Nouvelles du Burundi

vendredi, 04 mars 2016 20:14

Le Burundi au bord du chaos.

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Alors que l'économie plonge et que les assassinats d'opposants se multiplient, les dirigeants burundais se radicalisent de plus en plus, allant jusqu'à une forme d'épuration au cœur du pouvoir


Belvédère, il n'y a qu'un point de vue qui l'emporte sur le Burundi, et c'est celui, imprenable, dont on jouit depuis la terrasse. C'est le dernier restaurant chic de Bujumbura. Quand le jour décline, les rares clients se serrent les coudes au comptoir du bar, planté comme un nid d'aigle sur les hauteurs de la colline de Kiriri. Aux alentours, des soldats montent la garde devant les vastes demeures. L'élite du pays adore cette éminence, et son coup d'œil magistral sur la capitale burundaise, qui s'enfonce, comme apaisée, dans la brume du soir.

De nombreux observateurs burundais et étrangers sont ébahis devant le défilé sans fin des envoyés de la célèbre communauté internationale chez Nkurunziza. Ce dernier doit en aparté se délecter de ces nombreuses sollicitations dont il fait l'objet. Le défilé est sans cesse : les envoyés spéciaux des puissances mondiales, de l'UA, de l'UE, une délégation du Conseil de Sécurité des NU, le Secrétaire Général des NU en personne, et une délégation de quatre chefs d'Etats et un premier ministre africains envoyés par l'UA.....
Comment un président usurpateur de pouvoir, dont le régime a plongé le pays dans une pauvreté absolue, et est en train de le précipiter vers une guerre civile peut avoir droit à tant d'égards ?

Beaucoup de miliciens Imbonerakure ont quitté les provinces de l'intérieur du pays et ont été conduits dans les quartiers de Kamenge et Kinama au début de cette semaine dans l'optique de les utiliser dans la déstabilisation des quartiers de Kinama et Cibitoke de la mairie de Bujumbura. L'information a été livrée le 1 mars 2016 par un des miliciens Imbonerakure qui a voulu garder l'anonymat pour question de sa sécurité.

Burundi : Les enlèvements et les meurtres répandent la peur


Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait insister sur le déploiement d'une force de police internationale

(Nairobi) – Les autorités du Burundi s'en prennent avec une brutalité accrue aux opposants présumés, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les forces gouvernementales tuent, enlèvent, torturent et arrêtent arbitrairement de nombreuses personnes, à un rythme alarmant.
Alors que la capitale, Bujumbura, s'enfonce de plus en plus dans une situation de non-droit, les violations des droits humains ont pris des formes nouvelles. Alors que la découverte de cadavres dans les rues de Bujumbura était un phénomène quotidien pendant la seconde moitié de 2015, de nombreuses violations se produisent désormais à l'abri des regards, les forces de sécurité emmenant des personnes dans le plus grand secret et déclinant ensuite toute responsabilité pour leur sort.

Ceux qui ont suivi la crise burundaise depuis son début le savent, aucun facteur externe n'y a joué le moindre rôle. La controverse électorale mise à part, qui pourrait imaginer autre chose ?
Au fil du temps cependant, et au rythme d'une succession de drames suivis en temps réel par l'opinion mondiale – médias sociaux obligent – les autorités burundaises n'ont pas manqué de dénoncer la main de l'étranger à la ronde. Pays donateurs d'aide préoccupés par l'escalade des violences, pays d'accueil des réfugiés dont le nombre frôle les 200 000, ils ont dû subir l'ire d'un pouvoir secondé par une équipe de communication particulièrement sollicitée. Le 23 juillet 2015, les États-Unis et le Rwanda furent accusés d'ingérence et de tentative de déstabilisation. Dans la foulée, la Belgique fut épinglée par un haut dignitaire, pour son soutien supposé à des « terroristes » locaux. À ce jeu, c'est encore le Rwanda qui inspire les plus récentes récriminations et diatribes.

Les pouvoirs publics n'ont cessé de renforcer les restrictions pesant sur les droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique. Les manifestations organisées, entre autres, par des personnalités politiques de l'opposition et des militants de la société civile contre la décision du président de briguer un troisième mandat ont été réprimées violemment par les forces de sécurité, en particulier la police et le Service national de renseignement (SNR). La police a utilisé une force excessive face aux manifestants et les personnes détenues par le SNR ont subi des actes de torture et d'autres mauvais traitements. En outre, les forces de sécurité ont pris pour cible les locaux de médias indépendants et plusieurs opposants supposés au président ont été victimes d'homicides illégaux.

L'opposition burundaise en exil, regroupée au sein du Cnared, a dénoncé mardi une "fausse ouverture" après l'annonce par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, en visite à Bujumbura, que le président Pierre Nkurunziza s'était engagé à ouvrir un "dialogue inclusif" avec l'opposition.

Plusieurs policiers ne prennent plus le repas de la cuisine collective de crainte d'être empoisonnés. L'information a été livrée en date du 16 février 2016 par certains policiers qui ont préféré garder l'anonymat pour question de leur sécurité.

mercredi, 17 février 2016 11:23

Interview du Président du CNARED à Jeune Afrique

Écrit par

Léonard Nyangoma, « il est encore possible de négocier »
Il comprend ceux qui ont fait le choix des armes, mais ne s'y résout pas: le président du Cnared veut croire que toutes les voies du dialogue avec le pouvoir n'ont pas été épuisées.

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