Nouvelles du Burundi

Beaucoup de miliciens Imbonerakure ont quitté les provinces de l'intérieur du pays et ont été conduits dans les quartiers de Kamenge et Kinama au début de cette semaine dans l'optique de les utiliser dans la déstabilisation des quartiers de Kinama et Cibitoke de la mairie de Bujumbura. L'information a été livrée le 1 mars 2016 par un des miliciens Imbonerakure qui a voulu garder l'anonymat pour question de sa sécurité.

Burundi : Les enlèvements et les meurtres répandent la peur


Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait insister sur le déploiement d'une force de police internationale

(Nairobi) – Les autorités du Burundi s'en prennent avec une brutalité accrue aux opposants présumés, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les forces gouvernementales tuent, enlèvent, torturent et arrêtent arbitrairement de nombreuses personnes, à un rythme alarmant.
Alors que la capitale, Bujumbura, s'enfonce de plus en plus dans une situation de non-droit, les violations des droits humains ont pris des formes nouvelles. Alors que la découverte de cadavres dans les rues de Bujumbura était un phénomène quotidien pendant la seconde moitié de 2015, de nombreuses violations se produisent désormais à l'abri des regards, les forces de sécurité emmenant des personnes dans le plus grand secret et déclinant ensuite toute responsabilité pour leur sort.

Ceux qui ont suivi la crise burundaise depuis son début le savent, aucun facteur externe n'y a joué le moindre rôle. La controverse électorale mise à part, qui pourrait imaginer autre chose ?
Au fil du temps cependant, et au rythme d'une succession de drames suivis en temps réel par l'opinion mondiale – médias sociaux obligent – les autorités burundaises n'ont pas manqué de dénoncer la main de l'étranger à la ronde. Pays donateurs d'aide préoccupés par l'escalade des violences, pays d'accueil des réfugiés dont le nombre frôle les 200 000, ils ont dû subir l'ire d'un pouvoir secondé par une équipe de communication particulièrement sollicitée. Le 23 juillet 2015, les États-Unis et le Rwanda furent accusés d'ingérence et de tentative de déstabilisation. Dans la foulée, la Belgique fut épinglée par un haut dignitaire, pour son soutien supposé à des « terroristes » locaux. À ce jeu, c'est encore le Rwanda qui inspire les plus récentes récriminations et diatribes.

Les pouvoirs publics n'ont cessé de renforcer les restrictions pesant sur les droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique. Les manifestations organisées, entre autres, par des personnalités politiques de l'opposition et des militants de la société civile contre la décision du président de briguer un troisième mandat ont été réprimées violemment par les forces de sécurité, en particulier la police et le Service national de renseignement (SNR). La police a utilisé une force excessive face aux manifestants et les personnes détenues par le SNR ont subi des actes de torture et d'autres mauvais traitements. En outre, les forces de sécurité ont pris pour cible les locaux de médias indépendants et plusieurs opposants supposés au président ont été victimes d'homicides illégaux.

L'opposition burundaise en exil, regroupée au sein du Cnared, a dénoncé mardi une "fausse ouverture" après l'annonce par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, en visite à Bujumbura, que le président Pierre Nkurunziza s'était engagé à ouvrir un "dialogue inclusif" avec l'opposition.

Plusieurs policiers ne prennent plus le repas de la cuisine collective de crainte d'être empoisonnés. L'information a été livrée en date du 16 février 2016 par certains policiers qui ont préféré garder l'anonymat pour question de leur sécurité.

mercredi, 17 février 2016 11:23

Interview du Président du CNARED à Jeune Afrique

Écrit par

Léonard Nyangoma, « il est encore possible de négocier »
Il comprend ceux qui ont fait le choix des armes, mais ne s'y résout pas: le président du Cnared veut croire que toutes les voies du dialogue avec le pouvoir n'ont pas été épuisées.

Les motos-taxis sont interdits de circulation dans le centre de Bujumbura à partir de mardi, et des patrouilles de policiers fouillent également les véhicules qui circulent d'une commune à l'autre de la capitale. Lundi, plusieurs explosions de grenades ont fait un mort et une trentaine de blessés.

L'Union européenne a menacé lundi le Burundi de suspendre son aide directe après les attaques à la grenade de la matinée. Un enfant y avait été tué et au moins 30 personnes blessées à Bujumbura.
Ces violences et l'absence de dialogue politique entre le régime de Pierre Nkurunziza et l'opposition ont conduit l'Union européenne (UE) à menacer de suspendre son aide directe à Bujumbura, mais la décision sera prise « dans les prochaines semaines », a expliqué la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, à Bruxelles.

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