Frantz Buntuhttp://cndd-burundi.com Thu, 13 Dec 2018 22:09:48 +0000fr-frDECLARATION DU CNDD SUITE AU DECES DE FIDEL CASTRO PERE DE LA REVOLUTION CUBAINEhttp://cndd-burundi.com/actualites/declarations/850-declaration-cndd-deces-fidel-castro-pere-revolution-cubaine http://cndd-burundi.com/actualites/declarations/850-declaration-cndd-deces-fidel-castro-pere-revolution-cubainePrésidents Castro et Mandela

Nous avons appris avec beaucoup d’affliction la disparition du Président Fidel Castro, père de la révolution cubaine.

Dans ces circonstances très douloureuses le parti CNDD du Burundi déclare ce qui suit :

1. L’ensemble des militants du CNDD se joignent à moi pour présenter nos condoléances les plus émues au peuple cubain.
2. Le parti CNDD s’incline devant le père de la Révolution cubaine qui a libéré son peuple de la dictature de Fulgencio Batista et sorti le Cuba des serres de l’impérialisme et de la domination.
3. Le parti CNDD salue la mémoire de cette grande figure de la solidarité révolutionnaire et internationale qui a énormément œuvré à la libération de l’Afrique de la colonisation et à l’anéantissement du régime abject de           l’apartheid en Afrique du Sud.
4. Le parti CNDD reste convaincu que le peuple cubain saura garder jalousement le grand legs d’indépendance nationale, de socialisme et de solidarité révolutionnaire et internationale laissée par le Président Fidel Castro.

Fait à Bujumbura, le 26 novembre 2016
Pour le CNDD,
Léonard NYANGOMA, président

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frantz.buntu@yahoo.fr (Frantz Buntu)DéclarationsSun, 27 Nov 2016 20:05:13 +0000
Gabon : Lutte politique et chicanes entre les héritiers du patriarche Omar Bongo Ondimbahttp://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/826-gabon-lutte-plitique-chicanes-entre-heritiers-patriarche-bongo http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/826-gabon-lutte-plitique-chicanes-entre-heritiers-patriarche-bongoMM Jean PING et Ali BONGO

L’Afrique des conflits et des guerres, l’Afrique immature, non prête pour la démocratie, a resurgi dans les médias au lendemain de la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle au Gabon, le 31 août 2016.  Le journal « Le Monde » va jusqu’à demander s’il faut encore organiser des élections présidentielles en Afrique[1]. Selon les résultats de la Commission Electorale Nationale Autonome  et Permanente (CENAP), le Président sortant Ali Bongo avait gagné l’élection avec 49,85%     contre 48,23%  pour son principal adversaire politique, Jean Ping. De façon quasi-immédiate, des partisans supposés  de l’opposant se sont livrés à une vague de violences inouïes. Le Gabon, pays qui jusqu’au 31 août 2016 pouvait être considéré comme un havre de paix dans une sous-région très troublée, va-t-il aussi basculer dans une guerre civile ?

Qui sont les principaux acteurs ?

Ali Bongo Ondimba est comme son patronyme l’indique le fils du 2ème président du Gabon, Omar Bongo Ondimba qui a régné sur ce pays de 1967 à 2009, soit pendant 42 ans. L’appui de la France de De Gaulle à Sarkozy, en passant par François Mitterrand a été constant et déterminant. A sa mort, il a laissé un pays en friche, malgré des décennies d’exploitation du pétrole, du bois et de nombreux minerais dont l’uranium et le manganèse. Ali Bongo a été brièvement son ministre des affaires étrangères  puis de la défense nationale pendant 10 ans.

Quant à Jean Ping, il est de mère gabonaise et de père chinois, et a occupé des postes de haute responsabilité sous le règne de Bongo-père : représentant du Gabon à l’Unesco, Directeur de cabinet du président de la république, puis  a successivement  occupé six postes ministériels dont celui des affaires étrangères, avant d’être propulsé président de la Commission de l’Union Africaine. Sur le plan familial, Jean Ping a eu comme compagne Pascaline Bongo, véritable princesse de la famille, et ils ont eu deux enfants.

En réalité, Ali Bongo et Jean Ping appartiennent tous les deux  à la famille Bongo et sont issus de la même famille politique le PDG, Parti Démocratique Gabonais, fondé par Bongo-père en 1968.

Qu’est-ce qui les oppose ?

Le conflit de génération 

Ali est quinquagénaire et s’est entouré de jeunes loups décidés à tourner la page des « caciques » du PDG, entendez par là, les camarades de première heure de Bongo-père. Jean Ping est un septuagénaire qui s’est entouré des ex « apparatchiks » du PDG presque tous des septuagénaires voire octogénaires, qui pour certains ont tourné casaque à la mort de Bongo-père et pour d’autres ont attendu la veille de la dernière élection présidentielle pour décider de quitter le navire qu’ils jugeaient déjà tanguant. Ils sont des anciens barons  du PDG qui est au pouvoir depuis 48 ans : un ex vice-président, deux ex premiers ministres, deux ex présidents de l’assemblée nationale, et de nombreux ex ministres, etc.

Une vision politique différente 

Bien que fils du président-patriarche, Ali Bongo a une vision relativement moderne de l’Etat. Depuis sa prise de pouvoir il y a 7 ans,  il a fait des efforts (encore insuffisants) dans la mise en place des infrastructures économiques et sociales : routes, barrages hydroélectriques, hôpitaux, usines de traitement d’eau, etc. L’assurance-maladie universelle bien qu’imparfaite est une réalité pour la majorité des Gabonais. Certes la corruption et les détournements des deniers publics sont loin d’avoir disparu mais se font plus discrètement. Il faut rappeler qu’il a hérité d’un pays en friche, et où les ministres géraient le budget de leurs portes-feuilles à leur guise.

Il a également initié une diversification de l’économie gabonaise et un début d’industrialisation du Gabon. Le bois exporté à l’état brut depuis plus d’un siècle, doit désormais  subir au moins une 1ère transformation avant toute exportation. Et à l’horizon 2025, tous les minerais devront subir au moins une première transformation avant d’être exportés. Ceci a fait et fait toujours grincer des dents dans  certains milieux d’hommes d’affaires, surtout français.

L’un des projets phares dont s’enorgueillit le président sortant est le projet GRAINE, dont l’objectif déclaré est de sortir le pays de sa dépendance alimentaire. Les critiques d’Ali font néanmoins remarquer qu’aussi bien au niveau agricole qu’industriel, Ali ne fait pas appel à des capitaux nationaux et ne favorise pas une agriculture vivrière, mais s’en remet uniquement à des multinationales qui viennent se faire de l’argent, en laissant croire, par la main d’oeuvre qu’elles exploitent, qu’elles ont participé au développement du pays. Ainsi, Ali et son entourage ne seraient qu’une bourgeoisie compradore, une bourgeoise–relais qui cherche à donner le change.

Sur le plan international, Ali Bongo a pris une relative indépendance par rapport à l’ex tutelle. Aussi a-t-il diversifié la coopération internationale, la Chine devenant même le premier partenaire économique du Gabon.

Mais tout est loin d’être rose, le Gabonais moyen a de la peine pour joindre les bouts de mois : le transport, le logement, la scolarité des enfants, le panier de la ménagère grèvent lourdement le budget des familles.

Jean Ping semble adulé par les partisans de la Françafrique. Pierre Péan, Robert Bourgi seraient ses principales boîtes à idées. Il serait  soutenu par le Congo-Brazzaville et la Côte d’Ivoire, deux régimes très liés aux intérêts français.

Conflit interpersonnel

Le conflit remonterait aux années 90 avec la mort de l’opposant Rendjambe, apparenté à Ping. Des soupçons se seraient à l’époque dirigés vers Ali Bongo.

Mais la véritable source de leur inimitié serait la défaite de Jean Ping face à  madame Dlamini Zuma au poste de président de la Commission  de l’Union Africaine[2]. Ping aurait reproché à Ali Bongo de ne l’avoir pas soutenu. Il aurait alors déclaré qu’il lui ferait perdre la présidence du Gabon, comme il lui avait fait perdre la présidence de la Commission de l’Union Africaine. Quand en 2014 il entre dans l’opposition, J. Ping déclare devant le courant radical de l’Union Nationale dit des Souverainistes : « Après ma défaite, je suis rentré au Gabon avec l’intention de m’installer tranquillement dans mon village, sans gêner personne. Je ne voulais pas faire de politique…. On a tout fait pour que je ne travaille pas avec le Gabon. On a même suggéré à mes enfants de s’exiler.  Je leur dit dans des termes très clairs, puisque vous m’avez emmerdé, je vais vous emmerder[3] [4]».

Comment est-on arrivé à l’actuelle crise électorale ?

 Une  précampagne et une campagne  électorales axées sur l’émotion nationaliste[5].

 La précampagne débute véritablement en fin octobre 2014, après la sortie du livre de Pierre Péan, intitulé : Nouvelles Affaires africaines. Mensonges et pillages au Gabon, chez Fayard, en octobre 2014. Dans le livre l’auteur affirme que M. Ali Bongo ne serait pas un Gabonais d’origine. L’opposition gabonaise saisit la balle au bond et exige tout simplement la démission du président. La constitution gabonaise exigeant que le président de la République soit Gabonais de naissance. Le Président est aussi accusé de s’entourer « d’une légion étrangère », ce terme visant des Gabonais naturalisés ou des étrangers qui seraient dans le cabinet présidentiel. Le plus controversé est son directeur de cabinet, M. Maixent Acrombessi qui est gabonais naturalisé mais d’origine béninoise. Cette campagne culmina avec l’incendie criminel des locaux de l’ambassade du Bénin au Gabon en avril 2015, après la mort d’un militant de l’opposition lors d’une manifestation.

La campagne électorale s’enchaîna dans la droite ligne de la précampagne. L’opposition tabla d’abord sur l’invalidation de la candidature du président sortant pour ses origines qui ne seraient pas gabonaises. Se rendant compte que la CENAP ne rejettera pas la candidature d’Ali Bongo, l’opposition parviendra à se coaliser contre ce dernier. Outre ses  origines étrangères alléguées, il est accusé de privilégier les étrangers et de perpétuer une oligarchie. Pourtant la quasi-totalité des opposants sont de véritables oligarques du système Bongo. Jean Ping  est lui-même un véritable archétype des barons du régime Bongo-père.  Le discours semble pourtant séduire : la  population  semble lassée de ce qui est vu comme une dynastie Bongo. Dans la rue, certains reconnaissent que le président actuel a du mérite par ses réalisations, mais qu’ils en ont assez des Bongo ! La campagne électorale de l’opposition semble se résumer en trois mots : Tout sauf Ali.

Le président sortant, se dépense pour défendre son bilan, et  promettre d’améliorer les choses dans le prochain mandat. Il promet notamment de s’occuper plus particulièrement de l’éducation reléguée au second plan pendant son premier mandat et de promouvoir «  l’égalité des chances », un de ses derniers slogans de campagne.

L’élection et les résultats.

Le déroulement de l’élection se passe  globalement dans le calme. Les observateurs internationaux sont satisfaits. Mais dès le surlendemain du scrutin, M. Jean Ping proclame sa propre victoire. Avec un brin d’humour, il demande même que M. Ali Bongo lui adresse des félicitations. Ses partisans jubilent tandis que dans le camp en face c’est l’inquiétude. Mais seuls les résultats de la CENAP ont une valeur juridique. L’opinion nationale attend avec impatience pendant quatre longs jours pour un électorat d’un peu plus de six cent mille personnes. Le 31 août 2016, le ministre de l’intérieur déclare Ali Bongo vainqueur sur la base des résultats transmis par la CENAP. La province natale d’Ali Bongo aurait fait la différence avec une participation proche de 100% ; et des votes pour leur congénère de 95%.  Cela est inacceptable pour le camp de M. Ping.  Il s’ensuivit une explosion de violence: barricades, pillages des commerces, incendies des véhicules, et même des immeubles dont celui de l’Assemblée Nationale. Pendant quatre jours, dès le début de l’après-midi jusque tard la nuit, des jeunes affrontent la police, saccagent et pillent. Les médias aussi bien proches du pouvoir que de l’opposant Jean Ping ont été détruits.  Ce qui semble indiquer que la violence n’a pas été du seul côté de l’opposition.

  Les forces de sécurité ont quant à elles attaqué le quartier général de Monsieur Ping. Des arrestations sont opérées, on enregistra aussi des blessés et des morts dont le nombre varie de trois à plusieurs dizaines de victimes selon que la source est gouvernementale ou de l’opposition

 Les réactions.

Pendant quatre jours, les Gabonais habitués à un climat de paix sont terrés chez eux. Le service public est paralysé, les hôpitaux fonctionnent à minima. Même les patients ont du mal à rejoindre les structures sanitaires, faute de moyens de transport. Les  boulangeries encore en fonction sont pris d’assaut par la population à la recherche du pain devenu denrée rare.  Le cinquième jour une relative accalmie revint et le 1er Ministre lance un appel à la reprise du travail. Les activités ont progressivement repris depuis lundi le 05 septembre ; mais de nombreux agents de l’Etat restent absents de leurs postes, probablement par peur ou à cause de la colère pour certains partisans de Jean PING. Ce dernier exigea le recomptage, bureau de vote par bureau de vote,  des voix dans le Haut-Ogooué, province natale de son rival.  Il demanda par ailleurs aux Gabonais de rester à la maison.

L’Occident semble prendre fait et causes pour Jean PING. Robert BOURGI, héritier spirituel de Jacques Foccart et  connu pour avoir été très proche de Bongo-père est désormais le pourfendeur de Bongo-fils. Les médias français semblent convaincus de la tricherie de la CENAP au profit du président Ali Bongo. L’Union Européenne, les USA et la France exigent un recomptage des voix. Le Secrétaire Général des Nations Unies qui a une bonne mémoire n’a pas osé demander un recomptage des voix qu’elle avait refusé en Côte d’Ivoire lors de la crise de 2010. Mais il a demandé le respect de la légalité et de la transparence.

L’opinion africaine est globalement mesurée, elle est contre toute « monarchisation » de la République, contre toute « dynastie  républicaine » comme cela semble le cas au Gabon et au Togo. Les africains tiennent aussi à une élection transparente et au respect du choix du peuple. Mais ils sont aussi méfiants vis-à-vis de PING. Sa campagne électorale teintée d’une bonne dose de xénophobie inquiète. Et tout le monde se rappelle que, Président de la Commission de l’Union Africaine, il avait refusé le recomptage des voix en Côte d’Ivoire que réclamait le Président Laurent  Gbagbo en 2010. Le soutien que lui apportent les grands activistes de la « Françafrique » rend de nombreux africains presque hostiles à Mr Jean PING.

En attente de l’épilogue.

Après avoir déclaré qu’il n’adressera pas de recours à la Cour Constitutionnelle, M. Jean PING s’y est finalement résolu à la limite  du délai légal. Il exige toujours le recomptage des voix dans le Haut-Ogooué où les soupçons de tripatouillage sont plus pesants. Les Gabonais et l’opinion publique africaine et internationale sont suspendus à la décision de la Cour Constitutionnelle. Mais le doute règne quant à l’impartialité de celle-ci.  Si elle est présidée par une ex compagne de Bongo-père,   une nièce de M. Jean PING figurerait parmi les membres de la Cour et trois des sages ont été nommés par Mr Guy NZOUBA NDAMA, ex président de l’Assemblée Nationale désormais dans le camp de PING.

Tout le monde craint une crise majeure au cas où l’opposition n’aurait pas gain de cause pour sa principale revendication, à savoir le recomptage des voix dans le Haut-Ogooué. Une nouvelle explosion de violence est à craindre, certains vont jusqu’à prédire une possible guerre civile. Ce qui serait un grand dommage pour ce pays peuplé seulement de 1.8 million d’habitants dont 300 mille étrangers. Le Gabon cesserait d’être l’exception en Afrique Centrale, sous-région marquée par de nombreux conflits armés.

Conclusion 

Le conflit entre le Président sortant et son challenger ne semble pas uniquement politique. M. PING a su mobiliser une bonne partie de l’électorat lassé par près de 50 ans de règne des Bongo. Les Gabonais ne sont pas dupes, ils savent que PING fait partie de l’oligarchie qui règne sur le pays depuis un demi-siècle. Mais ils sont conscients aussi que seul un membre de la famille dirigeante pouvait aussi créer des  fissures dans  l’édifice. M. Jean PING  s’était engagé à ne faire qu’un seul mandat, ce qui semble convenir à un bon nombre de Gabonais qui le considèrent comme un président de transition.

Les dirigeants africains qui disent vouloir mener leurs pays vers l’émergence se lancent dans la mise en place des infrastructures tous azimuts. Au vu de ce qui précède, ils devraient savoir concilier les besoins quotidiens des populations et la construction de ces infrastructures. Et tout homme politique africain doit savoir aussi tenir compte des besoins immatériels des populations tels  la soif de l’alternance.

Il est aussi fondamental que le choix du peuple soit respecté. Personne n’a le droit de décider à sa place ; si ce peuple se rend compte qu’il s’est trompé, il aura l’occasion d’opérer un meilleur choix aux prochaines échéances électorales. Cela contribuera du reste,  à la maturité politique des citoyens.

Enfin, quel que soit celui qui sera déclaré vainqueur par la Cour Constitutionnelle, il devra faire preuve de modestie. Il aura obtenu moins de 50% des suffrages des 53% du corps électoral qui ont daigné aller déposer leurs bulletins dans les urnes. Il aura le devoir de concilier et rassembler les Gabonais en œuvrant courageusement pour le dialogue et le pardon.


[4]https://www.youtube.com/watch?v=2XFzBqHvGyY

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frantz.buntu@yahoo.fr (Frantz Buntu)Actualités internationalesFri, 23 Sep 2016 05:18:20 +0000
Nkurunziza et la communauté internationale se tiennent-ils par la barbichette ?http://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/766-nkurunziza-communaute-internationale-se-tiennent-barbichette http://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/766-nkurunziza-communaute-internationale-se-tiennent-barbichetteNkurunziza et la communauté internationale se tiennent-ils par la barbichette ?

De nombreux observateurs burundais et étrangers sont ébahis devant le défilé sans fin des envoyés de la célèbre communauté internationale chez Nkurunziza. Ce dernier doit en aparté se délecter de ces nombreuses sollicitations dont il fait l'objet. Le défilé est sans cesse : les envoyés spéciaux des puissances mondiales, de l'UA, de l'UE, une délégation du Conseil de Sécurité des NU, le Secrétaire Général des NU en personne, et une délégation de quatre chefs d'Etats et un premier ministre africains envoyés par l'UA.....
Comment un président usurpateur de pouvoir, dont le régime a plongé le pays dans une pauvreté absolue, et est en train de le précipiter vers une guerre civile peut avoir droit à tant d'égards ?

Le pharisaïsme de la communauté internationale.
Dès le lendemain de l'officialisation de la candidature de Nkurunziza au 3ème mandat illégal le 26 avril 2015, des manifestations pacifiques ont débuté, suivies d'une violente et sanglante répression. Des condamnations, des menaces de sanctions ont plu donnant l'illusion au peuple et à l'opposition burundaise d'être soutenus par la communauté internationale. Nkurunziza et son club ont malgré tout organisé à leur manière leurs élections presque sans témoin. Puis il a distribué les voix comme il l'entendait, ensuite les rôles dans cette sorte de bouffonnerie étatique et macabre. Parallèlement, la répression, la rhétorique ethniciste, les attaques belliqueuses contre la Belgique puis contre le Rwanda sont montées pour atteindre le faîte de l'indécence et de la paranoïa. La fameuse communauté internationale a accentué ses verbales condamnations, pris quelques « micro sanctions1 » . Nkurunziza a quant à lui poursuivi sa campagne de terreur et d'horreur contre la population burundaise : des arrestations massives, des assassinats, des viols, des exécutions extrajudiciaires souvent après des jours de torture et de viols, des fosses communes, des centaines de milliers de réfugiés, de la misère ; aucune souffrance n'est épargnée au peuple burundais. Mais au sein de la communauté internationale, derrière de grandiloquentes condamnations, chacun fait son petit calcul. Le Burundi est certes petit et pauvre2 , mais est situé au cœur de la Région des Grands Lacs africains, au bord du lac Tanganyika qui constitue un carrefour entre l'Afrique Orientale, Australe et Centrale. Et cette vaste région a un sous sol riche, des terres arables, des forêts et beaucoup d'eau douce.
Aussi, chaque membre de ladite communauté internationale veut garder son œil sur cette région, donc avoir un pied à Bujumbura, capitale du Burundi. Et dans ces calculs d'intérêts géostratégiques, quelques centaines voire de milliers de vies de burundais pèsent relativement très peu. Quant à la démocratie, c'est encore un trop grand luxe réservé aux « peuples civilisés », comme dirait un vieil ex-chef d'Etat européen.

Le sommet de l'absurdité ou quand Nkurunziza crie au secours.
Pour mieux détourner l'attention de ses crimes, le pouvoir de Nkurunziza n'a cessé de crier aux loups.
Dans le premier temps, Nkurunziza a joué sur la rivalité actuelle entre l'Occident et les pays dits émergeants. Il a envoyé ses émissaires dans plusieurs pays dits émergeants pour expliquer qu'il est persécuté par l'Occident qui veut imposer son genre de démocratie à tout le monde. La Belgique était tout simplement accusée de vouloir recoloniser le Burundi à travers quelques dirigeants politiques de paille. Etant donné les antécédents assez récents en Libye, en Irak, au Venezuela et ailleurs, Nkurunziza s'est vite attiré la sympathie des dirigeants de certains pays émergeants, qui ne sont pas moins intéressés par la position géostratégique du Burundi. Certaines organisations de gauche ont vu en lui un nationaliste burundais, proche des populations paysannes, persécuté également par les intérêts capitalistes. Ici la population burundaise a été victime de ce que Jean Ziegler appelle « La haine de l'Occident », qui sont un ensemble de « manifestations identitaires, fondées sur un profond désir d'émancipation et de justice émanant des peuples du Sud. »3
Nkurunziza n'est ni un nationaliste, ni un homme proche des paysans, il a su manipuler les uns et les autres. Il a brillamment imité le dictateur Mobutu, qui n'hésitait pas à faire des clins d'œil à la Chine de Mao Tse Tung quand ses amis occidentaux lui exigeaient de maquiller sa dictature de quelques paillettes démocratiques.
En deuxième temps, le Rwanda était accusé de recruter et former des combattants parmi les réfugiés burundais. Et des rapports ont été pondus par les Nations Unies et les USA. Les inimitiés entre le Rwanda et certains pays de la région devaient faire le reste. Du coup, les causes mêmes de ces réfugiés ont été oubliées pour ne se focaliser que sur les conséquences. La candidature de Nkurunziza au 3ème mandat présidentiel en violation de la Constitution et de l'Accord d'Arusha, l'organisation des élections dans un contexte de confusion totale et de répression, tous ces faits graves à l'origine de la crise actuelle sont entrain d'être couverts d'un voile de realpolitik.

Les apparents succès de Nkurunziza.
Depuis le dernier sommet de l'UA qui a enterré l'idée d'envoyer une force de maintien de la paix au Burundi, Nkurunziza et son club semblent aller de succès en succès. Les émissaires de la fameuse Communauté Internationale semblent désormais s'adresser aux usurpateurs de Bujumbura avec beaucoup d'humilité. L'on a vu un envoyé spécial des Etats Unis aux fameux travaux communautaires aux côtés de Nkurunziza. Le Secrétaire Général des Nations Unies était tout heureux d'arracher la promesse d'une hypothétique libération de 1200 prisonniers et des négociations inclusives. Or à peine parti, le président de la République a sorti un décret de grâce présidentielle qui ne concerne que : « les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes handicapées, les personnes âgées de plus de 60 ans et les prisonniers atteints de maladies chroniques incurables ». Donc, aucun prisonnier politique ne semble concerné. Cette libération semble avoir le but de faire de la place pour les jeunes prisonniers politiques qui étaient détenus depuis quelques temps dans des containers faute de place dans les prisons archicombles du pays. Quant aux négociations inclusives, le tout puissant conseiller spécial de Nkurunziza en communication a rapidement déclaré que ni le CNARED , ni les mouvements rebelles ne participeront aux négociations. Quelques jours après Nkurunziza a reçu une délégation de 4 chefs d'Etats et un premier ministre africains délégués par l'Union africaine. Et au lieu d'appeler à de véritables sanctions les seules à même d'obliger Nkurunziza à négocier avec l'opposition, les compères ont plutôt demandé de rétablir l'assistance financière suspendue. Ni l'opposition ni la société civile n'ont été déçues, car sachant d'avance que cette énième initiative était vouée à l'échec.
Nkurunziza est convaincu que la communauté internationale est plurielle, avec des intérêts divergents. Il joue avec dextérité sur leurs rivalités. Nkurunziza sait aussi, qu'il tient la même communauté internationale grâce aux six mille militaires (6 000) engagés dans des missions de paix en Somalie et en Centrafrique. Le même Nkurunziza ne peut totalement rompre avec la communauté internationale puisque ces braves soldats lui permettent en même temps d'engranger des dividendes non seulement diplomatiques mais surtout des espèces sonnantes et trébuchantes. En somme Nkurunziza et la communauté internationale se tiennent par la barbichette.

Le dernier mot sera au peuple burundais.
Pendant que Nkurunziza et les « grands de ce monde » font leurs calculs, leurs compromis et compromissions, le peuple se meurt. La misère frappe, les étudiants internes de la seule et unique université publique du pays n'ont plus droit au petit déjeuner, les élèves internes des écoles secondaires sont affamés, les subventions de l'Etat n'étant plus versées. Les hôpitaux déjà en piteux état avant la crise, manquent de tout. Les populations victimes des catastrophes naturelles ne peuvent plus être secourues.
Tous les moyens financiers sont mobilisés pour la milice imbonerakure, la police et l'armée. L'heure est à la recherche des moyens sophistiqués pour mettre à l'écoute tout le monde et partout, à l'achat de toute sorte d'armes. Bref, tous les fonds sont pour la sécurité du régime. Le reste de moyens servent à sillonner les campagnes pour distiller le venin de la haine ethnique dans les populations rurales. Des proches du pouvoir se félicitaient récemment en privé du succès de cette campagne destinée à diviser la population sur des bases ethniques.
Mais il est trop tôt de crier victoire ; les femmes et hommes politiques, et de la société civile ne semblent pas être prêts d'abandonner la lutte. Le CNARED4, voué aux gémonies par le régime de Nkurunziza semble incarner actuellement l'espoir de la majorité de la population burundaise. Trois à quatre organisations armées se sont déjà fait connaître dans les médias sans que l'on sache leur poids réel sur le terrain. Récemment, même le Ministre de la Sécurité Publique a reconnu devant les députés de Nkurunziza qu'il existe des organisations politico-militaires. Il en avait dénombré trois. Et le peuple semble avoir engrangé la première victoire : la sauvegarde de l'unité entre les hutus et les tutsis malgré tous les moyens aussi nocifs que sordides que le pouvoir a déployé pour les diviser. Si cette unité est préservée, il ne fait aucun doute que le pouvoir oppressif et dictatorial a ses jours comptés.

 

  1. Seules la Belgique, la Hollande et l'Allemagne ont pris de véritables sanctions en suspendant leur aide au gouvernement burundais.
  2. Le pays a une grande réserve de nickel inexploité, des permis d'exploration du pétrole ont déjà été explorée, et des rumeurs sur l'existence d'importants gisement d'or circulent dans les milieux du pouvoir en place.
  3. La Haine de L'Occident par J. Ziegler, p.30
  4. Le CNARED est une plate-forme politique qui regroupe des partis politiques, organisations de la société civile et des ex hautes personnalités burundaises qui s'opposent au 3ème mandat de Nkurunziza.
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frantz.buntu@yahoo.fr (Frantz Buntu)Nouvelles du BurundiThu, 03 Mar 2016 20:16:51 +0000
Burundi : 2015 l’année du refus et de la dignité.http://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/710-burundi-2015-dignite-refus http://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/710-burundi-2015-dignite-refusBurundi : 2015  l’année  du refus et de la dignité.

L'année 2015 marquera indéniablement et durablement l'histoire du Burundi. De nombreux observateurs avaient prédit que ce serait une année difficile. Les élections générales étaient un sujet de préoccupation avec une candidature déjà annoncée pour le 3ème mandat présidentiel de Nkurunziza. Mais d'aucuns pensaient qu'après quelques remous, tout devrait rentrer dans l'ordre comme partout ailleurs en Afrique. N'est-ce pas que dans certains milieux diplomatiques l'on affirmait que Nkurunziza « maîtrisait » la question de sécurité ?

La prépondérance des intérêts d'une clique et la haute trahison.

Quand le 30 et 31 octobre 2014 le peuple Burkinabe a chassé Blaise Comparé du palais présidentiel, les bouffons et les thuriféraires de la cour de Nkurunziza se sont empressés de clamer que le Burundi n'était pas le Burkina-Faso. Pourtant, tous les signaux étaient au rouge, les burundais tenaient au prescrit des accords d'Arusha et de la constitution. Une candidature de Nkurunziza au 3ème mandat était inacceptable, pour les populations burundaises, insoutenable pour les partenaires internationaux. Et ses services de renseignements (SNR) dirigés alors par le Général Niyombare avaient conclu « une note de renseignement » du 13 février 2015 en ces termes :

« Hormis les spéculations politiciennes au sein du Cndd-Fdd pour protéger les intérêts de certains individus ; pour l'honneur du Président Nkurunziza et pour son bel avenir ; ..., pour préserver la paix et la stabilité...

Le SNR est conscient que son Excellence le Président Nkurunziza est en train d'exécuter son deuxième mandat comme Président de la République du Burundi. Tenant compte de cela, le SNR conseille que :

Le Président Nkurunziza et le Cndd-Fdd choisissent un nouveau candidat de poigne capable de conduire le pays, la population et le Cndd-Fdd vers un avenir radieux... »

Mais Nkurunziza passera outre, et se fera désigner candidat du Cndd-Fdd, le 25 avril 2015. Cette candidature fut une trahison de son serment et du peuple burundais, afin de protéger des intérêts d'une clique au pouvoir. Il venait de violer la Constitution et l'Accord de paix d'Arusha qui excluent un troisième mandat pour tout président.

Le « non » au 3ème mandat et la bravoure du peuple burundais.

Depuis l'avènement de Nkurunziza au pouvoir en 2005, les faucons du Cndd-Fdd n'ont jamais caché le désir de s'accrocher au pouvoir par tous les moyens. En privé, ils disaient sans détour et avec un brin d'humour, que le Cndd-Fdd resterait au pouvoir jusqu'au retour de Jésus-Christ !! Nkurunziza et sa clique avaient savamment préparé leur forfaiture. Côté répression, ils ont créé une milice imbonerakure camouflée en la jeunesse du parti. Leur nombre était déjà estimé à 30 000 membres en 20061 selon Mme Alice Nzomukunda ancienne 2ème Vice-présidente militante du même parti à l'époque. Nkurunziza pouvait aussi compter sur une certaine frange de la police. Pour la couverture légale, la corruption et les promotions de tout genre allaient avoir raison de la Commission Electorale Nationale Indépendante(CENI), de la Cour Constitutionnelle et de certains juges.

Mais Nkurunziza avait sous estimé le degré de l'exaspération de la jeunesse. Pendant ses dix ans de règne, la concussion, la gabegie, la corruption et les malversations économiques ont plongé la grande majorité de la population dans la misère et le désespoir. Une petite minorité de nouveaux riches arrogants se prélassaient pendant ce temps sur des matelas de liasses et roulaient les carrosses.

Cette jeunesse désespérée, mais éduquée, avec un certain niveau de conscience politique, était déterminée à barrer la route à un 3ème mandat de Nkurunziza aussi illégal qu'illégitime. Elle a envahi les rues de la capitale dès le lendemain de l'annonce de la candidature de Nkurunziza. Ces manifestations pacifiques furent réprimées avec violence : des balles réelles furent tirées, entraînant de nombreux morts, des arrestations suivies de tortures ainsi que des emprisonnements furent massifs. Mais les manifestations se poursuivirent, et la répression s'amplifia faisant de plus en plus de victimes. Ainsi commencèrent des actes de résistance armée, d'abord dans les quartiers de la capitale, puis dans les zones rurales.

La répression n'épargna pas les forces de sécurité. Les militaires et les policiers soupçonnés de ne pas soutenir le 3ème mandat ont été arrêtés, humiliés, torturés ou tués. D'autres ont fini par prendre la clé des champs avec armes et bagages.

La dignité du peuple burundais et le « non » à la division ethnique.

Nkurunziza qui a prêté serment sur la « Charte de l'Unité Nationale » n'a pas hésité d'essayer de manipuler l'appartenance ethnique pour diviser le peuple. Des discours haineux tendant à faire croire que seuls les ressortissants de la communauté Tutsi étaient opposés à son 3ème mandat ont été distillés par ses fidèles immédiats. Se faisant passer pour le défenseur de la communauté Hutu, des appels à peine voilés à la solidarité ethnique ont été lancés. Mais le peuple a retenu de l'histoire récente du Burundi, que le pouvoir n'a pas d'ethnie. Il n'y a pas de pouvoir Hutu, il n'y a pas de pouvoir Tutsi. Il y a le pouvoir qui cherche le bien de l'ensemble de la population et le pouvoir qui protège une clique de criminels et d'exploiteurs du peuple. Ce dernier type de pouvoir excelle dans la manipulation des communautés ethniques pour diviser la population afin de mieux l'assujettir. La réponse du peuple fut donc NON à cette volonté de divide et impera.

Cela se concrétisa non seulement sur le terrain des manifestations, mais aussi au niveau de l'organisation avec la naissance du CNARED-GIRITEKA, forum rassemblant les partis d'opposition dans leur diversité, les organisations de la société civile, trois des quatre anciens présidents de la république, et d'autres hauts dignitaires du pays.

La persévérance dans le crime de Nkurunziza et sa clique.

Le peuple burundais a reçu dans sa lutte, le soutien de la plupart des partenaires du pays. Aussi, la Communauté Est-africaine(EAC), l'Union Africaine(UA), l'Union Européenne, les Etats-Unis ont désavoué le pouvoir putschiste de Nkurunziza. Certains pays comme l'Allemagne, la France, la Hollande, la Belgique ont suspendu certains programmes de coopération. Rien n'y fit, le régime resta sourd à tout conseil ou insensible à toute pression. Chaque jour qui passe la répression se fait de plus en plus sanglante et barbare.

Aussi, quand des attaques simultanées ont eu lieu dans la nuit du 11 décembre sur quatre camps militaires (dont trois à Bujumbura), où les assaillants auraient récupéré de nombreuses armes avant de se replier, le pouvoir s'est vengé sur des civils innocents. Humiliés, les miliciens et les policiers fidèles du régime, comme des fauves blessés ont, dès l'aube investi les quartiers dits contestataires. Et ils n'ont pas fait dans le détail; des portes ont été défoncées, des jeunes femmes violées, des jeunes arrêtés et exécutés, d'autres emprisonnés dans le secret et dans l'illégalité totale. Le lendemain, des corps sans vie, certains ligotés les bras dans le dos jonchaient les rues de Bujumbura. La plupart, avaient été tués par une balle dans la tête d'après Amnesty International2. Ils auraient été enterrés dans des fausses communes par les miliciens imbonerakure.

Les prisons du pays sont surpeuplées, et le nombre de réfugiés ne cesse de croître. Ils seraient près de trois cent mille (300 000) burundais en exil dans différents pays de la Région des Grands Lacs, surtout en Tanzanie et au Rwanda.

Un régime avec le dos au mur

Face à un régime qui semble prêt à tout, y compris les pires massacres pour défendre les intérêts d'une oligarchie, l'UA a décidé de déployer 5 000 hommes pour protéger les populations. L'organisation africaine et les Nations Unies exigeaient des négociations entre les différentes parties en conflit depuis plusieurs mois. Après avoir tergiversé, louvoyé et fait dans la diversion, le régime a dû se résoudre à s'assoir autour de la même table que le CNARED sa bête noire, le 28 décembre sous l'égide du président Yoweli Museveni de l'Ouganda. Une cérémonie solennelle d'ouverture de négociations a eu lieu à Entebbe. Les véritables négociations devraient reprendre le 06 janvier 2016 à Arusha en Tanzanie. Mais Nkurunziza et les siens vitupèrent contre la médiation et déclarent qu'ils ne se rendront pas à Arusha. Mais face à la détermination de l'opposition, les caisses de l'Etat étant vides suite au gel des aides financières, et face à la pression de l'UA, de l'UE et des NU, la clique de Bujumbura a très peu de marge de manœuvre. Les négociations s'avèrent être le moindre mal pour une chute amortie de Nkurunziza et sa clique. Mais il est fondamental que les graves crimes conduisent certains devant la justice nationale ou internationale. Cela est une exigence pour la mémoire des victimes et un acte pédagogique pour tous les dirigeants qui, une fois au pouvoir, se comportent comme un loup dans une bergerie.

  1.  Conférence de presse de Mme Alice Nzomukunda et Mathias Basabose à Bruxelles, le 26 octobre 2006
  2.  Burundi. Des enquêtes doivent être menées sur les exécutions extrajudiciaires et les homicides systématiques

Amnesty International, 22 décembre 2015.

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frantz.buntu@yahoo.fr (Frantz Buntu)Nouvelles du BurundiFri, 01 Jan 2016 18:09:19 +0000
Tanzanie: John Magufuli incarne-t-il le renouveau de " La Déclaration d'Arusha"?http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/684-tanzanie-magufuli-renouveau-declaration-arusha http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/684-tanzanie-magufuli-renouveau-declaration-arushaTanzanie: John Magufuli incarne-t-il le renouveau de

Devant un parterre de très nombreuses personnalités dont sept chefs d'Etat africains, John MAGUFULI a été investi président de la Tanzanie le 5 Novembre dernier. Le candidat du parti Chama Cha Mapinduzi(CCM), venait de sortir victorieux d'une élection présidentielle jugée par de nombreux observateurs comme régulière et libre, avec un peu plus de 58% des voix contre son principal challenger Edward LOWASSA. Mais des fraudes et des irrégularités ont été dénoncées par le perdant qui n'a pas encore reconnu la victoire de Magufuli. En effet, les centres de centralisation du principal parti d'opposition Chadema et de la société civile ont été vandalisés par la police et le matériel saisi. La victoire du candidat du CCM semble entachée des irrégularités notables. Cependant, ses premières décisions semblent redonner espoir à la majorité de la population tanzanienne, victime d'une libéralisation économique au début des années 90. Serait-il un prélude au renouveau de "La Déclaration d'Arusha"?


Un candidat à l'élection présidentielle inattendu.
Ils étaient 38 candidats aux primaires du parti CCM pour la désignation du représentant du parti à l'élection présidentielle. Parmi eux des noms prestigieux tels que les anciens premiers ministres Edward Lowassa, Frederick Sumaye et Mizengo Pinda, l'ancien vice-président de la République Mohamed Bilal, l'ancien ministre de la justice Mme Asha-Rose Migiro, le fils du premier président, Charles Makongoro Nyerere, ainsi que le fils du premier président de l'archipel semi-autonome de Zanzibar, Ali KARUME .
John Magufuli fut choisi par les congressistes du Chama Cha Mapinduzi déjouant tous les pronostics. L'ancien premier ministre Edward Lowassa en fut frustré et rejoignit l'opposition. Sa tentative de revanche comme candidat d'une coalition de l'opposition à la présidentielle d'octobre sera vaine, car Magufuli sera encore l'heureux élu cette fois-ci de l'ensemble du peuple tanzanien.


La mise en sommeil de "La Déclaration d'Arusha".
La Déclaration d'Arusha fut adoptée par l'Union Nationale Africaine du Tanganika en 1967(TANU), parti unique de l'époque de la Tanzanie continentale, puis adoptée plus tard par le Chama Cha Mapinduzi, parti résultant de la fusion de TANU et de Afro-Shirazi Party(ASP) de Zanzibar après l'unification des deux entités territoriales en un Etat uni.
Elle constituait le guide de l'action du parti et du gouvernement tanzanien. Ses principes comportaient entre autres:

  • Tout individu a droit à une juste rétribution de son travail ;
  • Tous les citoyens possèdent en commun l'ensemble de ressources naturelles du pays; en dépôt pour leurs descendants.
  • En vue d'assurer la justice économique, l'Etat doit avoir un contrôle effectif sur les principaux moyens de production,
  • Il incombe à l'Etat d'intervenir activement dans la vie économique de la Nation; de manière à assurer le bien-être de tous les citoyens, à empêcher l'exploitation d'une personne par une autre ou d'un groupe par un autre, et à empêcher l'accumulation des richesses à un degré incompatible avec une société sans classe.

Après la guerre contre l'Ouganda du dictateur Idi Amin Dada (1979-1981), l'économie tanzanienne est exsangue; les institutions de Bretton Woods trouvent une occasion rêvée pour imposer au pays leur classique traitement de choc : privatisation des entreprises de l'Etat, licenciements massifs, réduction des fonds alloués à l'éducation, à la santé et au développement rural, etc. Le Président NYERERE se retrouve avec le couteau au cou, il est dans l'obligation d'accepter ces conditionnalités aux antipodes de ses principes afin de sauver l'économie de son pays d'une banqueroute. Il abandonnera le pouvoir quelque temps après, en 1985.
Depuis cette période, la Tanzanie est sur le plan économique et social à l'image de la majorité des pays africains : c'est la course à l'enrichissement rapide notamment des cadres de l'Etat. Aussi, corruption, concussion, détournement des deniers publics, bradage des ressources naturelles aux multinationales sont les pratiques les plus courantes. Ses corollaires sont d'une part la constitution d'une petite bourgeoisie compradore et d'autre part la paupérisation de la majorité de la population, la destruction des services publics notamment la santé et l'enseignement public.


John Magufuli ou l'espoir du renouveau de "La Déclaration d'Arusha".
Pendant la campagne électorale, le candidat Magufuli avait dénoncé avec force la corruption des hauts cadres de l'Etat et du parti Chama Cha Mapinduzi (CCM). Et le jour de son investiture, il a refusé les cadeaux des uns et des autres qui, sous prétexte de félicitations, voulaient déjà s'assurer de ses faveurs. Il a ainsi préféré recevoir les félicitations par téléphone ou par les moyens des TIC.
Quelques jours après sa prise de fonction, il s'est rendu par surprise au principal centre hospitalier de la capitale économique, Dar Es Salam. Il a trouvé une structure avec des malades dormant à même le sol, quasi abandonnés à eux-mêmes, et des équipements en panne suite au sabotage par des médecins qui détournaient les malades vers leurs cliniques privées. Les sanctions n'ont pas tardé contre les responsables de l'hôpital. Et les fonds prévus pour l'investiture du nouveau parlement ont été réduits de 120 000 à 11 000 dollars. La différence a aidé à acheter des lits, des matelas et autres équipements pour ledit hôpital. La fête du 54ème anniversaire de l'indépendance prévu le 09 Décembre n'aura pas lieu. Ce sera une journée d'hygiène publique. Pour John Magufuli, il est indécent de dépenser des millions de dollars pour fêter alors que l'épidémie de choléra menace le pays à cause entre autres des problèmes d'insalubrité et de la pénurie de l'eau potable.
Il a réduit la délégation tanzanienne qui devait participer à la réunion des pays du Commonwealth de 50 à 4 personnes et lui-même a décidé de ne pas s'y rendre. Désormais tous les voyages pour des missions à l'étranger seront réduits et devront être centralisés à la présidence. Les quatre mesures citées ci-haut ont déjà permis des économies d'un montant de plus de trente millions de dollars.
Le président MAGUFULI ne semble pas prêt de s'arrêter en si bon chemin. Il vient de licencier le directeur général des recettes, toute la direction du port de Dar es Salam et le directeur des douanes pour fraudes sur 349 contenairs qui sont rentrés sur le marché sans payer les droits de douane, en plus de 31 autres contenairs de bois précieux qui allaient être frauduleusement exportés. D'autres mesures contre la corruption au niveau de la police, de l'enseignement sont déjà en cours.
Le nouveau président exige que l'enseignement soit réellement gratuit de la 1ère année primaire à la 4ème année secondaire (10ème année).
Il exige désormais que soit mis fin au gaspillage et à la gabegie dans le but de mobiliser les fonds pour le secteur social.
Sur le plan économique, il a demandé aux acquéreurs des entreprises de l'Etat de les mettre en exploitation ou de les restituer.


Les garde-chiourmes du capitalisme veillent au grain.
Dans cet océan de l'ultralibéralisme qu'est devenu l'Afrique, l'arrivée d'un dirigeant qui croit encore en l'idéal d'une société solidaire et juste ne peut être que saluée. Mais l'expérience de la Grèce où le parti Syriza a été obligé de renoncer à son programme socio-économique sous la pression de la finance internationale, ne peut que nous rendre dubitatif. John MAGUFULI risque d'être confronté à une opposition de la nouvelle nomenklatura tanzanienne déjà habituée à accumuler des millions et des biens sur le dos du peuple. Et ceci est d'autant plus vrai qu'il arrive au moment où son pays vient d'entrer dans l'économie du gaz et du pétrole, des secteurs qui peuvent renforcer son action mais pour le moment en mains des prédateurs. Aussi reste à voir la stratégie qu'il pourra utiliser pour satisfaire les ténors du CCM qui l'ont porté au pouvoir, les besoins immenses de sa population et les multinationales à l'œuvre. Déjà il y a un problème à l'île semi –autonome de Zanzibar où les élections ont été maladroitement annulées par la commission électorale qui voyait venir la victoire de l'opposition.
Le travail de sape sera d'autant plus facile qu'il bénéficiera d'un généreux coup de pouce de la toute puissante finance internationale. Pour mieux résister, il aura besoin du soutien non seulement du peuple tanzanien, mais aussi de tous ceux qui, de par le monde, croient encore à une économie qui place l'être humain au centre de tout processus de développement.

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frantz.buntu@yahoo.fr (Frantz Buntu)Actualités internationalesMon, 30 Nov 2015 20:21:20 +0000
Nkurunziza, président "clando"!http://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/680-nkurunziza-president-clando http://cndd-burundi.com/actualites/nouvelles-burundi/680-nkurunziza-president-clandoNkurunziza, président

 

Le président Nkurunziza et ses thuriféraires ne cessent de clamer que la sécurité au Burundi est très bonne. Aussi, le ministre de la sécurité publique Mr Bunyoni Guillaume, déclarait le 12 octobre 2015: « La situation sécuritaire est globalement bonne sur toute l'étendue du territoire du Burundi sauf dans certains coins de la capitale où l'on observe encore et de façon sporadique des criminels armés qui perturbent la sécurité en lançant des grenades ». Mais comme tout le monde le sait, les faits sont têtus.


Situation réelle de la sécurité au Burundi.
Les citoyens de Bujumbura vivent dans la terreur, les journées sont marquées par des barrages de la police, des fouilles-perquisitions, des arrestations et parfois des tirs d'armes à feu. Les nuits sont cauchemardesques: des tirs, des rafales de fusils et des explosions de grenades voir des obus ponctuent les nuits de Bujumbura. Les enfants crient et s'agrippent à leurs parents eux-mêmes terrorrisés. Dans de nombreux quartiers(Musaga, Kinindo, Ngagara, Jabe, Kanyosha, Cibitoke, Mutakura, Bwiza, Rohero, etc), personne n'ose encore dormir sur son lit ou près de la fenêtre de peur d'être victime d'un éclat de grenade ou de balle perdue. Le lendemain ce sont des corps sans vie qui sont ramassés dans les rues, dans les bosquets, dans des courants d'eau ou ce sont des fosses communes clandestines qui sont indiquées par des témoins anonymes quelques jours plus tard.


La logique réaction des ressortissants étrangers.
La plupart des pays occidentaux demandent à leurs ressortissants d'éviter le Burundi. La France écrit sur sa page web du Ministère des Affaires Etrangères: "L'ensemble du territoire burundais est déconseillé sauf raison impérative".
L'Union Européenne a décidé d'évacuer du Burundi les membres des familles de ses employés et du personnel non essentiel.
La Belgique a conseillé à ses ressortissants dont la présence n'est pas essentielle au Burundi de quitter le pays.
La Conférence Internationale pour la Région des Grands Lacs(CIRGL) vient de décider de transférer son siège à Lusaka. Cela avait du reste été envisagé par le sommet des Chefs d'Etats de l'Organisation depuis le 18 mai 2015.
La réaction du pouvoir de fait de Bujumbura face aux décisions de la Belgique et de la CIRGL est à la limite d'une crise d'hystérie. Après les conseils du Ministre des Affaires étrangères belge à ses compatriotes vivant au Burundi, le parti CNDD-FDD-NKURUNZIZA a sorti une déclaration dont la violence est à l'image du climat politique et sécuritaire au Burundi. Quant à la CIRGL, c'est le Ministre des Affaires Etrangères du gouvernement illégal de Bujumbura qui a pris les choses en main. Une diatribe digne de la diplomatie CNDD-FDD-NKURUNZIZA a été adressée au Secrétaire Général de cette organisation se concluant par "le siège de la CIRGL ne sera en aucun cas délocalisé sous quelque prétexte que ce soit du secrétaire exécutif de la CIRGL ".


Le Président-Usurpateur au maquis.
Pendant que le pouvoir refuse le droit aux uns et aux autres de mettre leurs ressortissants ou leurs personnels à l'abri, le président Nkurunziza est quasi-introuvable. Ses apparitions sont devenues très furtives. Ses convois roulent à tombeau ouvert (comme une balle disent les burundais) après que toutes les populations aient été chassées des zones proches de son trajet supposé. Il n'est plus vu dans les fameux travaux communautaires, ni dans les stades, ni dans ses nombreuses propriétés terriennes , ni même dans ses croisades de prières. Même des diplomates de haut rang ont de la peine pour obtenir une audience.
De nombreux témoins assurent qu'il aurait même envoyé sa famille à l'abri quelque part en Asie. Depuis que des obus de mortier sont tombés non loin de son palais de Bujumbura, il serait entre Bujumbura, Ngozi et Gitega. Il est devenu un véritable président clandestin.


La solution à portée de main.
La situation d'insécurité est une catastrophe pour tous les burundais et étrangers vivant dans notre pays. Cette violence,ces morts, cette angoisse marqueront à jamais de nombreuses personnes, surtout les enfants. L'économie déjà peu florissante est à l'agonie, la misère ne cesse de s'aggraver.
De nombreuses voix ont déjà montré la voie pour une solution durable. Les derniers à s'y joindre sont la Russie, la Chine et l'Angola. Il s'agit tout simplement de discussions entre tous les protagonistes de la crise, à l'extérieur du pays car rassurant pour tout le monde et sous une médiation internationale acceptée par tout le monde.
Mais Nkurunziza et sa clique louvoient, essaient de gagner du temps espérant pouvoir venir à bout de la contestation de son pouvoir usurpé. Il espère saper par la corruption et par la manipulation d'appartenance ethnique l'unité de l'opposition rassemblée au sein du CNARED. Mais il s'agit de mal connaître la détermination du peuple burundais et une inutile perte de temps et des vies humaines. L'heure est aux discussions qui n'aboutiront pas j'espère à l'absolution de ceux qui ont plongé le pays dans un nouveau conflit sans nom.

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frantz.buntu@yahoo.fr (Frantz Buntu)Nouvelles du BurundiWed, 25 Nov 2015 16:18:04 +0000