens qui est le premier grand crime contre l’humanité de l’ère moderne, l’émigration massive des populations européennes persécutées et/ou appauvries pour peupler le continent américain complétée par la traite et l’esclavage des Noirs d‘Afrique. Du 15éme au 18éme siècle le sous continent européen sera à la fois la puissance technologique, industrielle, financière, militaire, stratégique et géopolitique. C’est en Europe qu’arrivaient les matières premières pillées en Amérique puis en Afrique et en Asie pour être transformées en produits industriels et en marchandises.
Au 19éme et 20éme siècle, la seconde phase de la « mondialisation » capitaliste s’opéra par la conquête des empires coloniaux. L’Europe, notamment sa partie ouest, bientôt suivie des USA étaient toujours « l’atelier du monde » transformant les matières premières agricoles et minières en produits industriels de consommation.

Toutes les guerres coloniales du capitalisme naissant, puis du capitalisme en développement et enfin du capitalisme arrivé à maturité, l'impérialisme, qui s’est partagé le monde par la conquête de vastes empires coloniaux sans omettre les guerres inter-impérialistes comme la guerre de 1914-1918 pour un nouveau partage ont ceci de caractéristique : elles ont été faites pour voler les matières premières pour les transformer en marchandises industrielles et surexploiter la main d’œuvre esclave ou asservie par le travail forcé.
Or ce qui caractérise l’évolution actuelle, c’est que les luttes de libération nationale, fin du 18éme et courant du 19éme siècle sur le continent américain dans le sillage des indépendances des USA et de Haïti, puis celles du 20éme siècle impulsées et soutenues par la Révolution Bolchevique, l’URSS et le camp socialiste victorieux du Nazisme ont produit les dits pays « émergents » comme la Chine, l’Inde, le Brésil, le Vietnam et les nouvelles expériences révolutionnaires, progressistes, antilibérales comme le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur, le Nicaragua, le Brésil, etc., qui s’appuient sur l’héroïque résistance économique, culturelle, politique et idéologique de Cuba.
Ces pays deviennent les nouveaux « pays ateliers » qui produisent tout ce que la planète consomme, en particulier tout ce que consomment l’UE et les USA, lesquels se « désindustrialisent » progressivement pour se transformer en parasites vivant de la spéculation, de l’usure et de la rente.

Cette évolution objective de la division internationale du travail au cours de cette troisième phase de la « mondialisation ou globalisation », c'est-à-dire de l’internationalisation du capital et de la recherche du profit maximum, confère un caractère particulier au nouveau cycle des guerres d’agressions coloniales de l’impérialisme US/OTAN et UE contre les peuples.
En effet le nouveau cycle des guerres impérialistes est engendré par la nécessité pour l’impérialisme de contrôler les sources de matières premières stratégiques indispensables au développement des pays "émergents". Il s’agit de générer des profits colossaux en contrôlant et rendant les pays "émergents" dépendants d’eux pour leur accès aux matières premières dont ils ont besoin pour continuer à se développer.
Par leur mainmise sur les richesses stratégiques des pays producteurs, les USA et l’UE s’érigent en usuriers rentiers fixant les conditions d’accès aux matières premières aux pays "émergents". Les Firmes Transnationales US et de l'UE peuvent ainsi spéculer sur les prix, fixer les taxes, poser leurs conditions, organiser le sabotage des économies ou les affaiblir, mener la guerre commerciale et donc continuer à exploiter et dominer l’économie mondiale.
Voilà d'où provient le fait que les économies des USA et de l'UE dépendent toujours plus fortement du complexe militaro-industriel et de la finance spéculative. L'impérialisme Français a un taux de croissance quasi nul, mais une économie exportatrice de plus en plus dépendante des ventes d'armes, notamment des avions de guerre achetés surtout par les pétro-monarchies saoudo-qataries.
Voilà pourquoi l’impérialisme provoque les actuelles guerres de « faible ou moyenne intensité » contre les pays faibles ou encore sous développés pour les asservir. C’est le cas des deux guerres contre l’Irak, de la guerre contre l’ex-Yougoslavie, contre l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire, la Libye, le Mali, la Centrafrique.

Voilà pourquoi les USA/OTAN et l'UE se servent des Emirats des pétro-dollars pour financer et armer les groupes djihado-terroristes comme Daesh, l'EIL, Al Qaïda, Front Al-Nostra, Shebab, Boko Haram, Mujao, MNLA, Ansardine, etc.
Il s’agit d’en finir avec des pouvoirs laïcs qui refusent de se soumettre au diktat des impérialistes, lesquels donc, malgré la nature bourgeoise ou féodale de leur régime, rejettent la domination impérialiste et même parfois cherchent à développer leur pays pour en faire des pays "émergents" parce qu'indépendants.
L’Irak de Saddam Hussein, la Libye de Khadafi sont justement ce type de pays où l’argent du pétrole, par le biais des nationalisations de la production, du raffinage et même de l’industrie pétrochimique, a doté ces pays d’un indice du développement humain (idh) qu’on ne trouve nulle part dans les néo-colonies africaines soumises et serviles à l’impérialisme. Mieux ces pays ont investi dans des réalisations économiques, éducatives, sanitaires et sociales qui commençaient à les mettre sur les rails de la vraie "émergence" et leur permettaient de projeter la mise en place de banques pour l'autofinancement de projets panafricains.
C’est justement cela qui est détruit par les agresseurs impérialistes qui, à coups de bombes et de missiles, s’évertuent à ramener ces pays à « l’âge de pierre » pour ensuite insérer ces pays ainsi détruits dans le système inique de la dépendance néo-coloniale de la dette, des plans d'ajustement structurel libéraux et, ainsi sous le prétexte de la "reconstruction", distribuer le profit maximum à leurs entreprises monopolistes privées.
En plus, comme on le voit en Irak et en Libye, à cette destruction massive des infrastructures, des réalisations économiques, culturelles, éducatives, sanitaires et sociales, à ce pillage des œuvres historiques et à cette prédation gloutonne, il faut ajouter les assassinats ciblés des ingénieurs, des savants, des chercheurs, des professeurs des pays agressés par les impérialistes afin de les rendre dépendants pour une ou plusieurs générations. C’est aussi en cela que l’impérialisme, c’est la barbarie.

Frayer la voie à l'alternative patriotique voire révolutionnaire au néocolonialisme

Les contradictions au sein des bourgeoisies compradores néocoloniales ne peuvent nous cacher qu'elles n'ont d'autre horizon que de s'enrichir par la collaboration avec telle ou telle puissance. Assommés par la propagande anti-chinoise occidentale, certains Africains se plaignent de la "coopération chino-africaine" et bientôt de la "coopération russo-africaine". On épingle souvent la "concurrence" que ferait les commerçants Chinois à la "vendeuse de cacahuètes" tout en se taisant sur la "concurrence" des grandes surfaces, Auchan ou Carrefour à la "vendeuse de beignets". En fait, il faut dire que les travers visibles de la "coopération" Sud Sud résultent pour l’essentiel de la corruption des gouvernants néocoloniaux africains. La "concurrence" est une loi absolue du capitalisme qui finit par produire le "monopole", voilà pourquoi il faut l'Etat pour contrôler, maîtriser et réglementer à partir de leviers économiques stratégiques l'économie nationale et africaine pour sortir du sous développement.
C'est à ce niveau d'exigence que se situe l'actuelle rébellion de la jeunesse patriotique africaine. Se réapproprier les richesses nationales bradées, renégocier les contrats léonins, sortir la France du CFA, bâtir une monnaie souveraine nationale ou africaine, nationaliser les secteurs économiques stratégiques, refuser de signer les APE, expulser les bases militaires étrangères, promouvoir le soutien de l'Etat aux "opérateurs économiques privés" nationaux, protéger les productions des paysans, des pêcheurs, des éleveurs contre la concurrence étrangère, prioriser l'école, la santé et l'industrialisation sont redevenus des éléments programmatiques portés par des associations de la "société civile", des syndicats et surtout par de nouveaux partis politiques issus de la révolte patriotique de la jeunesse africaine.

Cette jeunesse, pour le moment essentiellement intellectuelle, s'émancipe peu à peu de la fable libérale de la "réussite individuelle condition de la réussite collective" inculquée par des décennies de pensée unique libérale et d'aliénation néocoloniale. La jeunesse patriotique se détourne des chimères libérales d'autant plus que la tragédie des mers, des océans et du désert devenus des cimetières pour migrants touche de plus en plus de familles sans oublier le traitement colonial raciste de l'immigration dans les pays impérialistes.
En fait, cette jeunesse patriotique reprend le programme de la gauche historique que les leaders historiques ont renié en s'engluant dans le marais nauséabond de la corruption et de la politique du ventre.
La bourgeoisie néocoloniale tiraillée entre soumission à l'impérialisme et soutien au multilatéralisme va trahir en raison de sa servilité volontaire congénitale. L'unité de la jeunesse patriotique rebelle et des gauches historiques qui ont rompu avec l'opportunisme va devenir progressivement la force montante à même d'assumer le rôle historique de force dirigeante de cette seconde phase de la lutte de libération nationale et africaine.
C'est l'équation posée et à résoudre pour que vive et triomphe l’œuvre commencée par les leaders indépendantistes de la première phase de décolonisation que sont : Lamine Arfan Senghor, Tiémoko Garang Kouyaté, Alfred Zuma, P. E. Lumumba, Nkwame Nkhruma, Sékou Touré, Saïfoulaye Diallo, Modibo Keita, Um Nyobe, F.R. Moumié, O. Afana, E. Ouandié, A. Neto, Franz Fanon, A. Ramdame, G.A. Nasser, E. Mondlane, S. Machel, C. Hani, N. Mandela, R. Mugabe, S. Biko, A. Cabral, T. Sankara, etc. Il s'agit de re-brandir le drapeau là où les crimes et massacres coloniaux l'avaient jeté à terre comme étendard actualisé de la seconde phase de la libération nationale et panafricaine parce que sans mémoire on ne sait pas où aller .

Novembre 2019

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Actualités internationalesMon, 02 Dec 2019 11:27:56 +0000
DECLARATION DU PARTI CNDD CONCERNANT LES VIOLENCES XENOPHOBES EN REPUBLIQUE D’AFRIQUE DU SUDhttp://cndd-burundi.com/actualites/declarations/912-declaration-cndd-violations-xenophobies-rsa http://cndd-burundi.com/actualites/declarations/912-declaration-cndd-violations-xenophobies-rsaDECLARATION DU PARTI CNDD CONCERNANT LES VIOLENCES XENOPHOBES EN REPUBLIQUE D’AFRIQUE DU SUD

Le parti CNDD du Burundi, indigné par des actes de violences ces derniers jours perpétrés contre des ressortissants étrangers en République d’Afrique du Sud, porte à la connaissance de l’opinion africaine et internationale ce qui suit:

Les faits

1. Depuis le 1er Septembre 2019, les différentes communautés étrangères, surtout africaines, sont victimes d’une vague de violences. Leurs commerces et autres biens sont pillés, saccagés ou incendiés. Des dizaines de ressortissants africains ont été victimes de lynchage, et d’autres ont été gravement blessés ou molestés par des meutes de citoyens sud-africains en furie.

2. Ces vagues de violences xénophobes deviennent récurrentes dans ce pays de l’icône mondial de la lutte anti-apartheid Nelson Mandela.

3. Il sied à souligner que ces violences ont suscité des réactions de vengeance qui ont aussi causé des dégâts matériels et humains notamment au Nigéria.

4. Le président sud-africain Mr Cyril Ramaphosa a condamné clairement ces actes et a demandé qu’ils soient mis fin rapidement.

5. D’autres personnalités sud-africaines notamment Julius Malema ont rappelé les liens de fraternité qui unissent les sud-africains et les autres africains, et a appelé à la fin immédiate de la violence.

6. Le parti CNDD rappelle qu’historiquement, nos ancêtres africains nous ont légué des valeurs de solidarité humaine, de générosité et de tolérance, bref de l’Ubuntu (l’humain)

Notre position.

7. Le parti CNDD présente ses condoléances aux familles éplorées et souhaite un prompt rétablissement à tous ceux qui sont blessés physiquement ou psychologiquement.

8. Notre parti condamne avec la plus grande vigueur ces violences gratuites, que rien ne pourrait ni justifier, ni expliquer et par voie de conséquence demande aux autorités sudafricaines de mettre fin à cette barbarie d’un autre âge.

9. Le parti CNDD lance un appel au pays dont les ressortissants ont été victimes de ces actes odieux de faire preuve de retenue et recourir à la justice au lieu d’attiser la xénophobie par la vendetta.

10. Le CNDD constate avec amertume que la jeunesse sud-africaine n’est pas aux faits que la lutte contre l’apartheid a été continentale. Il est du devoir des responsables politiques sud-africains d’apprendre à leur jeunesse que des mozambicains, des zimbabwéens, des tanzaniens, des namibiens, des angolais, des zambiens, des cubains, des algériens etc. sont morts sur le grand front contre l’apartheid. Tous les peuples africains ont apporté des soutiens de toutes sortes, politiques, diplomatiques, matériels, financiers etc., à la longue lutte légitime du peuple sud-africain pour recouvrer sa souveraineté et sa liberté.

11. Les violences xénophobes sur le continent constituent presque toujours un exutoire aussi criminel qu’inefficace des frustrations de notre jeunesse dues à la pauvreté et à l’incertitude pour son avenir.

12. De ce fait, le parti CNDD est convaincu que seule la construction d’une Afrique Unie et Solidaire peut assurer la prospérité, la sécurité et un avenir sûr pour la jeunesse africaine et mettre fin à cette honteuse situation pour notre continent.

13. Notre parti lance encore une fois un appel à tous les panafricanistes, héritiers de Kwame Nkrumah, de Gamal Abdel Nasser, de Lumumba, de Julius Kambarage Nyerere, Thomas Sankara et de Mouammar Kadhafi à une grande et longue mobilisation de la jeunesse africaine pour la construction d’un Etat Fédéral Africain, fort et prospère pour ainsi mettre en échec tous les plans de balkanisation de l’Afrique. Faisons nôtre la célèbre phrase de Kwame Nkrumah, s’adressant à ses pairs avant l’adoption de la charte de l’OUA le 24 mai 1963, il dira « nous devons nous unir maintenant ou périr ».

Fait à Bujumbura, le 05 septembre 2019

Léonard NYANGOMA,

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DéclarationsMon, 09 Sep 2019 18:14:27 +0000