Actualitéshttp://cndd-burundi.com Mon, 18 Dec 2017 11:02:08 +0000fr-frRESUME DU FACILITATEUR RELATIF À LA 4è SESSION DU DIALOGUE INTER-BURUNDAIShttp://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/882-4e-session-dialogue-inter-burundais http://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/882-4e-session-dialogue-inter-burundaisRESUME DU FACILITATEUR RELATIF À LA 4è SESSION DU DIALOGUE INTER-BURUNDAIS

4e Session du Dialogue inter-burundais
ARUSHA, TANZANIE, 27 au 8 décembre 2017

RRESUME DU FACILITATEUR RELATIF À LA 4è SESSION DU DIALOGUE INTER-BURUNDAIS TENU DU 27 NOVEMBRE AU 8 DECEMBRE 2017 À NGURDOTO MOUNTAIN LODGE, ARUSHA, TANZANIE.

Le Facilitateur du Dialogue Inter-burundais a convoqué la 4è Session du Dialogue Inter-burundais qui s’est tenue du 27 novembre au 8 décembre 2017 à Ngurdoto Mountain Lodge, Arusha, Tanzanie. Etaient invités, les représentants du Gouvernement de la République du Burundi, les Partis politiques enregistrés au Burundi, les principaux Acteurs politiques, les Groupes religieux, la Société civile, les Femmes et les Médias du Burundi.

Le dialogue visait à être inclusif, à l’exception de quelques personnes qui sont sous le coup de mandat d’arrêt ; il était motivé par le besoin exprimé par les Barundi de trouver une solution durable à l’impasse. Toutefois, certains invités n’ont pas honoré l’invitation du Facilitateur, invoquant, entre autres raisons, l’absence de consultations préalables, l’ignorance des paramètres du dialogue et une supposée absence d’inclusivité. Certains ont également soulevé des préoccupations en matière de sécurité.

À la séance d’ouverture, le Facilitateur a souligné que la session devrait permettre aux participants de dialoguer les uns avec les autres, et non de négocier, dans le but de trouver des solutions à des préoccupations d’intérêt commun pour les Barundi. À cet effet, les participants ont été exhortés à constituer des groupes représentant les acteurs politiques d’une part et la société civile d’autre part. Ainsi, deux groupes ont été constitués, mais en raison de profondes divergences entre les participants, ils ont été immédiatement répartis en quatre autre groupes à savoir: le gouvernement et les partis politiques qui lui sont affiliés, l’opposition, les groupes religieux, et les organisations de la société civile affiliées à l’opposition. Les anciens Présidents et l’Ombudsman ont continué à jouer le rôle de modérateur.

En groupes distincts, chaque partie a présenté au Facilitateur des documents de position. Les parties ont maintenu des positions divergentes aussi bien dans les documents qu’ils ont rédigés que lors des consultations informelles qu’ils ont eues avec le Facilitateur et son équipe. Il y a eu cette situation malgré les efforts déployés par l’équipe de la facilitation en vue d’aider les parties à s’échanger leurs documents et de réitérer la nécessité qu’elles ont de se concerter entre elles. Ainsi, l’objectif principal de la session, à savoir les interactions directes entre participants, n’a pas été réalisé. Toutefois, sur la base des documents élaborés par les parties, le Facilitateur et son équipe ont identifié des points de convergence pouvant constituer le fondement d’un accord ainsi que des points de divergence qui peuvent faire l’objet de dialogue et de négociations à l’avenir.

Les participants ont eu des points de vue convergents sur les questions suivantes:

  1. Confiance en le Médiateur, S.E. Yoweri Kaguta Museveni, Président de la République d’Ouganda, et en le Facilitateur, S.E. Benjamin William Mkapa, ancien Président de la République Unie de Tanzanie;
  2. Reconnaissance de la souveraineté de la République du Burundi et des droits politiques, économiques et sociaux de tous les Burundais;
  3. Engagement vis-à-vis de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi et de la Constitution du Burundi en tant que fondement d’une paix, sécurité et stabilité durables ;
  4. Reconnaissance du fait que la crise burundaise est de nature politique et qu’elle nécessite par conséquent une solution politique ;
  5. Reconnaissance de l’impact négatif de la crise sur le bien-être social et économique du peuple Burundais ;
  6. Engagement à mettre un terme à l’impunité et à rejeter toutes formes de violence, y compris les discours haineux, comme moyen de résoudre les différends politiques ;
  7. Nécessité d’élaborer une Feuille de route devant aboutir à l’organisation d’élections paisibles, crédibles, transparentes, libres et équitables en 2020 ;
  8. Respect de l’Etat de droit et promotion de la bonne gouvernance ;
  9. Respect et application des principes essentiels des droits humains ;
  10. Inclusion et participation des femmes et des jeunes à la vie politique nationale, à la consolidation de la paix et au développement du pays ;
  11. Indépendance de l’organe de gestion des élections (CENI) et inclusion des partis politiques et d’autres parties prenantes dans la composition de sa direction en vue d’instaurer la confiance en sa neutralité et crédibilité ;
  12. Promotion de l’unité, de la réconciliation nationale et de la coexistence pacifique entre tous les Burundais;
  13. Nécessité d’engager des réformes législatives, réglementaires et institutionnelles relatives à la gestion des élections dans le but de garantir des élections libres, justes, transparentes et crédibles ;
  14. Renforcement des partis politiques, y compris réunification et réhabilitation de ceux qui sont privés de leurs droits, visant à leur permettre d’exercer librement leurs fonctions ;
  15. Mise en place d’un fonds de développement des partis politiques afin de renforcer ces derniers et faire enraciner la culture démocratique ;
  16. Exhortation au gouvernement à améliorer les relations du Burundi avec les pays voisins et la communauté internationale ;
  17. Maintien de l’équilibre ethnique au sein de la Fonction publique et des services de sécurité conformément aux dispositions de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi, signé le 28 août 2000 ;
  18. Elaboration d’une feuille de route pour le développement et la reconstruction post-conflit du Burundi avec l’assistance de partenaires de développement en vue de résoudre l’impact négatif que la crise a sur la vie socio-économique et la situation humanitaire des Burundais ;
  19. Création d’un environnement sûr et favorable au retour et à la réintégration des réfugiés et exilés politiques ainsi qu’à la réinstallation des personnes déplacées internes (PDI), avec l’appui d’autres parties prenantes.

Les participants ont exprimé des vues divergentes sur les questions ci-après:

A la lecture des documents soumis par les participants, le Facilitateur a identifié les points litigieux suivants qui peuvent faire l’objet de plus ample dialogue :

  1. Dépolitisation et promotion du professionnalisme au niveau de la fonction publique, y compris au niveau des services de sécurité ;
  2. Application et respect des libertés fondamentales des individus et des groupements légalement enregistrés, comme la liberté d’association, de réunion, d’expression et de circulation ;
  3. Exhortation au système judiciaire à identifier les prisonniers politiques et à faciliter leur libération dans les meilleurs délais ;
  4. Respect du droit souverain des Burundais de modifier la Constitution. Toutefois, une telle modification devrait être inclusive et constituer le produit d’un consensus;
  5. Modification des lois au parlement visant à prévoir la règle du vote à la majorité simple ou à la majorité qualifiée pour l’adoption des lois au lieu du vote à la majorité des deux-tiers, comme prévu par l’Accord pour la paix et la réconciliation au Burundi ;
  6. Amélioration de la situation sécuritaire et promotion du désarmement des civils et groupes armés illégaux ;
  7. Exhortation au gouvernement à garantir la sécurité personnelle et la protection des biens appartenant aux acteurs politiques qui sont de retour d’exil ;
  8. Nécessité de poursuivre les réformes engagées au niveau du secteur de sécurité, y compris la formation et la professionnalisation des agences de sécurité ;
  9. Dialogue avec les groupes armés qui sont disposés à renoncer à la violence et à poursuivre la réinstallation pacifique ;
  10. Ouverture de l’espace politique;
  11. Levée des mandats d’arrêt et amnistie aux détenus politiques.

Les points de vue divergents nécessitent davantage de concertations entre les parties prenantes afin qu’une solution globale soit trouvée dans les meilleurs délais à l’impasse politique dans laquelle se trouve le Burundi. Ces points de vue seront communiqués au Médiateur et au Sommet des Chefs d’Etat de l’EAC pour davantage d’orientations.

]]>
Nouvelles du BurundiThu, 07 Dec 2017 17:41:15 +0000
L’EXPRESSION « CRISE ANGLOPHONE » EST LE CACHE-SEXE DE LA CONTESTATION DE LA FORME DE L’ETAT DU CAMEROUNhttp://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/881-crise-anglophone-contestation-etat-cameroun http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/881-crise-anglophone-contestation-etat-camerounL’EXPRESSION « CRISE ANGLOPHONE » EST LE CACHE-SEXE DE LA CONTESTATION DE LA FORME DE L’ETAT DU CAMEROUN

Jean de Dieu Momo Fo’o Dzakeutonpoug Douala le 30 Octobre 2017

Source site web de l'Alliance des Forces Progressistes pour l'Afrique-AFPA


C’est une habitude récurrente que nous avons héritée de la colonisation de dissimuler les maux de notre société dans des mots creux et trompeurs. Sans doute devons-nous pour une fois regarder la vérité en face et interroger la réalité de ce que nous dissimulons derrière l’expression la crise anglophone pour exposer que la réalité est la contestation populaire, et ce depuis longtemps, de la façon dont les affaires publiques sont conduites dans notre pays. Le favoritisme qui fait qu’on ne recrute que les gens d’une même région ou de sa famille, l’enrichissement illicite qui finalement apparaît comme le sport quotidien de ceux qui nous gouverne, l’usage abusif de la force publique pour braquer les populations sans défense et rendues en esclavage, ce qui fait dire à Achille Mbembe qu’au sommet de l’Etat les gouvernants vivent des détournements de deniers publics, de façon habituelle, extravagante et impunis, tandis qu’au bas de l’échelle, les petits fonctionnaires vivent sur l’habitant, c’est-à-dire que plus bas, le peuple est victime du braquage administratif chaque fois qu’il s’adresse à une administration pour un service. Tout est payant dans notre service public et cela est encouragé depuis le sommet de l’Etat, où patiemment les décideurs construisent un tel système de gouvernement de la jungle dans lequel les uns se nourrissent de la chair des autres.

Ce qu’on nomme crise Anglophone est-il différent des émeutes de la faim de février 2008 dans la partie francophone? Je crois qu’il s’agit de la même colère du peuple exprimée ici et là-bas pour désapprouver la colonisation interne pratiquée au sommet de l’Etat par les dirigeants. Continuer à poser le problème sous l’angle de la crise anglophone me semble réducteur, une façon pudique et honteuse de voiler la réalité : Ce qui se passe dans la zone anglophone, disons-le clairement, est la contestation de la forme actuelle de l’Etat.
La forme actuelle de l’Etat est le présidentialisme centralisée. Tout est centralisé entre les mains d’une seule personne, le chef de l’Etat qui apparaît finalement comme un monarque de droit divin, n’ayant de compte à rendre à aucun mortel, sinon, disons-le, à la France.
En m’inspirant du livre de la sommité internationale de science politique Bertrand Badie, L’Etat importé et du livre de l’autre sommité africaine en la même matière, le Professeur Agrégé de science politique Luc Sindjoun, L’Etat ailleurs, je voudrais m’exercer dans une étude explicative et compréhensive du problème dit anglophone et proposer un squelette des institutions politiques africaines au regard des formes de gouvernance importée.

Une socio histoire de notre continent en général et de notre pays en particulier montre que l’Afrique, avant son partage aux Etats occidentaux colonialistes à la conférence de Berlin était composée d’un ensemble de petits Etats dont la taille géographique de la plupart dépasse certains Etats Européens comme la Belgique et que les colonisateurs ont nommé péjorativement « village » et appelés nos Rois et Monarques « Roitelets ou Chefs traditionnels ». Et pourtant ces Etats étaient indépendants et autonomes les uns les autres, ils avaient une administration organisée autour soit du Fo’o ou Fon soit du Sultan, soit du Nongui ou du Morho-naba. Cette administration hiérarchisée fonctionnaient parfaitement et disposait des institutions comme la justice, (mon grand-père était juge à la cour royale), une armée également hiérarchisée (le Mezong), la police (Ntsouk), qui avait la particularité de porter les cagoules lors de ses opérations d’exécution d’une décision de justice, les organisations de la société civile etc. Qui dit organisation dit oligarchie selon Roberto Michels développant sa théorie de la loi d’Airain de l’oligarchie et de fait la société était hiérarchisée et stratifiée en clan et sociétés secrètes. Les échanges commerciaux se faisaient entre les peuples à travers le troc ou la monnaie Cauris. Les différends entre ces Etats conduisaient parfois à des guerres lorsqu’ils n’étaient pas résolus par voie pacifique et diplomatique. L’Afrique a ainsi vécu des millénaires d’années jusqu’à l’arrivée de l’esclavage qui a décimé sa population.
Sous les encouragements des auteurs français s’adressant à l’Assemblée Nationale comme Jules Ferry, Lamartine, Alexis de Tocqueville ou Victor Hugo qui leur demande de s’emparer de l’Afrique, cette vaste terre immobile qui entrave la marche de l’histoire, d’y déposer leur surplus de chercheurs d’emplois et de faire de leurs « prolétaires des propriétaires ». Et à la suite des rapports des Explorateurs aventuriers comme Livingstone, Stanley, Savorgnan de Brazza, les pays occidentaux commencèrent à s’installer en Afrique et à y construire des comptoirs coloniaux. Pour éviter aux Etats de se faire la guerre entre conquérants de l’Afrique, Bismarck les invita au congrès de Berlin de 1884-1885 pour se partager l’Afrique. C’est ainsi que chacun délimita sa portion du gâteau africain. Le Kamerun ainsi que nommèrent les Allemands cette partie que nous habitons, nom issue du portugais qui avait vu plus tôt de nombreux crevettes dans le Wouri et surnomma ce fleuve Rio Dos Camaroes, les Allemands nommèrent ainsi leur partie du territoire du nom de « Kamerun ».

Ayant perdu la première guerre mondiale, leurs possessions africaines furent confisquées par la Société des Nations et donnée à l’administration française et anglaise. Ainsi, sous ces deux puissances alliées, le Kamerun devint Cameroun oriental pour les français et Cameroon Occidental pour les anglais.
Deux systèmes de gouvernement y furent importés : Le système anglais avec l’indirect rule et le parlementarisme avec un premier ministre et pas de Président de la République. Le système français, centralisé, avec un pouvoir central fort, un présidentialisme fort, celui du Général Charles de Gaulle, vainqueur de la deuxième guerre mondiale.

Les anglais rattachèrent leur quotte part du pays au Nigeria et l’administrèrent avec le Nigeria comme leur propre pays. Il n’y avait pas de président de la République mais un premier ministre. Sa gracieuse Majesté La Reine étant en Angleterre. L’argent qui avait cours dans cette partie du pays était le shilling, le système scolaire était celui des anglais, le système juridique était et reste le common law. Les étudiants brillants furent formés au Nigeria dans le système scolaire anglais. Ainsi en sera-t-il des leaders du Southern Cameroon Endeley, John Ngu Foncha, Tadeng Muna, et leurs progénitures etc.
Les français quant à eux nommèrent un Haut-commissaire et une administration dans le Cameroun français avec des chefs de Subdivision, une institution judiciaire avec les lois de la quatrième République dont le code d’instruction criminelle en vigueur au Cameroun jusqu’en 2007 et qui est en fait l’Ordonnance française répressive du 18 février 1838. On peut voir ces lois, dont la France elle-même n’appliquait plus certaines, dans le Bouvenet, du nom du Greffier français qui les assembla dans quatre tomes. Les écoles furent ouvertes et utilisaient le système scolaire français. Les leaders camerounais, André Marie Mbida, Amadou Ahidjo, Charles Assalé, Charles Okala. Daniel Kemajou, Nya Thadee, Djoumessi Mathias et les autres fils du Cameroun, formés dans le système français, complètement diffèrent du système anglais.

La deuxième guerre mondiale éclata alors que la France et l’Angleterre administraient le Cameroun, chacun de son côté comme déjà dit supra. Le général de Gaule rejeta la capitulation et alla chercher du secours en Grande Bretagne où il sollicita l’aide du Premier Ministre Winston Churchill. Rassuré par le soutien anglais, il va lancer le fameux appel du 18 juin aux français dans lequel il leur dit notamment que « la France a perdu une bataille mais elle n’a pas perdu la guerre ». Il s’en alla au Sénégal pour tenter de constituer une armée de noirs africains, mais il ignorait que les français qui occupaient le Sénégal obéissaient aux ordres du Marechal Pétain, lequel avait capitulé et accepté de collaborer avec les Allemands. Aussi l’accueil du Général au Sénégal ne fut pas celui qu’il avait escompté. De fait son bateau reçu le feu des canons et il fut pourchassé par les français demeurés fidèles au Marechal Pétain. Il continua néanmoins courageusement sa quête en direction du Cameroun où il fut accueilli par le Colonel LECLERC qui, répondant à son appel, avait regroupé un certain nombre de jeunes noirs robustes, solides et « volontaires », prêts à aller faire la guerre en France pour libérer la mère patrie.

Ces Africains aidèrent la France à gagner la guerre pendant laquelle le Général de Gaulle avait établi la capitale de la France libre au Congo Brazzaville, ville à partir de laquelle il signa en janvier – février 1944 les premières Ordonnances autorisant les syndicats des travailleurs à exercer. C’est à partir de cette capitale de la France libre que le Général promis l’autodétermination aux Etats africains après la guerre.
Mais après celle-ci, la France entreprit, après la conférence de Brazzaville dans laquelle les Etas africains avaient été piégés par les mots (leurs mots dissimulent nos maux), de donner une indépendance sous tutelle à ces Etats. Pour bien montrer qu’il s’agissait d’une injonction et non d’un choix effectif, elle ne ménagea aucun effort pour combattre et embêter de toutes les façons la Guinée dont le président Sékou Touré lui avait dit NON.

Aux Etats dociles qui avaient accepté l’indépendance sous tutelle, le Cameroun, la Côte d’ivoire, le Sénégal entre autre, la France transposa ses institutions. A la présidence de ces Républiques souvent qualifiées de bananières, elle prit le soin de mettre des personnes qui pourraient lui obéir sans discuter. C’est ainsi qu’au Cameroun elle écarta depuis 1958 André Marie Mbida qui avait eu l’outrecuidance de critiquer l’apartheid qui s’installait au Cameroun où il y avait des boulangeries interdits aux noirs et aux chiens ! Elle écarta en le tuant carrément, le Secrétaire Général du parti de la gauche camerounaise, un parti de masse, UM NYOBE de l’UPC qui fut interdit d’exercice par Mesmer, ses leaders furent pourchassés et massacrés. La gauche camerounaise fut victime d’une véritable répression qui se poursuit encore de nos jours, ses leaders victimes d’une chasse à l’homme durent s’exiler. Il n’empêche qu’ils furent pourchassés jusque dans leur exil. La France installa au pouvoir au Cameroun le Président Ahmadou Ahidjo.

L’institution de la présidence de la République fut copiée sur celle de la France mais avec cette particularité que la constitution du Cameroun indépendant était celle de la quatrième République et non celle de la cinquième République comme il nous a été enseigné à l’université. La France a voulu conféré au jeune Etat et à son président des pouvoirs forts, soit disant pour mater la rébellion à laquelle il faisait face mais en réalité il y avait un véritable calcul politique dans le choix des constitutions africaines.
En dotant le Cameroun de la constitution de la quatrième République, la France désirait mettre entre les mains d’un seul homme les pouvoirs monarchiques. La centralisation des pleins pouvoirs entre les mains du président camerounais favorisera ainsi la prédation de son pays. De sa seule signature, le président peut engager le Cameroun, sans avoir besoin que le parlement ou l’assemblée nationale ratifie. Il peut de sa seule initiative donner le port à un seul individu comme Bolloré, on l’a vu en côte d’ivoire avec le président Laurent GBAGBO qui voulait entrer dans les bonnes grâces de la France et plus proche de nous lors d’un diner nocturne. Le système centralisé permet la prédation des pays africains à la fois par la tutelle et par leurs représentants locaux qui réduisent leurs peuples démunis en esclavage, il permet aux puissances prédatrices de tenir en otage le président de la république qui peut être changé à tout moment s’il désobéit, pour être remplacé par un candidat plus obéissant. C’est d’ailleurs pourquoi les candidats africains et camerounais en particulier battent plus campagne en France qu’au pays. D’ailleurs certains candidats présidents ne vont même pas en campagne comme les candidats de l’opposition, et pour cause ce n’est pas le peuple qui les élit.

A contrario, le système anglais est le système parlementariste. Ici c’est le parlement qui tient l’essentiel du pouvoir. Ce sont les députés directement, élus du peuple, qui agissent et tiennent le pouvoir dans le pays. Il est plus facile de corrompre ou de faire chanter un seul homme, le président de la République, pour avoir tel avantage que de corrompre, on va dire 280 parlementaires soit 180 députés et 100 sénateurs. C’est pourquoi lorsque dans un système mixte comme celui de l’Afrique du Sud, qui est semi présidentiel semi parlementaire, le Président Jacob Zuma a décidé de quitter la CPI mais le parlement Sud-Africain s’y est opposé et a rejeté la décision de Jacob Zuma., Alors que dans le système présidentialiste fort du Burundi hérité de la colonisation, l’exécutif a pu seul décider de la sortie du Burundi de la CPI.
Les institutions importées ont obéit à la logique politique d’exploitation de l’Afrique et n’ont jamais été dans un but philanthropique comme on l’a laissé croire. La preuve en est que 60 ans après les soit disant indépendances, le Cameroun, ce scandale géologique, ce paradis terrestre peine à nourrir ses 26 millions d’habitants, à les soigner, à leur donner de l’éducation.

Les institutions militaires encadrées par les instructeurs militaires français sont orientées vers la protection de l’exploitation du Cameroun par la tutelle. Les instituions policières aussi sont là pour s’assurer du silence du peuple et de son obéissance totale. Notre armée a été faite pour réprimer toute tentative de rébellion du peuple camerounais rassemblée dans les partis de gauche. En effet Maurice Duverger, dans sa classification des partis politique distingue deux sortes de partis, les partis de Cadre qui sont formés des intellectuels et hauts cadres de la république, les banquiers les élites et des bourgeois. A l’Assemblée nationale française ils siègent à Droite et c’est pourquoi on les appelle en France les partis de la Droite. De l’autre côté, il y a les partis de Masse, les partis de la masse ouvrière, des pauvres qui s’organisent pour faire entendre leurs revendications. Ils sont souvent assis à gauche dans l’assemblée nationale française. Ce sont les partis de l’international socialiste, les partis communistes. Aux Etats unis le parti de Cadre ce sont les Républicains, conservateurs, esclavagistes et négriers. Le parti de Masse est le parti Démocrate, le parti des pauvres et des noirs, le parti d’Obama.

Au Cameroun le Général de Gaule qui est le fondateur de la Françafrique, a installé le parti de la Droite gaullienne et sarkozyenne sous l’appellation de l’UNC, dont les démembrements se déclinent en RDPC, UNDP, UDC, je vous laisse citer les autres que vous reconnaitrez facilement. Ces partis veulent changer Paul Biya par Biya Paul, sans rien toucher au système et surtout en gardant intacte la tutelle, C’est pourquoi ils vont déclarer leur candidature en France pour se faire nommer. Ils ne sont pas au service du peuple comme on l’a vu depuis 60 ans mais à celui de leur tuteur.

Les partis de la gauche comme hier, et hier c’est aujourd’hui, veulent toujours la réunification et l’indépendance. Le peuple camerounais a perdu une bataille en 1960 avec la répression et l’assassinat de ses leaders, mais il n’a pas perdu la guerre. Et c’est pourquoi nos frères anglophones, qui en ont marre de la tutelle qui fait en sorte que leurs Régions ne se développent pas, veulent plus que jamais le fédéralisme, à défaut la sécession. Ils posent le problème simplement, la France et la République du Cameroun exploitent le pétrole qui sort des entrailles de leur territoire depuis 1970 mais ils n’ont aucune infrastructure routière, aucune université, aucune industrie et en plus ils sont colonisés et francophonisés de force. Et pourtant, pendant l’Etat fédéral, ils disposaient de leurs propres Caterpillars pour construire leurs routes, ils disposaient de leurs petits moyens pour construire leurs écoles, leurs dispensaires et depuis qu’on a mis tout en commun, ils ne bénéficient plus de rien.

Ces institutions importées, et j’oublie les écoles qui les forme comme l’ENAM, l’EMIA, n’ont pour principal objectif que d’être le substitut du colon. Ceux qui en sortent disent qu’ils ont remplacé le blanc mais ce n’est pas vrai, ils l’ont substitué pour mieux le servir. Ils ont tous été pris au même piège que les Etats africains en 1960. Certains se sont encanaillés et se complaisent dans la posture du prédateur de leur propre peuples, d’autres heureusement se débattent pour se libérer de l’étreinte françafricaine, tel le cas de Mamadou TAMDJA au Niger qui pour avoir revendiqué que la France augmente le prix de l’uranium qu’elle lui « achète », a été débarqué et mis en prison. Tel le cas de Thomas Sankara qui osé contester la dette et qui a payé de sa vie etc.

Toutes ces institutions occidentales ont remplacé les institutions « traditionnelles » africaines qui pourtant ont fonctionné pendant des milliers d’années et régulé nos sociétés avec plus ou moins de bonheur.

Dans la recherche de solution pour le problème anglophone qui en vérité est le problème de tout le peuple camerounais et plus précisément le problème qui devrait préoccuper les partis de la gauche camerounaise, j’ai proposé la constitution d’un Etat fédéral et parlementaire avec 58 Etats fédérés, Chaque Département devant constituer un Etat fédéré. Cela a fait sourire. Mais cela m’a rappelé la condamnation à vie du savant Italien Galileo Galilei lorsqu’il avançait une hérésie comme quoi la terre tourne sur elle-même. Il dut renoncer à ses convictions scientifiques pour que sa peine soit commuée en assignation à résidence. Et pourtant elle tourne.

Je persiste donc et signe que si l’objectif visé est bien le développement harmonieux et équilibré du Cameroun en vue de son émergence rapide, nous devrons sérieusement mettre en laboratoire cette proposition qui a l’avantage d’évacuer le tribalisme, le népotisme et le clientélisme. La superficie géographique de chacun de nos actuels Départements dépasse l’Etat du Lesotho et beaucoup, comme le Noun ou le Mbam, dépasse en superficie la Belgique. L’Allemagne est un Etat fédéral avec 16 Etats fédérés et pourtant sa superficie est plus petite que le Cameroun.

Si cette solution n’agrée pas, il reste celle d’un Etat fédéral ayant 4 Etats fédérés selon les quatre aires culturelles de notre pays, l’ouest et le Nord-Ouest, le Littoral et le Sud-ouest, le grand Nord et le grand Est. Chacune de ces aires a en partage la même culture. Toutes les parties du Cameroun disposent chacune de sa spécificité et de ses richesses. A l’Ouest l’agriculture, la Bauxite, le calcaire, le fer et la Houille, au Littoral le pétrole, le fer, le calcaire, l’agriculture, la pêche, l’eau, le sable qui est une perle rare ailleurs et que les bateaux sous-marins viennent nous voler nuitamment, le grand Nord avec l’uranium et d’autres minerais, l’agriculture etc, le grand Est avec l’Or, le diamant, le fer, le bois et sa forêt poumon d’Afrique.
Mais je ne suis pas séduit par ce découpage auquel je préfère le découpage de 58 Etats qui permet le développement rapide du Cameroun tout en évitant sa prédation externe et interne et qui reflète les milliers d’Etats qui constituaient l’Afrique avant le partage au Congrès de Berlin. Il est clair que la centralisation organise le grenier de réserves pour les pays occidentaux. Ils ne veulent pas que nous exploitions nos ressources du sous-sol pour notre développement maintenant, se les réservant ultérieurement pour eux, comme leur grenier a provision.

Pour la mise en œuvre du système parlementaire que je préconise, je propose la revalorisation de nos Royaumes ou chefferies, terme péjoratif que leur ont donné les colonisateurs. Ils ont tous gardé leurs Rois et leurs Reines. Ainsi en est-il de la principauté de Monaco, des Royaumes d’Espagne, de Belgique, des Pays Bas etc. La revalorisation de nos Rois est importante car l’Afrique obéit à ses traditions ancestrales, j’ai beau être diplômé de science politique et avocat international, je m’incline devant le Chef supérieur Bafou que je considère comme mon Roi, malgré qu’il soit plus jeune que moi et n’a pas mes diplômes. Si nos souverains bénéficient d’une formation appropriée en politique, en économie et en diplomatie comme les leurs avaient des précepteurs, ils pourraient jouer un rôle diplomatique important dans la conquête du marché mondial.

Lorsque j’ai organisé le jumelage entre la ville d’Halluin en France et la ville de Nkongzem dans Nkong-ni, je m’étais fait accompagner par les deux chefs Bafou et Baleveng et j’ai bien remarqué qu’ils ont suscité l’intérêt de nos partenaires. Et le folklore qui a entouré leur présence, avec les compatriotes venus de toute la France assister à l’évènement dans leurs habits d’apparat, a durablement marqué les esprits ainsi que la ville hôte. J’imagine le même engouement avec nos sultans du Nord et nos Nomgui du Sud et de l’Est. Si nos souverains, qui étaient les véritables chefs d’Etats ayant signé avec les colonisateurs le traité germano-Douala, si leur rayonnement était rétabli, cela nous apportera une plus-value dans la conquête de notre souveraineté internationale et notre développement. Les questions de politiques intérieures et d’économie seront du ressort du premier ministre, chef du gouvernement. Exit donc le président de la République et le présidentialisme.

Il est évident pour moi que les hypocrites qui s’accrochent à la décentralisation veulent garder leurs privilèges au détriment du développement de notre pays, car si cette décentralisation n’a pas été mise en œuvre depuis la conférence tripartite de 1991, soit depuis 26 ans, c’est parce que la centralisation nourrie bien son homme vautour. Or précisément le droit constitutionnel enseigne que le fédéralisme est la forme le plus achevée de la décentralisation. Alors pourquoi demander moins quand on peut obtenir plus pour le même prix ? Il est hors de question de revenir parler de la décentralisation 26 ans après car ils ont voulu ruser avec le peuple souverain. Voyant venir la fin de leurs privilèges exorbitants avec la mise en place du fédéralisme, certains s’évertuent aujourd’hui à faire la promotion de la décentralisation qu’ils ont confisquée depuis 26 ans. Pourquoi ? Parce que la Centralisation fonctionne comme l’institution du Délégué du Gouvernement aujourd’hui.

En effet, prétextant que les élus du peuple sont analphabètes et inaptes à gouverner, et donc à bien gérer les finances publiques, on a mis à la tête des Communes d’Arrondissement un Délégué du Gouvernement qui gère tout l’argent et dispose de tous les pouvoirs, de sorte que les élus du peuple n’ont aucun moyen ou peu de moyens pour développer leurs Arrondissements. Pratiquement, l’argent vient de Yaoundé et reste dans les caisses de la communauté urbaine qui le gère pour faire des réalisations dans les Arrondissements. Ainsi si une route se détériore dans un Arrondissement, il faut attendre le Délégué du Gouvernement. Si un Maire demande le Caterpillar pour niveler sa route, on lui dit que ce Caterpillar travaille dans un autre Arrondissement et qu’il faut attendre. Et quand les Maires demandent au Délégué du Gouvernement de leur remettre à chaque Mairie sa dotation pour faire ses travaux, ils essuient un refus. N’est-ce pas le même problème que les anglophones dénoncent ? Si chaque Arrondissement avait sa petite cagnotte, si chaque Etat fédéré avait la liberté de disposer de son petit budget, il s’emploierait à mieux satisfaire sa population et partant ses électeurs qui peuvent le sanctionner dans l’isoloir. Or est-ce que l’électeur peut sanctionner un Délégué du Gouvernement nommé par le président de la République ? Est-ce que l’électeur camerounais peut sanctionner véritablement dans l’isoloir un président de la République installé par la France ? Non. Dont acte. Il est clair que les gens qui nous gouvernent sont illégitimes et partant ont nommé dans l’administration importée des personnes tout aussi illégitimes qui ne doivent rien au peuple mais à leur créature. Ils ne peuvent en conséquence se sentir astreint à œuvrer pour notre développement. Ce n’est pas le cas de nos chefs traditionnels qui mobilisent au quotidien leurs populations dans des actions des comités locaux de développement et que nous devons réhabiliter par ce qu’ils sont plus soucieux du développement de leur terroir. De notre pays.

Le conflit actuel est la reprise dans la continuité des hostilités engagées depuis 1960 et notre peuple, malgré la répression idéologique et la répression armée de ses leaders assassinés et martyrisés, prend fait et cause pour le problème anglophone pour en faire sien car c’est un problème de gouvernance général de notre pays, qu’il s’appelle République d’AMBAZONIE, en relation avec la Baie d’Ambas que les Dualla chantent et dansent Ambassibay avec Salle John ou Koti François, ou Cameroun (Kamerun) comme les crevettes de Camaroes. D’ailleurs la répression omniprésente fait que beaucoup ont du mal à quitter un nom donné par les colons. C’est ici que chacun doit choisir et prendre position entre la continuité sous la tutelle françafricaine et la rupture des liens coquins mais néanmoins dans la coopération gagnant-gagnant qui respecte notre souveraineté internationale. C’est ici que chacun, maintenant éclairé, doit choisir son parti politique, entre la gauche patriotique et indépendantiste et la droite prédatrice et françafricaine. Mais il ne faut pas perdre espoir, bien au contraire il faut sauver les présidents illégitimes malgré eux et les libérer des engagements occultes avec la tutelle. C’est le devoir de tout peuple opprimé de se battre pour sortir de la répression. La prise de la Bastille est un devoir impérieux du peuple et de son armée. Vaincre ou périr tel est son destin. Les Blancs se sont partagés l’Afrique depuis 1884 seulement, cela ne fait que 133 ans contre plusieurs millénaires d’existence du berceau de l’humanité avec nos Rois.

]]>
Actualités internationalesSat, 04 Nov 2017 04:37:53 +0000
Guy Marius Sagna : « La lutte contre le franc CFA est également l’occasion de réfléchir à la transformation démocratique de nos Etats »http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/880-marius-lutte-cfa-transformation-democratique http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/880-marius-lutte-cfa-transformation-democratiqueGuy Marius Sagna : « La lutte contre le franc CFA est également l’occasion de réfléchir à la transformation démocratique de nos Etats »

Coordonnateur de la plateforme «Non aux APE», Guy Marius Sagna est une figure montante de la société civile sénégalaise. Dans cet entretien, il réaffirme la nécessité du combat contre l’impérialisme et ses attributs que sont : le franc CFA, les APE, les bases militaires…

Le 16 septembre dernier, vous étiez parmi les manifestants anti franc CFA au Sénégal. Le combat contre cette monnaie est-il la continuité de celui contre les APE que vous menez depuis des années?

En octobre 2014 un certains nombre d’organisations ont mis sur pied à Dakar lors du Forum social africain la Coalition nationale Non aux APE qui, comme son nom l’indique, se bat contre les accords de partenariat économique entre l’Union européenne (UE) et les pays Afrique Caraïbe Pacifique (ACP) en général, celui entre l’UE et les pays d’Afrique de l’Ouest en particulier. Jusqu’en décembre 2016, nous ne parlions que d’APE. Avec d’autres organisations, la Coalition nationale Non aux APE a appelé à une manifestation contre les APE et le franc CFA le 07 janvier 2017 à Dakar. Le comité d’organisation de cette manifestation s’est constitué comme le comité d’initiative d’une plateforme regroupant plusieurs organisations qui se réclame du panafricanisme révolutionnaire, c’est-à-dire du panafricanisme qui estime que l’unité doit être vue sous l’angle de « l’union libre des peuples libres d’Afrique ». Autrement dit un panafricanisme qui pense que la mission historique du moment est la transformation structurelle des relations entre l’Afrique et le reste du monde en plaçant les questions de souveraineté économique et de souveraineté démocratique au cœur du débat et du combat politiques.

Le comité d’initiative, en attendant l’Assemblée générale constitutive de cette plateforme, s’est donné le nom de Front anti APE anti CFA. Voilà pourquoi depuis au moins janvier 2017, en plus de parler des APE, nous parlons du franc CFA en attendant de parler des bases militaires étrangères et des accords de défense tout aussi néo coloniaux. C’est pourquoi nous étions présents le 16 septembre dernier à la manifestation de Dakar contre le franc CFA avec beaucoup de bonheur aux côtés des membres de Y’En A Marre, d’Urgences panafricanistes…et que nous avons encouragé les manifestations devant se tenir le même jour à Kaolack et Tambacounda. Elle ont été interdites par le proconsul de la Françafric qu’est le président Macky Sall.

Notre porte d’entrée pour renforcer la sensibilisation et la mobilisation de nos peuples contre l’impérialisme a été l’APE. Mais il était clair pour nous dès le début que cela allait évoluer rapidement vers la dénonciation des autres instruments de domination des peuples africains. La publication de l’ouvrage « Sortir l’Afrique de la servitude monétaire » par Kako Nabukpo, Martial Ze Belinga, Demba Moussa Dembele et Bruno Tinel et la réponse du président sénégalais Macky Sall en visite en France a été pour beaucoup dans l’accélération de la prise en charge de la question du franc CFA. Le combat contre le franc CFA néocolonial qui vient s’ajouter à celui contre les APE est notre contribution à la révélation, pour notre décolonisation, de la deuxième pièce du puzzle néocolonial.

Le fait que nombre de militants anti-CFA roulent en Peugeot, carburent chez Total, utilisent Orange, etc., ne vous fait-il pas douter de l’issue favorable de ce combat pourtant légitime ?

Le développement des consciences des opprimés est un processus inégal qui fait qu’à tel moment, tel peuple est plus en avance dans la compréhension des enjeux, que telle autre fraction du peuple. De même, cette inégalité du développement des consciences fait que telle question et non telle autre les amène plus facilement et vite à l’anti impérialisme que telle autre. Les peuples, et donc les militants pour la souveraineté monétaire, sont différemment sensibles aux nombreux instruments de leur oppression. A tel moment ils sont plus sensibles à la langue, au commerce, à d’autres à la monnaie, aux bases militaires étrangères…

Il y a encore du travail d’information, de sensibilisation à faire. Mais nous sommes d’un optimisme révolutionnaire quant à la réalisation de la révolution anti-impérialiste.

Le boycott des produits français au profit du « made in Africa » ne ferait-il pas plus de mal à l’impérialisme français que des marches et autres autodafés de billets de banques ?

Nous respectons toutes les propositions notamment celle de boycott suggérée par des concitoyens sympathisants. Cette proposition a d’ailleurs été faite aussi par certains de nos camarades de lutte. C’est une contribution à l’élaboration d’un plan de lutte pour l’accélération de la sortie du franc CFA néocolonial. Il y a le souci d’identifier le maillon faible par lequel nous libérer de la chaine du Franc CFA néocolonial. De notre point de vue, rien n’est exclu. Il faudra juste apprécier l’opérationnalisation des différentes propositions de mot d’ordre, la possibilité pour qu’un nombre non négligeable de nos concitoyens se l’approprie…Même sans la lutte contre le franc CFA nous devons appeler au patriotisme économique. Dans cette perspective, mêmes les Etats invitent théoriquement les peuples à consommer ce qu’ils produisent et à produire ce qu’ils consomment. La réalité est qu’aujourd’hui, si les populations devaient suivre un appel au boycott et donc ne pas consommer des produits étrangers en général et français dans le cas d’espèce, quelles alternatives seraient proposées aux populations ? Les alternatives sont-elles disponibles (existent-elles et suffisamment) ? Sont-elles accessibles (leurs prix) ? Nous allons poursuivre la réflexion collective.

Nous pensons que toutes les formes de lutte ont leur importance. Chacune frappant davantage telle cible que telle autre. Mais toutes concourent à renforcer la sensibilisation, la mobilisation et donc l’édification d’un rapport de force qui impose aux dirigeants collabos d’écouter le mot d’ordre « France Dégage ! », ou qui les dégage eux-mêmes pour propulser au devant des dirigeants à l’écoute des aspirations de nos peuples.

Quelques soient les formes de lutte adoptées alternativement ou en combinaison, l’objectif est de faire que les larges masses africaines puissent dire : « France Dégage » !

En demandant la sortie de la France du Conseil d’administration des banques centrales « émettrices » du franc CFA, vous semblez prôner une révolution par étapes. Pour vous, le franc CFA peut être maintenu si on revoie le mécanisme de son fonctionnement?

Aujourd’hui l’alternative la plus concrète et la plus crédible au franc CFA s’avère être une monnaie unique pour la CEDEAO. Or ce projet ne peut aboutir, si l’on n’est pas aventuriste, que par étape. Il est vrai cependant que son extrême lenteur, qui ne remet pas en cause un passage par étapes, pose la question de la volonté politique particulièrement des pays de l’UEMOA notamment ceux anciennement colonisés par la France au premier rang desquels le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

Tout en notant la posture objectivement intéressante du président tchadien, pour les abolitionnistes que nous sommes, la difficulté que nous avons est que celles et ceux qui se battent contre le franc CFA néocolonial n’ont pas le pouvoir dans les pays africains de la zone franc (PAZF) et donc ne contrôlent pas les reports de l’avènement de la monnaie unique de la CEDEAO qui sont des stratagèmes pour renvoyer aux calendes grecques cette monnaie unique ou donner aux général De Gaulle et Léopold Sédar Senghor d’aujourd’hui le temps de terminer leur nouveau projet de communauté franco-africaine qui permettra de faire « partir » le néocolonialisme monétaire afin de mieux le pérenniser.

En même temps, dans le débat que les différentes générations d’opposant(e)s au franc CFA néocolonial ont réussi à imposer, nous sommes confrontés à deux éléments. D’une part, les contre arguments fallacieux des collabos à l’impérialisme français selon lesquels le franc CFA est une bonne monnaie. Ils sous-entendent certainement qu’elle est bonne mais pour la France impérialiste. D’autre part, nous faisons face aux interrogations légitimes de nos concitoyens qui se demandent ce que nous proposons à la place du franc CFA néocolonial.

Nous soutenons le projet de monnaie unique de la CEDEAO mais dont nous ne contrôlons pas pour l’instant le processus. Et nous ne nous battons pas pour une sortie du franc CFA néocolonial nous conduisant vers des monnaies nationales.

Nous pensons que cette situation nous impose deux choses. La première est de préciser, qu’au-delà de sa dénomination, c’est la néoconialité du franc CFA qui nous importe. Or, quels sont les éléments qui garantissent ce caractère néocolonial ? Il y a la présence de la France dans les différents conseils d’administration des banques centrales où elle a un droit de veto qui lui permet d’influer sur la politique monétaire et économique des PAZF, la détention de nos réserves de change par le Trésor public français…

C’est la raison pour laquelle nous disons qu’il faut sortir du franc CFA sous tutelle française. En attendant de manière dynamique l’avènement de la monnaie unique ou commune de la CEDEAO nous disons que pour sortir de ce franc CFA néo colonial il nous faut :

-Sortir la France de nos conseils d’administrations. Réaliser donc un « France exit » (Frexit). Et dans cette perspective nous lançons le mot d’ordre de France Dégage ! dans une de nos langues nationales au Sénégal cela donnerait France Na Dem!

-Rapatrier nos réserves de change

-Fabriquer nos billets de banque et nos pièces de monnaie dans un PAZF

Autrement dit, nous devons sortir du franc CFA néocolonial en le transformant, transitoirement, en franc CFA libéré du protectorat français par la réalisation du France dégage ! Et la réalisation du Frexit ne demande pas la mise sur pied de la ZMAO, de l’ECO, le respect des critères de convergences…
Réaliser cela nous permettra de nous retrouver avec un franc CFA émancipé de la France. Un franc CFA butin de guerre des pays qui l’auront en partage.

Pensez-vous que les dirigeants de l’Afrique francophone qui ne sont pas des modèles en matière de gestion des biens publics pourront mieux gérer une monnaie nationale ?

Votre question pourrait sous-entendre que le franc CFA néocolonial est bien géré ou que sa décolonisation pourrait aboutir à une moins bonne gestion. Mais pour les peuples dominés, opprimés et les résistants à l’oppression monétaire cela n’a pas de sens de parler de « bonne gestion » de l’oppression ou de « pire gestion » de la liberté.

Le problème des pays et peuples dominés en général, de l’Afrique francophone en particulier, n’a jamais été fondamentalement un problème de femmes et d’hommes politiques soucieux de la sortie du sous-développement. Ceux-ci existent et ont toujours existé. Mais le problème est le système économico-politique tenu par la sainte alliance impérialistes-collabos qui opprime les peuples et empêche les résistants et porteurs d’alternatives de contrôler le pouvoir par et pour les peuples.

Nous ne voyons pas pourquoi subitement ces (et non « les ») dirigeants de l’Afrique francophone – je préfère d’ailleurs le terme « collabos » – qui ont montré à souhait leur caractère antinational, antidémocratique, antipopulaire (tout est lié), feraient preuve d’un îlot de gestion démocratique monétaire dans un océan (santé, éducation, sécurité…) de gestion antidémocratique. Mais justement : c’est quoi la bonne gestion d’une monnaie ? Pour nous une « bonne gestion » n’est pas la meilleure expression. La meilleure expression est une « gestion démocratique » c’est-à-dire une gestion par et pour le peuple. Ce n’est pas pour rien que la Banque mondiale interdit à ses agents l’utilisation du terme « démocratie » par l’article IV section 10 de ses statuts.

Mais ajoutons aussi que la souveraineté monétaire arrachée ne règle pas ipso facto celle de sa gestion démocratique même si la monnaie décolonisée est gérée par des femmes et des hommes qui, dans l’étape précédente étaient, résolument anti-impérialistes. La souveraineté, comme résultat de la révolution anti-impérialiste est une étape importante à conquérir dans les meilleurs délais mais pas la panacée. Car après il faudra notamment se poser la question de savoir : souveraineté monétaire au profit de qui ? D’un pays ou d’un groupe de pays comme en zone Euro? Une souveraineté monétaire au service des oligarchies sénégalaise, ivoirienne, nigériane, ghanéenne ? Ou au service des classes paysannes, ouvrières et populaires africaines ? En réalité ces questions se posent et doivent être résolues aujourd’hui même dans le processus de la lutte pour la seconde phase de décolonisation du continent en général, des PAZF en particulier. Justement, profitons de l’occasion pour dire que c’est à ce niveau que certains d’entre nous essaient, avec raison, de convaincre les autres anti-impérialistes qui, sans se réclamer du libéralisme se réclament selon leur propos du pragmatisme pour résumer les politiques qu’ils vont appliquer après avoir libéré nos pays. Or il n’est pas raisonnable d’attendre d’avoir arraché la souveraineté monétaire pour se poser la question léniniste : Que faire ?

Aujourd’hui, la gestion anti-démocratique de nos systèmes de santé, d’éducation…ne saurait justifier a-postériori la colonisation ou disqualifier l’action de nos dignes prédécesseurs pour l’indépendance. De la même manière, le risque réel d’une gestion anti-démocratique de nos monnaies décolonisées par les dirigeants qui seront en ce moment au pouvoir ne saurait justifier la pérennisation de ce franc CFA néocolonial.

Cela nous amène à affirmer que la lutte contre le franc CFA néocolonial est également l’occasion de réfléchir à la transformation démocratique de nos Etats, de réfléchir aux rapports entre les chefs d’Etat, les banques centrales et les peuples. Quels pouvoirs directs auront les peuples pour contrôler leur monnaie quand nous sortirons du franc CFA néocolonial en sortant la France des conseils d’administration ? Référendum d’initiative populaire ? Pétitions ? Si nous ne réglons pas cela, nous risquons d’avoir une monnaie contrôlée par des technocrates et des élites politiques qui utiliseront cette souveraineté monétaire acquise au service de leur classe, à savoir la bourgeoisie bureaucratique. C’est en cela que le processus actuel menant à la monnaie unique de la CEDEAO est anti-démocratique. Et la lutte contre le franc CFA néocolonial offre l’opportunité aux peuples de refuser la reproduction des schémas monétaires anti démocratiques, anti populaires vus par exemple dans la zone Euro.

Justement, lutter pour arracher la souveraineté monétaire, mais également les autres pans de notre souveraineté, nous permet d’approfondir, d’aborder des questions qui jusque là étaient savamment séquestrées. Cette lutte libère la réflexion, la parole et l’alternative monétaire.

Quels sont les dangers que représentent les APE pour les économies africaines ?

Les APE présentent au moins trois dangers. D’abord ils vont entrainer des pertes importantes de recettes douanières qui vont entrainer la réduction du budget des d’Etats dont l’écrasante majorité fait partie des pays les moins avancés (PMA). Ces pays vont avoir plus de difficultés avec les APE pour faire face aux besoins des peuples dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la sécurité…Ensuite les marchandises en provenance de l’UE ne payant plus de droits de douane coûteront beaucoup moins chères et concurrenceront par conséquent les productions locales et augmenteront le chômage, la pauvreté, la dépendance alimentaire…Enfin, adopter les APE par exemple celui de l’Afrique de l’Ouest, limité au commerce des marchandises, c’est adopter aussi une clause dite « de rendez-vous » relative aux autres sujets, indiquant que « 6 mois après la conclusion du présent Accord, les Parties conviennent d’une feuille de route précisant le calendrier et les modalités » des « négociations en vue de parvenir à un accord régional complet » (article 106).

Le cocktail APE-franc CFA-ressources naturelles va être mortifère pour un pays comme le Sénégal qui sera atteint de la maladie hollandaise. Il va renforcer les importations, réduire la compétitivité des exportations et accroître la dépendance en ressources naturelles des pays qui en seront atteints.

A tout cela, les oligarchies africaines soutenues de manière intéressée par les oligarchies d’autres continents veulent ajouter la zone de libre-échange continentale (ZLEC). De toutes les façons d’intégrer un continent, la ZLEC est la pire des manières car au lieu de mettre en avant la solidarité et la complémentarité, elle a pour socle : concurrence et recherche effrénée de profit.

Toutes les études montrent que les APE vont assécher les caisses des Etats. Qu’est-ce qui a motivé les dirigeants africains à signer ces Accords qui hypothèquent l’avenir de leur pays respectif?

L’histoire de l’humanité nous enseigne que face à l’oppression, il n’y a que deux postures : la collaboration ou la résistance. Les dirigeants africains qui signent ces APE ont fait le choix de la soumission-collaboration à l’impérialisme de l’Union européenne (UE).

Quelles alternatives au franc CFA et aux APE ?

Sur l’alternative au franc CFA nous en avons parlée plus haut pour expliquer pourquoi le France Dégage ! comme moyen de sortir du franc CFA néocolonial. Ajoutons cependant que les larges masses d’Africains, particulièrement les jeunes, ne doivent pas se laisser duper par les mots. On parle de monnaie unique de la CEDEAO. Mais rappelons très clairement que ceux qui sont à la CEDEAO sont issus des partis politiques d’où proviennent les présidents collabos. Ce rappel est important pour dire que tous ceux qui se réclament du panafricanisme ne sont pas les mêmes. Il y en a qui ne sont en rien différents, dans le fond des collabos au franc CFA néocolonial car d’inspiration néolibérale. Dans cette perspective les peuples se doivent de questionner ce que la CEDEAO appelle les critères de convergence qui sont d’extraction néolibérale. C’est pourquoi le débat sur le processus démocratique menant à la monnaie unique ou commune est important. Mais également le caractère démocratique ou populaire de cette monnaie. Car encore une fois la souveraineté monétaire peut être exercée contre les peuples. Et donc si c’est l’intérêt des peuples qui prime, leur monnaie doit mettre en avant la solidarité et la complémentarité entre eux et l’unité face à l’impérialisme.

Pour les APE, il faudrait que les ACP, les africains en particulier, disent à l’UE que dorénavant, toutes les marchandises n’ont qu’à payer des droits de douane. Que par exemple les marchandises en provenance de l’Afrique de l’Ouest paient pour entrer dans l’UE et vice versa. Ce que l’Afrique de l’Ouest perdra en appliquant l’APE est infiniment plus important que le paiement de droit de douane à l’UE et un chimérique programme des APE pour le développement (PAPED) de 6,5 milliards d’euros pour 5 ans pour ses 16 pays. Ce que l’Afrique perdra ce sont des recettes douanières, des Pme/Pmi, des emplois. Ce que l’Afrique gagnera c’est davantage de pauvreté, d’insécurité alimentaire, de dépendance, de candidats à l’émigration irrégulière…

C’est l’occasion de dire que les pays ACP doivent sortir de l’Accord libéral de Cotonou qui prévoyait les APE. 20 ans après, l’Accord de Cotonou a montré de quoi il était le nom : un piège tendu par l’Europe aux pays ACP.

En 2050, la population africaine va doubler. Faut-il y voir un frein ou un atout pour le développement du continent ?

Il s’agit d’un défi démographique à côté des défis climatique et alimentaire auxquels l’Afrique va être confrontée. Défi démographique qui fait peur à l’UE, forteresse dont la population sera dépassée par celle de l’Afrique de l’Ouest en 2030 déjà et qui sera 5 fois moins importante que celle de l’Afrique en 2050. Ce qui contribuera à induire un changement du rapport de force géopolitique entre l’UE et l’Afrique. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’insultante déclaration de Macron sur les femmes africaines qui feraient trop d’enfants. Une déclaration qui traduit un aveu d’échec qu’Eduardo Galeano résumait si bien en disant « incapable de multiplier les pains, il fait de son mieux pour supprimer les convives. » Défi démographique qui nous renforce dans notre posture anti-impérialiste pour la souveraineté alimentaire, pour des systèmes de santé, d’éducation, de sécurité…durables qui répondent aux besoins de nos populations, leur nombre important peu. Défi démographique que les actuels dirigeants collabos sont incapables de relever.

 

]]>
Actualités internationalesFri, 03 Nov 2017 09:19:02 +0000
IJAMBO UMUKURU W’UMUGAMBWE CNDD, L. NYANGOMA, ASHIKIRIJE ABAGUMYABANGA N’ABARUNDI BOSE KUWA 24 NYAKANGA 2017, ISABUKURU IGIRA 23 Ya CNDDhttp://cndd-burundi.com/actualites/declarations/879-ijambo-nyangoma-ashikirije-isabukuru-23-cndd http://cndd-burundi.com/actualites/declarations/879-ijambo-nyangoma-ashikirije-isabukuru-23-cnddIJAMBO UMUKURU W’UMUGAMBWE CNDD,  L. NYANGOMA, ASHIKIRIJE ABAGUMYABANGA N’ABARUNDI BOSE KUWA 24 NYAKANGA 2017, ISABUKURU IGIRA 23 Ya CNDD

Bagumyabanga, Bagumyabuntu namwe Ntebutsi za CNDD
Barundi, Barundikazi,

Ndabaramukije amahoro, iteka n’iterambere.

1. Umuhari CNDD, n’ishami ryawo rya gisirikare FDD, twawushinze kw’igenekerezo rya 24 Nyakanga 1994.
Ico gihe, hari haheze hafi umwaka umwe, umukuru w’igihugu Ndadaye Melchior abanyagihugu bari bitoreye agandaguwe. Ko rero, turamutse duhimbaza isabukuru, igira 23 Umuhari CNDD ushinzwe, nagomba mbanze mwese kubatura, indamutso yuzuye urukundo, nongera ndabamenyesha ko nkomeye, kandi ko, umutima n'urukundo mfitiye igihugu cacu na mwebwe nyene, bitahindutse n’intete.

2. Twabonye isi n’ijuru bifatanye, abanyagihugu babuze ayo bacira n’ayo bamira, Umukuru w'Igihugu bari bitoreye agandagurirwa bunyamaswa, mw'ikambi y'igisirikare comukingiye. Ni ho rero, twebwe twari twaragendanye na Ndadaye, tukaba twari tunajejwe kwigisha umugambwe, baca badusaba ko, twoja imbere abanyagihugu kugira, tugarurire igihugu mu nzira y’amahoro na demokarasi.

Nta yindi nzira yari isigaye, twaciye twiyungunganya hamwe n'abandi, bari banyuzwe n'inzira ya demokarasi, turashinga uwo muhari CNDD, n'ishami ryawo ry'igisirikare FDD-Intagoheka, kuko n’abakera bayamaze bati, « Karahara mu ruganda ntibacura », kandi ngo, « Ivyanse mu maguru ushira mu mashi ».
Twararonse imisore n’inkumi, turatangura urugamba. Ntivyari vyoroshe namba, mbere hakaba n’abagiye baratwiyonkorako, bakurikiza iyo nzira nyene twariko turagwanya, yuko igisirikare kitokwivanga mu vya poritike, ari bo b’abo mubona bihagiye ubutegetsi, bakabumatararako, babanje guhonyanga Ibwirizwa Shingiro n'Amasezerano y'amahoro y'i Arusha, kandi ari yo yatumye n’iyo ntambara ihagarara, bakaboneraho gushika ku butegetsi. Ni ho bayamaze bati, uwukize isemu yibagira icarimuteye !

3. Intumbero yacu rero, kwari uguhagarika ubwicanyi, kugarukana amahoro, no kugarukana demokarasi Abarundi bari bitoreye mu Burundi. Twararemesheje urugamba, kugeza aho igisirikare ca Reta twanyinyurana, catevye kikagondozwa kikabona ko, ata yindi nzira atari ukwicara hamwe, tukaganira ingene ibintu vyosubira mu buryo. Harabaye rero ibiganiro i Roma mu Butariyano, kuva mu 1995 gushika mu 1997, ari vyo vyatumye, haba birya vyabereye i Arusha muri Tanzaniya, maze turashika ku Masezerano y'amahoro yitiriwe ay’i Arusha nyene, hakaba hari kw'igenekerezo rya 28 Myandagaro 2000.

4. Kuri iyi sabukuru igira 23, hashinzwe umuhari CNDD n’ishami ryawo rya gisirikire FDD-Intagoheka, ni n’akaryo rero ko, gutereza amaso inyuma, tukaraba iyo twavuye, aho tugeze n’iyo tuja. Mbe irya ntumbero y’urugamba rwo guhabuza demokarasi, muzi ishingiye ku kwubahiriza agateka ka muntu, kureka abanyagihugu bakidegemvya, mu migambwe myishi ata gahato, ata mwana n’ikinono ku vy’igihugu vyose, kubisikanya ku butegetsi mu biringo vyashinzwe biciye mu matora agirwa ata gitsure, ku mugaragaro kandi mu mwidegemvyo, umuntu aravye aho tugeze ntimubona ko biteye agahinda !

5. Aba kera bari barayamaze bati, « Igiti ntikigukora mu jisho kabiri ». Ariko birababaje ko, kwa gukumira abandi, kwa kwigungirako ubutegetsi, kwa gutoteza, kwa kutemera ivyiyumviro vy’abandi mu migambwe myinshi, mu nca make ya ngendo ya demokarasi abarundi bitorera, igashimangirwa n’amasezerano y’i Arusha, igeze ahanyerera, mbere ubu uwutari mu mugambwe wihagiye ubutegetsi, akaba afatwa kandi yitwa ku mugaragaro ngo ni « umwansi w’igihugu ». None ga bagomba abarundi bemere gusubira ku ntwaro y’umugambwe umwe ko, tubona n’ibibanza vyose bigenewe bose, haba ku mabarabara, ku masoko, ku mashure, hose bahakikuje uturimbi, mbere bikaba ari ibirimbi vy’umugambwe wihagiye ubutegetsi ! Ba sokuru barayamaze bati, « Akataretse kaba gasema », ariko kandi ngo, « ibigiye inama bigira Imana », nimba abihagiye ubutegetsi batabibona, bariko baratujana mu nkomane, aho bizotugora cane kuvayo.

6. Nimurabe namwe ingene ubu igihugu cacu, gisigaye ari agatinyashengero, dusigaye twizibirako nk’ifuku, abategetsi bahenda abanyagihugu ngo turikwije, kandi aho ibihe bigeze, ata nyamwigendako agishobora kuba kuri iyi si !

7. Birababaje rero, kubona duhimbaza iyi sabukuru igira 23 hashinzwe Umuhari CNDD n’ishami ryawo rya gisirikare FDD-Intagoheka, ibintu bisa n’uko urwo rugamba, ntaco rwigishije bamwe twavuga, baciye basukiranya ibintu, bikaba uruvangi, igisikare kikavanga n’ivya poritike, ari naho mbere mutotangazwa n’uko mubona rwa rwaruka rw’Imbonerakure, ubu rwamaze kurengera n’ubutegetsi, mu mvugo no mu ngiro, rukabandanya amatwara yo gusubirira ubutungane, n’inzego z’ukwivuna abansi hamwe n’iz’umutekano. Ivyo rero ni ugutakaza bimwe bikomeye, intumbero y’urugamba rwa CNDD.

8. Umugambwe wacu CNDD rero, wemerewe gukora ku mugaragaro kw'igenekerezo rya 23 Nzero 2005, hasigaye amezi ane gusa ngo, amatora abe. Aho rero twari tumaze ikiringo c’imyaka ibiri yose, dusavye kwemererwa. Mu vyo amategeko avuga, nta mugambwe usaba kwemererwa, ngo harenge amezi abiri ubutegetsi butarawurekurira, ngo ukore ku mugaragaro. CNDD rero bawuhotoye kubera ko, bawutinya. Abaje mu nyuma bafise amazina y’urusobangane, arimwo izina CNDD nk’uko twabivuze, bakaba ari na bamwe bari batwiyonkoyeko, baremerewe imbere ya CNDD kandi bari bazi ko, ivyo bitabaho mu mategeko agenga imigambwe. N'aho rero twaronse umwanya muto, twarirutse hirya no hino mu gihugu, kugira ngo turemeshe inzego, zihurikiyemwo abagumyabanga. Twaremeye, mbere turaja no mu matora yo muri Rusama 2005. Muri iryo higanwa, twarashoboye gutahukana, ikibanza ca kane ku migambwe 35 yari yagiye mu mahiganwa, turashobora kuja mu Nama Nshingamateka no mu Nama Nkenguzamateka. Ivyo rero vyarerekanye ko, CNDD ikomeye, canecane ko abatugiye imbere bakoresheje, iterabwoba n’uburyo bwa Reta mu kwiyamamaza. Ubusuma bwarabayemwo tutibagiye kugura imitima y'abantu. Twaremeye ivyavuyemwo, mu ntumbero yo kunywanisha abarundi, no kugarukana amahoro n'ituze mu gihugu.

9. Nkaba mboneyeho akaryo keza ko, gushimira nivuye inyuma; abo bose bitanze batiziganya, mbere hakaba hari n’abahasize ubuzima bwabo. Mu kubibuka n’ukubaha iteka, nobasaba ko, tumara umunuta mu gacerere tubibuka.

10. Intambwe twari twashitseko gushika mu 2005, yari intambwe ishimishije cane. Iyo ikivi kibandaniriza, aho cari kigeze ico gihe, Umurundi aba yishira akizana, aba ashikiriza iciyumviro ntagihorwe, akaja mu mugambwe, canke mw’ishirahamwe yishakiye, ata gahato, ubutunzi bw’igihugu bugasabikanywa kuri bose, uba mu mugambwe watsinze amatora, canke uba mu wundi, kuko muri Demokarasi nta mwana n’ikinono.

11. Bagumyabanga ba CNDD, Banyagihugu mwese, Abarundi barakunda kuvuga bati, Iminsi irasa ntingana. Turamutse duhimbaza iyi Sabukuru, mu bihe bigoye cane vy’igihugu, bisa n’uko Reta y’inyomekerano yishize ku butegetsi biciye mu nguvu, ishaka kudusubiza mu bihe bisa n’ivyo mu 1994, ibanje kutunyaga demokarasi mwaharaniye, benshi bakanayigura. Reta ya CNDD-FDD n’abo bacuditse, ishaka kutugarukana mu ntwaro z’umukazo, zimwe twasezerera kuva mu 1993. Ivyo rero ntibikiri agaseseshwarumuri, vyarigaragaje kuva uyo mugambwe, ugiye ku butegetsi muri 2005, birunyuka kuva mu mwaka wa 2015, Iyo Reta yaruriye igiti kiturirwa mu guhonyanga Amasezerano y'i Arusha n'Ibwirizwa Shingiro riyakomokako.

12. Ingaruka z’ivyo, ziramaze kurenga urugero. Abantu benshi baricwa, kenshi bazira ko batayoboka Umugambwe wihagiye ubutegetsi, nk’abarenga 2000 dufatiye gusa kuva mu 2015, bivuye kuri ca kiringo, ntitwiriwe turavuga abatabwa mu nzuzi, canke mu biyaga, abandi nabo batabwa mu mvuto, abanyuruzwa izuba riva, nk’ejo bundi sambiri z’igitondo abantu barorera hakabura gitabara, ababasize bakayanyaga bagahunga , ubu bararenga 450 000. Bikaba binateye agahinda kwumva, ibiherutse kuba muri Kongo, aho impunzi zirenga 37 zagandaguwe ataco zizira, abandi barenga 200 bagakomeretswa. Tuboneyeho akaryo, ko gutera ivyatsi iryo bara dusaba dushimitse amatohoza mpuzamakungu.

13.Bagumyabanga, Barundi, Barundikazi,
naho baguma bihaya, ngo igihugu kirangwa n'amahoro n'iterambere, ntawovuga amahano n’amabi Reta ya CNDD-FDD n’imigambwe bacuditse, iriko irakorera abanyagihugu ngo ayamare. Tuvyihweje neza, igihugu kigeze aho umwansi ashaka, gifatiwe amaboko imugongo n’akarwi k’intahaga, akarwi k’abasuma b’ikomvyo, bose babona ko, ari ba karuhariwe. N’itunga kama rigenda tubona, kuko ata kindi kibaraza ishinga atari ukwikundwakaza, ku bihugu vyobashigikira, ubona ko vyinshi biguma biduharira ivomo. Nta mahera y’agaciro akiza mu gihugu, ivyo bigatuma ubuzima bw’abanyagihugu bwunyuka, ubona ko, benshi baronka utwo bacisha ku munwa, rimwe gusa ku munsi.

14. Mu vy’ukuri rero , nk’uko Umuganwa atari umugani, incungu y’Uburundi Rwagasore yabivuze, “Ahatari ubutegetsi nyabwo, nta mahoro, nta terambere rishoboka…” Ni na co gituma, dutegerezwa gukora uko dushoboye kwose, kugira tubandanye ishaka, ryo guhabuza demokarasi twahabiye kuva kera, kugira igihugu cacu kive mu kaga kirimwo, ntihagire abadebukirwa, akagumye bagumako.

15. Bagumyabanga, Barundi, Barundikazi,
twebwe turemera amahoro, turemera demokarasi, ari na co gituma twebwe tubona ko, igihugu gishobora kugaruka mu nzira y’amahoro n’umutekano biciye mu biganiro, hagati ya Reta n'abo bitavuga rumwe. Ivyo biganiro, si twebwe gusa tubona ko bikenewe, muramaze imyaka mwumva amakungu, amashirahamwe adaharanira ivyicaro vya poritike mu Burundi, Amashengero, Abarundi, abavyeyi bose mu gihugu, nta kindi basaba atari uko, Reta yicarana n'abo bitavuga rumwe maze bagatorera umuti, ibibazo nkoramutima biraje ishinga abarundi n’Uburundi, muri ibi bihe.

16. Ivyo biganiro na vyo, bizoshimikira ku bibazo bijanye n’amategeko, ubutungane, inzego zimwezimwe z’igihugu, umutekano, ubutunzi n’intwaro yoca ibishira mu ngiro, kugira amatora azokurikira akorwe mw'ituze, kandi ata wandya wangura. Kandi iyo Reta yoreka kuguma idadaza, ikemera ata guhigimanga ivyo biganiro, vyotanga icizere, icuka kikaboneraho gutangura kuba ciza, mbere wobona n’impunzi zitangura guhunguka ku bwinshi.

17. Kugira ivyo biganiro bigende neza, kandi, ni uko hogirwa ibishoboka vyose, kugira imitima y’abanyagihugu isubire hamwe, abanyororo b’ivya poritike bakarekurwa, hagahagarikwa itotezwa ry'abanywanyi b'imigambwe itari ku butegetsi, gupfungurura no gufasha amaradiyo yaturiwe na Reta , guhagarika itotezwa ry'amashirahamwa adaharanira ivyicaro vya poritike, kuvavanura na poritike yo kuvangura imigambwe.

18. Birababaje kubona twibuka iyi sabukuru igira 23, umuhari CNDD ushinzwe, turi mu bihe umunyagihugu asigaye atinya mugenzi we, umwizero mu bajejejwe umutekano, no mu bucamanza ukagabanuka ku munsi ku munsi, kunyuruzwa riva, gusanga ibiziga bireremba mu nzuzi, kugeza n’aho usanga ikiziga kiboheweko, ibuye kigatabwa ibwina mu kiyaga! Ntawari akeneye gusubira mu bihe nk’ivyo, twarimwo igihe twatanguza urugamba rwo guhabuza demokarasi.
19. Ni co gituma, tubateye akamo mwese aho muri, kugira mugume kw’ibanga, mumere magabo mukomeze umugambwe CNDD n’inzego zawo, kuva ku mutumba, kw’ikomini, ku ntara no kugeza ku rwego rw’igihugu. Maze tugwize abanywanyi, kuko benshi basigaye bavuga bati ntituvyemera ariko, ntitukigira aho tuvugira. Ntimwigere mwemera ko, babahuma amaso bababwira ivyiyumviro vyataye igihe vy’amacakubiri, ayo ari yo yose, yaba ayo agatumba basigaye bitwaza cane ubu, kandi twari twarabisezereye, ay’ubwoko canke mbere no, guhatira abantu kuja mw’idini ry’umuryango w’uwutwaza iguhugu igikenye, kugira ngo abantu barabe ko bobonwa ryiza. Ntitwanse gusenga, ariko twame twibuka kutitiranya ivy’Imana n’ivya poritike, kuko Uburundi ata dini na rimwe, bwegamiye nk’uko ingingo ya mbere, y’Ibwirizwa Shingiro ribivuga.

Mwamize ku mutima ko igihugu ari icanyu, tukaba dusubiye kubibutsa ko, Uburundi atari ibiti, inzuzi canke amabuye gusa. Uburundi ni wewe wa munyeshure, ni wewe wa murimyi, ni wewe mworozi canke umwirimizi ni wewe wa munyakazi. Mumenye ko ata munyamahanga azoza kubigura. Uruhara rwo guharanira igihugu cacu, ni twebwe vyega, kandi ngo “Uwubandwa ni we abanda urugi”.

Umugambwe CNDD urasubiye, kwemanga indangu umurango ko, utazotezura ku rugamba rwo guharanira demokarasi. Turasavye rero mwese abagumyabanga, mube imboneza muri urwo rugamba. Turasavye Abarundi bose, mbere n’abanyamahanga bakunda Uburundi, ko twohagurukira rimwe tukanka ko, Uburundi buguma butemba buja mu manga tubona.

Naho turi mu bihe bigoye, uwuramutse amahoro arakeneye kubaho, gufungura, kwikiza inyota tutibagiye ukwiteza imbere n’uguteza imbere igihugu. Ni na co gituma dusubiye, kubararika nk’uko twama twabibabwiye, ko mwokomeza umugambwe, mu kanagura inzego zawo, mukijukira ibikorwa vyo kwiteza imbere aho muba, na canecane biciye mu kuja hamwe n’abandi, mu makoperative; kuko na kare ngo, inyakamwe inyaga imwe. Twirinde ingendo yo, kurindira gutega amashi nk’uko iyo Reta y’inyomekerano, igomba ko, abanyagihugu bose bayikomera amashi, ikabamenyereza kubanyenyagizamwo ikiro c’umuceri, aho gushiraho poritike, ituma umwe wese ashobora kuvyironkera.

20. Bagumyabanga namwe Barundi mwese, mukunda ivyiyumviro dukunda gushikiriza, mu kurangiza nagomba nshimire nivuye inyuma abagumyabanga mwese, kuko mwagumije ibanga muri ibi bihe bitoroshe, mukirinda icoza kubavangura. Turazi ko babagerageje kugira mute umurongo, ariko mukabankira, murariryamako na kare, ngo “Uheza kugoka ibigori bikera”. Bitebe bitebuke, ngo nta mvura idahita. Mboneyeho n’akaryo ko, kubasaba ngo mukomeze ubumwe hagati yanyu, mushwabura n’abandi benshi bicuza kubona barakurikiye, uwo mugambwe uri ku butegetsi bakaba bamaze kwicuza, babonye iyo uriko urajana igihugu. Abo na bo ni benshi, bashaka ko, dusubira gufashanya urugamba, tutavuze abandi bo hirya no hino, bagomba kudufasha gukomeza CNDD kugira twubake nk’uko twabigize kuva ku wa 24 Nyakanga 1994, maze ababishoboye mwibuke iyi sabukuru musangira akarwa, muzirikana uko twoshayura igihugu cacu na Demokarasi twaharaniye kuva kera.

Ni harambe umugambwe CNDD, abagumyabanga, Abarundi n’Abarundikazi bakunda demokarasi n’Uburundi;

Ni harambe Uburundi buharanira agateka n’izina ryabwo mu makungu, bwinganzure abagomba kubuhagarara ku gakanu iyo boturuka hose;
Nti Ni mugire Amahoro, Iteka n’Iterambere!

Ku bw’Umugambwe CNDD,

Leonarudo NYANGOMA

Umukuru w’Umugambwe

]]>
DéclarationsMon, 25 Sep 2017 20:33:13 +0000
DECLARATION DU CNDD SUR L’INVALIDATION DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE D’AOUT 2017 AU KENYA PAR LA COUR SUPREME.http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/878-declaration-cndd-invalidation-election-kenya http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/878-declaration-cndd-invalidation-election-kenyaDECLARATION DU CNDD SUR L’INVALIDATION DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE D’AOUT 2017 AU KENYA PAR LA COUR SUPREME.

Le parti CNDD vient d’apprendre l’invalidation de la dernière élection présidentielle du 8 août 2017 au Kenya par la Cour Suprême de ce pays pour des élections « qui n’ont pas été conduites en accords avec la constitution »….avec des « résultats nuls et invalides ».

Il s’agit d’un événement majeur et historique non seulement dans la vie démocratique de ce pays mais aussi dans la sous-région, voire dans l’ensemble du continent africain. Depuis le retour du multipartisme en Afrique, en début des années 90, les institutions suprêmes chargées de valider les élections (Cour Suprême, Cour Constitutionnelle,…) ont toujours validé les élections, dès qu’il s’agissait du parti au pouvoir supposé les avoir gagnées. Cette validation était automatique même si tous les éléments objectifs montraient des irrégularités grossières et massives.

Le CNDD tient à rendre un grand hommage aux membres de la Cour Suprême du Kenya pour leur courage et leur décision historique de dire le droit, et rien que le droit malgré les menaces qui n’ont pas manqué de peser sur eux et leurs familles.

Le CNDD félicite le Président Uhuru Kenyatta qui dans sa déclaration s'engage à respecter la décision de la Cour Suprême et demande au peuple kenyan d'entretenir un climat de concorde et de paix dans leur pays?

Le CNDD adresse par la même occasion ses vives félicitations à l’opposition kenyane rassemblée au sein de la coalition NASA et leur charismatique leader historique, Raïla ODINGA pour leur clairvoyance, leur courage, leur persévérance et leur perspicacité dans la lutte politique et pacifique.

Le CNDD leur adresse les vœux de succès dans l’ultime bataille pour une mise en place d’une commission électorale crédible et une élection présidentielle honnête, libre et juste.

Fait à Bujumbura le 1er septembre 2017

Pour le parti CNDD, Léonard NYANGOMA, Président.

]]>
Actualités internationalesFri, 01 Sep 2017 15:59:44 +0000
Burundi : le régime honni de Nkurunziza doit tomber !http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/877-burundi-regime-nkurunziza-tomber http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/877-burundi-regime-nkurunziza-tomberBurundi : le régime honni de Nkurunziza doit tomber !

Déclaration de la Commission Afrique du Parti de Gauche

Le Burundi connaît une crise sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir en 2005 du CNDD FDD, qui avait à l’époque soulevé des espoirs de réconciliation après des années de guerre civile. Le président Pierre Nkurunziza, a en fait répandu la corruption et multiplié les malversations économiques et les trafics en tous genres, puis fractionné les partis politiques d’opposition et pratiqué des assassinats d’opposants. Rappelons-nous aussi le lâche assassinat de trois sœurs italiennes de la paroisse catholique de Kamenge, au mois de septembre 2014.

A l’issue de son deuxième mandat, il est passé en force en avril 2015, avec une CENI aux ordres, grâce à la forfaiture de la Cour Constitutionnelle, et en l’absence de toute observation libre et indépendante, pour imposer un troisième mandat… à la demande de Dieu lui-même ! Il a instauré un climat de peur généralisée suite aux tirs à balles réelles sur le peuple qui manifestait pacifiquement. Il dispose des milices Imbonerakure qui quadrillent toutes les collines de recensement et procèdent à des arrestations, à des actes de torture, à des viols et à des tueries.

Depuis ces événements de mai 2015, les Forces de Défense et de Sécurité, si patiemment construites grâce à l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et les différents accords de cessez-le-feu qui l’ont enrichi et complété, sont menacées chaque jour de désintégration/implosion, les médias privés et libres ont été détruits, des journalistes ont été assassinés (Christophe Nkezabahizi journaliste tué avec toute sa famille à son domicile le 13 octobre 2015), d’autres disparus comme Jean Bigirimana dans les mains des hommes du Service National de Renseignement (véritable police politique), les plus « chanceux » se sont exilés les défenseurs des droits de l’homme menacés tel Pierre-Claver MBONIMPA qui a été grièvement blessé dans une tentative d’assassinat et dont le fils et le gendre ont été tués, des responsables politiques et des leaders emblématiques au sein des corps de défense et de sécurité ont été assassinés.

Plus de 400000 réfugiés, 209000 déplacés internes, plus de 5000 morts et plus de 5000 disparus. Tel est le résultat de cette violence qui s’accompagne de restrictions des libertés publiques et d’une recrudescence du discours de haine ethnique qui consiste à brandir une soi-disant menace tutsi pour rançonner, torturer et tuer. Après avoir exclu certains de ses propres partisans, il a commencé à tuer sélectivement certains opposants ; il pratique maintenant le massacre de masse des habitants des quartiers contestataires Le pouvoir a substitué le massacre massif des populations des quartiers dits contestataires des années 2015 /2016 par la tactique de l’élimination quasi quotidienne de « un à un ». Il s’agit d’éliminer un à un et discrètement les cadres moyens de l’opposition et des forces de sécurité qui sont suspectés d’être contre le 3ème mandat sans attirer l’attention de l’opinion internationale. Le putsch manqué du 13 mai 2016 lui a donné l’occasion de se débarrasser de la plupart des militaires opposés au 3ème mandat ou supposés être proches de l’opposition.

La pauvreté extrême vient compléter le tableau : 8 millions de burundais sur les 11 sont atteints de malaria et la famine se répand. « Trois millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire et 2,6 millions sont exposées à une insécurité alimentaire aiguë, alors que 700 000 dépendent d’une aide alimentaire d’urgence », a indiqué Tayé-Brook Zerihoun, Sous-secrétaire général des Nations Unies aux affaires politiques dans son rapport délivré devant le Conseil de sécurité la semaine dernière. Un rapport qui recense également « des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et autres traitements inhumains et dégradants, des violences sexuelles et basées sur le genre, des arrestations et détentions arbitraires et des disparitions forcées » et s’inquiète également de « discours de haine prononcés par certaines autorités de l’État, des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure ».
Le pouvoir de Nkurunziza ne survit que grâce aux 6000 militaires envoyés en mission de la paix dont 2000 en Centrafrique et 4000 en Somalie. L’Etat burundais prélève 200 dollars sur les 1000 dollars mensuels versés par l’UE qui a proposé de verser la paie, gelée depuis un an, directement aux soldats ce que l’UA a refusé. La paie a été versée par l’UE sur une banque privée sensée être indépendante, la Bancobu, qui s’est empressée de la reverser à une coopérative militaire. Résultat final : les soldats ne touchent toujours que 800 dollars et l’UE s’est laissée berner.

Nkurunziza soutenu par Sassou et Dos Santos, travaille pendant ce temps sur un projet de présidence à vie suivant en cela le mauvais exemple de certains de ses voisins est-africains.
Il est plus préoccupé par la moralité de la population (il vient de décréter que les couples vivant en union libre devaient se marier) que de sa survie. Il refuse de collaborer avec une commission indépendante de l'ONU chargée d'enquêter sur ses crimes. Il a cessé toute collaboration avec le bureau de l'Office des droits de l'homme au Burundi. Il refuse par ailleurs de mettre en application une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui prévoit le déploiement de quelque 230 policiers au Burundi.
Quant à notre ambassadeur à Bujumbura Laurent Delahousse il passe des jours heureux dans un pays merveilleux : il a déclaré dans un journal proche du pouvoir : « Je me sens en sécurité dans ce pays » L’ambassadeur affirme aussi vouloir « rabibocher » les deux pays. « Je crois qu’après un an et demi de crise, la situation du pays est telle que la décrispation est possible, de même que la pacification du débat politique, l’ouverture dans la perspective des élections de 2020 d’un espace politique libre et ouvert au retour de ceux qui le souhaiteraient ».

L’ONU semble impuissante : Bujumbura en est déjà à son cinquième représentant spécial de l'ONU déclaré persona non grata et on ne peut que souhaiter bonne chance au tout nouveau représentant Michel Kafondo.

Le facilitateur des négociations d’Arusha Benjamin Mkapa ex président tanzanien reconnait les difficultés de sa facilitation puisque près d’un an après le début de sa mission, il n’a toujours pas rassemblé l’ensemble des protagonistes et les a rencontrés séparément, recueillant des points de vue qui lui semblent difficilement conciliables.
Le Parti de gauche demande que notre ambassadeur soit rappelé à Paris pour une mise au point et que la diplomatie française exerce les pressions énergiques devant conduire à un embargo sur les armes et au gel des avoirs des responsables de ce régime illuminé et violent ainsi qu’à un retrait des militaires burundais en mission extérieure.

Le Parti de gauche déplore le manque de détermination de la Tanzanie dans la formulation des exigences devant conduire à sortir de cette situation dramatique et encourage le facilitateur à contraindre le régime à négocier effectivement au lieu de faire trainer et à cesser de tout reporter aux lointaines élections de 2020.

Ubuntu burihabwa (la dignité se conquiert).

Le Parti de gauche

Pierre Boutry

Paris, le 1er juillet 2017

]]>
Actualités internationalesTue, 04 Jul 2017 13:38:54 +0000
Ijambo Leonardo Nyangoma, umukuru wa CNDD, ashikirije Abarundi kuri iyi sabukuru igira 55 Uburundi bwikukiyehttp://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/876-ijambo-nyangoma-sabukuru-uburundi-bwikukiye http://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/876-ijambo-nyangoma-sabukuru-uburundi-bwikukiyeIjambo Leonardo Nyangoma, umukuru wa CNDD, ashikirije Abarundi kuri iyi sabukuru igira 55 Uburundi bwikukiye

Barundi,
Barundikazi,
Bagumyabanga ba CNDD,

Mu myaka ishira 1960, ni ho ibihugu vyinshi vya Afrika vyasubira guhabuza intahe yavyo yo kwikukira, vyari vyaranyazwe n'ibihugu vy'iburaya kuva mu kinjana ca 15.

Kuri uyu munsi uri hejuru itariki ya 1 Mukakaro 2017, turamutse twibuka isabukuru igira 55 Uburundi busubiye kwikukira, kuko turazi twese yuko kuri Mwezi Gisabo, Uburundi cari igihugu cikukiye.
Abarundi benshi rero aho bari, baribaza bati : n’ayo tugowe, ubwo birakwiriye koko ko duhimbaza iyi sabukuru tuvuga ngo twarikukiye ?
Kugira twishure ico kibazo, reka dusubire twibukanye, nk'uko twama tubigira mu bihe nk'ibi, insiguro y'iryo jambo « ukwikukira ». Hirya no hino mu bihugu bitari bike, abantu baridoga na canecane duhereye iwacu. Henshi twumva bavuga bati intahe yo kwikukira irageramiwe, none intambamyi zigeremiye iyo ntahe, mu gihugu cacu n’ahandi muri Afirika ni izihe ? Inkingi zishigikira intahe y’ukwikukira kugira ntitirigane ni izihe? Hokorwa iki mu maguru masha kugira Abarundi , Abanyafirika bagarukire intahe yabo y’ukwikukira ?

1. Insiguro y'ijambo ukwikukira?

Muri ibi bihe, abantu benshi, abakuru n'abato, muzokwumva bavuga ngo Uburundi bwarikukiye itariki imwe mukakaro 1962. Kugira twese tuvyumve kumwe, na canecane urwaruka rwacu, reka tuvyibukanye.
Dutangure twemeranye ko, Ukwikukira atari ibendera ,canke ururirimbo vyo guhayagiza igihugu gusa. Twovuga ko, igihugu kanaka cikukiye koko, igihe abanyagihugu bitunze, bashobora kuronka ibibatunga batabanje gusegerereza canke gutega amashi. Ni ukuvuga ko baba bashobora gufungura neza bagahaga, kandi imfungurwa zikaba zikwije ivya ngombwa kugira umuntu agire amagara meza, bafise uburaro bwiza, bashobora kwivuza bose, bakiga bose gushika iyo biyumva. Igihe bafise akaranga kabo karangwa n'imico kama: ururimi n’idini vyabo, igihe koko biyemera, batemera kuganzwa n'abanyamahanga, bemera kugwanira igihugu cabo no kucigura bakacigura bibaye ngombwa.

Ikindi cerekana ko igihugu cikukiye koko, abanyagihugu baba bafise ijambo, n'igihugu kikagira ijunja n’ ijambo mu makungu. Ijambo rero ni ikintu gihambaye cane. Na demokarasi ntishobora gushinga imizi mu gihugu kitarikukira muri iyi nzira tuvuze, aho abanyagihugu batagira ijambo, ntibagire ico biha mbere n'uruvugiro. Nkako, barayamaze bati, « Uwutigaburira ntiyigaba ».

Ibindi biranga ukwikukira ni umutima wo gukunda igihugu cabo, abanyagihugu bakerekana mu mikorere yabo, igihe cose, ubumwe hagati y'abanyagihugu, hagati y'intara canke hagati y’amoko aba akigize.

Turashimikira kuri iki kibazo c'ubumwe hagati y'abanyagihugu, kuko ibihugu vyahoze birongoye intwaro z'igikoroni, vyarakoresheje cane amacakubiri, canecane ay'amoko, kugira bitugumize mu bukoroni turiko turaryana. No ngaha mu Burundi, murazi ko babikoreyeko cane, kandi vyadusizemwo imvune n’ubu zitarahera neza.
Igihugu cikukiye rero, kiba gifise ingabo zaco zishobora gukingira imbibe zaco, ari na co gituma kitemera yuko ingabo z'ibindi bihugu ziza kugicumbikamwo, zikahashinga amakambi. Naho gishira umukono ku masezerano y'ugufashanya mu vyrekeye kwivuna umwansi, kiguma cisunga kandi kigashira imbere ubwigenge bwaco no gukingira beneco.
Dufatiye rero kuri iyo nsiguro kandi ihurizwako na benshi, ni ibiki bikomeza intahe yo kwikukira ?

2. Inkingi z'ukwikukira.

Mu nsiguro twatanze, tuyigarutseko gatoyi, inkingi zishigikira intahe y’Ukwikukira, benshi bazi yuko ari inzego za Reta gusa zigizwe n'abenegihugu, zitegura zikemeza amategeko, zikongera zigafata ingingo. Ariko, ico conyene ntigihagije kugira intahe y’ukwikukira irame. Twovuga yuko kugira iyo ntahe ntitirigane, yubakira ku nkingi nyamukuru zitatu :

a. Inkingi ya poritike

Inkingi ya poritike na yo ishigikiwe na demokarasi idakumira, ubumwe n'umutekano.
-Tuvuze demokarasi, iryo jambo benshi bazi ko ari amatora gusa. Haba namba. Turazi yuko, mu bihugu vyinshi abarongozi batorwa, ariko bakaba ari bo ba mbere, bacinyiza abanyagihugu nk'uko mubibona iwacu n'ahandi henshi muri Afirika. Iyo demokarasi tuvuga, yubahiriza agateka ka muntu, igasubiza iteka n'ijambo umunyagihugu. Iyo demokarasi, abanyagihugu bategerezwa kuyiyumvamwo ,aho bari hose, haba ku kazi canke mu mihana iwabo. Abanyagihugu rero, ntibarindira amatora gusa, kugira bashobore kugira uruhara, mu gufata ingingo zerekeye igihugu, akazi n'ibindi. Ikindi kiranga Demokarasi, ni uko ituma itunga ry'igihugu risabikanywa neza, ata wandya wangura, ata mwana n'ikinono. Umunyagihugu ni we, agenzura koko ingene abategetsi barangura amabanga, abanyagihugu babatumye. Naho uba watowe, nta burenganzira ufise bwo gukoresha itunga ry’igihugu mu vyawe, mu vy’umugambwe wawe, canke muri make, mu vyo wishakiye vyose. Kugurisha itunga ry'igihugu nka ya ndege Falcon 50 bagurisha ngo na gusa bari kuyitanga kubera batowe, ni ibara ku mutemere. Demokarasi kandi igendera ku butungane kuri bose, ubutungane bwigenga, butagendera ku gitsure c'abarongoye, inzego nshingwantwaro.

-Turakeneye kandi Ubumwe, ugufatana mu nda hagati y'abanyagihugu bose, no hagati y'ibihugu bigize Afirika. Ahatari ubumwe, amahoro ntarama. Murazi aho vyatugejeje mu Burundi, kuko ahatari ubumwe, harangwa uruhagarara, n'indyane z'urutavanako. Kenshi, ubutegetsi bw'imburakimazi burateranya, abonse rimwe bwitwaje amacakubiri, yaba ay’amoko canke ay'intara, mu ntumbero yo gushikira, canke kwihagira ubutegetsi. Aha iwacu ni ko n’ubu bikimeze. Igihugu gifise ubumwe, ntawugitera ngo aheze agitsinde. Gitewe, abanyagihugu bose bahagurukira, rimwe mu kwivuna umwansi.
Ubumwe kandi burakenewe, no ku rugero rw'ibihugu bigize Afrika. Ibihugu vya Afirika vyogira Reta zunze ubumwe bwa Afrika, vyogira inguvu nyinshi, bikagira iteka n'ijambo mu makungu. Ntawosubira kuza, gusahura itunga ry'Afrika uko yishikiye, canke ngo agandagure umukuru w'igihugu kanaka, nk'uko vyagenze muri Libiya, igihe bagandagura Kadhafi, ntihagire n'umukuru w’igihugu ca Afrika n'umwe aryogora, muzi mwese ivyiza Kadhafi yakoreye Afirika. Amasezerano mu vy’ ubutunzi, mu rudandazwa kw'isi, Afrika iterako igikumu yoba ari amasezerano, yubahiriza agateza imbere Afrika. Tumaze iminsi twumva yuko, ibihugu vyinshi vyo muri Afrika, bifise inyifato ya nyamwigendako, mu gusinya ya masezerano, bise APE muvyo urudandazwa. Ayo masezerano arimwo ubugunge bwinshi, buzotuma Afrika itakaza amahera menshi. Harageze nimba hatararengerana, kwiyamiriza ayo masezerano kugira asubirwemwo ku neza y'impande zose.

-Inkingi ya poritike ni ngombwa kandi ko, ishigikirwa n'umutekano, umutekano ubungabungwa n'abanyagihugu bose bafadikanije n'inzego z'umutekano, abanyagihugu biyumvamwo. Inzego z'umutekano zicungera, umutekano w'abanyagihugu bose, zitabanje kwisunga ivy’amoko, intara canke imigambwe, nk’uko bimeze ubu mu Burundi, no mu bihugu vyinshi vy'Afirika. Izo nzego zicungera imbibe z'igihugu, si inzego za prezida, canke umutegetsi uwo ari we wese. Ni inzego z'igihugu. No ku rugero rwa Afrika , hategerezwa kuba ingabo za Afrika, zifise ibikwiye vyo gucungera umutekano wa Afrika, zishobora kwivuna umwansi aturutse hanze, kandi ibihugu vya Afirika bigatunganya, urwo rwego bitabanje gusega uburyo hanze. Bitagenze uko, hazogera n'igihe ibihugu vya rutura bizosubira kwigarura, Afrika nko mu bihe vya gikoroni.

b. Inkingi igira kabiri ni Ubutunzi

Birababaza kubona itunga kama, Uburundi canke Afrika bifise, hanyuma tukaguma twumva ngo, Uburundi buri mu bihugu ,vya nyuma mu butunzi, Afrika na yo nyene ikaba, ikiyago mu makungu. Afrika ifise amasoko ntanganguvu angana 40 % kw'isi, ifise ibice 65 % vy'isi ndimwa kw'isi,ubutare bw'imboneka rimwe (inzahabu, Coltan, Nickel...) ibice 80 %, none bigenda gute ngo abana, abanyafrika birirwe barapfa n'inzara, abandi bangara, bagahera mw'ibahari Mediterane, kandi ibihugu vyose vya Afirika vyarikukiye ? Ico kumenya ni uko, Afrika iteje imbere uburimyi bwonyene, ishobora kugaburira isi yose.
Ubutunzi rero bwubakiye ubwa mbere na mbere, ku burimyi n'ubworozi. Ukwikukira guhera mu nda, na kare nk’uko twamaze kubivuga, ngo « Uwutigaburira ntiyigaba ». Mu gihe ata muyagankuba ukwiye, tuzoba dufise, ngo dushobore guhingura, ivyo twimbura, igihe tuzoba tugura hanze imfugurwa, igihe ata mahinguriro n'inganda tuzoba turubaka, kugira twirinde kugura hanze ico dukeneye cose, gushika no ku gikwashi, igihe ata migenderanire ishemeye iri, hagati y'ibihugu vy'Afrika mu vyerekeye urudandazwa canke imico kama, amashure n'ibindi, ntituzoba turikukira. Muri ibi bihe birashika yuko, uvuye mu bihugu vyo mu Buseruko uja mu bihugu vyo mu Burengero bwa Afirika, ubanza guca i Buraya. Birababaje.
Itunga ryose muri ibi bihe rya Afrika, rigenda riherera hanze. N'amahera yasahuwe n'abategetsi, bayabitsa mu bihugu vyo hanze, agaca abandanya atungisha ivyo bihugu nyene.

c. Inkingi igira gatatu ni imico kama n'imibano

Murazi yuko, imico kama yacu yatitutse, kubera intwaro za gikoroni. Iyo na yo yari ishingiye, ku ndimi n'amadini vyacu. Ivyo bigasubiza cane, inyuma iterambere n'ubuhinga, kubera ko ivyo dukora vyose twisunga abanyamahanga, ivyacu tukabishira iruhande.

Murazi kandi yuko, ata gihugu gishobora gutera imbere igihe, kidashobora gutanga indero ikwiye mu mashure, indero ituma abana, abanyagihugu bashobora gutandukanya icatsi n'ururo, indero yubakiye, ku gatima ko kwikukira. Urwaruka rugakura rwumva yuko, rutegerezwa kwibako rutabanje gusega, rugakura rwiyemera. Ntitugire isoni, mu gukoresha indimi zacu, twibaza ngo abandi botugaya, canke baradusumba.

Nta gihugu covuga ko cikukiye, abanyagihugu batagira amagara meza, basinzikazwa n'ingwara, bakabura ingene bivuza. Ni akamaramaza kwumva yuko, abarundi barenga imiryoni 8, bagwaye malariya muri ibi bihe. Ni akamaramaza, kubona abategetsi ata kindi bakoze, atari gusahura itunga ry'ibihugu vyabo, iyo banishe bagaca baza kwivuza hanze, kubera batitayeho ikibazo ca guteza imbere ubuvuzi, ntibiteho amagara y'abanyagihugu.
Ivyo vyose rero bica bitwereka ko intahe y’ukwikukira igeramiwe. Muti gute ?

3. Intahe y’ukwikukira irageramiwe iwacu no muri Afrika kubera intambamyi zikurikira :

a. Intambamyi zituruka hagati mu bihugu

Mu ncamake, mu bihugu vyinshi vya Afrika, za nkingi zose twavuga zishigikira intahe y’ukwikukira, zarasituwe, ibihugu vyacu bikaba, biri hasi cane. Abanyagihugu bavuga bati, twaragiye mu matora, twaratoye hamwehamwe mu mwidegemvyo, ariko tubona ata cahindutse, ahubwo n'ivyahuha vyarahuhutse.

Abategetsi batowe uhereye mu Burundi no mu bindi bihugu bitari bike, nta ho bataniye n'abazungu b’abakoroni. Ubutegetsi burangwa n'intwaro z'igikenye, umukazo n'umutekano muke, bigatuma abantu benshi bicwa bazira ubusa, abandi bagapfungwa, canke bakanyuruzwa, abandi bakayanyaga bagahungira hanze. Nk’ubu, abarundi bamaze guta izabo, baguhunga bararenga ibihumbi 400, abamaze kwicwa barenga 2000, abapfunzwe ibihumbi barenga ibihumbi 8. Aho rero ni kuva mu 2015, igihe Nkurunziza yiyongera ku nguvu, ikiringo ca gatatu, atagifitiye uburenganzira. Ubwo butegetsi burangwa, no gusahura, kwuzuza imipfuko y'akarwi kari ku rushi, no kwubaka amazu y'akataraboneka mu gihugu. Ingaruka mbi ni, ubukene bw'agakengereza, tutavuze indwara, n’inzara izura inzara. Indero mu mashure yaratitutse, bimwe biteye ubwoba. Ubutunzi bwarasubiye inyuma nk'ibirenge. Nta mwimbu mu gihugu ukiboneka, vyose biva hanze. Eka abanyagihugu baratubitse umukanda, naho baguma babasiga inkore ku maso ngo ejo ni heza, kandi inzira yotuma bizigira, barayizibiye bo nyene. Ukwo kuyizibira, si ukundi ni ukudadaza mu kwanka kuganira, kandi ari yo ntsinzi, ya mbere twari twakuye i Arusha, bakibagira n’uko ukwo kuganira, ari na kwo kwatumye bashika ku butegetsi.
Ikindi kibabaje gusumba, ni uko bibagira ko icatumye abarundi bafata ibirwanisho, atari ikindi atari ukwiyamiriza akarwi, kamatarara ku butegetsi, abandi kakabakumira, kabita « abansi b’igihugu ». Mu ncamake, intambamyi nyamukuru zituruka hagati mu bihugu, twovuga ko ari Intwaro z'igikenye n'umukazo, ukutiyemera kw’umunyagihugu, ubusuma bwabaye ubunyonyezi, amacakubiri, ubukunzi bw’inda n'ubundi bubegito.

b. Intambamyi ziva hanze.

-Kutugumiza mu bukoroni : Ibihugu vya rutura, kugira bigumize ibihugu vya Afrika, mu bukoroni inyuma y’ukwikukira, ntivyigeze bivanaho akarenge. Vyarisutse cane muri poritike y'ivyo bihugu, mu gushira ku butegetsi ba niryo, bibanje kugandagura intwari nka Rwagasore, Lumumba, Sankara, Kadhafi, Ben Barkha, n’abandi. Bongera baraburagiza abandi bose, baharanira gutsimbataza intahe y’ukwikukira, nka ba Nyerere canke Sekoutouré n'abandi. Isenyurwa ry’ubutegetsi (bita « coup d’état » mu gifaransa), nka zose mwumvise, ivyo bihugu vya rutura, biba bizifisemwo uruhara. Ivyo bihugu kandi, ni vyo bitegeka ibihugu vya Afrika kwisunga poritike, zivyorohereza mu gusahura itunga rya Afrika. Ni vyo bishinga ibiciro, vy'intica ntikize vy'umwimbu canecane, kama. Ibiciro vy'ikwawa, icayi, inzahabu, ipampa, n’ibindi, bishingirwa hanze . Hari abavuga bati, Afrika yimbura ivyo idafungura canke idakoresha, igafungura canke igakoresha ivyo itimbura. Abandi bati Afrika igurisha hanze ubutunzi bwayo, ikagura hanze ubukene. Afrika, nk'uko twabivuze, nta mfungurwa ikeneye kugura hanze, ahubwo ishobora kugaburira, ibihugu vyinshi vya kure, hamwe yoteza imbere uburimyi. Yoca yunguka imiyiyardi 35 z’amadorari, ikoresha ku mwaka mu kugura imfungurwa zo hanze, nk’ibigori, umuceri, ivyamwa, imboga n'ibindi vyose, kandi ata na kimwe muri ivyo kitamera iwacu.

-Imico kama yacu yaratitutse. Ubu Abarundi, Abanyafrika ntibaciyemera, bemera ibivuye hanze, intambo, imvyino, indirimbo, imiti, imfungurwa, n’ibindi vya nkenerwa, vyose vyo hanze. Ndibuka yuko ihinguriro COTEBU ryahingura impuzu nziza cane, ibitenge vyiza biteye igomwe. Ariko ugasanga abarundikazi babinebagura, bakivugira ng'urya none yambaye COTEBU hari ico amaze ? Hari n'abanndi benshi bafashe akageso ku kwiyanka, bagahindura urukoba rwabo n'bindi.
None twogarukira intahe y’Ukwikukira gute ?

4. Abarundi, Abanyafirika haguruka tugarukire intahe yacu y'ukwikukira

Tuvyihweje, mu vy’ukuri, ibi bihe si ivyo gutamba no kunezerwa, ngo twarikukiye, twohava twibagira umugambi wo kwikukira vy'ukuri. Kandi ivyo birashoboka, hariho icizere n'ibimenyamenya vyinshi. Novuga nk'ibi :

-Twumvirije hirya no hino mu bakuru, mu bato, mu bahinga, agatima ko kwikukira kariko karavyuka. Ejo bundi numvirije Prezida Idriss Deby wa Tchad, ariko aravuga ivyo ntaziga, ati Birakenewe ko tugira ifranga ryacu. Ikindi gihe naho, numvirije Prezida wa Guinée Conakry, Alpha Condé avuga ati, Tutavavanuye n'ibihugu vyatugumije mu bukoroni, ntituzopfa twarateye imbere. Ati Kandi, ntidushobora kuvuga yuko, twikukiye amahera yose, Ishirahamwe ry’Ubumwe bwa Afrika, UA, ikoresha tuyasega hanze. Abandi, canecane abakenyezi Aminata Traoré wo mu gihugu ca Mali, birirwa barasigura yuko, Afrika yasubijwe inyuma n'intwaro za gikoroni, kuko n’ubu ataho zagiye. Abanditsi, nk'umwigisha w'umuhanga Théophile Obenga, wewe amenera inda ku rutoke, ati Mbe aho mwama murindiriye imfashanyo zo hanze, abazungu bobafasha kubera iki ? Prezida Magufuri wa Tanzania, ati Tanzania iratunze cane,nta mfashanyo ikeneye ahubwo ikwiye gufasha abandi. Kuva Magufuri agiye ku butegetsi, muri Gitugutu 2015 aramaze kugarukana, mu kigega ca Reta amamiriyaridi y'amadorari menshi, yasahuwe imbere yuko ashikira ubutegetsi.

-Afrika ifise itunga kama umurengera. Birababaje, kubona urwaruka rwacu rubura akazi, rukabura ico rufungura, rukirirwa rurangara ngo rugiye, i Buraya guhanzura, benshi bagatakariza ubuzima bwabo, mu nzira bariko bajabuka ikiyaga Mediterane.

Twisuzume, twisubireko kuko birateye isoni n'agahinda. Muti none, Dukore iki ? Hashoboka iki ?

-Ubwa mbere na mbere, tuvavanure n'agatima ka nyamwigendako, maze tugire urunani mu gihugu cose, no ku rugero rw'Afrika mbere, rw'abo bose baharanira gushinga, Reta zunze ubumwe bwa Afirika, kugira tubandanye iragi rya Nkrumah na Kadhafi. Afrika igire ibanke nkuru yayo, ifaranga ryayo, ingabo zayo, poritike y'imigenderanire yayo, umugambi w'iterambere wayo, kandi iterambere ry'abanyagihugu. Abanyafirika tugenderanire, tumenyane. Ivyo navyo bisaba ko : hashingwa amakompanyi y'indege n'ayo ubwato vy'Afirika yunguruza abantu n'ibintu, hubakwa amabarabara y'imigenderanire hagati y'ibihugu, hubakwa ingomero z'umuyagankuba, hanyuma umunyafirika wese akaronka uburengazira (visa) bwo gutembera mu gihugu cose ashaka. Ariko rero dutangurire urunani rw’abafise iryo shaka, mu gihugu cacu, hanyuma mu karere, hanyuma gutyo gutyo, gushika ku rwego rwa Afrika, kandi birashoboka, igikuru ni ishaka.

-Ubwa kabiri, gusubiramwo inyigisho mu mashure, zizofasha kugurura imitwe y'abanyagihugu n'imitima yabo kugira basubire biyemere, babone ko atari ibicibwa, birinde gusamazwa n'ivyo hanze, tumenye twumve neza yuko, ukwikukira guhera mu mitwe. Mu vyigwa vya kahise, ni ngombwa abana bacu bakure bazi, intwari zitangiye Uburundi na Afrika, nka Ntare Rugamba, Mwezi Gisabo, Inamujandi, Rwagasore Rudoviko, Ndadaye… Nkrumah, Amilcar Cabral, Nasser, Kadhafi, Sankara, Nyerere… Aho gufatira akarorero, kuri ba Mpemukendamuke, ba Ntirumveko, ba Ndiyobwana, ubona ko ari vyo vyeze, ngaho iwacu ! Mu mazu y'isomero, ibitabu vy'abahinga, abanditsi baharanira ukwikukira kwa Afrika ntibihare, ibitabu vya Cheik Anta Diop, vya Obenga Theophile, Samir Amin n'abandi.

-Mu gihugu cose, nko mu Burundi, abanyagihugu bashaka kwikukira ni benshi, bakwiye kwunga urunani, urunani rwo kuvyura, za nkingi zose zo kwikukira, kuko ubu ziri hasi nk’amateke. Ubutegetsi buriko butwambura intahe y’ukwikukira, mu gushira uruhumyi ku banyagihugu, babamenyereza gusaba uwimye, aho kureka umunyagihugu ngo yisanzure, abone kure, yiteze imbere, n’igihugu kikaboneraho.

Abarundi rero, ntibazoguma bihanganira abagomba kubasubiza, mu ntwaro z’umugambwe umwe, z’umukazo nk’umwe w’abakoroni, hari ndiyobwana gusa, ata waryogora. Ibimenyetso ni vyinshi, irabire namwe ingene aho uciye hose, womengo n’ibibanza vy’umugambwe wiganje ku butegetsi. No ku bibanza vy’isoko, ku makona yose y’amabarabara, ivyibutso vy’uwo mugambwe, no kw’irembo ry’umuntu aho abantu bateramira, ku nama ! Uko ni ukunyaga, ukwikura kw’igihugu n’abanyagihugu, ntitworeka gusubira gukebura mbere n’ukugabisha, abagitsimbataye kuri ako gatima ko, kugumiza abanyagihugu n’igihugu mu buja, ni bateshwe bate, bave i buzimu baje ibuntu. Iciza gitsinda ikibi, nayo intahe y’ukwikukira iragwanirwa, nk’ivyo vyiza vyose umuntu aba yipfuza gushikako, kandi ngo « Ubuntu burihabwa » !

Ni hahangame intahe nyakuri y’ukwikukira kw'Uburundi na Afrika
Tugire amahoro, Iteka n’iterambere kuri twese !

Leonardo Nyangoma
Umukuru wa CNDD

]]>
Nouvelles du BurundiSat, 01 Jul 2017 10:20:42 +0000
Après cinquante-cinq ans de souveraineté nationale, les burundais toujours colonisés.http://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/875-cinquante-cinq-souverainete-burundais-colonises http://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/875-cinquante-cinq-souverainete-burundais-colonisesAprès cinquante-cinq ans de souveraineté nationale, les burundais toujours colonisés.

Le Burundi célèbre ce 1er juillet 2017 son 55ème anniversaire d’indépendance. Comme ses prédécesseurs et autres dictateurs, le président Nkurunziza ne manquera pas l’occasion pour exalter le nationalisme et nous rappellera le refrain à la mode du régime CNDD-FDD : « le Burundi est souverain ». Les « formidables progrès » réalisés surtout sous son règne seront magnifiés. Et il appellera encore une fois ses concitoyens à rester vigilants pour sauvegarder les acquis menacés par les occidentaux colonialistes et comploteurs et leurs alliés régionaux. Mais au-delà de la manipulation du légitime sentiment patriotique des Burundais, y a-t-il de quoi pavoiser après cinquante-cinq années d’indépendance ? Quel a été le rôle des uns et des autres dans la gestion du pays ? Les générations actuelles et futures peuvent-elles trouver des raisons d’espérer un meilleur avenir ?

Un bref bilan des cinquante-cinq années d’indépendance.

Très récemment, au cours d’une conversation une jeune étudiante burundaise posait la question suivante à ses interlocuteurs : le Burundi est-il dernier en tout ? En effet à lire les rapports des ONG (Amnesty International, Human Rights Watch, Transparency International, Fondation Mo Ibrahim, RSF, etc) ou des organisations internationales ( le Conseil des NU pour les droits de l’Homme, la Banque Mondiale, la FAO, l'OMS, le PNUD, l'UNESCO etc.), le Burundi occupe toujours les dernières places presque en tout. Le Burundi est parmi les 3 trois pays les plus pauvres du Monde, il est parmi les pays les plus corrompus du monde, est parmi les 5 pays où les personnes souffrent le plus de faim, etc., etc. Il est difficile de croire que toutes ces organisations en veulent au régime en place, comme ne cessent de le clamer les thuriféraires du système CNDD-FDD.

Les Burundais font certes preuve d’une admirable résilience grâce notamment à leur ardeur au travail et à une nature clémente, avec une pluviométrie relativement bonne. Mais la misère frappe dans les zones suburbaines et rurales où vivent plus de 90% de la population. Les villas cossues qui font la fierté des oligarques au pouvoir sont un des témoins de la fracture entre les dirigeants et leur peuple.

Plus grave, en cinquante-cinq ans d’indépendance, ce sont des centaines de milliers de Burundais qui ont été massacrés soit par l’armée, soit par des milices, ou lors des affrontements inter-communautaires. Plus de 10% des Burundais ont connu l’exil dans leur vie, et ils sont actuellement plus de quatre cents mille compatriotes entassés dans des camps de réfugiés, dans les pays voisins ou dispersés à travers le monde.

En cinquante-cinq ans d’indépendance, ce sont au moins cinq coups d’Etat, et tout au plus cinq scrutins réguliers, tous types confondus.

Qui sont les responsables de ce bilan désastreux ?

Si l’on considère les régimes qui ont duré au pouvoir, le réflexe de presque tous les dirigeants qui se sont succédé à la tête du pays a toujours été de rejeter la responsabilité des difficultés du pays sur l’extérieur : le colonisateur, la conjoncture internationale, le Rwanda, les occidentaux, etc. Que ce soit Micombero, Bagaza, Buyoya ou Nkurunziza la rhétorique est la même. Bien sûr, les opposants sont par la même occasion traités de traîtres qu’il faut liquider « pour sauver la patrie ». Pour tous ces régimes qui totalisent quarante-cinq ans de règne (sur les cinquante-cinq ans d’indépendance), l’objectif n’a jamais été de développer le pays et donc de recouvrer la souveraineté économique sans laquelle l'indépendance politique reste un non-sens. Leur préoccupation est la sauvegarde du pouvoir et ses avantages inhérents et surtout ses privilèges pour le chef du gang et ses acolytes. Le peuple doit être dominé, exploité (kukiguguna : ronger le pays comme on ronge l’os), et mâté de manière féroce et exemplaire en cas de velléité de révolte. L’ethnisme, le régionalisme, le clanisme, voire le monopartisme institutionnel ou de fait ne sont que des variantes du même système : l’exclusion du plus grand nombre possible de concitoyens de la gestion des affaires publiques. A l’exception de BAGAZA, l’élite qui a dirigé le Burundi jusqu’à ce jour est égoïste, jouisseuse, sans vision politique et incapable de créer des richesses, c'est une caste d'autocrates compradores. Elle se satisfait de profiter des aides des pays développés, des revenus des cultures de rente et des trafics mafieux de toute sorte. Ils prennent le pouvoir uniquement dans l’objectif de se servir du peuple pour leur enrichissement et gloire personnels. Malheur à quiconque tentera de s’y opposer ou même de donner des conseils qui ne cadrent pas avec ce « noble objectif ».

Il n’est pas exagéré de dire que le peuple se retrouve colonisé par ses propres filles et fils.

Le plus dramatique pour le peuple burundais est qu’une bonne partie de l’opposition ne rêve que de prendre le pouvoir pour gérer de la même façon ; c’est le fameux « ôte-toi pour que je m’y mette ».

Il n’est pas question d’absoudre la responsabilité des puissances occidentales et celles dites régionales. C’est de l’euphémisme de dire qu’à quelques exceptions, presque tous nos dirigeants ont pris le pouvoir avec la bénédiction de ces différentes puissances. Mais les occidentaux, sous pression de leur opinion publique, se démarquent parfois quand leur poulain ne respecte plus les apparences démocratiques. Les puissances régionales étant elles-mêmes des régimes autocratiques et prédateurs n’ont aucun ascendant moral ou politique pour donner une quelconque leçon de démocratie à leur poulain. Ce sont eux-mêmes des régimes qui malgré les ressources naturelles énormes de leurs pays restent toujours dépendants de l'extérieur.
La responsabilité de la situation de faillite de notre pays incombe principalement à son élite, ces instruits qui aiment s’autoproclamer « intellectuels ».

L’espoir est permis.

Au cours de ces cinq dernières décennies, la question de la gestion de l’Etat burundais a toujours été analysée à travers le prisme réducteur du tribalisme : les Hutu contre les Tutsi, les Tutsi contre les Hutu. Les rares voix qui osaient poser le problème comme celui de la gestion démocratique du pays, de la production des richesses et de leur répartition équitable ont été étouffées. Louis Rwagasore, Melchior Ndadaye, Gervais Nyangoma ont tous été victimes de leur vision politique progressiste qui allait au-delà des ethnies et des régions.

Mais la gestion calamiteuse de l’Etat par un « régime dit hutu » a démontré que le problème n’est pas quelle est l’ethnie du détenteur du pouvoir. Le problème est : quelle est la vision politique de l’équipe au pouvoir ? Le système CNDD-FDD broie tous ceux qui s’opposent à la tyrannie, à la gabegie, à la corruption, à l’enrichissement illicite et à la paupérisation du peuple. Le système Nkurunziza ne fait aucun distinguo d’ethnie, de sexe, de région ou même du parti. Tous ceux qui osent s’opposer aux intérêts du petit groupe mafieux à la tête du pays doivent être liquidés de manière impitoyable. Ce système CNDD-FDD broie tout le peuple burundais, y compris ses propres militants exactement comme le font le chômage, la misère, le choléra, la malaria, le sida qu’il l’a fait prospérer.

Les Burundais se rendent de plus en plus compte, que les Hutu, les Tutsi, les Twa et les autres Burundais n’appartenant à aucune de ces trois ethnies, avons le même destin. Nous devons nous battre ensemble, sortir notre pays du désastre ou bien nous périrons ensemble. Dans ce combat contre les systèmes mafieux et ultra-libéraux qui nous gouvernent, nous devons nous souvenir des réussites, mais aussi des échecs des mobilisations nationales et des luttes menées dans le passé pour en tirer des leçons.

Le peuple burundais qui a mis en déroute les esclavagistes, a combattu avec succès le colonialisme, a eu raison des régimes militaires se débarrassera sans aucun doute du système oppressif, sanguinaire et prédateur du CNDD-FDD.

Une élite proche de son peuple, une élite qui pense d’abord aux intérêts du pays, une jeunesse qui passe plus de temps dans les bibliothèques, devant leur ordinateur ou dans les champs agricoles plutôt que dans les bistrots, peuvent être des facteurs accélérateurs. Le peuple quant à lui est prêt ; depuis longtemps.

Dès lors, pour combattre les oligarchies actuelles au pouvoir en Afrique, il sera indispensable de mobiliser de larges fronts de luttes, presqu'à l'image des luttes de libération des années antérieures avant et après l'indépendance. « On ne pourra pas gagner la guerre en faveur de la souveraineté si on n'y va pas » comme le disait un jour l'économiste et professeur Samir Amin.

Ubuntu burihabwa .(La dignité se conquiert).

]]>
Nouvelles du BurundiWed, 28 Jun 2017 08:16:50 +0000
Présentation orale de M. Fatsah Ouguergouz, Président de la Commission d’enquête sur le Burundihttp://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/874-presentation-president-commission-enquete-burundi http://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/874-presentation-president-commission-enquete-burundiPrésentation orale de M. Fatsah Ouguergouz, Président de la Commission d’enquête sur le Burundi

CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME Trente-cinquième session

Dialogue interactif sur le Burundi

Genève, le 14 juin 2017

Monsieur le Président, Excellences, Mesdames et Messieurs,

La Commission d’enquête sur le Burundi, que ce Conseil et vous-mêmes avez établie et que j’ai l’honneur de présider, est opérationnelle depuis maintenant quatre mois. Cette période, si elle est courte au regard de la lourde tâche qui nous a été confiée, nous a néanmoins permis de mieux appréhender la situation des droits de l’homme qui prévaut au Burundi depuis avril 2015.
Durant ces quatre mois, mes collègues commissaires et moi-même avons eu l’occasion de nous réunir plusieurs fois, de faire une première présentation devant ce Conseil le 13 mars 2017 et de nous entretenir avec de nombreux acteurs concernés par la situation au Burundi.

Nous avons cherché à plusieurs reprises à rencontrer le Représentant permanent du Burundi à Genève aux fins d’établir un dialogue avec les autorités burundaises. Malheureusement, ces démarches sont restées lettres mortes, tout comme les correspondances que nous avons adressées, le 6 février 2017 et le 20 mars 2017, au ministre des Relations extérieures du Burundi l’assurant de notre bonne volonté à travailler avec les autorités burundaises et invitant le Gouvernement du Burundi à partager avec notre Commission toutes les informations qu’il jugerait utiles.

Nous regrettons vivement l’absence de réponse et de coopération de la part du Burundi, alors même que cet État est membre de ce Conseil et donc tenu de collaborer avec les mécanismes, comme le nôtre, créés par ce dernier. Toutefois, notre Commission continuera, jusqu’à la fin de son mandat, de déployer tous les efforts nécessaires afin d’établir un dialogue avec le Gouvernement burundais. Nous avons à cet effet envoyé une nouvelle lettre au ministre des Relations extérieures, pas plus tard que le 12 juin dernier. A cette même date, nous avons également communiqué une copie de la présente déclaration orale à la Mission permanente du Burundi à Genève, qui en a accusé réception.

Nous n’avons donc pas pu nous rendre Burundi. Nous avons néanmoins pu visiter plusieurs pays où se trouvent des réfugiés burundais dont, selon les chiffres du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), le nombre s’élève actuellement à plus de 400.000 personnes, soit environ 4 pour cent de la population totale du pays .

Depuis le début de nos enquêtes, nous avons recueilli plus de 470 témoignages sur les violations des droits de l’homme commises depuis avril 2015 au Burundi, qui complètent les informations que nous avons reçues d’autres sources. Je tiens ici à remercier les Gouvernements de la République démocratique du Congo, du Rwanda, de la Tanzanie, de l’Ouganda et du Kenya pour leur coopération et pour nous avoir donné, ainsi qu’à notre secrétariat, accès à leurs territoires respectifs. Je remercie également la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) et les équipes pays des Nations Unies au Rwanda, en Tanzanie et en Ouganda d’avoir facilité nos visites.

Monsieur le Président, Excellences, Mesdames et Messieurs,

La crise relative aux droits de l’homme que traverse le Burundi dure depuis plus de deux années. Le 26 avril 2017 marquait en effet la date anniversaire des premières manifestations contre la candidature du Président Nkurunziza à l’élection présidentielle, qui, comme nous l’avons documenté, ont donné lieu à des violations graves des droits de l’homme, dont des arrestations et détentions arbitraires et un usage répété et excessif de la force par la police à l’encontre des manifestants.

Ces violations se sont multipliées après la tentative de coup d’État de mai 2015 et se sont encore aggravées en décembre de la même année suite à des attaques contre des installations militaires à Bujumbura et ses environs. La situation s’est-elle améliorée depuis, comme l’affirme le Gouvernement du Burundi ? Les témoignages recueillis par la Commission laissent penser le contraire.

Un climat de peur généralisé

Nous avons été frappés dans nos enquêtes par le sentiment de peur profonde et généralisée qui se dégage des témoignages que nous avons recueillis auprès des personnes exilées : peur des persécutions par les autorités burundaises et par des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure ; peur de témoigner par crainte de représailles ; peur de rentrer au pays malgré les appels répétés du Gouvernement burundais. Bon nombre de victimes et de témoins interrogés ont exprimé le besoin urgent d’être suivis psychologiquement et, pour certains, médicalement. Certaines victimes étaient visiblement traumatisées suite aux tortures et traitements cruels ou inhumains qu’elles ont endurés, ou après avoir échappé de justesse à la mort. Les personnes que nous avons pu rencontrer nous ont décrit le sort de plusieurs autres qui ont été exécutées ou torturées, ou qui ont été victimes de violences sexuelles ou de disparitions forcées. En outre, les quelques défenseurs des droits de l’homme qui n’ont pas été contraints de quitter le Burundi ont de plus en plus de difficultés à recueillir les témoignages des victimes dans le pays de peur de les exposer ainsi qu’eux-mêmes à des risques de représailles.

Sévères restrictions des libertés publiques

Les sévères restrictions des libertés publiques constatées en 2015 perdurent. À ce jour, les principaux dirigeants de partis d’opposition ainsi que de nombreux journalistes et autres membres de la société civile sont toujours en exil et, pour certains, sous le coup de mandats d’arrêt internationaux émis par les autorités burundaises. Début janvier 2017, le Gouvernement a définitivement radié la Ligue Iteka, la plus ancienne organisation de défense des droits de l’homme du pays. Cette mesure est intervenue après que la Ligue Iteka a publié en novembre 2016, conjointement avec la Fédération internationale des droits de l’homme, un rapport sur la détérioration de la situation des droits de l’homme au Burundi. Le 4 avril 2017, le Gouvernement a en outre annoncé la suspension pour six mois d’un des principaux partis d’opposition, le Mouvement pour la solidarité et la démocratie (MSD).

Les principaux médias privés restent suspendus. À ce jour, seules deux des radios fermées en avril et mai 2015 ont été autorisées à émettre à nouveau, dont une radio proche du parti au pouvoir – Rema FM – et une radio privée – la Radio Isanganiro. Après sa réouverture, cette dernière a vu l’une de ses émissions suspendue en novembre 2016 pour avoir diffusé une chanson intitulée « Droits de l’homme pour les journalistes » ; en outre, le 4 avril dernier, le rédacteur en chef de cette même radio a été convoqué au Service national de renseignement à Bujumbura pour être interrogé notamment sur la supposée collaboration de la radio avec des médias burundais émettant à partir du Rwanda.

Nous sommes également préoccupés par certains amendements qui auraient été proposés dans le cadre de la révision en cours du Code pénal et du Code de procédure pénale. D’après les informations que nous avons reçues, ces amendements permettraient aux forces de l’ordre de procéder à des perquisitions sans mandat, y compris durant la nuit, renforceraient le contrôle des courriels, et faciliteraient la saisie de données électroniques.

Monsieur le Président, Excellences, Mesdames et Messieurs,

Vous vous souviendrez qu’en mars 2017, nous nous étions alarmés ici-même de « l’ampleur et la gravité des allégations de violations des droits de l’homme et d’atteintes à ceux-ci au Burundi . » Sur la base des entretiens que nous avons pu conduire depuis, nous sommes maintenant en mesure de confirmer nos craintes initiales.

Un climat continu de violence et des violations commises de manière plus clandestine

La violence au Burundi, qu’elle soit attribuée aux agents de l’Etat, aux Imbonerakure, ou à des groupes d’opposition armés, n’a pas cessé depuis avril 2015. Chaque acte de violence entraîne de graves conséquences pour la population civile. À titre d’exemple, des coups de feu et des explosions de grenades ont à nouveau eu lieu en mai 2017 à Bujumbura, entraînant une vague de perquisitions et d’arrestations dans certains quartiers de la capitale comme en 2015 et 2016. Les témoignages que nous avons recueillis montrent néanmoins que, depuis la fin de l’année 2016, les violations des droits de l’homme sont souvent commises de manière plus clandestine, mais tout aussi brutale. Une victime nous a ainsi rapporté qu’en 2016, un Commandant de police l’avait menacée de la manière qui suit: « Je peux te tuer. Je peux t’enterrer et personne ne le saura ». En 2015 déjà, un chef provincial du Service national de renseignement s’était adressé à des détenus dans les termes suivants: « On va vous tuer et jeter vos cadavres dans la rivière ». Nous avons reçu d’autres témoignages de nature similaire.

Des cas de disparitions forcées continuent d’être rapportés. Des cadavres continuent également d’être retrouvés de manière régulière. D’après plusieurs témoignages que nous avons reçus, il est souvent difficile d’identifier les corps. Le mode opératoire semble être souvent le même : les personnes ont les bras liés dans le dos et parfois le corps des victimes est lesté de pierres afin de couler une fois jeté dans un cours d’eau. De nombreux témoins nous ont rapporté que les corps, lorsqu’ils sont découverts, sont, dans la grande majorité des cas, enterrés rapidement à l’initiative des autorités locales, sans identification ni enquête préalables.

Discours de haine et embrigadement de la population

Ces violations des droits de l’homme sont entretenues par des discours de haine prononcés par certaines autorités de l’État et des membres du parti au pouvoir. En avril 2017, une vidéo a circulé montrant une centaine d’Imbonerakure en train d’entonner un chant appelant à « engrosser les opposantes pour qu’elles enfantent des Imbonerakure. » Suite aux condamnations internationales dont celle du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme , cette vidéo a été dénoncée par la Secrétaire nationale chargée de l’information et de la communication du parti au pouvoir, qui a promis des sanctions contre les fautifs. De telles sanctions ont-t-elles été prises depuis ? Nous aimerions entendre le Gouvernement du Burundi à ce sujet.

En tout état de cause, cet incident n’est pas un cas isolé. Au cours du mois de mai dernier, nous avons reçu d’autres vidéos de rassemblements et de paroles alarmantes d’Imbonerakure que nous sommes en train d’analyser. Notre Commission a pu également documenter de nombreuses déclarations, y compris de hauts dignitaires, appelant depuis 2015 à la haine et à la discrimination, avec, pour certaines, une dimension ethnique.

Le chant de ces Imbonerakure est également symptomatique d’une tendance plus générale d’embrigadement, dans bien des cas forcé, de la population au sein du parti au pouvoir. D’après de nombreux témoignages que nous avons recueillis, toute résistance est prétexte à des violations des droits de l’homme et atteintes à ceux-ci. En outre, plusieurs victimes de torture par la police ou le Service national de renseignement nous ont rapporté que les sévices qu’elles ont subis étaient accompagnés d’insultes à caractère ethnique de la part de leurs tortionnaires. Cela étant dit, les témoignages indiquent que les victimes sont ciblées le plus souvent en raison de leur opposition présumée au gouvernement, indépendamment de leur appartenance ethnique.

Monsieur le Président, Excellences, Mesdames et Messieurs,

Notre travail d’enquête nous a par ailleurs permis de confirmer les principales violations documentées et rapportées devant ce Conseil, notamment par le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et l’Enquête indépendante des Nations Unies sur le Burundi (EINUB) . Ces violations incluent des exécutions extra-judiciaires, des actes de torture et autres traitements inhumains et dégradants, des violences sexuelles et basées sur le genre, des arrestations et détentions arbitraires et des disparitions forcées, souvent accompagnées de demandes de rançons importantes aux familles contre des promesses de libération de détenus ou pour retrouver les personnes disparues.

Cruauté et brutalité des violations

Nous avons été frappés par le caractère particulièrement cruel et brutal des violations qui nous ont été rapportées. Plusieurs victimes, généralement de jeunes membres de partis politiques de l’opposition, surtout du Mouvement pour la solidarité et la démocratie (MSD) ou des Forces nationales de libération (FNL), ou accusés de soutenir ou d’appartenir à des groupes armés, ou encore de détenir des armes à feu, nous ont fait part de tortures systématiques et de traitements particulièrement cruels et inhumains par des agents du Service national de renseignement et de la police, parfois secondés par des Imbonerakure. Nous avons en particulier recueilli un grand nombre de témoignages faisant état, lors des séances de torture, de l’usage de matraques, de crosses de fusil, de baïonnettes, de barres de fer, de chaînes métalliques ou de câbles électriques ayant eu pour effet, dans certains cas, de casser les os de la victime ou de lui faire perdre connaissance, de longues aiguilles qui ont été enfoncées ou de produits non-identifiés injectés dans le corps des victimes, d’ongles arrachés avec des pinces, de brûlures, ainsi que de nombreux sévices sur les parties génitales masculines. Dans plusieurs cas, les actes de torture et les mauvais traitements ont été accompagnés d’insultes violentes et de menaces de mort, y compris à caractère ethnique.

Nous avons également reçu des témoignages de violences sexuelles perpétrées à l’encontre de membres féminins des familles d’opposants, notamment par des présumés Imbonerakure. À titre d’exemple, en août 2015, une femme dans la cinquantaine a été violée par quatre présumés Imbonerakure en tenue policière en raison de l’appartenance de ses enfants à un parti d’opposition et de leur participation aux manifestations d’avril 2015 ; ses bourreaux lui ont ensuite fait subir une autre forme de grave violence sexuelle qu’il m’est douloureux de décrire ici. Autre exemple, en janvier 2017, une femme a été violée par deux hommes armés en tenue militaire devant ses enfants ; son mari, membre d’un parti d’opposition, avait refusé de rejoindre le parti au pouvoir.

La grande majorité de ces violations auraient été commises dans un climat d’impunité totale. En effet, d’après les informations dont nous disposons, les auteurs présumés de violations de droits de l’homme que nous avons documentées ont été rarement poursuivis.

Monsieur le Président, Excellences, Mesdames et Messieurs,

D’ici la prochaine session du Conseil en septembre, où nous serons en mesure de présenter nos conclusions finales, il nous reste à poursuivre nos enquêtes et à procéder à un travail d’analyse, notamment juridique, pour voir si, conformément à notre mandat, certaines violations ou atteintes constituent des crimes de droit international. Nous serons également en mesure d’établir les responsabilités institutionnelles et, dans certains cas, individuelles pour ces violations.

Je vous remercie de votre attention.

]]>
Nouvelles du BurundiSat, 17 Jun 2017 07:49:10 +0000
Le pouvoir du CNDD-FDD ou UN REGIME DES AVEUGLEShttp://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/873-pouvoir-cndd-fdd-regime-aveugles http://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/873-pouvoir-cndd-fdd-regime-aveuglesLe pouvoir du CNDD-FDD ou UN REGIME DES AVEUGLES

Dans le dictionnaire Hachette de la langue française, un aveugle se définit comme quelqu'un qui est privé du sens de vue. Et dans le monde entier, est qualifié d'aveugle toute personne qui a des difficultés de voir la lumière du jour ou de la lampe allumée. Et un président qui a des difficultés de mener son pays à la prospérité ou au développement durable, on le qualifie d'un président dépourvu de vision. Donc, le président burundais n'est pas un visionnaire. Et d'ailleurs, un régime des dirigeants sans vision mérite beaucoup d'être qualifié d'un régime des aveugles. Il est aveugle parce qu'il ferme toujours les yeux devant milles et un problèmes de son peuple. Le plus grand danger pour notre pays est que ce président aveugle n'est même conscient de sa cécité. Il se dirige aveuglement vers le gouffre, et risque d'y entraîner tout un peuple. Toutefois, le peuple burundais résistera et se débarrassera d'un tel dirigeant.
Dans cet article, il apparait logique de montrer les caractéristiques d'un régime des aveugles, les conséquences pour le pays et enfin, il est important de poser une question à laquelle chaque lecteur de cet article est appelé à apporter une réponse selon sa compréhension.

a. Les caractéristiques d'un régime des aveugles.

  • Le régime des aveugles est un régime doté de tous les défauts et qui ne se soucie de personne sauf de sa survie. Ce régime possède plusieurs caractéristiques mais au cours de cet article, il nous semble nécessaire de n'en énumérer que quelques unes pour ne pas entraîner nos lecteurs dans la lassitude.
    Le régime burundais est caractérisé par plusieurs défauts dont:
    -la destruction de l’enseignement public et la multiplication des illettrés dans le pays;
    -l’abandon de la frange de la population la plus active et qualifiée ( chômage prolongé et sans espoir de trouver l'emploi)
    -l’encouragement de la corruption dans toutes les structures de l’Etat.
    l'entraînement du pays dans une impasse économique absolue;
    -l'aggravation de façon inexorable de la misère dans le pays ;
    l'injustice dans l'octroi de l’emploi et des marchés publics;
    -etc.

  • Le président Nkurunziza, qui devrait être visionnaire, est plus aveugle que ses acolytes. Imaginez un président qui encourage la paresse, la fracture sociale, la corruption, la mauvaise gouvernance, le détournement des fonds publics, etc. Il encourage la paresse parce qu'il laisse dans la rue la plupart de la jeunesse active et qualifiée. Il favorise la fracture sociale parce que pour lui les personnes affiliées à son parti sont supérieures à tout autre citoyen burundais. Il encourage la corruption puisque ses plus proches collaborateurs ne peuvent justifier l’origine de leurs biens illicites notamment des villas cossues et autres voitures de luxe. Pendant ce temps les agents de l’État et tous les fonctionnaires mal payés font la débrouillardise en recourant systématiquement à la corruption pour arrondir les fins de mois. Il encourage la mauvaise gouvernance parce que, dans son régime, la gestion de la chose publique se fait dans l’opacité la plus totale ; et tout dirigeant a droit de prendre des décisions contraignant la population au paiement des impôts injustes notamment les cotisations obligatoires pour le CNDD-FDD, parti au pouvoir. Le détournement de fonds est pathognomonique de ce régime parce que tous les chefs qui se succèdent le pratiquent allègrement. Et cela se pratique de la colline de recensement jusque dans les plus hautes sphères du gouvernement burundais.

De 2015 à nos jours, la volonté de Nkurunziza de s'éterniser au pouvoir pour se protéger contre la justice a précipité le pays dans une dépression économique inédite. Les prix des produits locaux ou importés ont été excessivement revus à la hausse et la situation socio- économique s'est considérablement dégradée.
Il en est de même de la situation socio-politique.
L'éducation a été ruinée parce que depuis l'école fondamentale (école primaire) jusqu'à l'enseignement supérieur des mesures destructrices ont été prises et enfin mises en applications. Souvenez-vous de la suppression de la bourse d'étude et de l'instauration du prêt-bourse. N'oubliez pas que jusqu'à ce jour il y a des délégués des étudiants chassés de l'Université et d’autres emprisonnés pour avoir exprimé au grand jour leurs droits et revendications légitimes.

Ce régime dictatorial est trop aveugle et inconscient, puisqu'au lieu de faire face aux multiples problèmes qui minent le développement du pays, il ne cesse de gaspiller la richesse nationale en organisant chaque week-end des fêtes et autres manifestations aussi inutiles qu’appauvrissantes.
Pour une personne vivant en dehors du Burundi, il est difficile de s’imaginer combien de maux endure le peuple burundais.
Est-ce que le peuple burundais a-t-il vraiment un besoin urgent de chanter , puis de célébrer la victoire du CNDD-FDD dans ces moments où la misère, l'inflation, l'injustice, la corruption, le manque des soins de santé, l'imposition excessive, etc. font rage dans le pays?
Est-ce que si ce régime n'était pas un régime des aveugles, oserait-il célébrer des fêtes sans signification ni intérêt nationaux en ces moments de grave récession économique ?

Ce qui fait le plus mal au cœur, c'est que les jeunes affiliés au parti cndd-fdd, les tristement célèbres milices « imbonerakure » sont tellement aveugles à tel point qu'ils qu’ils ne voient pas le chômage auquel ils sont confrontés, la misère totale dans laquelle nombreux parmi eux vivent avec leur famille. Les pauvres, ils ne se rendent pas compte qu’ils sont des instruments de leur propre destruction !
Quand cesseront-ils de courir derrière l'ombre en voie de disparition progressive?

Voyons ensemble quelles sont les conséquences d'un régime des aveugles.

b. Les conséquences du régime de Nkurunziza.

Les conséquences d'un régime des dirigeants non-visionnaires sont multiples. A titre d'exemple, un régime dictatorial aveugle comme celui de Nkurunziza ne se soucie jamais de:
- relancer l'économie;
- encourager les investisseurs nationaux ou étrangers;
- assurer la sécurité de son peuple;
- coopérer avec les autres pays;
- assurer la gratuite de l'éducation et des soins de santé;
- combattre la corruption, le détournement des fonds publics, l'injustice, etc.
- lutter contre le chômage, l'inflation et faire face au manque de devises;
etc.

Mes chers compatriotes, notre chère patrie est déjà dans l’abîme de la dictature, la misère et l’insécurité pour le peuple. Elle a donc un besoin urgent d’un leader visionnaire, patriote, démocrate et rassembleur de l’ensemble de la population. Le Burundi a de nouveau besoin d’un héros de la trempe de Rwagasore, Ndadaye, Nkrumah, Lumumba, Castro, Ghandi ou Mandela, pour redonner l’espoir et la dignité à ce peuple meurtri. Ce qui est certain, des héros, des leaders dans notre pays existent. Que faut-il encore pour qu'ils émergent ?

Mes chers compatriotes, que faut-il faire pour briser toutes ces chaînes qui serrent sans cesse et sans pitié le cou du peuple burundais?

Écrit par Joseph

Le 16 juin 2017

]]>
Nouvelles du BurundiFri, 16 Jun 2017 13:25:44 +0000