Actualités internationales http://cndd-burundi.com Tue, 21 Sep 2021 16:36:53 +0000 fr-fr COMMUNIQUE SUR LA GUINEE-CONAKRY http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/929-communique-guinee-conakry http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/929-communique-guinee-conakry COMMUNIQUE SUR LA GUINEE-CONAKRY

Nous, la Dynamique Unitaire Panafricaine (DUP), un regroupement d’une trentaine d'organisations panafricanistes de la diaspora et du continent africain, au nom des principes d'auto-détermination, de souveraineté, de démocratie et d'état de droit, prenons acte du coup d‘état militaire qui met fin au 3ème mandat illégitime d’Alpha Condé, en violation de la constitution. Le respect scrupuleux des instruments africains et internationaux des droits humains, la tenue d’élections libres et transparentes, dans le cadre d’une transition politique inclusive, est la seule réponse possible aux aspirations exprimées par le peuple guinéen, aux côtés duquel nous nous rangeons.

La DUP se tient également aux côtés de tous les peuples africains qui luttent pour leur émancipation de l’impérialisme d’où qu’il vienne. Pour une Afrique unie et souveraine, en avant !

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Actualités internationales Tue, 14 Sep 2021 12:57:24 +0000
Message de Condoléances A Son Excellence Samia Suluhu Hassan, Président de la République Unie de Tanzanie. http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/927-condoleances-samia-president-tanzanie http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/927-condoleances-samia-president-tanzanie Message de Condoléances A Son Excellence Samia Suluhu Hassan, Président de la République Unie de Tanzanie.

Excellence,

Les militants du CNDD ont appris avec beaucoup de tristesse et stupéfaction la mort de son excellence John Pombe Magufuli , Président de la République Unie de Tanzanie, à la suite d’une maladie.
Nous présentons en notre nom propre et au nom des militants rassemblés au sein du parti CNDD nos condoléances les plus émues au peuple tanzanien, à Vous-même, à votre gouvernement et au Parti Chama Cha Mapinduzi CCM. Cette mort vient d’endeuiller non seulement votre pays mais aussi la grande majorité des peuples africains en lutte pour leur indépendance économique sans laquelle l’indépendance politique est un leurre. Toute l’Afrique et en particulier la région de l’Afrique de l’Est est sous le choc.
Nous vous témoignons notre sympathie et partageons cette peine avec Vous et votre peuple.
Le CNDD reconnaît la bravoure du peuple tanzanien et se tient auprès de lui comme un peuple frère dans ses moments de dure épreuve. Le CNDD souhaite enfin que les relations qui unissent les peuples tanzanien et burundais iront toujours dans le sens de la fraternité et nos intérêts respectifs.

Le monde entier gardera un héritage du Président John Pombe Magufuli comme travailleur infatigable, surnommé souvent président « Bulldozer » pour ses méthodes radicales de lutte contre la corruption, sa politique ambitieuse de grands travaux. Son œuvre restera gravée dans la mémoire des générations actuelles et futures.

Qu’il repose en paix.

Le député Léonard Nyangoma
Président du CNDD

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Actualités internationales Sun, 21 Mar 2021 20:18:36 +0000
JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES 2021 http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/926-journee-internationale-femmes-2021 http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/926-journee-internationale-femmes-2021 JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES 2021

Célébrée chaque année le 8 Mars sur le plan international, la Journée Internationale des Femmes trouve son origine dans les manifestations des femmes au début du XXe siècle en Europe et aux Etats-Unis, réclamant de meilleures conditions de travail et le droit de vote. Le 8 mars 1921, Lénine décide d’une Journée internationale des femmes, dont il fixe la date, le 8 mars, en souvenir de la grande manifestation ouvrière de St-Pétersbourg qui déclencha la révolution russe. La date reste encore symbolique et c’est véritablement après la seconde guerre mondiale que les manifestations s’installent. Au cours de l'année internationale de la femme en 1975, les Nations Unies ont commencé à célébrer la Journée Internationale de la Femme le 8 Mars. En 1977, les Nations Unies officialisent la « Journée internationale de la femme », invitant chaque pays de la planète à consacrer une journée à la célébration des droits des femmes et de la paix internationale.

Le thème de la Journée Internationale des Femmes régulièrement par les instances internationales comme l’ONU est celui-ci: « Les femmes dans un monde de travail en évolution: pour un monde 50-50 en 2030».

Dans un message adressé à la communauté internationale, la Directrice d'ONU FEMMES a indiqué: « Nous voulons bâtir un monde de travail différent pour les femmes. En grandissant, les filles doivent être exposées à un large éventail de

carrières et être encouragées à faire des choix qui les mènent à des emplois dans les secteurs de l'industrie, de l'art, de la fonction publique, de l'agriculture moderne et des sciences, au-delà des services ménagers et d'aide à la personne traditionnels».

Au Burundi, la Journée Internationale des Femmes arrive au moment où une grande partie de la population burundaise souffre de tous les maux.
Les différents rapports montrent que les femmes burundaises souffrent de toute une gamme de maux tels: la pauvreté, l’insécurité, la famine, les inégalités, l’accès
limité aux soins médicaux de base et aux services de santé sexuelle et reproductive, l'abandon scolaire à l'école primaire et au lycée, la discrimination basée sur le genre, le maintien de la discrimination sur les droits liés à la reproduction, viols et autres violences basées sur le genre, etc. Le paroxysme est atteint avec l’esclavage infligé aux femmes burundaises dans l’indifférence absolue des pouvoirs en place et de
l’Union Africaine, la vente de nos filles et femmes aux oligarchies des monarchies archaïques du Golfe est une honte pour notre pays et pour toute l’Afrique.

Les femmes constituent aussi la majorité des centaines de milliers de burundais réfugiés dans les pays de la Région des Grands Lacs. Sur le chemin de l’exil et dans les camps de réfugiés, elles sont victimes de toutes sortes de violences en particulier les violences sexuelles. Elles s’y retrouvent le plus souvent seules à élever les enfants dont les pères ont été tués ou sont dans les geôles du pouvoir de Bujumbura.
Le rapport 2016/2017 d'Amnesty International via son Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes a exprimé ses inquiétudes sur les sujets ci-dessous:
- le taux élevé d'abandon au lycée chez les filles,
- l'accès limité des femmes aux soins médicaux de base et aux services de santé sexuelle et reproductive,
- le maintien de la discrimination à l'avortement car 45% des femmes ou filles incarcérées purgeaient des peines pour avortement ou infanticide.

Ce rapport souligne aussi que la forte proportion des femmes travaillent dans le secteur informel, où elles occupent des emplois non qualifiés ou mal payés, sans protection sociale. Il a également noté des cas de manque de protection des employés de maisons( bonnes ou boys) confrontés à l'exploitation et aux abus sexuels ainsi qu'au maintien du travail des enfants mineurs.
Ce rapport a enfin pointé du doigt la police, l'armée et les milices du parti au pouvoir Imbonerakure dans les crimes graves de violences sexuelles et liées au genre à l’égard des femmes et des filles.

Dans un bilan très alarmant donné par Jacques NSHIMIRIMANA, représentant d'une ONG locale sur la Radio Bonesha FM, plus de 110000 élèves avaient abandonné l'école au cours de l'année scolaire 2015-2016. Ces élèves sont de l'école primaire et secondaire. La plus grande partie de ces élèves abandonnant l'école sont des filles à cause de la pauvreté de leurs familles, des grossesses non désirées, des mariages précoces pour les filles, du manque de persévérance chez les filles, des privilège pour les garçons au détriment des filles, etc.
Dans les cérémonies de lancement officiel de 16 jours d'activisme contre les violences faites aux femmes du 2 décembre 2016 au Stade Royal de Muramvya, le représentant du Coordinateur Résident du Système des Nations-Unies au Burundi, a souligné que les Nations Unies ne peuvent pas abandonner 52% de la population qui sont les femmes, qui continuent à être violées. Ce qui est pire encore est que 50% des cas de viols sont effectués sur des filles de moins de 16 ans.

Et Martin NIVYABANDI, le ministre d'alors des droits de la personne humaine, des affaires sociales et du genre, d'ajouter que de Janvier à Septembre 2016, 943 cas de viols ont été enregistrés dont 82,2% de victimes sont des femmes et 12,8% sont des hommes. Depuis lors, la situation ne s’est pas améliorée, elle s’est même empirée à certains égards.

En 2020, les relevés officiels ne sont pas encore disponibles, mais par simple observation, les femmes burundaises sont pauvres car la plupart d'entre elles travaillent dans le secteur informel où, dans les villes ; elles exercent de petits commerces des denrées alimentaires, des fruits, des légumes avec des capitaux très maigres. Et dans leurs activités de survie, elles sont quotidiennement victimes du harcèlement de la police et des services municipaux.

Une fois tombées malades ou en faillite, elles consomment tout leur capital et retombent dans la misère totale. Rappelons que les femmes burundaises sont parmi les femmes au monde qui ont peu d'heures de repos. Le pire est que même les filles qui ont terminé l'école secondaire sont dans la rue à cause du manque d'emploi. Certaines parmi ces filles sans emploi travaillent dans des restaurants, des kiosques, de petites boutiques tandis que d'autres se contentent de cultiver à la houe. Suite à la pauvreté qui hante les familles burundaises, plusieurs filles abandonnent l'école et se marient avant l'âge légal , d'autres se lancer dans la débauche pour trouver les frais de scolarité, les habits et le matériel scolaire nécessaire.

Avant de terminer, je vous rappelle que la plupart des femmes burundaises ignorent l’existence de cette journée dédiée aux droits des femmes.
Au lieu de festoyer, cette journée doit être l’occasion de dresser le bilan des progrès réalisés, d’appeler à des changements et de célébrer les actes de courage et de détermination accomplis par les femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire de leur pays et de leur communauté. Au Burundi, les femmes et les hommes devraient célébrer le courage de Inamujandi, une burundaise vaillante qui a combattu avec détermination le colonialisme, elle fut arrêtée, emprisonnée et déportée. Une rue devrait être dédiée à Inamujandi. Ailleurs en Afrique, la reine Nzinga en Angola n’était pas une femme ordinaire, mais symbolise aussi la résistance des femmes dans la lutte contre le colonialisme pour avoir combattu les envahisseurs portugais pendant 15 ans. Enfin, nous rendons hommage à la célèbre altermondialiste, l’indienne Vandana Shiva, elle lutte depuis près de 30 ans pour la préservation de la biodiversité et affirme que les femmes et l’environnement doivent être placés d’urgence au centre des débats sur le
développement.
Pour elle, la femme est synonyme de biodiversité : « Elle crée, comme la Terre, et, comme elle, elle préserve au lieu de détruire ». Au sujet du rôle que les femmes ont à jouer dans la préservation de l’environnement, elle observe également que « le public auquel nous nous adressons, qu’il s’agisse de fermiers ou d’ONG, est essentiellement féminin ».

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Actualités internationales Mon, 08 Mar 2021 16:02:54 +0000
COMMUNIQUE DE PRESSE N°3: L’AFRIQUE A LA CROISEE DES CHEMINS. http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/923-communique-afrique-croisee-chemins http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/923-communique-afrique-croisee-chemins COMMUNIQUE DE PRESSE N°3: L’AFRIQUE A LA CROISEE DES CHEMINS.

Soit, par défaite de ces filles et fils DEBOUT partout sur le Continent et dans la Diaspora pour la défendre contre toutes les agressions impérialistes, elle bascule durablement dans l’ère de la Nouvelle Traite Négrière,
Soit, grâce à la Victoire arrachée dans le sang et les larmes de ces filles et fils DEBOUT partout sur le Continent et dans la Diaspora pour la défendre de toutes les agressions impérialistes et des actes néfastes de leurs serviteurs locaux, elle enfante la nouvelle ère de sa Souveraineté et de sa Grandeur retrouvées.
Dans son histoire contemporaine, par intervalles de 30 ans, l’ frique s’est ainsi retrouvée ă la croisée des chemins.
Les années 1960 furent marquées par la période des Indépendances factices, malgré le combat acharné livré par d’intrépides combattantes et combattants Panafricanistes, et en dépit de quelques belles victoires d’étapes engrangées ;


Les années 1990 ont été marquées par la période des Conférences Nationales Souveraines exigeant l’ouverture démocratique et la fin des partis uniques. Malgré quelques belles avancées, ce processus se terminera, dans la plupart des pays africains, dans l’IMPASSE ;
Les années 2020 marquent la période des Insurrections Populaires. La nature, la fréquence et l’intensité des révoltes populaires qui déferlent aujourd’hui sur le continent indiquent clairement que l’Afrique est grosse d’une Révolution Démocratique et Anti-Impérialiste. Vivement souhaitée par la forte aspiration de la Jeunesse Africaine, des Femmes Africaines, des authentiques Organisations Démocratiques, Progressistes et Révolutionnaires, cette situation révolutionnaire peut aboutir à un véritable changement radical en faveur des intérêts fondamentaux des peuples africains. A contrario, cette nouvelle demande sociale et politique inédite sur le continent peut être contrariée, détournée et étouffée par les forces impérialistes et leurs suppôts néocoloniaux, sur le Continent et dans la Diaspora Africaine.
Les luttes en cours et à venir doivent engager la rupture avec le néocolonialisme et tous ceux qui l’incarnent et le perpétuent. Elles doivent amorcer les bases des Etats Unis d’ frique, au travers de projets continentaux et/ou régionaux, seule véritable perspective de libération durable du Continent, avec un contrôle permanent des processus par les peuples.
Face ă ces deux principales tendances d’évolution, nous, Organisations et Réseaux Panafricanistes, avons clairement fait notre choix. Nous sommes du côté de celles et ceux qui se sacrifient quotidiennement (parfois aux prix de leurs vies !) pour sortir définitivement l’ frique des griffes de ses exploiteurs et de ses oppresseurs séculaires.

Chères Panafricanistes,
Chers Panafricanistes,

Dignes Filles et Fils de l’ frique, Continent Mère de l’Humanité,
Authentiques Ami-e-s de l’ frique, des Peuples Africains, nous avons pris conscience de notre mission historique : UNIR, UNIR, UNIR nos ressources militantes pour mieux servir la Cause Panafricaine !
Dans la continuité de notre belle et grande mobilisation du 19 septembre 2020 à Paris,
Retrouvons-nous massivement à la CONFERENCE NUMERIQUE PANAFRICAINE organisée par LA DYNAMIQUE UNITAIRE PANAFRICAINE le samedi 12 décembre 2020, de 14h à 19h (Paris) ou de 13h à 18h GMT.
De grandes Voix du Combat Panafricain feront entendre à cette occasion le vibrant écho des luttes héroïques de l’ FRIQUE DEBOUT !
Venez les écouter et débattre avec elles !
Venez exposer vos idées neuves et vos engagements concrets pour la nouvelle AFRIQUE de notre rêve commun !

Vive le Panafricanisme de Combat Unitaire !

LA COORDINATION DE LA DYNAMIQUE UNITAIRE PANAFRICAINE

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Actualités internationales Tue, 08 Dec 2020 17:03:48 +0000
Déclaration de solidarité des Partis de gauche,révolutionnaires et progressistes Africains et au peuple frère de Venezuela et président Nicolas MADURO http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/922-partis-gauche-afrique-solidarite-peuple-venezuela http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/922-partis-gauche-afrique-solidarite-peuple-venezuela Déclaration de solidarité des Partis de gauche,révolutionnaires et progressistes Africains et au peuple frère de Venezuela et président Nicolas MADURO

Déclaration de solidarité des Partis de gauche, révolutionnaires et progressistes d’Afrique au Président Nicolas MADURO et au peuple frère de Venezuela contre les agressions de l’impérialisme des USA et son président Donald TRUMP.

4 Décembre 2020

Depuis le triomphe de la Révolution bolivarienne en République du Venezuela le 6 décembre 1998, suite à l’élection présidentielle démocratique et transparente de Hugo CHAVEZ avec 56,2 % des voix, jusqu’à sa mort le 5 mars 2013, une politique économique et sociale socialiste a été appliquée : la réforme agraire en faveur des coopératives et leur développement, le bien-être (santé, éducation, alimentation, logement) au profit des masses populaires ont été massivement financés par les revenus du pétrole dilapidés par les anciens dirigeants.

Le digne successeur d’Hugo CHAVEZ, l’actuel président Nicolas MADURO fut lui aussi démocratiquement élu une première fois le 14 avril 2013 avec 50.60% voix et une seconde fois avec 67,8 % des voix contre 21,0 % à son principal adversaire, Henri FALCON soutenu par l’impérialisme étatsunien.

Une guerre impitoyable et multiforme contre les deux Leaders révolutionnaires et socialistes et le peuple bolivarien, a été déclenchée par les l’impérialisme étatsunien qui considère toujours le continent latino américain est son arrière cour et ses population ses sujets qui lui doivent soumission.

Loin de dresser une liste exhaustive des multiples crimes contre l’humanité perpétrés par l’impérialisme étatsunien, nous, Partis de gauche, révolutionnaires et progressistes d’Afrique, justifions notre solidarité et soutien indéfectible au Président légitime Nicolas MADURO et au peuple frère bolivarien pour cause des actes criminels gravissimes subséquents :

1- Le dimanche 3 mai 2020, les Usa ont réitéré au Venezuela leur sinistre stratégie de la «Baie des cochons» de débarquement des terroristes en 1961 à Cuba socialiste. Cette nouvelle incursion avait aussi pour objectif le renversement du gouvernement socialiste légitime et révolutionnaire .de Nicolas MADURO, et sa substitution par le traître Juan GUAIDO.

L’un des mercenaires capturé, Luke Denman avoue qu'il « projetait de capturer et transférer le Président Nicolas MADURO en avion aux États-Unis afin qu'il puisse y être poursuivi en justice».

Les États-Unis déclarent qu'ils utiliseront tous les outils qu'ils ont à leur disposition, sans exclure le recours à la force militaire, pour rapatrier rapidement les mercenaires emprisonnés au Venezuela, confirmant officiellement leur implication et traduisant aussi la haine atavique du Président Donald TRUMP contre le socialisme en ces termes :
le socialisme promet l’unité, mais provoque la haine et la division»

l’instar de Cuba socialiste, le peuple héroïque de la République bolivarienne de Venezuela a courageusement riposté et anéanti la horde des mercenaires à la solde des Usa. Ces deux exemples doivent servir de source d’inspiration pour tous les peuples du monde et gouvernements révolutionnaires et insoumis aux diktats et autres oukases des puissances impérialistes occidentales et leur chef de fil l’administration étatsunienne de Donald TRUMP. Etrange conception que celle de ces pseudos défenseurs impérialistes capitalistes de la démocratie. En effet, les Usa refusent le libre choix démocratique des peuples de leur système politique et dirigeants révolutionnaires socialistes, nationalistes, ou simplement insoumis, en imposant leurs poulains dictateurs grâce aux coups d’état militaires, institutionnels et/ou électoraux, sanctions économiques, campagne médiatique de mensonges orduriers, des assassinats … (Pinochet au Chili le 11 septembre 1973, Evo Morales en Bolivie le 11 novembre 2019, Dilma Rousseff au Brésil le 14 mai 2016, Luiz Inácio Lula au Brésil le 18 mars 2016, Manuel Zelaya au Honduras le Le 28 juin 2009, Fernando Lugo le 22 juin 2012, …)

2- Le 26 mars dernier 2020, l’administration du Président Donald TRUMP de l’impérialisme des Usa a mis à prix la tête du Président légitime et démocratiquement élu Nicolas MADURO, pour la somme de 15 millions de dollars. Ce fait gravissime, n’a suscité aucune réaction des autres puissances impérialistes occidentales, alliées des Usa, et qui se sont par ailleurs autoproclamées défenseurs des droits de l’homme, de la démocratie et du respect du droit international.

Assassiner en toute impunité un Président insoumis, de surcroît socialiste et révolutionnaire serait un droit, un acte encensé par les puissances impérialistes occidentales.

3- Les Usa ont unilatéralement imposé un embargo économique contre la République bolivarienne de Venezuela malgré l’opposition de l’Assemblée générale de l’ONU, en interdisant la commercialisation du pétrole, principale source d’exportation et des recettes fiscales indispensables au financement de l’économie nationale et de la politique sociale socialiste du bien-être (éducation, santé, logement, alimentation pour les masses populaires) institutionnalisée par le Président Hugo CHAVEZ et poursuivie par son digne successeur Nicolas MADURO.

Le Président Nicolas MADURO a déclaré dans son discours au monde entier: « Depuis 2014, les USA ont promulgué une loi et sept décrets ou ordres exécutives, en plus de 300 mesures administratives qui ensemble une politique

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sophistiquée d’agression multiforme contre le Venezuela»

Selon l’économiste américain Jeffrey Sachs, Conseiller spécial auprès de l’ONU, les conséquences du blocus économique contre la République bolivarienne de Venezuela se chiffrent à 40.000 morts.

Nous sommes incontestablement en présence des crimes contre l’humanité perpétrés par l’administration étatsunienne de Donald TRUMP. Pourquoi les autres puissances impérialistes occidentales toujours promptes à juger et condamner les dirigeants insoumis du sud, ces mêmes puissances autoproclamées démocrates et défenseurs des droits de l’homme et du respect du droit international, sont alors aphones et deviennent aveugles face aux actes criminels effroyables des Usa?

Cette justice sélective des impérialistes capitalistes jette de l’opprobre et un discrédit total sur leurs déclarations mensongères relatives à la notion de démocratie, des droits de l’homme et des peuples à disposer d’eux-mêmes.

4- Dans la suite logique de ses crimes contre l’humanité, l’administration étatsunienne de Donald TRUMP a commis un hold up financier digne des grands délinquants de la maffia internationale et indigne d’un dirigeant d’une grande nation dite civilisée et démocratique. En effet, Les USA ont fait main basse sur de l’argent et les actifs appartenant à PDVSA, la compagnie nationale pétrolière vénézuélienne dont plusieurs raffineries sont implantées sur le territoire étatsunien. Ces informations capitales du discours du Président légitime Nicolas MADURO aux peuples du monde entier, ne peuvent que révolter et susciter une solidarité des peuples épris de paix et de justice.

Sommes-nous réellement au 21 ème siècle ou à l’époque des barbares avec un tel comportement ignoble des USA dans les relations internationales ?

5- En Avril 2020, en pleine période de pandémie de Covid 19, le président des Etats-Unis, Donald Trump, a pris la décision de déployer les troupes navales et aériennes dans la région des Caraïbes. Le fallacieux prétexte invoqué pour cette opération militaire, est la lutte contre le trafic de drogue. Cependant, force est de constater que les véritables objectifs de ce blocus naval sont d’asphyxier économiquement la République bolivarienne de Venezuela en pleine pandémie du Covid 19, renforcer la pression psychologique sur la population dans l’espoir de susciter une autre révolution orage impérialiste de ces dernières années afin de renverser le régime socialiste et révolutionnaire du Président Nicolas MADURO ouvrant la voie de faire main basse sur les colossales ressources pétrolières du pays.

Au vu de ces quelques exemples de génocide insidieux non avoués, nous, Partis de gauche, révolutionnaires et progressistes d’Afrique,

réitérions notre solidarité et soutien indéfectible au Président légitime Nicolas MADURO et au peuple frère bolivarien.

condamnons fermement les crimes contre l’humanité de l’impérialisme étatsunien contre le peuple de la république bolivienne de Venezuela.

condamnons l’impérialisme yankee et sa folie guerrière qui menace la paix mondiale.

Nous interpellons la Commission des Nations pour les droits de l’homme et le Conseil de sécurité de l’ONU de juger les crimes contre l’humanité perpétrés par les USA au Venezuela.

Nous demandons que des sanctions proportionnelles à la gravité des crimes, assorties d’indemnisations matérielles et financières conséquentes soient imposées aux USA.
Demandons à la CIJ de juger le Président Donald TRUMP et ses complices Juan GUAIDO et autres pour crimes contre l’humanité, association des terroristes et vol des ressources financières de la République bolivarienne de Venezuela.

quel être humain doté de l’infime humanité soit-elle, et d’honnêteté intellectuelle oserait encore nier cette

évidence des crimes contre l’humanité perpétrés par l’administration du Président Donald TRUMP contre le peuple de la République bolivarienne de Venezuela?

lançons un appel aux peuples du monde entiers de joindre à cet élan de solidarité en faveur du peuple vénézuélien et son légitime Président Nicolas MADURO, contre les agressions multiformes de l’impérialisme

étatsunien dirigé par Donald TRUMP.

►Vive la solidarité anti-impérialiste internationale.
►Vive la révolution bolivarienne pour que vive un Venezuela, prospère indépendant et socialiste état indépendant.

►Impérialisme yankee, bas les pattes devant la République bolivarienne de Venezuela.

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Actualités internationales Tue, 08 Dec 2020 15:12:16 +0000
Déclaration commune rendue publique en clôture de la Manifestation Unitaire Panafricaine du samedi 19 septembre 2020 à Paris http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/921-declaration-manifestation-unitaire-panafricaine-septembre-2020 http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/921-declaration-manifestation-unitaire-panafricaine-septembre-2020 Déclaration commune rendue publique en clôture de la Manifestation Unitaire Panafricaine du samedi 19 septembre 2020 à Paris

Appel à la mutualisation des Luttes sur le continent et dans la Diaspora pour la souveraineté populaire et l’intégration africaine

Le 18 août 2020, au terme de plusieurs mois de mobilisations qui font suite à plusieurs années d’instabilité et de crise larvée, les forces civiles, politiques, religieuses et militaires du Mali ont obtenu la démission du Président Ibrahim Boubacar Keïta et de son gouvernement, la dissolution de l’Assemblée Nationale.
Nous, Panafricanistes, exprimons notre solidarité avec le peuple du Mali qui s’est unenouvelle fois levé pour reprendre son destin en main avec détermination. Si la journée du 18 août s’est déroulée sans faire de victime, nous n’oublierons pas le sang des martyrs tombés sous le coup des précédentes répressions et nous appelons à ce que la justice soit rendue pour toutes les victimes directes et collatérales du pouvoir déchu.


Nous, Panafricanistes, adressons nos salutations militantes et solidaires aux camarades du M5-RFP qui ont donné à la contestation populaire un cadre permettant de poser les enjeux d’une refondation du Mali. Nous appelons la frange patriotique de l’armée et les forces populaires progressistes à maintenir la cohésion pour que le processus de transition conquis par la mobilisation du peuple malien ne fasse pas l’objet d’une récupération par des forces réactionnaires locales et internationales. Nous appelons le peuple malien, et notamment sa jeunesse conscientisée, à se montrer intraitable dans la défense de sa souveraineté et à ne pas céder aux pressions allant à l’encontre des intérêts maliens et africains.
Nous, Panafricanistes, appelons à la mobilisation de toutes nos organisations pour former autour du Mali comme autour de l’Afrique entière, un cordon de défense contre toutes attaques exogènes comme endogènes, afin de permettre au peuple du Mali de trouver la paix et la sérénité nécessaires à la construction d’un nouveau projet politique répondant à ses intérêts, ses valeurs et ses priorités.
Nous, Panafricanistes, sommes conscients que le soulèvement populaire au Mali, comme au Burkina Faso en octobre 2014, s’inscrit dans une série de luttes pour la rupture avec le système de domination néocolonialiste qui étouffe tous les pays africains notamment francophones, mais également les populations africaines dans la diaspora.


En cette année 2020 marquée par l’intensité exceptionnelle des protestations contrel’assassinat raciste de George Floyd aux Etats-Unis, le jour même de la commémoration de la Journée de l’Afrique le 25 mai, ainsi que par des mobilisations pour supprimer les statues et les références coloniales de l’espace public, la lutte du peuple malien suscite un espoir à tous les peuples d’Afrique et la diaspora africaine qui luttent contre la domination néocolonialiste, contre le racisme systémique que traduisent les répressions et les violences policières, autres atteintes à la dignité humaine.
Nous, Panafricanistes, exprimons ici et maintenant notre solidarité au Peuple Frère du Mali et à tous les Peuples Africains DEBOUT pour arracher leur souveraineté.


I. Le peuple du Mali doit reprendre l’initiative politique


Conscients de la nécessité pour le Peuple du Mali de trouver un nouveau modèle politique, en puisant dans ses racines, afin d’écrire une nouvelle histoire, nous, Panafricanistes, rappelons brièvement que :
– le peuple malien et les peuples ouest-africains plongent leurs racines dans l’histoireglorieuse des empires de Ghana, Mali et Songhay, prémisses de futures fédérations,
ainsi que dans les sagesses anciennes comme la charte du Mandé de 1235 quitémoignent de la richesse de nos expériences politiques endogènes ;
– les forces patriotiques maliennes et ouest-africaines prolongent l’héritage des grandsrésistants à la colonisation française tels que Babemba, Cheikhou Ahmadou, El Hadj
Omar Tall, Samory Touré, des figures dont l’influence s’étend des territoires actuels de la Guinée jusqu’au Burkina Faso ;
– Bamako, capitale du Mali colonisé sous le nom de « Soudan Français », a été la capitale du panafricanisme en accueillant la création en octobre 1946 du
Rassemblement Démocratique Africain (RDA), organisation qui réunissait un parti par territoire sous domination coloniale française ;
– s’appuyant sur les dissensions internes, les autorités françaises ont transformé le RDA en une coquille vide à la veille des indépendances afin de faire échouer toute
solution fédéraliste ou panafricaniste, à l’instar de la Fédération du Mali entre le Sénégal et le Soudan Français qui aurait menacé les intérêts du colon ;
– la France avait décidé de créer une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) qui devait amputer les territoires actuels du Mali, du Niger, du Tchad, de la
Mauritanie et de l’Algérie, territoires détenteurs d’immenses richesses (pétrole, gaz, uranium…) qui justifient depuis soixante ans un soutien impérialiste à des rébellions
et des projets sécessionnistes ;
– face aux velléités hégémoniques de la France, le premier Président du Mali Modibo Keita avait pris ses responsabilités en fermant les bases militaires françaises, en sortant le Mali de la zone CFA pour créer le Franc Malien, et en prenant la voie de
l’Unité Africaine avec les présidents Kwame Nkrumah et Ahmed Sékou Touré, constituant l’Union Ghana-Guinée-Mali, embryon des Etats Africains Unis toujours
d’actualité ;
– depuis le renversement du Président Modibo Keita en 1968, le Mali n’a toujours pas été en mesure de retrouver un dirigeant prêt à engager le Mali dans la voie d’un
véritable panafricanisme lui permettant de retrouver sa souveraineté. Ce bref rappel de cette longue histoire d’avant les indépendances formelles des Etats
africains, constitue une véritable source d’inspiration pour le peuple malien, pour inventer un avenir qui corresponde à ses véritables aspirations et sortir de cette léthargie dont il victime depuis six décennies. C’est une invitation à « oser inventer l’avenir » selon la formule de Thomas Sankara.
En effet, présenté au tournant des années 1990 comme une vitrine de la réussite du modèle démocratique, le Mali n’a jamais pu s’émanciper des politiques néolibérales et prédatrices des institutions financières internationales. Ces dernières ont infligé au peuple malien des conditions de vie inhumaines et dégradantes tandis que l’oligarchie dirigeante refusant d’entendre la colère grandissante de la rue, a généralement privilégié ses propres intérêts au détriment de ceux du peuple.
Au naufrage économique et politique, s’est ajoutée une perte de souveraineté liée à
l’occupation du territoire national par des forces militaires exogènes, en particulier l’armée française et la force d’intervention européenne Takuba. La France, qui entretenait déjà des relations troubles avec diverses forces sécessionnistes au Sahel, a directement participé à l’assassinat du colonel Mouammar Kadhafi et à la déstabilisation de la Libye. Cette agression et ingérence dans les affaires intérieures libyennes a ouvert la voie à des groupes rebelles qui ont fait la jonction avec les forces sécessionnistes opérant au Nord-Mali, conduisant d’une part à l’effondrement de l’État malien sous Amadou Toumani Touré avec le coup d’état de mars 2012, et d’autre part en 2013 à l’intervention militaire française Serval puis Barkhane dans le but d’empêcher officiellement la chute de Bamako et l’installation d’un califat islamique. L’organisation terroriste Ansar Dine a été manipulée par la France pour violer le cessez-le-feu et la zone tampon, ce qui a abouti à l’attaque de Konna. Ainsi, cette thèse selon laquelle une colonne de 400 pick up se sont dirigés par surprise vers Mopti avec comme point de mire Bamako était un prétexte pour faire intervenir l’armée française et laver l’affront que Modibo Keita avait infligé à la France un célèbre 20 janvier 1961 avec le départ de toutes les bases françaises du Mali.
Au vu de cette descente aux enfers du Mali et du peuple malien, nous, Panafricanistes, appelons à intensifier la lutte pour mettre fin effectivement et définitivement aux régimes corrompus, apatrides et criminels qui, au Mali comme dans de nombreux autres pays africains, s’opposent à l’émancipation des peuples en refusant de faire de l’éducation, de la santé, de l’autosuffisance alimentaire ou de la sécurité, des impératifs réels pour le développement et le bien-être des populations, auxquels s’ajoute la lutte contre toute occupation militaire étrangère.


II. Le peuple du Mali debout contre l’occupation militaire française


Si les responsables des pays du G5 Sahel ont cautionné les scénarios de vrai-fausse lutte contre le terrorisme, écrits depuis Paris et New York, nous, Panafricanistes, au nom de la solidarité avec le peuple du Mali, dénonçons :
– les méthodes peu respectueuses des peuples des pays G5 Sahel du Président
Emmanuel Macron qui, au prétexte d’un sentiment anti-français, nourri cependant par l’occupation de l’armée française, convoque les présidents de ces pays pour leur imposer des ultimatums face à des mouvements populaires massifs de contestation
face à l’occupation militaire française de fait, mouvements portés par la jeunesse, des personnalités, des patriotes nationalistes et panafricanistes ;
– les pratiques coloniales qui permettent à la ministre française des Armées FlorenceParly de se prononcer publiquement à la place des Maliens sur la nature et la durée
de la transition tout en laissant entendre des représailles dans le cas où le peuple malien choisirait une autre voie ;
– l’incapacité chronique de la classe dirigeante française à tirer les leçons de son aventure destructrice en Libye pour préserver ses intérêts et dont les nombreuses conséquences sont entre autres des crimes contre les populations noires ou
migrantes, la déstabilisation de toute la région sahélo-saharienne. Cet enchainement catastrophique ne devra pas rester impuni. Les instruments africains etinternationaux doivent être utilisés pour dire le droit et rendre justice à toutes les
victimes, peuples et citoyens de toutes ces exactions. A ce propos une enquête sur la responsabilité des dirigeants français, en particulier Messieurs Nicolas Sarkozy et
Bernard Henri Lévy doit être diligentée.
– la complicité de la France avec les régimes africains corrompus qui détournent lesservices de renseignement et les moyens militaires officiellement fournis dans le
cadre de la « coopération » ou de la « lutte contre le terrorisme » pour traquer et persécuter les mouvements d’opposition aux régimes soutenus par Paris ;
– la complicité de chefs d’État de la CEDEAO qui, craignant de subir la même
mésaventure que le président IBK, rejettent dans un premier temps la prise du pouvoir par l’armée malienne alors qu’eux-mêmes ne se maintiennent bien souvent
au pouvoir que par la force, et soutiennent dans un second temps la prise de sanctions à l’encontre du peuple malien au lieu de remettre en cause leur propre politique
liberticide et anti-démocratique ;
– l’illégitimité de la présence militaire française au Mali et en Afrique, et exigeons le départ immédiat de l’armée française du sol malien et la fermeture de toutes les bases
militaires étrangères placées sur le sol africain.


III. Pour la solidarité africaine et internationale avec les peuples en lutte


Nous, Panafricanistes, dénonçons les velléités ici et là en AFRIQUE de prolonger les mandats présidentiels en remettant les compteurs à zéro au gré des violations
constitutionnelles. Nous exprimons notre soutien aux peuples en lutte pour leur liberté et leur bien-être. Nous exhortons les peuples à fonder leurs luttes sur le principe de la
collaboration internationale, la réciprocité et le respect mutuel.
Dans ce sens, nous restons mobilisés pour la victoire des aspirations populaires :


En CÔTE D’IVOIRE où la volonté d’Alassane Dramane Ouattara de briguer un troisième mandat jugé anticonstitutionnel par le comité d’experts qui a rédigé la constitution de novembre 2016 s’inscrit dans une tradition de confiscation du pouvoir, de mépris envers la souveraineté populaire et d’irresponsabilité en raison des violences politiques qui font craindre un embrasement de la situation dans tout le pays. Le Conseil constitutionnel, en écartant quarante candidatures et en en validant quatre dont celle illégale et illégitime de Ouattara, est tombé dans la forfaiture. Nous dénonçons les intimidations, la restriction des libertés d’expression et de réunion, ainsi que les arrestations arbitraires visant des manifestants et des partisans de l’opposition qui ne demandent que la stricte application de la constitution.


En GUINÉE où la décision d’Alpha Condé de briguer un troisième mandat après avoir imposé une réforme constitutionnelle contestée par plusieurs mois de mobilisations
populaires massives durement réprimées démontre encore une fois les dérives d’un pouvoir autoritaire qui n’a pas réussi à améliorer les conditions de vie de la population. Nous exhortons le peuple de Guinée à rester soudé dans l’épreuve de résistance, à ne pas se laisser corrompre par les manipulations politiciennes et à ne pas abdiquer face au coup d’état constitutionnel en cours.


Au GABON où la résistance doit se poursuivre face au coup d’état militaro-électoral
orchestré par le régime dynastique de Bongo Ondimba Ali lors de l’élection présidentielle du 27 août 2016, en appelant à sanctionner les responsables de la violente répression mise en œuvre avec son paroxysme, l’attaque du quartier général de campagne de Jean Ping où des centaines de civils non armés ont été abattus de sang froid pour installer un climat de terreur. Nous devons soutenir les forces progressistes gabonaises pour libérer ce pays phare de la Françafrique.


Au CAMEROUN, où Paul Biya, chef d’Etat fantôme au pouvoir depuis 1982, s’est reconduit lui-même au pouvoir à l’issue du simulacre d’élections présidentielles du 07
octobre 2018, les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, privées du droit de vote du fait des violences perpétrées en toute impunité par l’armée, sont plongées dans une guerre qui a déjà fait de trop nombreux morts. Aux côtés du peuple camerounais, de la société civile, des forces politiques progressistes, des défenseurs des droits humains, des forces syndicales, ainsi que des différentes catégories qui refusent de baisser la garde, nous exigeons la libération de tous les prisonniers politiques, les conditions pour le retour des réfugiés, ainsi que la mise en place d’un véritable plan de reconstruction du pays pour un Cameroun nouveau.


Au CONGO BRAZZAVILLE où Denis Sassou Nguesso qui cumule trente-six ans de pouvoir, s’apprête à rempiler en 2021 après avoir de nouveau modifié la constitution et
placé en détention de nombreux opposants politiques, nous appelons à la constitution d’une alternative politique réelle pour en finir avec l’un des piliers de la Françafrique, disposant du soutien des multinationales et des réseaux d’influence français.


Au TOGO où un tripatouillage constitutionnel opéré en une seule nuit permit à Faure Gnassingbé de succéder à son père le Général Etienne Gnassingbé Eyadema décédé en 2005, la dynastie cumule cinquante-trois (53) ans de brutalités, à l’instar de la répression meurtrière des populations descendues dans les rues contre les résultats de l’élection présidentielle d’avril 2005. Le tripatouillage électoral opéré en force par les autorités n’a pas empêché de constater l’éclatante victoire obtenue le 22 février 2020 par le Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo, candidat de l’opposition porté par la Dynamique Monseigneur Kpodzro. Aujourd’hui le pouvoir légitime est incarné par le Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo avec son Gouvernement en exil soutenu par l’écrasante majorité des Togolais sur toute l’étendue du territoire national et dans la diaspora.


En MARTINIQUE où l’Etat français réprime les mouvements citoyens qui dénoncent l’empoisonnement des terres au chlordécone ainsi que des pratiques de génocide par
substitution, le déboulonnage le 22 mai 2020 des statues de Victor Schoelcher a lancé un large mouvement de contestation de la culture esclavagiste, colonialiste et raciste anti-noir présente dans les médias et dans l’espace public. Tout en exhortant la France à rendre les Îles Eparses à Madagascar et à se plier au droit international qui condamne l’occupation française de Mayotte, nous appelons les peuples encore soumis au colonialisme français (Guadeloupe, Kanaky/Nouvelle-Calédonie, Guyane, La Réunion) à rejoindre les rangs du panafricanisme.


Aux ETATS-UNIS D’AMERIQUE, où l’assassinat de George Floyd le 25 mai 2020, date de la Journée Mondiale de l’Afrique, a déclenché des manifestations massives internationales pour dénoncer la persistance criminelle du racisme, ainsi que dans tous les territoires où des Africaines et des Africains subissent des injustices et des atteintes à leur intégrité physique ou morale du fait de leur origine, nous, Panafricanistes, devons rappeler que seule une Afrique forte et unie sera en capacité de pallier au défaut de protection de ses populations continentales et diasporiqu


IV. Pour un appel à l’Union Africaine des Peuples


Au regard des situations précitées qui ne sont qu’un aperçu des luttes en cours sur le continent et dans la diaspora, nous, Panafricanistes, recommandons aux peuples et
organisations, de manière fraternelle et militante, d’inscrire dans leur cahier de charges les cinq mots d’ordre suivants afin d’avancer la construction des Etats Unis d’Afrique


1. Le changement des mentalités : Afin que les populations africaines sortent des schémas mis en place par l’impérialisme pour leur faire accepter et intérioriser le fait
qu’elles ne sont ni libres, ni indépendantes, ni souveraines, ni riches, etc. Intelligemment, sans recourir à des affrontements fratricides dévastateurs de nos
territoires, il nous faut adopter des mentalités de femmes et d’hommes forts, intelligents, libres, indépendants, créatifs, gagneurs, courageux, riches, entreprenants.
Il est impératif que nous sortions des clichés et mensonges qui ne font que perpétuer la domination et le pillage de nos territoires.


2. L’unité effective des peuples africains : en dénonçant formellement la partition de l’Afrique et tous les accords dits de coopération, qui sont en fait des accords de sujétion
à l’impérialisme français en particulier.


3. La souveraineté sous toutes ses formes : spirituelle, idéologique, politique, diplomatique, militaire, judiciaire, économique, monétaire, scientifique, sociale,
culturelle, linguistique. Aussi, il faut non seulement exiger le départ immédiat des troupes étrangères d’occupation, mais il faut surtout mentionner dans les Constitutions
l’interdiction absolue de la présence de toute base militaire étrangère sur le territoire africain. Quel que soit l’organisme ou le pays interlocuteur, les principes de l’égalité et
du respect mutuel doivent être observés avec la plus grande attention.


4. L’avenir de chaque peuple est africain : En mutualisant les énergies et les moyens, eten réaffirmant son ancrage africain, chaque peuple peut réaliser son développement
solidaire, souverain et accéléré. La transformation des productions du sol et du soussol localement est une exigence de développement durable et de souveraineté.


5. La fédération de toutes les initiatives locales, régionales et territoriales : pour avancerprogressivement vers la réalisation effective des Etats Unis d’Afrique, principe que le
président Modibo Keita avait fait figurer dans la Constitution du Mali au moment de son accession à l’indépendance et dont l’Union Ghana-Guinée-Mali fut une expérience
dont l’embryon reste pertinent à l’échelle ouest-africaine.


Nous mettons en garde contre les velléités des uns et des autres, et rappelons qu’aucune révolution ne sera aboutie si elle n’intègre les aspirations profondes du peuple.
Avec le soutien des Peuples et des Diasporas, nous, Panafricanistes, appelons le mouvement de solidarité à s’élargir à l’échelle du Continent pour balayer définitivement les régimes anti-démocratiques et corrompus.


POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE ET POUR LE PEUPLE !
L’UNION FAIT LA FORCE ! VIVE LA SOLIDARITÉ PANAFRICAINE !
L’an la-ara an Sara! Si nous nous couchons, nous sommes morts !
===================================================================
Liste des Organisations et Réseaux signataires de la Déclaration commune rendue
publique en clôture de la Manifestation Unitaire Panafricaine du samedi 19
septembre 2020 à Paris
COLLECTIFS PANAFRICAINS
La Plateforme Panafricaine (LPP)
Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-U)
Mouvement Fédéraliste Panafricain (MFPA)
Comité International Joseph Ki-Zerbo (CIJK)
L’Amicale Panafricaine
WARABA
KA UBUNTU
BÉNIN
Comité Culturel pour la Démocratie au Bénin -CCDB
Comité pour la Sauvegarde de la Démocratie au Bénin (CSDB)
Front Souverain
BURKINA FASO
Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples Section France – MBDHPSF
Mouvement SENS – Servir Et Non Se Servir – SENS
Alliance Patriotique Panafricaine – Burkindi –APP BURKINDI
Union des Burkinabè du Grand Ouest de la France -UBGOF
Pour l’Emergence Panafricaine/Mouvement pour la Réflexion, la démocratie et le
Développement Durable
CAMEROUN
Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la
Démocratie (UPC-Manidem)
Femmes en Avant Cameroun !
Collectif des Résistants Camerounais de la Diaspora
COMORES
Front Commun des Forces Vives contre la Dictature aux Comores
Mouvement MABEDJA
CONGO-BRAZZAVILLE
Sauvons Le Congo
RD CONGO
Délégation LAMOUKA France
Engagement pour la Citoyenneté et le Développement en Ecidé
Mouvement pour la Libération du Congo
Nouvel Elan
Union de la Diaspora Congolaise
Bureau d’Etudes pour le Congo
CÔTE D’IVOIRE
Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté
Générations Peuples Solidaires
Coalition pour la Démocratie, la Réconciliation et la Paix
Fondation Ivoirienne pour les Droits de l’Homme et la Vie Politique
Mouvement Non Non et Non
DJIBOUTI
Alliance Républicaine pour le Développement – ARD
Union pour le Salut National – USN
GABON
Le Conseil Gabonais de la Résistance Internationale – CGRI
La Révolution des Amazones
Orgasey
NewPower
Eveil toi GABON
Le Mouvement TROP c’est TROP
UPG-Loyaliste
La Dream Team Gabonaise
Réagir
GUINÉE
Forces Vives FNDC France
Front National pour la Défense de la Constitution
Alliance des Forces Patriotiques pour une Guinée Libre – AFPGL
Collectif pour la Transition en Guinée – CPTG
Congrès Populaire Africain (CPA)
Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN)
Union des Forces Républicaines (UFR)
MALI
Mouvement du 5 Juin Rassemblement des Forces Patriotiques Europe/France
M5 RFP
Solidarité Africaine pour le Démocratie et l’Indépendance -SADI
MAURITANIE
Forces de Libération Africaines de Mauritanie -FLAM
NIGER
Association Nigérienne HINDOBEYE – Fraternité-Entraide- Développement
Association d’Assistance des Nigériens de l’Extérieur
KANE AFRIQUE
SENEGAL
Front pour une Révolution Anti-Impérialiste Populaire Panafricaine (FRAPP)
Front pour le Départ de Macky (FDM)
NON AU 3è MANDAT !
TCHAD
Afrique Internet Sans Frontières
Projet Pour une Alternance Crédible au Tchad
Patriotes de la Diaspora Tchadienne de France
TOGO
Convention Démocratique des Peuples Africains -CDPA
M05 Mouvement du 5 Octobre TOGO
Coalition de la Diaspora Togolaise pour l’Alternance et la Démocratie – CODITOGO

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Actualités internationales Thu, 08 Oct 2020 20:11:06 +0000
60 ans après les indépendances formelles, le contexte géopolitique de la seconde phase de libération de l'Afrique http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/913-contexte-geopolitique-seconde-phase-liberation-afrique http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/913-contexte-geopolitique-seconde-phase-liberation-afrique 60 ans après les indépendances formelles, le contexte géopolitique de la seconde phase de libération de l'Afrique

Diagne Fodé Roland

Sous les coups d'une propagande bien huilée de l'Occident impérialiste en déclin règne chez beaucoup d'Africains la peur d'un nouveau partage de "l'Afrique riche et convoitée" à l'instar du partage colonial de 1884/85 à Berlin.
N'ayant connu que les sommets françafricain, eurafricain et usafricain lors desquels les chefs d'Etats impérialistes distribuaient les bons et mauvais points et leurs feuilles de route à leurs valets présidents des néocolonies, les Africains, même submergés par une propagande occidentale distillant la méfiance pour les sommets chinafrique, indiafrique, russafrique, leurs portent de plus en plus d'intérêts. 60 années de coopération néocoloniale, plus d'un siècle de colonisation et plus de quatre siècles de traite des noirs et d'esclavages font de plus en plus pencher la balance vers une instable sympathie, voire un vague espoir d'une coopération différente avec la Chine, l'Inde, la Russie.
Va-t-on donc vers un nouveau partage de l'Afrique convoitée entre les anciens prédateurs (US, UE) et les "nouveaux" que seraient les puissances "émergentes"? Ou bien n'y-a-t-il pas une opportunité que l'Afrique doit saisir avec le déclin visible de l'Occident impérialiste et l'émergence de nouvelles puissances économiques, militaires et stratégiques? Que faire dans ce nouveau contexte géopolitique évolutif pour frayer la voie à une seconde phase de libération nationale, démocratique et populaire afin de sortir du sous-développement?

L'Afrique dans l’œil du cyclone du chaos impérialiste

Si la première phase des luttes de libération africaine s'est estompée avec la fin de l'apartheid (à l’exception du Sahara en Afrique et de la symbolique Palestine au plan international) dans les années 90 correspondant à la défaite de l'URSS, la période immédiate qui a suivi a été marquée par une adaptation servile des bourgeoisies et des élites au nouveau rapport des forces au nom de l'impérialisme (US et UE) "tout puissant" et "invincible".
Les "conférences nationales" pour orienter les luttes populaires des peuples africains vers les réformes démocratiques multipartites sans s'attaquer aux racines socio-économiques de l'oppression néocoloniale, l'adoption du libéralisme (moins d'Etat) comme unique programme politique quelque soit le parti au pouvoir dans la quasi totalité des pays africains, les plans libéraux d'ajustement structurel, les dévaluations des monnaies, notamment du franc colonial CFA puis les privatisations ont été généralisées en Afrique sous la houlette des institutions de Bretton Woods (FMI, BM, OMC).

Mais dès que les pays dits "émergents", notamment les BRICS, ont commencé à partir des années 2000 à investir massivement en Afrique, particulièrement dans les infrastructures, à y vendre leurs produits industrialisés et à y prendre des parts de marchés provoquant le recul de la mainmise économique des impérialistes Occidentaux, de nouvelles menaces découlant de la nouvelle stratégie militarisée des USA et de l'UE sont apparues.
L'impérialisme Occidental s'est évertué à militariser sa présence en instrumentalisant son alliance avec les pétromonarchies pour contrecarrer ses "concurrents" des pays dits "émergents" dans le vain espoir de rendre "éternel" le système capitaliste sous leur domination.

Après avoir renvoyé l'Afghanistan, puis l'Irak "à l'âge de pierre" selon l'expression de G. Bush, l'occupation militaire de ces pays avait précédé l'installation de pouvoirs fantoches. Puis l'agression coloniale de l'OTAN/Françafrique et l'assassinat de Khadafi ont livré la Libye aux hordes surarmées de Al-Qaïda et/ou Daesh qui se sont ensuite répandues sur les autres pays africains. Boko Haram, Mujao, Ansardine, des mouvements armés djihado-terroristes bien avant comme Shebab, LRA de Kony, sévissent ainsi du Sahel-Sahara à l'Afrique de l'est. Ces mouvements terroristes de fanatiques religieux armés sont les nouveaux prétextes du redéploiement militaire des réseaux de la françafrique, l'eurafrique, l'usafrique à travers l'opération Barkhane et AFRICOM pour la recolonisation économico-militaire de l'Afrique.

Cette déstabilisation militarisée des pays africains s'est développée à partir de la destruction consciente de la Libye comme le révèle Hama Ag Mahmoud, un des ténors du MNLA (Mouvement National de Libération de l'Azawad) qui l'a quitté avec fracas en décembre 2012, peu avant le déclenchement de l’opération Serval au Mali : " - La France aurait donc poussé le MNLA à occuper les villes du Nord du Mali ? - Oui tout à fait. La France a demandé au MNLA de l’aider à faire déserter tous les combattants de l’Azawad qui étaient dans l’armée libyenne, pendant la guerre de Libye. Ensuite de bloquer le recrutement des libyens dans l’Azawad et dans l’Aïr au Niger. Et en contrepartie, elle nous avait donné son feu vert pour l’indépendance de l’Azawad. C’est l’accord qui a été conclu avant la guerre entre le MNLA et la France. Et immédiatement la guerre gagnée par le MNLA, la France a changé complètement de politique. Elle a mis tout son dispositif diplomatique contre le MNLA. Alors conclusion, l’objectif de la France était tout simplement d’affaiblir le gouvernement malien et je peux vous assurer que ce n’était pas pour donner raison au MNLA" (Interview, Le Courrier du Sahara, en date du 17 janvier 15 cité par Gri Gri international du 28/02/15). En réalité, il y a des velléités françaises de réveiller le vieux projet de l'OCRS (Organisation Commune des Régions Sahariennes) pour séparer les peuples des matières premières que le FLN Algérien et l'US-RDA de Modibo Keita avaient fait échouer dans les années 1957-1962 grâce à la solidarité panafricaine d'alors.

La Libye a été ainsi livrée aux mercenaires islamistes financés par les théocraties des pétrodollars et armés par les marchands d'armes US et de l'UE dans le but de créer un foyer à partir duquel propager partout en Afrique le cancer djihado-terroriste. La Libye est devenue pour l'Afrique ce qu'a été et continue d'être l'Afghanistan pour toute l'Asie. Ces foyers de subversion ont produit les Daesh, Front Al Nosra, Al Qaïda en Syrie et en Irak, Boko Haram au Nigeria/Cameroun, Ansardine-Mujao-MNLA au Mali, etc. Tout comme les Shebab ont été produits par la déstabilisation et l'occupation temporaire US de la Somalie.
Ces mercenaires djihado-terroristes séparatistes se taillent des territoires dénommés "califat" comme on l'a vu dans le nord du Mali, en Syrie et en Irak et se livrent à toute sorte de trafics de pétrole, drogue, prostitution, migrants, etc. Dès qu'ils se sentent suffisamment forts, ils développent parfois leur propre agenda différent de celui de leurs financeurs et entrent ainsi en opposition à ceux-ci.
A chaque déstabilisation d'un pays africain, les impérialistes US, de l'UE et Français se pointent pour "porter secours dans leur grande magnanimité désintéressée" aux "incapables africains" comme on l'a vu au Mali avec l'opération Serval puis en Centrafrique avec Sangaris avant que ce stratagème ne mute en "Barkhane", nom que s'est donnée la mouvante occupation militaire française du Sahel-Sahara du Mali en Centrafrique.
Progressivement une ligne de fracture s'opère donc au sein même des bourgeoisies néocoloniales des pays africains entre résister à la stratégie du chaos organisé par l'impérialisme ou se soumettre avec l'illusion d'y échapper.
Les sommets russafrique, chinafrique, indiafrique, etc vont accélérer ce processus de différenciation des positions au sein même des Etats néocoloniaux africains tout comme l'ont fait, à l'époque dans le contexte de la première phase des luttes anti-coloniales après 1945, les sommets de Bandung puis de la Tricontinentale née après le massacre des communistes indonésiens en 1965.

La françafrique, l'eurafrique et l'usafrique se délitent progressivement

L'OTAN, les USA, l'UE et les impérialistes Français étaient bien loin de s'imaginer le traumatisme causé au sein de la classe des gouvernants et politiciens libéraux néocoloniaux africains par la capture de Gbagbo à la manière des négriers d'antan, l'assassinat crapuleux de Khadafi et l'humiliation infligée à l'Union Africaine (UA) à cette occasion.
Le projet d'isoler l'Afrique du Nord de l'Afrique au sud du Sahara par la création de l'Union Maghreb et UE avait capoté en raison de l'opposition de l'Algérie et de la Libye de Khadafi, lequel avait osé ensuite proposer une monnaie unique africaine, une banque africaine, un satellite de télécommunication africain, ce qui est à l'origne de son assassinat.
La destruction de la Libye a été l'occasion d'infester le vaste territoire Saharo-Sahélien des bandes armées djihado-terroristes et séparatistes qui sèment la mort et la désolation. Le prétexte a été ainsi tout trouvé pour les armadas françaises, européennes et étasuniennes d'occuper militairement un vaste territoire transfrontalier qui va du Sénégal, du Mali jusqu'en Centrafrique voire jusqu'à la corne de l'Afrique orientale. Cette occupation militaire protéiforme et multiforme est symbolisée par le nom "barkhane", c'est-à-dire les dunes qui se déplacent au gré des vents de sables.

Le nouveau cycle de la guerre contre le terrorisme se révèle à juste titre de plus en plus aux yeux des peuples comme une stratégie des impérialistes Occidentaux (USA/UE/OTAN) pour occuper militairement les sources de matières premières principalement énergétiques. La guerre et les mercenaires djihado-terroristes financés par les monarchies pétrolières Wahhabites, Salafistes et Takfiristes qui avaient été les fers de lance en Afghanistan contre l'URSS sont à la fois le moyen et le bras armés pour déstabiliser voire démembrer les Etats, pays et Nations afin d'empêcher l'accès direct aux matières premières stratégiques sans passer par eux des pays émergents comme la Chine, l'Inde, le Brésil, la Russie, etc.
L'agression militaire est devenue un substitut à la perte de plus en plus grande de parts des marchés des impérialistes étasunien, européen et français en particulier en Afrique. L'occupation militaire permanente est complétée par l'imposition aux Etats africains de l'Accord de Partenariat Économique (APE) qui met fin aux protections fiscales et douanières des productions nationales que promeuvent les chefs de file de la zone CFA principalement du Sénégal et de la Côte d'Ivoire.
Même si les présidents élus au Bénin et au Gabon (Talon et Ali Bongo) ne dérangent en rien les intérêts de la françafrique, les candidats préférés (Zinsou et Ping) de l'impérialisme français furent tous électoralement battus. Ce qui était un premier signe de craquement de la françafrique. Mieux l'un des piliers, après Houphouêt Boigny et Léopold Senghor de la domination néocoloniale française en Afrique, le putschiste assassin de Sankara, Blaise Compaoré a été chassé par le peuple et exfiltré par les forces spéciales françaises vers la Côte d'Ivoire de Alassane Ouattara, lequel avait été installé au palais présidentiel par les chars français après la capture de L. Gbagbo.
Les révoltes populaires dénommées "printemps arabes" qui ont balayé l'Afrique du Nord jusqu'au Moyen-Orient, au delà de l'instrumentalisation par les théocraties féodales des pétro-dollars de mercenaires djihado-terroristes en Libye, en Irak et en Syrie, ont fait chuter les régimes dictatoriaux néocoloniaux de Ben Ali en Tunisie et de Moubarack en Egypte. Ces mouvements populaires viennent d'avoir leur prolongement en Algérie avec la chute de Bouteflika.
Ces révoltes populaires au delà des tentatives impérialistes de les manipuler sont objectivement des contestations massives des politiques libérales qui affaiblissent la mainmise de l'impérialisme sur les peuples.

Les échecs en cours de la stratégie impérialiste du chaos

Après avoir vu comment procède l'impérialisme pour assurer la pérennité de sa domination mondiale multi-séculaire, il faut observer que çà commence à se compliquer pour lui. En effet tout ne se passe pas comme prévu à la grande surprise des soi-disant "élites" mentalement colonisées.
On a d'abord assisté à des offensives militaires criminelles contre des Etats et des peuples. Mais les guerres en Afghanistan, en Yougoslavie, en Tchétchénie, en Irak, en Libye ont certes créé le chaos, mais le but même d'accaparement des richesses de ces pays par les Multinationales s'est révélé et se révèle plutôt problématique.
Certaines forces djihado-terroristes qui avaient été sollicitées par les impérialistes et leurs vassaux des théocraties saoudienne, qatarie, koweïtienne, etc se sont retournées contre leurs parrains maffieux occidentaux. En fait certains de ces djihado-terroristes ont leur propre agenda politique même si il faut remarquer qu'ils passent d'un groupe à un autre selon celui qui paye le plus et selon le rapport des forces du moment entre parrains.
Les forces obscures djihado-terroristes ont aussi recruté avec l'aide des finances saoudienne, qatarie et koweïtienne aux USA, dans les différents pays de l'UE et à travers le monde des mercenaires fanatisés. Certains ont en partie échappé au contrôle de leurs maîtres occidentaux, sionistes et féodaux des monarchies pour commettre des attentats terroristes comme ceux du World Trade Center en 2001 et de Charlie Hebdo en 2015, etc. Remarquons ici que ces fanatiques assassinent et massacrent avant tout des Musulmans. L'Algérie en a fait l'amère expérience lors des "années de plomb" dans un assourdissant silence des médias impérialistes et de leurs relais locaux en Afrique.
La guerre contre la Syrie a été contrée par la Russie, la Chine et les Etats progressistes d'Amérique du Sud. La défaite constatable des djihado-terroristes en Syrie n'est pas le fait de la présence militaire des USA et des forces spéciales franco-britannique, mais de l'alliance entre l'Etat National Syrien et la Russie bourgeoise. Au contraire n'a-t-on pas entendu l'aveu significatif du Ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, se déclarant satisfait du "bon boulot d'Al Nostra" (en fait Al Qaïda) en Syrie ? De même n'observe-t-on pas que les djihado-terroristes sont soignés et armés par Israël avant d'être renvoyés tuer les "Musulmans" Syriens. Israël n'hésite pas à voler à leurs secours en bombardant régulièrement la Syrie.
En Afrique même, les mensonges qui ont été évoqués pour abattre Khadafi et le chaos en Libye sont à l'origine de la multiplication des naufrages de migrants prisonniers qui cherchent à fuir la guerre et du développement du djihado-terrorisme au Mali, au Nigeria, au Cameroun jusqu'en Centrafrique.

La prise de conscience de la dangerosité de l'impérialisme et de ses guerres coloniales contre les peuples et l'Afrique va à une grande vitesse. Ainsi malgré l'extraordinaire complexité évolutive de la situation, le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Nigeria combattent avec succès Boko Haram sans avoir fait appel directement aux impérialistes.
Au Mali, après l'effet anesthésiant de l'escroquerie de l'impérialisme Français "volant au secours des populations" à travers Serval, le peuple se rend compte de la supercherie et se mobilise de plus en plus contre ce stratagème trompeur de la Françafrique. L'opération Barkhane est éclaboussée en Centrafrique par le scandale de la pédophilie pratiquée par des soldats français. AFRICOM, ce commandement US otanien pour l'Afrique ne trouve officiellement, pour le moment, nulle part pied à terre sur le continent.
Mais l'échec patent a commencé pour les impérialistes d'abord en Ukraine. Là, après une longue période d'avancée de l'OTAN et de l'UE vers les frontières de la Russie, les impérialistes ont été stoppés net par la bourgeoisie patriotique Russe. Les forces anti-fascistes ukrainiennes du Donbass et de la Nouvelle Russie ont donné un coup d'arrêt à l'expansionnisme de l'OTAN et de l'UE à l'est du sous continent européen. Ensuite est venu en Syrie l'échec du projet impérialiste, djihado-terroriste et des monarchies des pétro-dollars d'en finir avec l'Etat laïc syrien.

La Chine en fait de même en Asie avec son projet de développement régional appelé "nouvelles routes maritimes et terrestres de la soi", son partenariat "gagnant-gagnant" et le "consensus de Pékin" (Organisation de Coopération de Shangaï). Le "consensus de Washington" qui a imposé le cadre libéral de la domination occidentale sur la planète à travers le FMI, la Banque Mondiale, l'OMC, TAFTA et l'APE, bat de plus en plus de l'aile.
Enfin "l'arrière cour" qu'a été l'Amérique du Sud pour les USA résiste plus ou moins victorieusement aux agressions fascistes internes et à la reconquête offensive de l'impérialisme yankee allié aux libéraux fascistes. Même à l'épreuve du feu, même en dents de scie, les processus révolutionnaires anti-libéraux et anti-impérialistes, malgré quelques défaites temporaires, font échec à la contre-révolution fasciste dans les pays de l'Alba comme le Venezuela, le Nicaragua sans oublier que tous les bastions réactionnaires comme le Mexique, l'Argentine, la Colombie, le Chili, le Pérou, le Brésil connaissent un regain des luttes populaires anti-libérales et anti-impérialistes. Cuba socialiste reste plus que jamais debout.

Desserrer l'étau du huis clos dans le cadre de la françafrique, l'eurafrique et l'usafrique

Les bourgeoisies néocoloniales africaines au pouvoir sont de plus en plus confrontées à la montée des contestations populaires contre la corruption des élites, la "mal gouvernance" et le bradage des richesses du sol et du sous sol.
La jeunesse est en particulier à la pointe des combats sociaux et démocratiques à travers les organisations dites de la "société civile", les syndicats voire même à travers de nouveaux partis politiques qui, face à la corruption généralisée de la classe politique de la droite à la gauche, revendiquent une alternance politique générationnelle pour réaliser la réappropriation des richesses nationales et donc une alternative patriotique fondée sur l'indépendance nationale.
Les bourgeoisies néocoloniales d'Etat de plus en plus discréditées aux yeux des populations se tournent vers d'autres créanciers en ouvrant les économies aux monde des affaires des pays comme la Chine, l'Inde, la Turquie, le Brésil, la Russie, etc.
Ce processus est accéléré par les défaites militaires des mercenaires djihado-terroristes, de leurs parrains wahhabites, salafistes, takfiristes et protecteurs US et UE en Syrie. L'intervention Russe auprès de l'Etat National Syrien contre l'agression djihado-terroriste et impérialiste Occidental a mis en déroute les plans cachés qui faisaient dire au ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, que "Al Nostra (Al Qaïda) fait du bon boulot contre Bachar Al Assad" en Syrie.
Tout le monde peut faire la comparaison : l'occupation militaire française du Mali au prétexte de la "lutte contre le terrorisme" et la présence de plus de 30.000 soldats du G5 Sahel et de la Minusma contre 3.000 djihado-terroristes estimés révèlent toute la duplicité et la complicité des impérialistes à la fois pyromanes et pompiers. C'est ce que comprennent peu à peu les populations qui manifestent de plus en plus pour exiger le départ des troupes étrangères du Mali jusqu'en Centrafrique.
Comme l'exigent les peuples africains, seule une alliance militaire panafricaine des Etats du Sahara-Sahel peut mettre un terme au djihado-terrorisme. Or une telle alliance, tout comme la monnaie unique africaine sans les impérialistes, n'est possible qu'en obtenant le départ des troupes des impérialistes du Sahara-Sahel.

Il y a donc un processus objectif qui voit le monde passer de la dictature unilatérale de l'impérialisme, de la "pensée unique" libérale, véhiculée par les USA et l'UE à la liberté relative du multilatéralisme consécutif à l'avènement progressif sur le terrain économique et géostratégique des rescapés du camp socialiste, principalement la Chine et de la Russie bourgeoise. C'est ce processus objectif qui fait que certaines bourgeoisies néocoloniales prennent quelques distances avec leurs maîtres impérialistes français, européen et étasunien. Mais c'est aussi le développement de ces contradictions qui va amplifier les guerres des impérialistes tant à l'intérieur de leurs propres pays contre le monde du travail qu'à l'extérieur contre les peuples.

La crise de l’impérialisme parasitaire, décadent et le passage au monde multipolaire

La stratégie guerrière du chaos est la réponse systémique du capitalisme mondialisé sous direction US au remplacement progressif du monde unipolaire libéral issu de la défaite du camp socialiste, de l'URSS par le monde multipolaire qui s'installe peu à peu. Jusqu'à la guerre contre la Libye, y compris au Conseil de Sécurité de l’ONU la dite « communauté internationale » se résumait de fait à l’UE et les USA, lesquels se partageaient les rôles selon leurs intérêts contre le reste du monde. Mais comme on le voit en Syrie et en Ukraine, la Russie, la Chine et les résistances des Etats – Nations qui défendent leur indépendance commencent à changer cette donne.
Du Sahel, au Golfe de Guinée, en Afrique centrale et de l'est, mais aussi au Moyen-Orient, en Asie ex-Soviétique et en Amérique du Sud, le bloc impérialiste décadent et parasitaire USA/UE joue la carte agressive des guerres et des coups d'états (institutionnels ou pas) pour contrôler les économies nationales, les sources de matières premières et imposer la dictature libérale afin de préserver son hégémonie qui perdure depuis 500 ans. L'impérialisme n'hésite pas à faire imploser les Etats- Nations pour assouvir ces intérêts prédateurs. C'est le cas de l'implosion du Soudan, de la Yougoslavie et avant de l'URSS.

Ces guerres ou déstabilisations néo-coloniales de l'Occident impérialiste rencontrent de plus en plus, partout, des résistances. L’extension du domaine des interventions impérialistes, de l'AFRICOM et de l'OTAN, y compris en mer de Chine et dans la péninsule coréenne, pour empêcher l’accès des puissances émergentes non impérialistes aux matières premières est contrée par la ré-émergence d'un camp de la paix. La défense de la paix, de la sécurité et du multilatéralisme économique par la Chine et la Russie est à la base des contradictions montantes au sein des réseaux françafricains, eurafricains et usafricains.
Cette tendance agressive et déstabilisatrice de l'impérialisme est aggravée par l’actuelle crise systémique de surproduction et de sur-accumulation du capitalisme. La contradiction entre la socialisation toujours plus poussée de la production, de l’activité économique et l’accaparement privée monopolisée au profit des Multinationales des richesses produites rend de plus en plus insupportable à des millions de travailleurs et de peuples l’exploitation capitaliste et impérialiste.
Le libéralisme est la politique économique du capital pour contrer la loi de la baisse tendancielle du taux de profit en régime capitaliste. Tout ce qui, de prés ou de loin, échappe à cette soumission au libéralisme outrancier est à éliminer. D'où le mouvement actuel vers le multilatéralisme est suicidaire pour l’hégémonie Occidentale sur le monde.
Or le libéralisme est une politique économique qui livre les économies nationales au pillage des Firmes Transnationales et ne sert ainsi qu'à développer à la périphérie de l'impérialisme le sous-développement, la dépendance à l'étranger et l'oppression nationale. La "libre circulation du capital" et les politiques libérales qui l'accompagnent à travers notamment les "délocalisations" paupérisent aussi les travailleurs des pays impérialistes. Ces facteurs sont à la base des contradictions entre le centre impérialiste et la périphérie et entre le capital et le mouvement ouvrier dans les pays impérialistes.
Les crises électorales ivoirienne, gabonaise, en RDC et celles qui se profilent dans tous les pays africains dans les années à venir vont mettre en scène des contradictions au sein même des bourgeoisies néocoloniales entre tenants de la soumission unilatérale et de l'ouverture multilatérale à d'autres investisseurs. On voit ainsi ce même processus opposer en Amérique du Sud les partisans fascistes du libéralisme pro-impérialiste et les partisans antilibéraux de l'indépendance nationale. Les coups d'état au Brésil contre la présidente légitime, Dilma Roussef, élue à 54%, contre Evo Morales en Bolivie et les tentatives mises en échec au Venezuela et au Nicaragua ainsi que les révoltes populaires au Chili, en Argentine, en Colombie sont aussi des manifestations de ce processus contradictoire.

On voit ainsi le système françafricain craquer de plus en plus sous la différenciation d'intérêts qui s'opère au sein même des clans mafieux qui gouvernent les néo-colonies. Les luttes des peuples contre les effets désastreux de la gouvernance libérale néocoloniale viennent bousculer les élites au pouvoir et les offres d'investissements des pays émergents comme la Chine, la Russie, l'Inde et affaiblissent les puissances hégémoniques occidentales.
Le passage du monde unipolaire dominé par l'Occident impérialiste au monde multipolaire se fait dans l'affrontement entre politique libérale et politique anti-libérale. Malgré la complexité de la situation, comme le montrent les exemples de la Chine, du Vietnam, de la Corée du Nord et de Cuba, les pays qui assurent leur indépendance nationale et sortent du sous développement imposé mènent une politique anti-libérale où le rôle des nationalisations et de la planification sont stratégiquement centrales.
Le libéralisme a dominé sans partage avant et après la défaite du socialisme durant les 40 dernières années dans les pays capitalistes, dépendants et néocoloniaux. Puis les pays rescapés du camp socialiste vaincu et d’ex-pays colonisés et dominés ont opposé et opposent l'antilibéralisme relatif et le capitalisme d’état (plus la planification d’état dans le cas des ex-pays du camp socialiste) au libéralisme dominant comme politique et stratégie économique.
Indéniablement on ne peut que constater que l'anti-libéralisme et les nationalisations des secteurs économiques stratégiques ont permis ou sont en train de permettre à ces pays de sortir progressivement et réellement du sous développement.
C’est le cas des pays de démocraties populaires comme la Chine, le Vietnam, Cuba et la Corée du Nord. Dans ces démocraties populaires cohabitent différentes formes de propriétés (socialiste, capitalisme d'état, entreprises privées, exploitations paysannes communales, familiales, personnelles, etc), mais avec comme secteur stratégiquement dominant les secteurs d’état contrôlés par le Parti Communiste au pouvoir.
Cet anti-libéralisme et ces nationalisations appuyés sur la souveraineté nationale même sans expropriations des capitalistes compradores caractérisent aussi des pays comme le Venezuela, la Bolivie d'Evo Morales, l'Equateur de Raphaël Correa, le Nicaragua, le Brésil de Lula, Dilma, l’Inde, la Russie, etc.

Ainsi force est de constater que même les pays capitalistes "classiques" comme l’Inde, le Brésil et la Russie, etc., utilisent aussi l'antilibéralisme et des formes de capitalisme d’état pour aller de l’avant sur le plan économique.
C'est là la nouvelle configuration évolutive des contradictions actuelles capital/travail, impérialisme/peuples opprimés et même capitalisme/socialisme (objectif déclaré par les expériences en cours chinoise, vietnamienne, coréenne, cubaine).
Bien entendu, comme le montre le coup d'état institutionnel contre Dilma Roussef, le putsch fasciste en Bolivie, la trahison de Raphaël Correa en Equateur, les assassinats visant les FARC en Colombie, les tentatives de déstabilisations au Venezuela, au Nicaragua, etc., ces expériences patriotiques alternatives au libéralisme n’échapperont pas à la question fondamentale que la vie elle-même pose et posera tôt ou tard : QUI L’EMPORTERA au sein de chacun de ces pays entre anti-libéraux et libéraux voire fascistes soutenus par les impérialistes, entre Socialisme et Capitalisme, entre le Parti Communiste et les forces apatrides du capital interne et externe ?

Les causes systémiques des nouvelles agressions impérialistes contre les peuples

Dès sa naissance, le capitalisme en tant que mode de production a été marqué par ce que d’aucun appelle aujourd’hui « mondialisation ou globalisation ». En effet la classe sociale porteuse de ce système économique et social, la bourgeoisie ou le patronat des groupes monopolistes, a été boosté dans sa conquête de la puissance économique et politique par la découverte des matières premières minérales comme le charbon, le fer, l’or et les matières premières agricoles comme la laine, le coton, le café, le sucre dont l’exploitation exigeait une main d’œuvre ayant comme seule possession la force de travail manuelle et/ou intellectuelle : la classe ouvrière, le prolétariat.
C’est ainsi qu’est né, parallèlement à la contradiction capital – prolétariat, le système colonial et esclavagiste par la conquête militaire brutale du continent américain, le génocide des amérindiens qui est le premier grand crime contre l’humanité de l’ère moderne, l’émigration massive des populations européennes persécutées et/ou appauvries pour peupler le continent américain complétée par la traite et l’esclavage des Noirs d‘Afrique. Du 15éme au 18éme siècle le sous continent européen sera à la fois la puissance technologique, industrielle, financière, militaire, stratégique et géopolitique. C’est en Europe qu’arrivaient les matières premières pillées en Amérique puis en Afrique et en Asie pour être transformées en produits industriels et en marchandises.
Au 19éme et 20éme siècle, la seconde phase de la « mondialisation » capitaliste s’opéra par la conquête des empires coloniaux. L’Europe, notamment sa partie ouest, bientôt suivie des USA étaient toujours « l’atelier du monde » transformant les matières premières agricoles et minières en produits industriels de consommation.

Toutes les guerres coloniales du capitalisme naissant, puis du capitalisme en développement et enfin du capitalisme arrivé à maturité, l'impérialisme, qui s’est partagé le monde par la conquête de vastes empires coloniaux sans omettre les guerres inter-impérialistes comme la guerre de 1914-1918 pour un nouveau partage ont ceci de caractéristique : elles ont été faites pour voler les matières premières pour les transformer en marchandises industrielles et surexploiter la main d’œuvre esclave ou asservie par le travail forcé.
Or ce qui caractérise l’évolution actuelle, c’est que les luttes de libération nationale, fin du 18éme et courant du 19éme siècle sur le continent américain dans le sillage des indépendances des USA et de Haïti, puis celles du 20éme siècle impulsées et soutenues par la Révolution Bolchevique, l’URSS et le camp socialiste victorieux du Nazisme ont produit les dits pays « émergents » comme la Chine, l’Inde, le Brésil, le Vietnam et les nouvelles expériences révolutionnaires, progressistes, antilibérales comme le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur, le Nicaragua, le Brésil, etc., qui s’appuient sur l’héroïque résistance économique, culturelle, politique et idéologique de Cuba.
Ces pays deviennent les nouveaux « pays ateliers » qui produisent tout ce que la planète consomme, en particulier tout ce que consomment l’UE et les USA, lesquels se « désindustrialisent » progressivement pour se transformer en parasites vivant de la spéculation, de l’usure et de la rente.

Cette évolution objective de la division internationale du travail au cours de cette troisième phase de la « mondialisation ou globalisation », c'est-à-dire de l’internationalisation du capital et de la recherche du profit maximum, confère un caractère particulier au nouveau cycle des guerres d’agressions coloniales de l’impérialisme US/OTAN et UE contre les peuples.
En effet le nouveau cycle des guerres impérialistes est engendré par la nécessité pour l’impérialisme de contrôler les sources de matières premières stratégiques indispensables au développement des pays "émergents". Il s’agit de générer des profits colossaux en contrôlant et rendant les pays "émergents" dépendants d’eux pour leur accès aux matières premières dont ils ont besoin pour continuer à se développer.
Par leur mainmise sur les richesses stratégiques des pays producteurs, les USA et l’UE s’érigent en usuriers rentiers fixant les conditions d’accès aux matières premières aux pays "émergents". Les Firmes Transnationales US et de l'UE peuvent ainsi spéculer sur les prix, fixer les taxes, poser leurs conditions, organiser le sabotage des économies ou les affaiblir, mener la guerre commerciale et donc continuer à exploiter et dominer l’économie mondiale.
Voilà d'où provient le fait que les économies des USA et de l'UE dépendent toujours plus fortement du complexe militaro-industriel et de la finance spéculative. L'impérialisme Français a un taux de croissance quasi nul, mais une économie exportatrice de plus en plus dépendante des ventes d'armes, notamment des avions de guerre achetés surtout par les pétro-monarchies saoudo-qataries.
Voilà pourquoi l’impérialisme provoque les actuelles guerres de « faible ou moyenne intensité » contre les pays faibles ou encore sous développés pour les asservir. C’est le cas des deux guerres contre l’Irak, de la guerre contre l’ex-Yougoslavie, contre l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire, la Libye, le Mali, la Centrafrique.

Voilà pourquoi les USA/OTAN et l'UE se servent des Emirats des pétro-dollars pour financer et armer les groupes djihado-terroristes comme Daesh, l'EIL, Al Qaïda, Front Al-Nostra, Shebab, Boko Haram, Mujao, MNLA, Ansardine, etc.
Il s’agit d’en finir avec des pouvoirs laïcs qui refusent de se soumettre au diktat des impérialistes, lesquels donc, malgré la nature bourgeoise ou féodale de leur régime, rejettent la domination impérialiste et même parfois cherchent à développer leur pays pour en faire des pays "émergents" parce qu'indépendants.
L’Irak de Saddam Hussein, la Libye de Khadafi sont justement ce type de pays où l’argent du pétrole, par le biais des nationalisations de la production, du raffinage et même de l’industrie pétrochimique, a doté ces pays d’un indice du développement humain (idh) qu’on ne trouve nulle part dans les néo-colonies africaines soumises et serviles à l’impérialisme. Mieux ces pays ont investi dans des réalisations économiques, éducatives, sanitaires et sociales qui commençaient à les mettre sur les rails de la vraie "émergence" et leur permettaient de projeter la mise en place de banques pour l'autofinancement de projets panafricains.
C’est justement cela qui est détruit par les agresseurs impérialistes qui, à coups de bombes et de missiles, s’évertuent à ramener ces pays à « l’âge de pierre » pour ensuite insérer ces pays ainsi détruits dans le système inique de la dépendance néo-coloniale de la dette, des plans d'ajustement structurel libéraux et, ainsi sous le prétexte de la "reconstruction", distribuer le profit maximum à leurs entreprises monopolistes privées.
En plus, comme on le voit en Irak et en Libye, à cette destruction massive des infrastructures, des réalisations économiques, culturelles, éducatives, sanitaires et sociales, à ce pillage des œuvres historiques et à cette prédation gloutonne, il faut ajouter les assassinats ciblés des ingénieurs, des savants, des chercheurs, des professeurs des pays agressés par les impérialistes afin de les rendre dépendants pour une ou plusieurs générations. C’est aussi en cela que l’impérialisme, c’est la barbarie.

Frayer la voie à l'alternative patriotique voire révolutionnaire au néocolonialisme

Les contradictions au sein des bourgeoisies compradores néocoloniales ne peuvent nous cacher qu'elles n'ont d'autre horizon que de s'enrichir par la collaboration avec telle ou telle puissance. Assommés par la propagande anti-chinoise occidentale, certains Africains se plaignent de la "coopération chino-africaine" et bientôt de la "coopération russo-africaine". On épingle souvent la "concurrence" que ferait les commerçants Chinois à la "vendeuse de cacahuètes" tout en se taisant sur la "concurrence" des grandes surfaces, Auchan ou Carrefour à la "vendeuse de beignets". En fait, il faut dire que les travers visibles de la "coopération" Sud Sud résultent pour l’essentiel de la corruption des gouvernants néocoloniaux africains. La "concurrence" est une loi absolue du capitalisme qui finit par produire le "monopole", voilà pourquoi il faut l'Etat pour contrôler, maîtriser et réglementer à partir de leviers économiques stratégiques l'économie nationale et africaine pour sortir du sous développement.
C'est à ce niveau d'exigence que se situe l'actuelle rébellion de la jeunesse patriotique africaine. Se réapproprier les richesses nationales bradées, renégocier les contrats léonins, sortir la France du CFA, bâtir une monnaie souveraine nationale ou africaine, nationaliser les secteurs économiques stratégiques, refuser de signer les APE, expulser les bases militaires étrangères, promouvoir le soutien de l'Etat aux "opérateurs économiques privés" nationaux, protéger les productions des paysans, des pêcheurs, des éleveurs contre la concurrence étrangère, prioriser l'école, la santé et l'industrialisation sont redevenus des éléments programmatiques portés par des associations de la "société civile", des syndicats et surtout par de nouveaux partis politiques issus de la révolte patriotique de la jeunesse africaine.

Cette jeunesse, pour le moment essentiellement intellectuelle, s'émancipe peu à peu de la fable libérale de la "réussite individuelle condition de la réussite collective" inculquée par des décennies de pensée unique libérale et d'aliénation néocoloniale. La jeunesse patriotique se détourne des chimères libérales d'autant plus que la tragédie des mers, des océans et du désert devenus des cimetières pour migrants touche de plus en plus de familles sans oublier le traitement colonial raciste de l'immigration dans les pays impérialistes.
En fait, cette jeunesse patriotique reprend le programme de la gauche historique que les leaders historiques ont renié en s'engluant dans le marais nauséabond de la corruption et de la politique du ventre.
La bourgeoisie néocoloniale tiraillée entre soumission à l'impérialisme et soutien au multilatéralisme va trahir en raison de sa servilité volontaire congénitale. L'unité de la jeunesse patriotique rebelle et des gauches historiques qui ont rompu avec l'opportunisme va devenir progressivement la force montante à même d'assumer le rôle historique de force dirigeante de cette seconde phase de la lutte de libération nationale et africaine.
C'est l'équation posée et à résoudre pour que vive et triomphe l’œuvre commencée par les leaders indépendantistes de la première phase de décolonisation que sont : Lamine Arfan Senghor, Tiémoko Garang Kouyaté, Alfred Zuma, P. E. Lumumba, Nkwame Nkhruma, Sékou Touré, Saïfoulaye Diallo, Modibo Keita, Um Nyobe, F.R. Moumié, O. Afana, E. Ouandié, A. Neto, Franz Fanon, A. Ramdame, G.A. Nasser, E. Mondlane, S. Machel, C. Hani, N. Mandela, R. Mugabe, S. Biko, A. Cabral, T. Sankara, etc. Il s'agit de re-brandir le drapeau là où les crimes et massacres coloniaux l'avaient jeté à terre comme étendard actualisé de la seconde phase de la libération nationale et panafricaine parce que sans mémoire on ne sait pas où aller .

Novembre 2019

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Actualités internationales Mon, 02 Dec 2019 11:27:56 +0000
Le PTB obtient d’excellents résultats aux élections fédérales, régionales et européennes. http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/907-resultats-elections http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/907-resultats-elections Le PTB obtient d’excellents résultats aux élections fédérales, régionales et européennes.

Après avoir mené une campagne phénoménale et sociale, le Parti du Travail de Belgique (PTB) confirme sa progression partout dans le pays, avec des résultats allant de 6,6 % en Flandre à plus de 12 % à Bruxelles et 13,5 % en Wallonie.

La gauche authentique envoie ainsi 12 élus au Parlement fédéral, 1 élu au Parlement européen, 11 élus au Parlement bruxellois, 4 élus au Parlement flamand et 10 élus au Parlement wallon. S’y ajoutent encore 4 sénateurs. Le nombre de parlementaires du PTB augmente donc de 8 à 42. Au niveau national, le PTB est devenu le 5ième parti en importance parmi les 12 partis qui ont des élus.

 

Dans son discours de victoire à Anvers, Peter Mertens, le président du PTB disait : « Celui qui se bat peut perdre. Celui qui ne se bat pas a déjà perdu », a dit Bertolt Brecht. Nous nous sommes battus. Comme David contre Goliath. Des gens bien payés ont dit que Goliath gagnerait. Ils ont dit qu’ils enterreraient David. Ils ont dit qu’en Flandre, cela n’arriverait pas. Eh bien, non. Nous sommes David. Nous nous sommes battus. Et nous avons gagné ! »
Après les 2 sièges au parlement fédéral gagnés en 2014, avec Raoul Hedebouw et Marco Van Hees, c’est pour la première fois que le PTB envoie des députés au Parlement fédéral à partir de la Flandre, où la conjoncture est nettement plus à droite qu’en Wallonie.

Peter Mertens : « Pendant cette campagne, le PTB a imposé le débat sur des sujets qui préoccupent le peuple : la TVA sur l'énergie à 6 %, la gratuité des transports en commun, le coût des soins de santé, l'injustice fiscale. Travailler plus longtemps, le peuple en a marre. Travail plus flexible, le peuple en a marre. Le peuple en a marre d’une société où les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. »

Mais on doit aussi faire face à la montée de l’extrême-droite, avec le Vlaams Belang qui arrive en seconde position en Flandre, où il triple son score et obtient 18,5 % au Nord de la Belgique.

« La montée de l'extrême-droite doit faire réfléchir tous les partis traditionnels », poursuit Peter Mertens. « Ils ont une responsabilité importante. Et ils ont répété que la N-VA [le plus grand parti, nationaliste flamand de droite] était un barrage contre l'extrême-droite. Mais c'est un pont pour elle ! L'extrême-droite divise les gens, sème la haine. Nous, la gauche authentique, nous combattons pour la solidarité, pour l'unité des travailleurs. Notre Sécurité sociale est unie, notre pays reste uni et le PTB est uni. L'extrême-droite n'a rien à offrir au peuple. C'est à nous de le démontrer : le fascisme ne passera pas ! »

Raoul Hedebouw, porte-parole national et député fédéral du PTB parle de « une percée rouge vif majeure ce 26 mai ». Et de poursuivre : « Nous avons besoin d'une véritable rupture pour une justice sociale et fiscale. C'est un signal important pour tous les partis traditionnels. Mais que voit-on ? Aucun ne se remet actuellement en question. »

Pour la première fois de son histoire, le PTB enverra un élu au Parlement européen : Marc Botenga, avec 14,5 % du vote pour la circonscription francophone. Celui-ci a félicité tous ceux qui ont « introduit la gauche qui pique partout, dans les entreprises, dans les quartiers, ... ».

« Maintenant, nous avons une locomotive de gauche qui pourra faire bouger les lignes aussi au niveau européen. La gauche authentique sera bien nécessaire pour offrir une alternative à l'extrême-droite et aux politiques de Macron ou de Merkel qui ouvrent la voie à l'extrême-droite avec leur Europe de la concurrence, de l'austérité et du fric. »

Le Parti du Travail de Belgique estime avoir mené la meilleure campagne électorale de son histoire. Le président du parti, Peter Mertens a dit à la soirée électorale du 26 mai à Anvers: « Quelle dynamique, quel enthousiasme, quel engagement ! Et j’aimerais commencer par applaudir tous les bénévoles et les responsables qui ont travaillé dans toutes les provinces, souvent dans l’ombre, souvent dans des circonstances difficiles. Ce sont des gens qui changent les choses, des gens ordinaires, des gens extraordinaires qui agissent ensemble... Nous ne pouvons le faire qu’ensemble. Ensemble, nous avons un monde à gagner ! »

 

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Actualités internationales Mon, 27 May 2019 11:33:23 +0000
La nécessité de donner un nouvel élan au mouvement de gauche panafricain face à la domination impérialiste. http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/895-necessite-elan-gauche-contre-domination-imperialiste http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/895-necessite-elan-gauche-contre-domination-imperialiste La nécessité de donner un nouvel élan au mouvement de gauche panafricain face à la domination impérialiste.

Avant l’adoption de la charte de l’OUA le 24 mai 1963, Nkwame N'krumah dira « nous devons nous unir maintenant ou périr ».

Message de Léonard Nyangoma, président du CNDD, à l’occasion de la fête de Solidarité organisée par Manifesta édition 8 et 9 septembre 2018.

Chers camarades militants du Parti des Travailleurs de Belgique (PTB),
Chers camarades organisateurs de ces journées de solidarité et de fraternité,
Chers invités
Chers tous, en vos titres et qualités,

1. Au nom de notre parti, le Conseil National pour la Défense de la Démocratie au Burundi (CNDD, en sigle), de ses militantes et militants du Burundi et d'ailleurs dans le monde, de son Comité Exécutif ainsi qu’en mon nom propre, je salue chaleureusement tous les camarades organisateurs de ces journées de solidarité et tous les invités ici présents, et remercie particulièrement de tout cœur le Parti du Travail de Belgique (P.T.B-Belgique) d’avoir imaginé ces journées de solidarité, d'échange d'idées et de joie partagée deux jours durant. Je salue toutes les délégations ici présentes, en particulier celles venues des autres continents du monde notamment de l’Amérique du Sud et de l’Afrique. Leur présence ici témoigne de la dimension mondiale et identique de nos luttes d'émancipation des peuples, du rêve partagé et de l'urgence et de la possibilité de bâtir un autre monde, un nouvel ordre mondial beaucoup plus juste et de fraternité que l'actuel, fait d'inégalité, de duperie et de fourberie d'un groupe minoritaire oligarchique et tentaculaire, une sorte d'hydre invisible qui veut assoir sa suprématie et sa domination politique, économique et culturelle sur la majorité du reste de l'humanité. Notre commune Humanité. Comment, en ces moments où la domination mondiale par le capitalisme financier atteint des sommets sans précédents, ne pas se réjouir d’être aujourd’hui ensemble dans ce grand rassemblement ? Merci de prendre à cœur l’Afrique qui est devenue un enjeu mondial à tous les plans depuis plusieurs siècles déjà, et qui devrait mobiliser tous ceux qui se battent contre l'ordre prédateur et nihiliste néolibéral ambiant, ayant pour idéologie de maintenir le système impérialiste sous des formes variées, dynamiques dans le temps mais toujours pareilles, et d’imposer le système capitaliste aux pays africains comme au reste du monde. C'est-à-dire vous et nous !

En guise de liminaire

2.1. « Hasta siempre Che Guevara ». Je me réjouis profondément de nous retrouver ensemble avec Aleida Guevara, fille d'une figure aussi marquante et emblématique de l'Histoire de l'humanité, en tous cas des luttes anti impérialistes aujourd'hui néolibérales, est tout un symbole. A travers elle je voudrais saluer la mémoire de son père, El Commandante Ernesto "Che" Guevara (dont il sera dans un petit mois, jour pour jour, le 51e anniversaire de son ignoble assassinat) ; le Che dont les actes et l'idéal, malgré ce que l'on puisse dire de la fin des idéologies, continuent d'inspirer tous ceux qui placent l'humain au centre du combat politique.

2.2. Bien qu'il soit difficile de relever le défi de ramasser en six minutes l'histoire d'un mouvement d'idées et de luttes politique, culturelle, philosophique... vieux de plus d'un siècle si l'on se réfère à ses initiatives fondatrices telle la première conférence panafricaine de Londres en 1900, voire de plus de deux siècles si l'on considère la révolution haïtienne de 1804 comme le moment fondateur des luttes pour l'émancipation du peuple noir de partout, de l'époque dite moderne par la découpe chronologique des historiographes.

Mon parti, le CNDD est panafricain par essence

3. La question qui nous est soumise et à laquelle je tâcherai de répondre en ce laps de temps est formulée ainsi : "comment à partir de votre expérience de parti politique d'opposition vous êtes arrivés à trouver important le mouvement panafricaniste ?" L'articulation de ma réponse à la question devrait d'abord omettre le mot opposition de la question, car notre vision politique inscrite dans les statuts et les fondements mêmes de notre parti sont panafricanistes par essence. Et c'est plutôt peut-être à cause de cela que notre lutte dès la naissance du mouvement de lutte politico-militaire, le CNDD, né de la nécessité de résister et d'organiser le peuple burundais contre un régime sanguinaire alors vieux de 40 ans et qui, au lendemain de l'assassinat du camarade Président M. NDADAYE en octobre 1993, heurte les tenants du statu quo ante. Le pouvoir de NDADAYE allait constituer un obstacle majeur aux impérialistes pour la conquête de la région, notamment la République Démocratique du Congo. Notre combat pour la liberté et la libération du peuple burundais, disais-je, a subi aussi le courroux des impérialistes et de leurs suppôts locaux, conscients ou non, tout au long de son existence, y compris quand il est devenu parti politique. Aujourd'hui en opposition au régime fantoche, tyrannique et anti démocratique de Bujumbura, le CNDD l'est devenu justement, car arrimé aux idées et idéaux panafricanistes et une vision anti impérialiste et ses tenants ou serviteurs, tel le régime burundais actuel.

4. Dès qu'il a été mis sur fonts baptismaux par son Assemblée Constituante le 8 mars 2003 et agréé comme parti politique le 13 janvier 2005, le CNDD s'est montré résolument dans la ligne du panafricanisme.
Cela se reflète notamment dans son manifeste : l'article 10 de ses statuts stipule que : « l’idéologie du Parti CNDD tire sa source dans la longue lutte pour l’émancipation des classes, peuples et nations opprimés ou dominés par d’autres. L’Idéologie du Parti CNDD se range dans le camp progressiste englobant les courants démocrate, socialiste, social-démocrate et écologiste. ». Par conséquent, de nos principes qui guident l’action du militant du CNDD, on retrouve ceux inspirant les vrais panafricanistes à savoir, entre autres : Unité et Solidarité ; Compter sur ses propres forces ; direction collégiale des affaires politiques ; critique et autocritique positives ; culte de la vérité et la transparence et enfin la concertation verticale et horizontale.

5. Qu'il suffise enfin de citer en illustration de notre inscription dans le sillage du panafricanisme un des 111 engagements de notre campagne électorale 2005 : "Le CNDD veillera à promouvoir ses relations avec toutes les institutions et ou groupes d’initiative panafricanistes" (Engagement 21). Et pour cela nous envisagions, et envisageons toujours, afin de mener à bien nos ambitions en matière de formation et d’éducation populaire, de doter le parti d’une école de formation politique et d’éducation populaire dans la perspective de préparer les jeunes regroupés au sein de la JPD (Jeunesse Panafricaine pour la Démocratie) et les femmes rassemblées au sein de la fédération des femmes du CNDD « ABAGUMYABUNTU » et ainsi vulgariser nos idées, éveiller enfin la conscience citoyenne et solidaire. Plus nous importe donc de parler de la nécessité de faire triompher les idéaux du panafricanisme.

Le panafricanisme est PAN-Liberté : toujours d'actualité, le combat du panafricanisme exige la solidarité de tous les combattants de la liberté de partout
6. Comme chacun sait, une action politique qui ne s'inscrit point dans le sens de l'histoire est vouée à l'échec: le panafricanisme comme système idéologique tel que développé depuis plus d'un siècle, et auquel s'arrime notre parti, avec ses hauts faits et ses bas moments, s’oppose en s'opposant à d'autres idéologies beaucoup moins reluisantes, voire néfastes et criminelles contre l'Humanité telles que l'esclavagisme, le racisme, le colonialisme et le capitalisme (et son pendant néolibéralisme), des systèmes qui, à dessein d'exploiter sempiternellement les richesses du continent africain, ont scellé son sort et hypothéqué l'émancipation de ses habitants depuis des siècles. Systèmes synonymes d'oppression (aujourd'hui sibylline), soumission (politique, économique et culturelle) et misère (physique, morale et spirituelle).

7. La réalité contre laquelle s'opposaient déjà les esclaves révoltés dans les cales des bateaux les amenant de force vers les Amériques, à savoir la déportation de dizaines de millions de Noirs Africains durant presque quatre siècles, déportation aux conséquences dramatiques et sans laquelle l'occident ne serait ce qu'il est aujourd'hui; la réalité contre laquelle se sont plus tard révoltés à Saint-Domingue ou Hispaniola (Bohio ou Ayti sont plus indiqués pour respect de la mémoire des Taïno des Arrawaks exterminés par la suite par les conquistadors de Christophe Colomb), les Dessalines, Christophe, Toussaint Louverture et surtout les célèbres Marronniers, à savoir la déportation et le traitement inhumain et dégradant des Africains, voilà la justification historique initiale de la naissance et de l'évolution du PANAFRICANISME. Redonner à l'homme noir et par-delà l'Afrique, à l'homme tout court, tout homme, sa dignité et sa liberté est le leitmotiv de sa lutte. Ce sera aussi celle des premières initiatives avérées depuis la première conférence de Londres de 1900 notamment par Henri Sylvestre Williams de Trinidad et Tobago et ses camarades : les terres africaines déjà émiettées et balkanisées par le fameux congrès de Berlin (partage du gâteau africain) sont aujourd'hui toujours bradées à vil prix en faveur des multinationales véreuses. La terre d'Africa est inviolable et non cessible ; elle ne se vend pas, car elle est considérée comme un don de Dieu : tel est un des principes fondateurs de nos ancêtres depuis nos ancêtres les Pharaons et autres Nubiens de la vallée du Nil. Notre combat panafricain est donc toujours de libérer totalement la terre africaine de ses prédateurs, de quelque acabit ou couleur de peau qu'ils soient.

8. De L'UNIA de Marcus Garvey (incarnant le panafricanisme populaire à l'origine du Negro Improvement and Conservation Association connue -UNIA- lors de la première convention internationale des peuples nègres du monde ) au premier congrès panafricain par William E. Du Bois en 1919 (panafricanisme intellectuel); du congrès de Bruxelles, avec Paul Ponda Fanana, soulevant avec véhémence, déjà, devrions-nous dire, le cas du Congo (actuelle RDC) et demander de l'inscrire au cœur de la lutte panafricaine; des actions d'un George Padmore inspirant N'krumah et Namdy Azikiwe d'où naitra le 5e congrès panafricain de Manchester, dont un memo qui devait être présenté à la conférence de San Francisco (création de l'ONU) ne put jamais avoir l'agrément des puissances prédatrices; du combat culturel des Aimé Césaire, Léon Gontran Damas, Senghor et les autres (Mouvement de la Négritude au niveau culturel qui est aussi un aspect du combat pour la liberté), en passant par les plus proches des années dites des "indépendances" comme les Sékou Toure, Kwame N'krumah, Modibo Keita, Lumumba, Rwagasore, Nasser , Nyerere, Amilcar Cabral, Franz Fanon ; la liste des leaders et des phases phares du panafricanisme est longue.

9. Ce qu'il convient de garder en tête et qui sera une œuvre de longue haleine, c'est que toute initiative, tout projet panafricain doit aboutir à créer ce que tous ont appelé de leur vœu : les Etats Unis d'Afrique. Mais cela n'est pas dans le sens des intérêts des puissances : N'krumah, Sankara et tous les autres, beaucoup d'autres l'ont payé presque toujours de leur vie.

10. Le panafricanisme a définitivement constitué un espace de débat politique et de refus de l’asservissement ; il est devenu dès lors la chose non gratta partout, car faisant de l'ombre aux prédateurs.

11. N'ayons pas peur de le dire, l'ordre mondial, dont l'ONU est une des manifestations visibles est contre l'Afrique et la majorité des peuples exploités ; l'institution est bâtie sur la logique de la domination des puissants (dits vainqueurs de la 2e guerre mondiale) sur les faibles dont l'Afrique et le souffre-douleur. La SDN l'était encore davantage au temps des colonies. Ça n'a pas changé et donc le panafricanisme a encore beaucoup de jours devant lui. Les institutions dites de Bretton Wood ont été créées en décidant de maintenir l'Afrique sous domination au profit des économies occidentales. Et quand cela ne fonctionne pas par le biais des PAS (Politique d'Ajustement structurel) ou par des contrats léonins sur le pétrole, le gaz, l'uranium, le cobalt et les nombreuses autres richesses dont regorge le continent, les puissances changent de pouvoir, par la duperie des urnes ou par des coups d'Etat. Cela dure depuis des dizaines d'années, des guerres du Biafra, de la sécession katangaise aux récentes guerres de Cote d'Ivoire, Mali, Lybie, Darfour, Sud Soudan, Centrafrique, Rwanda, Burundi, RDC, etc. Chaque pays africain depuis les années 1960 des indépendances a connu sa ou ses guerres. Ainsi comme l’a si bien dit récemment, le sociologue Jean Ziegler dans son dernier livre « Le capitalisme expliqué à ma petite fille (en espérant qu’elle enverra la fin) », pour l’Afrique, « la troisième guerre mondiale est en cours ».

S'unir maintenant ou périr !

12. Dans une intervention célèbre de Thomas Sankara le 29 juillet 1987, soit trois mois avant son assassinat ignoble, alors qu'il appelait ses pairs devant la tribune de l’OUA à le soutenir dans son élan de refus de payer la dette honteuse aux institutions de Bretton Wood, l'illustre figure du panafricanisme a déclaré, je cite :

"Nous estimons que la dette s'analyse d'abord de part ses origines. Les origines de la dette remontent aux origines du colonialisme. Ceux qui nous ont prêté de l'argent ce sont ceux-là qui nous ont colonisés ; ce sont mêmes eux qui géraient nos économies ; ce sont les colonisateurs qui endettaient l'Afrique auprès de s bailleurs de fonds, leurs frères et cousins. Nous étions étrangers à cette dette. Nous ne pouvons donc pas la payer ; la dette c'est encore le néocolonialisme ou les colonisateurs se sont transformés en assistants techniques, en fait nous devrions dire qu'ils se sont transformés en assassins techniques. Et ce sont eux qui nous ont proposé des sources de financement. Des bailleurs de fonds, internes que l'on emploie chaque jour, comme s'il y avait des hommes dont le bâillement suffisait pour créer le développement chez les autres. (...) Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette. (...)
Je voudrais que notre conférence adopte la nécessité de dire clairement que nous ne voulons pas payer la dette, non pas dans un esprit belliqueux belliciste, ceci pour éviter que nous n'allions nous faire individuellement assassiner. Si le Burkina Faso refuse tout seul de payer la dette je ne serai pas là à la prochaine conférence. Par contre avec le soutien de tous, dont j'ai besoin, avec le soutien de tous nous pourrons éviter de payer..."

Sitôt dit sitôt fait. "Si le Burkina Faso refuse tout seul de payer la dette je ne serai pas là à la prochaine conférence » : Le soutien ne vint pas et le président Sankara ne fut pas des leurs la conférence suivante !
"Avec le soutien de tous, et donc j'ai besoin » : on peut mutatis mutandis dire la même chose dans la construction d'un panafricanisme décisif en cours.

13. Dans son discours de clôture de la conférence de janvier 1961 des Etats indépendants du groupe dit de Casablanca, Kwame N'krumah déclare et je cite : Je ne vois pas comment les Etats d’Afrique seraient en sécurité si leurs chefs, dont nous-mêmes-mêmes, n’avons pas la conviction profonde que le salut de l’Afrique est dans l’Unité…,car l’union fait la force, et , je le constate, les Etats africains doivent s’unir, ou alors se vendre aux impérialistes et aux colonialistes pour une assiette de soupe, ou encore se désintégrer individuellement. Plus tard, s’adressant à ses pairs avant l’adoption de la charte de l’OUA le 24 mai 1963, il dira « nous devons nous unir maintenant ou périr ». Lui faisant écho dans une de ses nombreuses conférences, le Pr Obenga dira quant à lui, parlant de passer tout de suite sans conditions préalables à l'étape décisive de la construction des Etats Unis d’Afrique : "Faisons » !

14. Les empêcheurs de la réussite de l'Afrique sont toujours aux aguets. L'on sait que Du Bois et Blaise Diagne incarnent déjà l'opposition progressiste aux réactionnaires et conservateurs, aujourd'hui on dirait modérés ; ce ne sont pas seulement des clivages de type linguistique qui nous ont poursuivis jusqu'à nos jours, mais aussi idéologique, notamment manifestés entre le groupe Casablanca et Monrovia des années de la création de l'OUA en 1963. Malgré tout, la dynamique du panafricanisme s'est maintenue, car toujours justifiée par les rebondissements de l'actualité dans les relations de l'Afrique avec le reste du monde.

15. L'on se souvient que N'krumah, joignant la parole aux actes, a tout fait pour convaincre Nasser à apporter son soutien aux mouvements de libération à la Guerre d'Algérie notamment, soutien aussi à la guerre de libération au Cameroun. Mais les clivages ont parfois triomphé : Groupe des radicaux Casablanca (Ghana, Guinée, Maroc et Egypte et Mali de Modibo Keita) et le Groupe Monrovia dit des modérés ou conservateurs qui ont fait allégeance à la France, souvent pour des intérêts individuels (Ph. Houphouët Boigny). C'est le grand défi du panafricanisme : unir le continent et parvenir à se hisser à la tête des Etats unis d'Afrique parlant d'une même voix sur tous les aspects de la direction des peuples : politique, diplomatique, économique, militaire, culturel, scientifique etc. Un exemple positif récent de négociations groupées pour le continent. Les récentes négociations des accords APE où l'Afrique de l'Est a surpris Bruxelles par des arguments imparables et parlant d'une seule voix.

16. Sur la lancée de N'krumah et ses pairs panafricains, l'époque avant les indépendances fut bénie pour le panafricanisme. Le Panafricanisme de lutte est canalisé par Nyerere,père de l'indépendance en Tanzanie : tous les révolutionnaires passeront par Nyerere (Angola, Mozambique, Afrique du Sud, y compris Guinée Bissau de Amilcar Cabral, Zimbabwe, Namibie…). La lutte contre l'apartheid a entretenu la flamme du panafricanisme. Cuba, Tanzanie ont aussi inspiré et propulsé le combat panafricaniste avec toujours pour toile de fond la nécessité de repenser le rôle de l'Afrique dans le monde. Une dormance relative sera observée durant les années 1990 où toutes expériences éparses semblent définitivement annihilées, cette dormance est renforcée par la dislocation du bloc des pays de l’Europe de l’Est donc l’URSS.

17. Au début des années 2000, une certaine volonté de relancer le mouvement a pris de l'ampleur, notamment avec Thabo Mbeki pro renaissance africaine. Mouammar Kadhafi relancera le panafricanisme à coup de milliards (sommet de Sirte), ce qui lui a valu le sort qu'on connait. La création en 2002 de l'Union africaine s'inscrit dans cette perspective, bien qu'elle soit malheureusement calquée sur le modèle chancelant de l'union Européenne dont on sait qu'elle est plus celle des finances et non des peuples : il était prévu un parlement panafricain une des rares bonnes promesses allant dans le sens d'un panafricanisme des peuples.

18. On le sait les forces négatives sont toujours à l’œuvre : les divisions et guerres sur base ethnique dans nombre de pays africains durant toute la période coloniale et post indépendance (Guerre du Biafra, Kolwezi, Zimbabwe et Angola, Mozambique, etc.). Berlin de novembre1884- 26 février 1885 pour le partage de l'Afrique selon des frontières artificielles a constitué un précédent qui continue ; un des moments clé qui a scellé le sort de l'Afrique moderne et hypothéqué son destin de liberté. Le démembrement du Soudan (Darfour et Sud Soudan), les tentatives sur la RDC, le Cameroun, le Mali, le Tchad, le Nigéria, la Cote d'Ivoire, la Tanzanie (partie de Zanzibar), le Sahara occidental (République arabe Sahraouie) et j'en passe sont dans le même sillage.

19. Pourtant l'unicité de l'Afrique culturelle, anthropologique, et donc aussi de l'espace politique et géopolitique n'est plus à démontrer (voir L'unité de l'Afrique par C. A. Diop). Le pan-négrisme se transformera en panafricanisme, un mouvement un projet politique de libération de toute l’Afrique. « Je déclare aussitôt que cette indépendance nationale n’aurait pas de sens si elle n’était pas liée à la libération totale du continent africain. ». Le Ghana devint ainsi une plaque tournante du panafricanisme. Si nous voulons rester libres…nous devons nous unir disait Nkrumah dans son livre « L’Afrique doit s’unir ». la politisation des identités, ethniques, territoriales, culturelles et sociales sur lesquelles les puissances coloniales se sont longtemps appuyées pour assoir leur autorité resurgit sous de nouvelles formes dans le processus de décolonisation dans plusieurs régions de l’Afrique: la RDC, le Soudan, le Nigéria, l’Erythrée, le Sahara, le Mali., le Cameroun….

Unité et solidarité des mouvements et partis de gauche d'Afrique et d'ailleurs.

20. La gauche africaine doit prendre l’initiative comme avant-garde du panafricanisme d’émancipation. Le panafricanisme comme mouvement de libération de la domination coloniale est un succès indéniable, mais un échec comme mouvement d’intégration ou d’unification de l’Afrique notamment la construction d’une Afrique unie des peuples. Nous l’avons vu, les défis sont à la fois externes et internes : le néocolonialisme, le néocolonialisme, l’impérialisme. La chute des régimes coloniaux n’a pas du tout éliminé la domination. Les Etats africains sont aujourd'hui néocoloniaux, pro-capitalistes et pro-impérialistes et sont là pour préserver le statu quo de l’exploitation et l’oppression de la majorité pauvre par les quelques élites dirigeantes riches et le sous-développement des pays africains par les pays impérialistes. En plus les états sont dirigés par des élites qui amassent d’énormes richesses à travers la corruption et par le pillage de la terre et les ressources de la terre par le capitalisme bureaucratique et la collaboration avec le capitalisme externe. La façon dont ces leaders et les états exploitent et oppriment leur peuple diffère d’un pays à l’autre.

21. Malgré l’existence du multipartisme et des élections régulières, la majorité de la population africaine est encore pauvre et continue d’être aliénée à la terre et aux ressources de la terre. Beaucoup de peuples africains dans tous les pays africains n’ont pas accès aux services de base tels que nourriture, logement, vêtement, soins de santé, eau potable et un environnement sain. La pauvreté domine dans tous les pays tandis que toutes les cités, villes et zones urbaines sont caractérisées par des quartiers pauvres. La division de classe entre les quelques riches et la majorité pauvre est manifeste partout. Au même moment les élections multipartistes qui sont tenues après un peu d’années recyclent les mêmes élites pro-capitalistes qui utilisent le tribalisme, la corruption, l’argent, les médias qu’elles contrôlent et même la violence pour « gagner » les élections (cas du Burundi).

22. Une multitude de sectes religieuses (plus de 1000 au Burundi), des Organisations Non Gouvernementales (ONG) et les Organisations des Sociétés Civiles (OSC) ont poussé comme des champignons à travers les pays africains. Elles jouent un rôle important dans la vie des pays et influencent leur développement politique, économique, social et culturel. Cependant la plupart des ONG et OSC sont financées par les Gouvernements et les ONG des pays impérialistes. Par conséquent elles servent parfois les intérêts du capitalisme et de l’impérialisme. Au mieux, elles organisent les masses africaines pour lutter pour les réformes démocratiques et progressistes à l’intérieur du capitalisme et de l’impérialisme.

Que faire face à la situation ?

23. Au regard de la situation actuelle du mouvement panafricaniste, l’idéal de l’unité des peuples s’estompent au fil des temps, en même temps que se dessine une lueur d’espoir au vu de l’éclosion actuelle des intellectuels et penseurs africains, hommes et femmes, afro-américains surtout de tendance panafricaniste très dévoués pour l’unité de l’Afrique, je pense notamment à : le professeur Théophile Obenga, l’historien écrivain Amzat Boukari-Yabara, le sociologue Saidi Bouamama, le professeur Coovi Gomez, le jeune activiste Kemi Seba, Madame Ama Mazama ou la militante Aminata Traoré, le chercheur Kalala Omotunde, le penseur et économiste Jean-Paul Pougala, les professeurs Bilolo, Mbong, Madame Marie Louise Eteki-Otabela et bien d'autres. La masse est devenue critique assez pour produire les effets escomptés. Le fruit de l'élan panafricain est aujourd'hui bien mûr.

24. Le contexte actuel mondial peut constituer un accélérateur de l’histoire : la nouvelle guerre froide entre les puissances occidentales et puissances des BRICS, les moyens de communication fournis par internet accessibles pour une grande majorité des classes moyennes….
Mais le mouvement panafricaniste actuel qui est en train d’émerger partout, risque d’être récupéré par certains dictateurs africains avec l’aide même des extrêmes droites de l’occident, cas du belge Luc Michel, devenu l’avocat de plusieurs dictateurs africains comme Nkurunziza du Burundi et leur attribue régulièrement des certificats de mérite panafricaniste; ou encore de l'ancien premier ministre britannique Tony Blair qui pour des intérêts pécuniaires et autres ose descendre si bas et apporte des soutiens aux dictatures en Afrique. Ils occupent le vide laissé par les partis de la gauche européenne, celle-ci considère encore la question impérialiste comme un problème secondaire. Chaque fois qu’un dictateur entre en conflit avec les puissances impérialistes, qui n’ont plus besoin de lui, il devient panafricaniste d’occasion. Vous vous souviendrez du célèbre discours de Mobutu aux Nations Unies dans les années 70, il a tenu un discours mémorable. Resté aujourd’hui dans la liste élogieuse des plus grands discours du XXe siècle. Nkurunziza du Burundi menacé par la CPI pour crimes commis contre son peuple a dû retirer le Burundi de la CPI. Parfois de bonnes initiatives mêmes prises par un dictateur avec des arrières pensées, il faut les saluer et les encourager.


25. De tout ce qui précède, la gauche africaine, celle notamment rassemblée au Forum du Réseau de la Gauche Africaine (FRGA) ou en anglais African Left Network Forum (ALNEF) doit sortir de sa léthargie et reprendre l’initiative de mettre sur les rails du socialisme le mouvement panafricaniste. L’idéal panafricaniste de l’ALNEF est dans ses missions, à savoir :
. Unir les Partis et organisations Politiques Africains de Gauche et forger la Solidarité entre eux dans la lutte pour le Socialisme dans leur pays et en Afrique ; et
. Mobiliser toutes les forces populaires sur le continent africain pour une Révolution Démocratique Nationale, une Union Révolutionnaire Africaine et finalement une Afrique Socialiste Unie.

Quelques objectifs du FRGA :

1. Lutter pour la défaite du colonialisme et du néo-colonialisme et de toutes leurs manifestations en Afrique ;
2. Surmonter les divisions superficielles et artificielles utilisées pour diviser les peuples africains et pour forger la désunion, le préjudice et les guerres civiles ;
3. Consolider et développer les Partis de Gauche et forces en Afrique ;
4. Lutter pour gagner le pouvoir politique dans nos circonstances nationales et pour bâtir des espaces populaires, démocratiques et progressistes ;
5. Accélérer le processus d’Unité et d’Intégration continentales et régionales (Sud-Sud) ;
6. Lutter pour vaincre l’impérialisme et ses étapes locales ;
7. Lutter pour une démocratie participative et la réalisation des droits de l’homme et pour consolider et défendre les acquis démocratiques gagnés jusqu’ici par la lutte des peuples ;
8. Considérer le FRGA comme une plate-forme pour les perspectives et vues de la Gauche Progressiste représentant le continent, approfondir le programme théorique de réalisation des plates-formes communes à des niveaux variés à travers tout le continent ; et
9. Lutter pour le Socialisme individuellement dans les pays et dans l’ensemble sur le continent africain

Priorités des priorités pour booster et donner un nouvel élan au panafricanisme

1°. Décoloniser mentalement les esprits en mettant un accent particulier sur l’éduction populaire surtout de la jeunesse estudiantine pour l’élévation de la conscience nationale et panafricaine. Insister notamment sur les aspects historiques et du moment qui redonnent aux africains leur fierté. Ce rôle doit être conduit par les organisations et militants progressistes. Le panafricanisme doit être guidé par une orientation socialiste et progressiste
2°. Fédérer les luttes et organisations panafricanistes au sein de chaque pays, région et à l’échelle du continent et du monde à travers les congrès des peuples nationaux, régionaux et africains. Participeront dans ces congrès les délégués des peuples : partis, délégués des jeunes, délégués des femmes, délégués des syndicats, des associations et ONG….
3°. Stimuler la création des organisations de la société civile panafricanistes
4°. Participer aux actions concrètes de solidarité panafricaine : conférences, médias, publications de conscientisation ; soutiens massifs concrets aux organisations panafricanistes pour la conquête du pouvoir.
5° Campagne de solidarité concrète les périodes électorales
6° Créer des espaces de rayonnement panafricaniste et socialiste : médias, bibliothèques, espaces d’éducation populaire, etc.

Avoir comme objectif au moins trois Etats panafricanistes (donc gouvernements), à l'intérieur d’une des cinq régions du continent (cinq dans chaque région serait l'idéal) qui créent l’embryon de l’Etat Fédéral Africain.

26. Chers camarades, la gauche africaine rassemblée au sein de l’ALNEF doit se réveiller pour donner un nouvel an au mouvement panafricaniste, ce n’est pas seulement une nécessité mais un devoir en particulier pour la gauche africaine et pour la gauche dans le monde entier en général. Seule la gauche africaine est capable de donner une orientation socialiste à ce mouvement, sinon il risque d’être dominé ou récupéré par les courants ultralibéraux, au mieux par des courants nationalistes.
Cet idéal panafricaniste est juste et légitime, l’Afrique a trop souffert, il faut rendre la dignité aux peuples africains, honorer la mémoire de nos leaders africains ou afro-américains, la plupart comme Lumumba, Sankara, Rwagasore, Malcom X, Cabral… Kadhafi, assassinés au front de lutte contre la domination impérialiste, leur assassinat prouve que la cause de l’unité africaine qu’ils défendaient était juste, il vaut la peine de la poursuivre jusqu’à la victoire matérialisée par la construction d’une Afrique unie socialiste des peuples. D'autres sont muselés ou injustement emprisonnés comme le Président L. Gbagbo. Seule cette Afrique unie sortira les peuples africains de la soumission, elle sauvera non seulement l’Afrique, mais le monde entier, car une Afrique Unie pourrait mieux contribuer à la paix et au progrès de l’humanité comme le disait Nkrumah. La paix mondiale exige aujourd’hui l’unité africaine pour éliminer des éléments qui créent les conditions de guerre en Afrique.

Que vive l’Afrique.
Que vive la solidarité internationale de gauche.
Léonard Nyangoma, président du CNDD

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Actualités internationales Sun, 16 Sep 2018 11:01:34 +0000
Démographie africaine http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/892-demographie-africaine http://cndd-burundi.com/actualites/actualites-internationales/892-demographie-africaine Démographie africaine

Par l’Alliance des Forces Progressistes pour l’Afrique (AFPA)

Juillet 2018

L'évolution démographique du continent africain est-elle une chance ou une bombe à retardement quant aux perspectives de développement du continent ? Certains occidentaux bien-pensants n'hésitent pas à parler de « bombe démographique » à même de réduire à néant les espoirs d'amélioration des niveaux de vie promis par la croissance économique. D’autres estiment que les pays africains vont bénéficier d'un « dividende démographique ». En d'autres termes, d'une brusque accélération de la croissance économique, un événement qui se produit lorsque le nombre d'actifs est supérieur à celui des enfants et des personnes âgées. Mais ces discours relèvent généralement d’un européocentrisme teinté de culpabilité historique et parfois de racisme latent. Le spectre d’une Afrique surpeuplée qui se déverserait sur l’Europe sert bien les intérêts des puissances financières occidentales tout occupées qu’elles sont à détourner l’attention des peuples européens des vrais problèmes d’injustice économique et sociale qu’elles provoquent.
Après avoir fait état de quelques données démographiques, nous tenterons de déconstruire ces discours et de tracer des perspectives s’inscrivant dans une volonté progressiste mondiale, tant pour l’Afrique que pour l’Europe.

1. L’Afrique est sous-peuplée

Avec une densité de population de 40 habitants au km2 l’Afrique se situé entre l’Europe (33) et l’Asie (99). L’Asie, une fois et demie plus grande que l’Afrique, est trois fois plus peuplée ; l’Europe trois fois moins grande que l’Afrique est une fois et demie moins peuplée.
Si nous corrigeons les 30,3 millions de km2 de l’Afrique des 9 millions de km2 de déserts, soit environ un tiers de la superficie globale, nous obtenons une densité de 58 habitants au km2 ce qui reste largement inférieur aux chiffres asiatiques.
Jusqu’au XVIème siècle l’Afrique fut une zone de basse pression démographique dans laquelle la lutte pour l’espace était inconnue. Une première augmentation de la population se produisit à la suite de l’introduction des plantes américaines (maïs, haricots, patates douces, manioc) par les Portugais, augmentation qui se traduisit par le défrichage de nouveaux milieux et en dernier ressort par le développement d’une culture guerrière dans certaines zones.
Mais nous ne devons pas oublier qu’après cette stagnation démographique millénaire, l’Afrique a subi la ponction des traites esclavagistes par les arabes (30 millions d’africains réduits en esclavage sur dix siècles) puis par les européens (30 millions d’Africains réduits en esclavage sur deux siècles) ce qui l’a privé de sa dynamique démographique. N’oublions pas aussi les guerres de conquête coloniale, le choc microbien, le travail forcé et la participation des africains colonisés à des guerres lointaines ; tout ceci cumulé démontre que l’Afrique a un passif démographique.
Le décollage du peuplement se fait à partir des années 30 avec le développement de la médecine coloniale. Le continent compte alors 150 millions d’habitants, soit seulement 8% de la population mondiale ; 300 millions en 1960, 600 millions en 1989, un milliard en 2010. Les projections donnent un peu plus de deux milliards en 2050 soit 25% de la population mondiale soit le prorata qui fut celui de l’Afrique en 1650 avant les catastrophes.
L’Afrique ne fait donc que rattraper son retard démographique. Au-delà se posera certainement la question de la viabilité d’une continuation de cette tendance mais on peut déjà parier que si les conditions économiques et sociales s’alignent pendant cette période sur les standards mondiaux la question démographique trouvera en elle-même sa propre régulation.

2. Evolution de la situation démographique globale

Actuellement, le taux de croissance démographique moyen de l’Afrique est de 2,7 %, contre 1 % au niveau mondial, et à peine 0,4 % en Amérique du Nord, tandis que l’Europe est quasi stationnaire. Cette situation spécifique s’explique par le fait que la mortalité en Afrique baisse fortement – l’espérance de vie a gagné plus de vingt ans depuis 1950, passant de 36 à 57 ans – alors que la fécondité, elle, ne ralentit que faiblement.
Une population à majorité jeune
Alors qu'une partie importante du monde doit faire face à une population vieillissante, le continent africain, lui, apparaît comme un espace où la place la plus importante est occupée par les jeunes. En tête sur le continent, comme aujourd'hui : le Nigeria, qui aura, selon les dernières estimations de l'ONU, le plus grand nombre de moins de 25 ans dans le monde. Il devrait ainsi croître pour atteindre 114 millions d'habitants à l'horizon 2050 et 303 millions d'ici 2100. D'après les mêmes projections des Nations unies, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe et la Tanzanie seront également dans la liste des pays comptant la population la plus jeune. En bas du classement : le Gabon, le Swaziland ou encore le Botswana et Djibouti. Un chiffre néanmoins à relativiser, car ces derniers pays restent dans la moyenne haute de la fourchette mondiale.
Une attention particulière doit être accordée à la jeunesse : en 2060, il y aura plus de jeunes en Afrique subsaharienne (1,4 milliard) que dans tous les pays du G201 réunis (1,3 milliard). D’ici à 2035, le continent comptera 450 millions de nouveaux entrants sur le marché du travail, soit 22,5 millions par an. Actuellement, les moins de 25 ans représentent 36 % de la population en âge de travailler et 60 % des chômeurs du continent.
1 Le G20 regroupe 20 membres (19 Etats et l’Union européenne) : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie, Union européenne.

3. Un taux de mortalité en baisse

Ce dernier est passé en moyenne de 26 % en 1950 à moins de 10 % aujourd'hui. Ajouté à cela, une espérance de vie qui a gagné plus de 20 ans, passant de 36 ans à 57 ans dans la même période, alors qu'a contrario, la fécondité ne ralentit que faiblement. « Depuis 1950, la mortalité juvénile a été divisée par trois au sud du Sahara, passant de 30 % à 10 %, mais cela n'a pas encore eu d'effet sur la fécondité », soulignait Henri Leridon, directeur de recherche à l'Institut national d'études démographiques, dans Le Monde diplomatique, en 2015.
Fécondité
« Les sociétés africaines continuent de valoriser les familles nombreuses et les femmes ayant beaucoup d'enfants. La persistance de ces normes natalistes s'est traduite par une résistance à une utilisation de la contraception », explique Jean-Pierre Guengat, démographe et directeur de recherche émérite à l'Université Paris 1-IRD. Ainsi, un couple n'imagine pas avoir moins de 6 enfants dans les 18 pays africains étudiés en 2010 par l'United States Agency for International Development. En tête du classement : le Tchad avec un « idéal » de 13 enfants par famille. Selon ces chercheurs, les familles et leurs communautés peinent encore aujourd’hui à internaliser la baisse spectaculaire de la mortalité infantile.

Nous contestons cette appréciation idéologique eurocentrée. En fait, il n'y a pas un refus ou une opposition des femmes à l'usage des outils modernes de contraception : il s'agit plutôt de la faillite ou de l'absence de politiques d'information et d'éducation. De plus, avoir de nombreux enfants n'a jamais semblé être un véritable désir chez les Africaines, même chez les villageoises. Bien au contraire, quand les femmes ont trois ou quatre enfants, elles aspirent à la paix ; mais elles sont incapables de se rendre maîtresses de leur corps. Alors, malgré elles, elles s'abandonnent « aux lois de la nature », comme elles disent. Dans les villes, beaucoup de femmes africaines sont stériles ou n'ont qu'un enfant parce que, souvent, elles ont trop abusé des avortements clandestins souvent réalisés par des méthodes peu recommandables.
Enfin cette situation n’est pas homogène et le rythme décroit dès que s’enclenche un mécanisme de développement : l’Afrique du Centre comme l’Afrique de l’Ouest se caractérisent par une fécondité élevée (entre 5 et 7 enfants par femme), suivis de l’Afrique australe et de l’Est avec des niveaux intermédiaires (entre 3 et 5), et enfin le Maghreb qui se singularise par une fécondité proche de celle des pays occidentaux.
Mais, considérons un peu l’histoire :
Ceux qui prétendent de nos jours que l’Afrique est surpeuplée et présente une menace démographique pour l’Europe n’ont pas toujours tenu ce discours : souvenons-nous de la « force noire » de Mangin mise en première ligne sur les champs de bataille de la première guerre mondiale. Certes, les différences en Afrique subsaharienne épousent en partie les contours des deux anciens empires coloniaux français et britannique. La France avait imposé au sein de ses colonies la loi de 1920, qui interdit toute forme de contraception. Cette législation est restée en vigueur jusque dans les années 1980 dans la plupart des pays, où il n’était pas question de politique antinataliste. C’est le cas du Burkina Faso et d’autres pays, qui ont dû attendre la Conférence internationale sur la population à Mexico en 1984 pour comprendre l’importance de cet aspect démographique. Le Kenya, ancienne colonie britannique, s’y est intéressé dès les années 1960.
En matière d’éducation, on observe des différences notables. La France avait davantage pour ambition de former des commis, qui puissent servir de petites mains pour l’administration coloniale. L’enseignement y était plus limité que dans les colonies britanniques. Même si les différents pays ont voulu rattraper leur retard au moment des indépendances, on ressent encore certaines séquelles laissées par le colonisateur.
Les commentaires de certains idéologues occidentaux qui expliqueraient l’évolution de la démographie africaine par un soi-disant habitus culturel contraignant la femme africaine à faire beaucoup d’enfants relèvent du fantasme.

4. Cette évolution de la démographie africaine est-elle une chance ou un risque ?

Mais cette évolution démographique est-elle une chance ou un risque pour les perspectives de développement du continent ? Les plus optimistes estiment que l’Afrique va bénéficier de ce que l’on appelle un « dividende démographique », autrement dit une brusque accélération de sa croissance économique – événement qui se produit lorsque le nombre d’actifs est nettement supérieur à celui des enfants et des personnes âgées.
« Ce phénomène a contribué à l’émergence des pays d’Asie, notamment de la Chine », admet Henri Leridon. « Mais cette fenêtre d’opportunité ne produit d’effets positifs qu’à certaines conditions, notamment celles de disposer d’une main-d’oeuvre bien formée et d’un marché du travail pour l’employer », précise-t-il.
Disposer d’une population jeune dope indéniablement l’offre et la demande, ce qui est favorable à la croissance économique. Et l’on a effectivement constaté une augmentation moyenne du PIB africain de 5 % ces dernières années, ce qui est une performance remarquable. Mais pour que l’impact de la transition démographique soit durable et soutenable, il faut qu’elle se combine avec quatre autres transitions : économique, technologique, politique et écologique.

Cette question a un historique qu’il est nécessaire de rappeler. Revenons en particulier sur la conférence internationale sur la population et le développement, tenue au Caire en 1994, qui a marqué un changement de paradigme important : l’abandon du discours de contrôle de la population et le refus de toute politique démographique qui transformerait les êtres humains en objectifs chiffrés. Un consensus fondateur y a été trouvé. Il s’agit de le défendre en toute occasion : les politiques en matière de population doivent être fondées sur les « droits reproductifs », c’est-à-dire « ces droits, possédés par toutes les personnes, leur permettant l’accès à tous les services de santé reproductive… Ils incluent aussi le droit de prendre les décisions reproductives, en étant libre de toute discrimination, violence et coercition… Les droits reproductifs sont intimement liés à d’autres : le droit à l’éducation, le droit à un statut égal au sein de la famille, le droit d’être libre de violence domestique, et le droit de ne pas être marié avant d’être physiquement et psychologiquement préparé pour cet événement » [ONU, 1998 a : 180]. C’est un enjeu éthique mais aussi un enjeu d’efficacité des actions. Les programmes d’accès à la contraception fonctionnent quand ils se basent sur une approche intégrée du développement humain et qu’ils promeuvent le libre choix.

Nous l’avons dit : certains pays africains, et seulement certains –– présentent des taux de fécondité élevés et que l’augmentation rapide d’une population dans un contexte de pauvreté implique une proportion très importante de jeunes et donc des besoins éducatifs et sanitaires conséquents. Mais ce ne sont pas les déclarations malthusianises des parlementaires de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest, de la Mauritanie et du Tchad, affirmant vouloir limiter à trois le nombre d'enfants par femme qui vont contribuer à faire évoluer la situation. Là où ces beaux messieurs parlent d'accès universel à la planification familiale, et utilisent à dessein la menace de l’immigration vers l’Europe de millions de jeunes, ils feignent d’ignorer que seule l'augmentation du niveau d'éducation des femmes pourra contribuer à un meilleur équilibre démographique. Même s’il ne faut pas sous-estimer les résistances des milieux religieux, il faut surtout savoir reconnaître que les programmes de planning familial là où ils ont trouvé un début de mise en œuvre se sont rapidement heurtés aux restrictions budgétaires des programmes d’ajustement structurels là où il aurait fallu investir durablement dans la santé publique.
La croissance démographique est une variable qui interagit avec l’économie et le social (notamment la santé et l’éducation). Elle peut s’avérer bénéfique pour l’économie africaine, à condition de s’accompagner justement d’importants investissements dans l’éducation et d’un marché de l’emploi dynamique. C’est ce qu’on appelle le « dividende démographique ». Pour réussir son « dividende démographique », il faut investir massivement dans l’éducation des jeunes et dans leur employabilité.

En Afrique, si le taux de fécondité poursuit sa diminution, nous nous retrouverons d’ici une ou deux décennies dans une situation où il y aura davantage de personnes actives (les 20-64 ans) que de personnes dépendantes. C’est une opportunité, car les actifs pourront davantage investir dans l’éducation de leurs enfants, être davantage productifs et pouvoir épargner. Autant de facteurs de croissance, dans lesquels il faut investir massivement.
À l’inverse, on peut très bien observer un « dividende démographique » qui n’a pas réussi. C’est le cas de certains pays du Maghreb où l’on a enregistré une baisse importante de la fécondité accompagnée d’une hausse de l’éducation des jeunes. Mais ces derniers se sont retrouvés massivement sans emploi, à cause d’un marché du travail peu dynamique. Un phénomène qui est en partie à l’origine du Printemps arabe.
En Asie, la transition démographique s’est déroulée très rapidement, avec une baisse importante du taux de fécondité. Mais ce processus a été particulièrement long en Europe, sur des décennies ou voire un siècle. Preuve que les situations varient énormément selon le contexte.

L’évolution suit tout de même son cours, mais à un rythme lent. Dans les années 1960-65, le nombre d’enfants par femme était de 6-7. Aujourd’hui, il est tombé à moins de 5. Sans parler des zones urbaines où il se situe autour de 3 à 4.
Il existe un lien avéré entre l’éducation et la croissance démographique. Imaginez une jeune fille issue d’un milieu rural, qui termine ses études primaires à l’âge de 11 ou 12 ans dans un pays d’Afrique subsaharienne. Elle n’a souvent aucune chance de poursuivre jusqu’au secondaire. Quelles sont ses perspectives ? Le mariage et faire rapidement des enfants. Si elle poursuivait ses études, elle pourrait au contraire se projeter davantage dans la vie et retarder l’âge d’entrée en mariage et la naissance de son premier enfant.

L’éducation joue aussi particulièrement sur le recours à la contraception. Il faut bien entendu que les femmes aient accès aux moyens contraceptifs. Les responsables politiques, tant africains qu’européens, ont donc la responsabilité historique de plaider à contre-courant des idées dominantes défendues tant par les djihadistes que par la droite religieuse américaine (Trump vient de réactiver une décision prise par George W. Bush coupant tout crédit américain aux organisations internationales finançant le contrôle des naissances).
Rappelons que l’Afrique recèle environ 60% des terres arables du monde qui n’ont pas encore été mises en exploitation.
Une croissance agricole soutenable est possible et permettrait de doubler les rendements en milieu paysan sans apport de coûteux fertilisants et pesticides chimiques. Mais la mise en œuvre de ces techniques implique des programmes de développement rural de grande ampleur dans un contexte où les budgets locaux sont asphyxiés par les dépenses de sécurité, alors que l’aide internationale s’est désinvestie de ce secteur.
Un développement économique basé sur les nouvelles technologies de l’information et les énergies renouvelables permettrait à l’Afrique de valoriser sa culture et sa sagesse traditionnelle auprès du monde entier. L’Afrique doit cesser d’être « mondialisée » par l’impérialisme occidental pour redevenir un acteur libéré, enfin décolonisé, autonome et volontaire de la mondialisation : c’est donc à elle et à elle seule d’en décider du rythme.

Pour cela deux prérequis :

L’aide publique occidentale au développement de l’Afrique est de 54 milliards d’euros par an et les investissements privés représentent 46,5 milliards d’euros. Un doublement de ces sommes d’ici à 2020 permettrait de générer une augmentation du PIB de 447 milliards par an pour l’ensemble du continent. Il ne faut pas ignorer les investissements en Afrique faits par les puissances des BRICS comme la Chine, l’Inde, la Turquie… qui doivent avoir dépassé probablement l’Occident. Un rapport publié fin juin par le cabinet McKinsey Africa révèle qu’en deux décennies, la Chine est devenue le partenaire économique le plus important pour l'Afrique. « Non seulement le commerce sino-africain a été multiplié par 20, mais les investissements chinois ont passé la surmultipliée. L'implication de la Chine en Afrique serait donc beaucoup plus importante et plus diverse que ne le suggéraient les études précédentes ». Plus de 10000 entreprises chinoises opèrent maintenant en Afrique. L’Inde loin derrière la Chine passe pour le deuxième partenaire économique de l’Afrique. La France vient en troisième position.
Quant à la France elle doit couper définitivement le lien néocolonial qu’elle entretient avec ses anciennes colonies, comme a su le faire la Grande Bretagne depuis longtemps.
Alors les Africains auront enfin la possibilité de chasser leurs dirigeants actuels, incapables de faire vivre l’espoir et de se choisir des dirigeants capables de libérer les capacités productives de leurs ressortissants.
Le recul économique de la France en Afrique, au regard de la montée en puissance de la Chine et d’autres pays émergents est consubstantielle au modèle colonial datant du XXème siècle et qui n’a pas été repensé. Dans ce statut de simples pourvoyeurs en matières premières, aucune industrie de transformation n’a été encouragée dans ces pays. Cette stabilité économique s’était arrimée aux dictatures politiques qui ont assumé une continuité du modèle colonial. Le modèle d’un pré-carré français, où le sud est spécialisé dans les industries extractives, sans valeur ajoutée localement, valable au XXème siècle (1945-1990), devient obsolète et inopérant. Avec les NTIC, la diversification économique du 21ème siècle s’est émancipée en partie des matières premières. L’atout linguistique que constitue la francophonie peut être un levier pour de nouveaux partenariats économiques France-Afrique qui feraient de la jeunesse africaine, non pas un péril, mais un atout majeur en implantant en Afrique subsaharienne des industries françaises nécessitant une main d’œuvre à bon marché, et porteuses de valeur ajoutée.

5. Le cas particulier de la démographie sahélienne

Par suite de l’inertie des phénomènes démographiques, même si ces pays engageaient demain une vigoureuse campagne de limitation des naissances, l’impact d’une telle politique sera minime à échéance de vingt ans et ne commencerait timidement à porter ses fruits que vers 2050. Pour donner un exemple, le Niger, qui est certes un cas particulièrement inquiétant, comptait 3 millions d’habitants en 1960 et en a 20 millions actuellement. Il en aura de 42 à 45 millions en 2035 et de 62 à 89 millions en 2050. Ceci dans un pays où seulement 8 % de la superficie peut être cultivée.
Dans tout le Sahel, malgré la forte croissance urbaine, nous constatons une poursuite de la croissance de la population rurale de l’ordre de 2 % par an, ce qui est un cas unique au monde. Cette croissance de la densité rurale provoque la destruction des sols par raccourcissement des jachères et accroît les tensions entre agriculteurs et pasteurs, qui ne disposent plus d’espace libre pour leurs animaux. En l’absence d’investissements adaptés dans l’agriculture, la dépendance à l’égard des aides alimentaires augmente régulièrement.
Avec une croissance du PIB de 5 %, si le taux de croissance démographique est comme actuellement au Sahel de 3,5 %, la croissance effective du PIB par habitant n’est que de 1,5 % et il faudra quarante-cinq ans pour doubler le niveau de vie par habitant. Lorsque les enfants en bas âge ou en âge d’être scolarisés représentent la moitié de la population, la satisfaction des besoins en éducation, en formation et en santé devient un fardeau financier insupportable pour les budgets nationaux.

Au total, la transition démographique au Sahel ne s’achèvera pas avant plusieurs décennies, provoquant au cours des trente années à venir un accroissement spectaculaire du nombre de jeunes qui va peser sur les disponibilités alimentaires, sur les niveaux de vie, sur les dépenses sociales et surtout sur l’emploi. Le plus probable est que la paupérisation du monde rural et la perte d’espoir des jeunes feront le lit du djihadisme bien avant que ne se manifestent des famines régionales. L’insécurité a toutes les chances de se généraliser au Sahel, au point de paralyser les circuits économiques. Cette paralysie de l’économie rurale liée à l’insécurité est la première cause des famines qui frappent actuellement le nord du Nigeria, le Soudan du Sud et la corne de l’Afrique et qui contribuent à la vague actuelle de migrations africaines vers l’Europe.

La FAO estime que 80 % des terres sahéliennes sont dégradées ; la pluviométrie erratique laisse prévoir une hausse de la température de 3 à 5 degrés dans le Sahel d’ici 2050.
Si le désert occupe 1/3 de l'Afrique, il ne doit pas être exclu de l'espace occupé ou à occuper, de l'espace de vie. En effet, le désert africain n'est pas un espace vide de population. Situées en plein désert, les villes de Tombouctou (Mali) compte 54000 habitants, Kidal (Mali) 25000 habitants, Agadès (Niger) 124000 habitants, Zouerate (Mauritanie) 34000 habitants, Faya-Largeau (Tchad) 48000 habitants, Tamanrasset (Algérie) 136000 habitants. Au regard de l'immensité du désert, la densité de population est certes faible, mais c'est tout de même un espace de vie que les Africains savent valablement exploiter. A moins d'une catastrophe naturelle, les êtres humains savent toujours s'adapter à leur cadre de vie. Ceux qui migrent vers l'Europe ne viennent d’ailleurs pas de ces villes du Sahara. Des mobilités vers les pays voisins sont habituelles et servent de régulateur.
Il est cependant urgent que soit mis en œuvre par les pays sahéliens un plan de développement dans l’agriculture accompagné d’une maitrise forte de la natalité et d’un rattrapage scolaire important seul en mesure de redonner confiance en l’avenir (le taux de scolarisation en primaire au Mali et au Niger était d’environ 30 % en 2015).
Avec les recherches scientifiques actuellement disponibles, le Sahara, loin de constituer une zone de non-vie, devrait être un enjeu en termes de recherches fondamentales et appliquées pour son reboisement. Des technologies peuvent être créées pour verdir le Sahara, mais aucune volonté politique n’anime, ni les pays concernés, qui n’encouragent pas l’expertise locale, ni la communauté internationale habituée à des solutions standards. Une solution consistant par exemple à créer un barrage sur l’Oubangui pour canaliser les eaux de ce fleuve vers le lac Tchad, est très dangereuse pour l’écosystème et le climat dans le bassin du Congo. Alors que si les dirigeants africains avaient foi en l’avenir, en leurs spécialistes, en lieu et place de faire appel à l’expertise chinoise dans la construction d’un tel barrage, ce sont les intelligences africaines qu’on aurait rassemblé autour d’un colloque pour poser le vrai problème en deux questions. Comment, avec qui, avec quels moyens peut-on stopper l’assèchement du Lac Tchad ? Quelles technologies mettre en œuvre pour reboiser le Sahara et vaincre définitivement le réchauffement climatique ?

Conclusion : Mais pourquoi donc le reste du monde est-il tellement préoccupé par la question de la démographie africaine ?

Cet intérêt de l'Europe pour la démographie africaine, nous pensons qu'il ne se justifie pas par la peur de devoir faire face à une immigration d'origine africaine de plus en plus forte. En effet, alors que cette immigration fait les gros titres de l'actualité depuis des années, elle se situe très loin dans le flux migratoire vers l'Europe. On remarque que chaque fois que l'on fait parler les statistiques ce sont trois pays du Moyen-Orient qui arrivent en tête avec la Syrie et l'Afghanistan en première et deuxième places. Quant au pays de destination des migrants, malgré les vociférations des hommes politiques, la France est très loin dans la liste des pays d'accueil. Ce sont l'Allemagne, l'Autriche et la Suède qui accueillent le plus de migrants.
La peur des capitalistes européens face à la démographie galopante africaine se situerait plutôt du côté des ressources naturelles du continent noir qui bénéficient pour le moment presque exclusivement à l'Europe depuis bientôt deux siècles. Ne dit-on pas de plus en plus dans les milieux économiques français que "l'Afrique est l'avenir de la France" ? (Le Monde 5/01/2017). Le rapport Védrine publié en 2016 ne propose-t-il pas des stratégies de reconquête de l'Afrique ? Ne voit-on pas aujourd'hui que les Etats-Unis, l'Europe, la Chine, et dans une moindre mesure l'Inde, cherchent à bien se positionner en Afrique ? Cette convergence d'intérêt réside dans le fait que non seulement ce continent est celui qui compte la plus grande diversité culturelle au monde), mais c'est également celui dont les ressources naturelles abondantes sont les plus variées et les moins exploitées. Il faut donc croire que si les pays africains venaient à être aussi peuplés que certains pays comme la Chine et l'Inde, ils auraient forcément besoin de leurs terres et de leurs ressources naturelles. Les pays africains apparaîtront alors comme de sérieux concurrents dans la course à l'exploitation des ressources qui nourrissent aujourd'hui le développement industriel et économique de l'Europe. En clair, les Européens ont peur de la démographie galopante de l'Afrique parce qu'ils estiment que le gâteau ne sera pas suffisant pour tout le monde ; surtout qu'ils se comptent parmi les invités à la table de l'Afrique.
Le cynisme de certains commentateurs (par exemple Stephen Smith « La ruée vers l’Europe ») atteint des sommets lorsqu’ils écrivent que continuer à aider l’Afrique à se développer augmente l’envie de partir, sous prétexte que les gens étant mieux éduqués peuvent imaginer des solutions d’exil qui ne leur viendraient pas à l’esprit s’ils restaient isolés dans leur misère. Faire semblant d’ignorer que les violences économiques d’une mondialisation imposée agrémentées de violences destructrices des puissances impérialistes interventionnistes ne seraient pas les causes principales dont l’Occident est bien responsable, permet à la fois de développer un discours de culpabilisation des peuples africains et de faire peur à bon compte aux peuples européens.
C’est bien cette hypocrisie que nous voulons dénoncer.

Tous ces problèmes de développement accéléré de l’Afrique ne pourront trouver des solutions que dans une Afrique Unie comme l’a bien démontré le premier président du Ghana indépendant, Kwame Nkrumah il y a presque 60 ans. Une Afrique unie signifie une planification économique générale au niveau continental pour accroitre la puissance économique et industrielle de l’Afrique et vaincre ainsi la pauvreté. Il serait possible de réaliser de grands projets communs notamment de production de l’énergie (barrage d’Inga pour alimenter en énergie toute l’Afrique Centrale, centrale solaire dans le désert du Sahara), des infrastructures de transport terrestre, maritime et aérien, de freiner l’avancée du désert par la réalisation effective de la ceinture verte.
A partir de cette ceinture verte, de proche en proche, il est possible de verdir le Sahara, dans le cadre effectivement d’une Afrique Unie mettant en commun ses chercheurs et universitaires au sein d’une Institution Panafricaine de Sciences et Technologies. Ce nouveau puits de carbone ainsi créé dans le Sahel, contribuera à ralentir, baisser ou pourquoi pas à inverser la courbe du réchauffement climatique sur l’ensemble de la planète terre.
Une Afrique unie signifie aussi une armée et une stratégie militaire communes, ceci permettrait aux divers états de l’union de diminuer les dépenses militaires colossales actuelles, de fermer les bases militaires étrangères présentes dans plusieurs pays. Une armée commune africaine préserverait la paix en Afrique et dans le monde, personne n’osera attaquer l’Afrique. Tout comme la construction de l’Union Européenne après les deux guerres a pu préserver la paix en Europe après des guerres en partie alimentées par les courants nationalistes.
Une Afrique Unie signifie une politique commune étrangère. Tout cela suppose la mise en place des institutions communes : gouvernement, parlement, une banque centrale et monnaie communes.
Une Afrique prospère pourrait au contraire attirer beaucoup d’Européens et autres étrangers vers l’Afrique. Ce processus de panafricanisassions doit être conçu comme un combat permanent des forces progressistes africaines.
Le XXIème siècle avec l’abolition virtuelle des frontières géographiques devra être celui du partage équitable des savoirs et des technologies. La France, disposant d’un capital culturel énorme en Afrique, dispose d’une longueur d’avance dans ce nouvel élan des forces progressistes mondiales qui impulsent un nouvel ordre économique planétaire. Mais à condition que la Françafrique accepte d’opérer une mutation conceptuelle et irréversible entre les économies extractives et l’innovation d’autres partenariats gagnant-gagnant d’une part, le déliement du nœud dictatorial au profit d’une démocratisation assumée des régimes africains d’autre part. Dans un tel contexte, la démographie africaine deviendra une thématique obsolète. En effet, la fin des dictatures et la mise en œuvre d’espaces économiques novateurs sur le sol africain contribueront à l’autonomisation de la jeunesse africaine dans le continent où elle aura plus à gagner que dans l’immigration.

Annexe : Le mépris macronien

Samedi 8 juillet 2017, en marge du sommet du G20 (groupe des vingt pays les plus riches) qui s’achevait à Hambourg, le président français Emmanuel Macron a répondu à cette question d’un journaliste ivoirien : « Combien de pays du G20 sont prêts à mettre dans l’enveloppe pour sauver l’Afrique ? » Après avoir écarté l’idée d’un Plan Marshall pour l’Afrique en arguant que cette aide historique qui a sauvé l’Europe d’après-guerre « était un plan de reconstruction, dans des pays qui avaient leurs équilibres, leurs frontières, leur stabilité », le locataire de l’Elysée a estimé que le « défi de l’Afrique est différent, il est beaucoup plus profond, il est civilisationnel ». Et de conclure : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. »
Macron a déclenché de vives réactions dans les médias et sur les réseaux sociaux. On lui a notamment reproché de « s’attaquer aux ventres des femmes africaines ».
Les paragraphes suivants sont des citations d’Elsa Dorlin :
« Il a récidivé au Burkina Faso le 28 novembre 2017. En parlant de « défi civilisationnel », Emmanuel Macron comprenait les enjeux de la « transition démographique » et, en la matière, il rendait hommage à l’un de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy, qui, dans l’amphithéâtre de la prestigieuse université Cheikh Anta Diop de Dakar, s’était senti totalement légitime d’expliquer à « l’homme africain » comment s’extraire du temps cyclique de la nature, où il n’y a pas de place ne serait-ce que pour « l’idée du progrès ».
Ce sont les femmes africaines qui cette fois sont visées, comme leur enlisement dans le temps cyclique de la reproduction sans limite ; ces ingrates Africaines à la sexualité débridée et irresponsable. Ce « vous pouvez décider de dépenser des milliards », c’est en fait un « nous » (nous, les pays riches qui supportons ce fardeau de l’aide et de la philanthropie paternaliste), c’est l’argent de la France et du monde.
Aujourd’hui, c’est encore ce préjugé de la surnatalité, conséquence des politiques d’appauvrissement du continent africain (comme de ses relais autoritaires locaux) et de sa mise sous tutelle monétaire, économique et frontalière, qui active ici ce sentiment d’indifférence face à ces corps abandonnés, parqués sans chaussures, sans toilettes, sans nourriture en Europe, échoués en Méditerranée, face à ces esclaves torturés dans des zones de trafic, à ces corps affamés sur des zones de conflits où seules les ressources minières, fossiles ou les découpages géostratégiques émeuvent.

Cette migration-déportation a eu et continue d’avoir des objectifs politiques tout à fait réfléchis : extorquer des ressources humaines, intellectuelles et culturelles, créant par des politiques universitaires et des privilèges de circulation des ponctions dans la jeunesse et les élites ; prétendre le faire au nom des valeurs et de la qualité supérieure des systèmes éducatifs comme des mœurs métropolitaines, alors qu’il s’agit dans ces mêmes néo-métropoles d’aller faire le sale boulot.
Emmanuel Macron n’a pas « de leçons à donner », et, pour nous en convaincre, il ne va effectivement pas donner de leçons à « l’Afrique » quant à l’irresponsabilité de ses femmes ; au contraire, il va défendre ces femmes africaines : les sept, huit ou neuf enfants par femme, êtes-vous sûrs, vous, hommes africains, que c’est le choix de vos femmes ? Emmanuel Macron a donné le ton : son discours sera féministe, ou plutôt « fémocolonialiste », parce que, dans la défense du choix des femmes africaines quant à leurs droits et choix reproductifs, le président français se place en chevalier blanc. Evoquant l’octroi de bourses d’études par les consulats français, il déclare que ces bourses seront en priorité offertes à des jeunes filles.
"Si l’Afrique veut réussir, et la France avec elle, ce grand basculement du monde, nous devons former et éduquer tout le monde, et nous devons éduquer les jeunes filles, nous devons avoir des jeunes filles et des femmes libres, libres de choisir. Et je le dis pour vous, jeunes hommes qui êtes là, c’est bon pour vous. »

Dans ce discours, il y a quelque chose de particulièrement écœurant. Sous couvert d’un engagement qui emprunte au féminisme son lexique, il n’est question que d’une forme actualisée de triage colonial : à la surnatalité prétendue des femmes africaines, l’Etat français propose, comme il l’a toujours fait, la migration prétendument éducative et diplômante.
Or, si cela relève clairement d’une action positive ou, plus exactement, d’une biopolitique par définition sélective, le seul et unique effet visé est précisément de stigmatiser les hommes du continent africain pour leur patriarcat d’un autre temps, eux qui ne laissent pas choisir leurs femmes. En plus d’ignorer les mouvements féministes et d’émancipation africains – dans la ville même où fut assassiné Thomas Sankara –, il s’agit de faire des femmes africaines des complices de ce nouvel impérialisme si elles acceptent la façon dont, pour l’Etat français, il convient qu’elles se libèrent.
Ici, la promotion des femmes africaines, forme de sélection genrée, n’est qu’un autre moyen d’ériger des frontières de race et de creuser des lignes de couleur. Quant au libre choix des femmes – là-bas, ici, ailleurs, partout –, ce n’est certainement pas à un homme d’Etat d’en décider. Idéalement, il peut œuvrer pour que des politiques publiques assurent les conditions matérielles de ce libre choix, a minima il peut se taire et, surtout, nous épargner ce « fémocolonialisme », terreau du racisme comme de l’antiféminisme, qu’il faut abattre urgemment. »

AFPA regroupe les organisations et partis politiques suivantes:  CNDD (Burundi), UFR-CB (Congo), PCPI (RDC), SADI (Mali),ANC (Togo), UNDR ( Tchad),ANC Togo), CORED (Guinée Equatoriale),ACRA (CONGO), JDS,PADDEC (Caméroun)...

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Actualités internationales Tue, 07 Aug 2018 07:42:56 +0000